"Mettre la clé sous la porte" ou "Mettre la clef sous la porte".

Cette très ancienne locution verbale du registre familier date du XVIe siècle.

  • elle a d'abord signifié : déménager, partir discrètement sans payer le loyer ; quitter furtivement son logis, disparaître pour se soustraire à une obligation, à une poursuite, etc,
  • puis, comme c'est encore le cas de nos jours : cesser son activité, faire faillite ; abandonner une entreprise, la fermer définitivement et complètement.

On dit par exemple : "Avec la pandémie de COVID 19, de nombreux entrepreneurs et chefs d'entreprise ont dû mettre la clé sous la porte".

Sources : wiktionary.org, www.expressions-francaises.fr, www.expressio.fr et www.larousse.fr

 

"Un pont trop loin", "Être un pont trop loin", "S'avérer être un pont trop loin" ou "Se révéler être un pont trop loin".

Héritage langagier du cinéma et de la littérature, cette formule en forme d'idiotisme architectural, que l'on entend parfois, fait référence à un film et à un roman relatant un épisode de la Seconde Guerre mondiale situé aux Pays-Bas, en septembre 1944.

Et elle signifie concrètement, au sens figuré : trop ambitieux, trop dangereux, trop risqué, au-delà de ce qu'il est raisonnablement possible de faire ou de réussir.

C'est le réalisateur britannique Richard Attenborough, qui a réalisé, en 1977, le film "Un pont trop loin", d'après le roman éponyme de Cornelius Ryan, écrit en 1974.

Affiche du film américano-britannique "Un pont trop loin" de richard Attenborough (1977)

Les deux évoquent par le menu l'opération Market Garden, la plus grande offensive aéroportée de l'histoire, au cours de laquelle furent engagés 34 000 parachutistes.

Cette opération militaire alliée de la Seconde Guerre mondiale se déroula du 17 au 25 septembre 1944.

Principalement menée par les armées britanniques, il s'agissait d'une tentative de prendre des PONTS franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands.

Market Garden devait notamment permettre d'atteindre la ville d'Arnhem, située sur la rive du Rhin, derrière le troisième PONT à prendre.

Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried afin d'accéder à l'un des principaux centres industriels du IIIe Reich, la Ruhr, et donc de terminer plus rapidement la guerre, peut-être avant Noël 1944.

Proposée par le maréchal britannique Montgomery, cette opération risquée avait rencontré l'opposition des généraux américains Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au Sud, car ils avaient encore en mémoire les paroles du vainqueur d'El-Alamein qui se faisait fort de s'emparer de Caen (14) dès le soir du 6 juin 1944, alors que la ville n'était tombée que le 21 juillet...

L'opération Market Garden a finalement échoué. Ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d'une partie du territoire néerlandais. Et les Alliés ont perdu environ 16 000 hommes, contre 8 000 pour les Allemands.

Sans doute Montgomery avait-il visé "UN PONT TROP LOIN" ?

Source : wikipedia.org

"Rester de marbre".

Cette locution verbale du langage courant signifie, au sens figuré : conserver une attitude dépourvue de toute émotion.

On dit par exemple : "Il est rare que l'on reste de marbre lorsque l'on apprend la mort d'un proche".

Et on dit de la personne ou de la chose qui vous fait rester de marbre qu'elle vous "laisse de marbre" ou qu'elle vous "laisse de glace".

Source : wiktionary.org

"Sortir de ses gonds".

Cette locution verbale très imagée du registre familier signifie, au sens figuré  : "Être tellement excité par sa colère, que l'on est comme hors de soi-même".

On dit par exemple : "Ma patronne était hors de ses gonds après avoir découvert que son mari avait encore oublié son anniversaire".

Source : wiktionary.org

"Des bruits de couloirs".

Cette locution nominale du langage courant en forme d'idiotisme architectural désigne les rumeurs.

On dit par exemple : "Depuis plusieurs semaines déjà des bruits du couloir laissaient entendre que les relations étaient de plus en plus tendues entre le président de la République et son Premier ministre".

"Appuyer sur le champignon" ou "Écraser le champignon" et "Champignon au plancher" ou "Pied au plancher".

Ces étranges locutions, qui relèvent du registre familier, sont utilisées depuis le début du XXe siècle.

Et elles trouvent leur origine dans la forme des pédales d'accélérateur des premières automobiles.

Dans celles-ci en effet, lesdites pédales étaient constituées - non pas comme aujourd'hui d'une plaque plus ou moins recourbée - mais d'une tige métallique droite surmontée d'une demi-boule, l'ensemble ressemblant fortement... à un champignon.

Le pédalier automobile actuel
Le pédalier automobile actuel

Ainsi :

  • "Appuyer sur le champignon" et "Écraser le champignon" sont des locutions verbales en forme d'idiotisme botanique signifiant :
    • au sens propre, lorsque l'on est au volant d'un véhicule automobile : appuyer sur l'accélérateur, accélérer, aller plus vite.

On dit par exemple : "Il va falloir appuyer sur le champignon si tu veux pouvoir dormir à Nice (06) ce soir !".

    • et au sens figuré : faire avancer les choses plus vite.

