"Une devise" et "Je devise" ou "Des devises" et "Tu devises".

"Devise" ou  "Devises" est un mot polysémique du langage courant signifiant, selon le contexte :

    • "Une devise" ou "Des devises" :
      • dans le domaine économique et financier :
        • tout actif financier liquide libellé en monnaie étrangère,
        • et par métonymie : l'unité monétaire d'un pays étranger, par opposition à la "monnaie", qui est l'unitaire monétaire de son propre pays,

On dit par exemple : "L'arrivée de l'euro a bien simplifié la vie des voyageurs en Europe, qui ne sont plus obligés de se procurer des devises différentes pour chacun des pays visités".

Des devises

      • en héraldique : une figure emblématique accompagnée d'une courte formule qui, généralement, s'y rapporte,

      • par métonymie : la formule seule,

On dit par exemple : "La devise de la République française est Liberté, Égalité, Fraternité".

      • par analogie : une courte formule exprimant un sentiment, une pensée, une attitude, un mot d'ordre, résumant une règle de conduite ou un idéal ; un adage, une maxime, une sentence,

On dit par exemple : "J'adore être pris pour un con par les imbéciles : telle est ma devise".

    • et "Je devise" et "Tu devises" :
      • je converse, je discute, je m'entretiens familèrement avec quelqu'un, ou tu converses, tu discutes, tu t'entretiens familièrement avec quelqu'un.

On dit par exemple : "Je devise souvent avec des collègues à l'heure de l'apéro".

      • et pour nos amis Suisses : j'établis un devis ou tu établis un devis.

Bien qu'elle soit couramment utilisée en France au sein de certains services commerciaux, cette acception du verbe "Deviser" constitue un helvétisme.

Source : www.journaldunet.fr, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "La compliance" !

Car il s'agit d'un substantif féminin anglais.

Mais selon le contexte, en français :

  • dans l’univers de la finance et du gouvernement d'entreprise : la conformité, un terme employé en droit et en gestion de la qualité, et répandu en banque et en assurance, désignant l’état de ce qui présente un accord complet, une adaptation totale.
  • ou, dans le domaine médical, en pharmacothérapie : l'observance, c'est à dire est l'adéquation entre le comportement du patient et le traitement proposé.

L'observance varie selon la pathologie, les contraintes du traitement, les facteurs psychosociaux, mais aussi selon la pertinence de la mise en place du suivi. Les premières études datent des années 1970, et trois composantes peuvent être distinguées :

    • l’adhésion au suivi médical (présence aux rendez-vous,
    • l’adhésion aux règles hygiéno-diététiques,
    • et l’adhésion au traitement médicamenteux.

Source : wikipedia.org

Les mots "Boycott" et "Boycotter" ne sont pas des anglicismes !

Le britannique Charles Cunningham Boycott (1832-1897), à l'origine des mots "Boycott" ou "Boycottage" et du verbe "Boycotter"

Pas plus que le substantif masculin "Boycottage" (boï-ko-tage), synonyme de "Boycott" ou l'adjectif "Boycotté/ée/ées/és" (boï-ko-té").

"Boycotter" (boï-ko-té) un verbe désignant, selon le contexte, le fait de :

  • refuser collectivement :
    • d'acheter, de vendre ou d'utiliser un ou des produits,
    • de participer à une manifestation ou à une action publique (administrative, politique, sportive, etc), afin de l'empêcher de réussir,
  • ou cesser volontairent toute relation avec un individu, une collectivité (société, pays, etc.) ; refuser de l'accueillir ou de répondre à ses invitations ; lui interdire, par une mise en quarantaine collective, l'exercice de ses activités professionnelles, de ses échanges économiques.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, me semble-t-il, il ne s'agit nullement de mots anglais, mais de mots dérivant du nom du britannique Charles Cunningham Boycott, né le 12 mars 1832 et mort le 19 juin 1897.

D'abord capitaine de l'armée britannique, il devient, après sa démission, propriétaire terrien dans le comté de Mayo, en Irlande.

C'est dans ce comté que se passe l'événement qui rend son nom célèbre, puisque c'est contre lui qu'est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, même s'il n'est pas appelé "boycott" à l'époque.

John Crichton, troisième comte Erne possédait des terres qu'il faisait administrer par Charles Cunningham Boycott. Durant l'été 1879, à l'appel du dirigeant de la Ligue Agraire ("Land League") Charles Stewart Parnell et face à de mauvaises récoltes cette année-là, les fermiers se coordonnèrent afin d'obtenir du comte Erne une réduction de 25 % de leurs loyers sur la même période. Mais celui-ci refuse et envoie le capitaine Boycott expulser les mauvais payeurs. Boycott subit alors un blocus de leur part qui alla jusqu'à sacrifier leur récolte, les mercenaires moissonneurs, protégés par l'armée britannique, étant arrivés trop tard. Cette action très dure entraîna la ruine de Charles Cunningham Boycott, dont le patronyme est rapidement devenu un substantif et un verbe. Dès 1880 en France, année au cours de laquelle on le retouve dans les colonnes du journal Le Figaro.

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

Pourquoi dire : "Ça va être compliqué pour le board" et "Y a beaucoup de panic buy" ?