On dit par exemple : "Le président souhaite que son ministre appuie sur le champignon afin que les effets de sa réforme se fassent sentir rapidement".

Conduire "pied au plancher"

  • et "Champignon au plancher" ou "Pied au plancher" sont des locutions adverbiales en forme d'idiotisme architectural (pour les deux), d'idiotisme botanique (pour la première) et d'idiotisme corporel (pour la seconde), qui signifient toutes deux : extrêmement vite, à la vitesse maximale.

Atteindre ladite vitesse nécessite en effet d'appuyer à fond sur le champignon/accélérateur.

Et lorsque celui-ci est complètement enfoncé, en butée proche du plancher du véhicule, on conduit le "champignon au plancher" et - par conséquent - le "pied au plancher".

CQFD

On dit par exemple : "Mon voisin s'est tué au volant : il roulait champignon au plancher sur une route de montagne".

Ou : "Sitôt leur forfait accompli, les cambrioleurs ont démarré pied au plancher".

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.notrefamille.com

"Faire le mur".

Cette locution verbale du registre familier ne s'applique absolument pas - au sens propre - au maçon qui construirait un mur...

Mais elle ne s'utilise pas pour autant au sens figuré, puisqu'elle tire son origine de la formule "Sauter par-dessus le mur", qui se disait - par ellipse - "Sauter le mur" jusqu'au début du XXe siècle.

"Faire le mur" signifie par conséquent : quitter un lieu sans autorisation, sortir d'un lieu clos lorsque cela est interdit, sortir d'une enceinte où l'on est consignné (caserne, école, prison, hôpital, etc.).

On dit par exemple : "J'ai fait le mur dimanche après-midi pour aller voir ma copine".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Le plafond de verre".

Affiche du film "Le mur invisible" dans lequel apparaît la notion de "plafond de verre"

"Le plafond de verre" est une formule apparue aux États-Unis d'Amérique à la fin des années 1970 pour désigner le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes.

Mais elle s'est surtout fait connaître en 1986 à la suite d'un article publié dans le "Wall Street Journal", qui soulignait la difficulté d'accès des femmes aux postes supérieurs.

Désormais, l'expression est utilisée pour d'autres catégories de personnes et l'on parle aujourd'hui de "plafond de verre" dès lors qu'un individu est confronté à un réseau de pouvoir tacite, implicite, voire occulte, qui l'écarte d'un niveau de pouvoir ou de rémunération ou hiérarchique auquel il pourrait prétendre. Et cela en raison d'une catégorisation des individus, en fonction de leur sexe, de leur âge, de leur origine sociale, géographique ou ethnique.

Ce "plafond de verre" constitue un obstacle dans l’évolution de sa carrière et limite son accès à des postes à responsabilité sans raison légitime. Et il constitue une barrière d’autant plus forte qu’elle n’est ni visible, ni clairement identifiée.

Cette expression "plafond de verre" reprend une notion présente dans l'extraordinaire film états-unien de 1947 d'Elia Kazan, "Le Mur invisible", dont je ne saurais trop vous recommander le visionnage. Le héros, incarné par Gregory Peck, est un journaliste de la côte Ouest, embauché par un journal libéral new-yorkais pour écrire, à l'initiative du propriétaire, une série d'articles sur l'antisémitisme. Ayant décidé de se faire passer pour juif durant 8 semaines, il découvre avec stupéfaction, 2 ans à peine après la découverte de l'horreur concentrationnaire des camps nazis, les freins et frontières invisibles auxquelles se heurtait alors le citoyen juif américain dans l'ensemble de ses démarches.

Source : wikipedia.org

"Avoir une araignée au plafond".

Cette expression, qui date de la deuxième moitié du XIXe siècle, serait apparue chez les prostituées parisiennes afin de désigner quelqu'un de mentalement dérangé, perturbé.

La métaphore est délicieuse : le plafond est le sommet intérieur de la boîte crânienne dans laquelle, l'araignée, animal habitué des intérieurs négligés, peut librement tisser sa toile, sans être dérangée.

Source : ww.expressio.fr

"Ne pas casser des briques".

Cette expression du registre familier signifie "Ne rien avoir d'extraordinaire, de remarquable ; être très commun, à la limite de la médiocrité".

On dit par exemple : "Ma grande soeur a lu ta rédaction mais elle trouve que ça ne casse pas des briques !".

L'expression "Ne pas casser trois pattes à un canard" a la même signification.

"Mettre au placard" et "Sortir du placard".

Ces deux expressions du registre familier ne signifient absolument pas la même chose.

  • "mettre au placard", c'est en effet - en matière de ressources humaines -, évincer quelqu'un, le mettre à l'écart de manière indirecte, en lui retirant des tâches ou des responsabilités,
  • tandis que "sortir du placard", c'est -pour une personne - révéler publiquement et volontairement son orientation sexuelle et, notamment, son homosexualité.

"Jeter l'argent par les fenêtres".

Cette expression très ancienne, puisqu'elle remonterait aux environs du XVIe siècle, appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : être terriblement dépensier, dépenser sans compter, excessivement, déraisonnablement.

On dit par exemple : "Mon voisin gagne correctement sa vie mais il a tendance à jeter l'argent par les fenêtres".