L’ancien athlète et consultant sportif français Bob Tahri

Comme l'a déclaré, le 13 août 2020, l'ancien athlète et consultant sportif français Bob Tahri, dans l'émission vespérale "L'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas : "Ça va être compliqué pour l'équipe dirigeante" et "IL y a beaucoup d'ACHATS FAITS DANS L'URGENCE" ?

Parce qu'il accumule dans cette émission, que je suis très régulièrement, les anglicismes de ce type, je lui décerne mon label "Fâchés avec le français".

"Un client", "Un gros client", "Un sacré client" ou "Un sérieux client".

  • Le substantif masculin "Client" désigne, dans le langage courant, au sens propre : une personne qui achète contre paiement, des fournitures commerciales ou des services,
  • tandis que les locutions nominales  "Un gros client", "Un sacré client" et"Un sérieux client" désignent, dans le registre familier et au sens figuré, dans le domaine sportif : un adversaire expérimenté et redoutable, dont on connait le parcours et le palmarès, et dont on prévoit qu'il va réaliser une performance excellente  voire exceptionnelle.

On dit par exemple : "Le prochain tireur est un gros client : vice-champion d'Europe et médaillé de bronze aux précédents Jeux olympiques".

Ou : "Cet athlète est un sérieux client : détenteur du record d'Europe, vice-champion du monde et vice-champion olympique en titre".

Elles ne doivent surtout pas être confondues avec la locution nominale "Un bon client", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

"Porter au crédit" ou "Porter quelque chose (un acte) au crédit de quelqu'un".

  • "Porter (une somme) au crédit (d'un compte)" est une locution verbale relevant du jargon bancaire, économique et financier signifiant, au sens propre : créditer ce compte, c'est à dire constater que l'avoir du détententeur augmente ; garantir au  détenteur la somme correspondant à cette augmentation sur le crédit de l'établissement bancaire ou financier concerné,
  • et "Porter quelque chose (un acte) au crédit de quelqu'un" signifie donc, au sens figuré : reconnaître quelque chose de favorable à quelqu'un ; lui reconnaître le mérite de cet acte.

On dit par exemple : "On peut porter au crédit de notre président de ne pas chercher à éviter le débat".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

Pourquoi dire : "C'est la politique de l'helicopter money" ?

L'ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, cofondateur de la marque de vêtement "Eden park"

Comme a pu le déclarer, le 8 juillet 2021, l’ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Et pas, en français : "C'est la politique de LA MONNAIE HÉLICOPTÈRE" ou "C'est la politique de l'HÉLICOPTÈRE MONÉTAIRE" !

Cette dénomination désigne un type de politique monétaire consistant, pour une banque centrale, à créer de la monnaie et à la distribuer directement aux agents économiques de façon ponctuelle.

Ce concept a été popularisé par l'économiste états-unien Milton Friedman en 1969, qui avait utilisé cette image comme une expérience de pensée, sans toutefois en préconiser la mise en pratique.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un golden boy", "Un golden-boy" ou "Un goldenboy" ?

Et pas :

"Un as des marchés financiers" ou "Un jeune opérateur de marchés financiers" ("golden boy")

  • au sens originel du terme : "Un as des marchés financiers" ou "Un jeune opérateur des marchés financiers",

"Un as des marchés financiers" ou "Un jeune opérateur de marchés financiers" ("golden boy")

  • et par analogie : "Un homme admiré pour sa réussite" !
L'ancien joueur de football international britannique David Beckham
L'ancien joueur de football international britannique David Beckham

Sachant que les anglophones écrivent ce mot "Golden boy".

Et que le Dictionnaire de Cambridge ne lui attribue que cette seconde définition.

Pourquoi dire : "On vous verse des fees" ?

jLe journaliste français Christophe-Jakubyszyn

Comme a pu le déclarer, le 12 octobre 2020, le journaliste français Christophe-Jakubyszyn, dans l'émission "Good morning business", diffusée sur la chaîne de télévision française RMC Story.

Et pas : "On vous verse des REDEVANCES" ou "On vous verse des HONORAIRES" !

Pourquoi dire : "Un checkup financier" ou "Un check-up financier" et "Un checkup médical" ou "Un check-up médical" ?

Et pas, selon le contexte :

  • "Un bilan de santé" !

Lorsqu'il s'agit de l'examen systématique de l'état de santé d'une personne.

  • "Une vérification" ou "Un bilan" !

Lorsqu'il s'agit de l'examen systématique de l'état des finances d'une entité ou d'une personne.

  • et "Une inspection", "Une vérification" ou "Un contrôle" .

Lorsqu'il s'agit d'inspecter, de vérifier ou de contrôler un appareil ou une machine.

Source : Le Robert

"In fine".

J'aime bien cette jolie locution adverbiale latine que l'on utilise fréquemment dans le registre soutenu et qui signifie, selon le contexte :

  • au dernier moment, en fin de compte, finalement.

On dit par exemple : "In fine, le gouvernement a décidé de ne pas modifié la réglementation en vigueur".

Ou : "In fine, nous sommes parvenu à éviter le procès".

  • à la fin, dans les dernières lignes, dans la partie finale (d'un livre, d'un chapitre ou d'un paragraphe).
  • ou : ne pouvant pas être remboursée par anticipation.

On parle ainsi, par exemple, de "crédit in fine", de "prêt in fine" ou de "remboursement in fine".

Sources : www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org