"Une grosse".

Ce substantif féminin polysémique peut désigner selon le contexte :

  • dans le domaine juridique, autrefois (registre désuet) :
    • une copie, un double d'une décision de justice (jugement ou arrêt) ou d'un acte notarié, comportant la formule exécutoire.

Dans le Code des procédures civiles d'exécution, cette appellation a été remplacée, depuis le décret du 26 novembre 1971, par celle de "Titre exécutoire".

    • l'écriture en gros caractères pour les copies des actes, par opposition à la "minute" (écriture en caractères menus),
  • dans le domaine du commerce, autrefois (registre désuet) : une douzaine de douzaines, c'est à dire 144 unités de quelque chose,

On dit par exemple : "Je vais prendre une grosse de boucles et deux grosses de boutons",

  • ou, par ellipse de "une grosse femme" et de façon péjorative, dans le registre familier : une femme de forte corpulence, en surpoids.

On dit par exemple : "Regarde-moi cette grosse en robe à fleurs".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons non grossières de dire "Une personne en surpoids".

Sources : Le Robert, www.linternaute.fr, wiktionary.org et

Pourquoi dire : "Ce cold case, vieux de 35 ans" !

Le journaliste français Philippe Gaudin

Comme a pu le déclarer, le 13 juin 2021, le journaliste Philippe Gaudin, dans son émission dominicale "Affaire suivante", sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.

Et pas : "CeTTE AFFAIRE CLASSÉE, vieILLE de 35 ans", "CeTTE AFFAIRE NON ÉLUCIDÉE, vieILLE de 35 ans"  ou "CeTTE AFFAIRE NON RÉSOLUE, vieILLE de 35 ans" !

Lire mon article consacré à la locution "Cold case".

"Comminatoire".

Cet adjectif du registre soutenu signifie :

  • dans le domaine juridique : renfermant la menace d'une peine légale ; destinée à faire pression sur un débiteur.

On parle par exemple de "disposition comminatoire", de "jugement comminatoire" ou de "sentence comminatoire".

  • destiné à intimider, ayant un caractère menaçant.

On parle par exemple de "style comminatoire", de "termes comminatoires" ou de "ton comminatoire".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Avoir plus d'un tour dans son sac", "L'affaire est dans le sac" et "Vider son sac".

Ces trois curieuses locutions verbales avec le mot "sac" relèvent du registre familier.

Et elles trouvent  leur origine dans le "sac à procès", un sac en toile de jute, de chanvre ou de cuir qui était utilisé au XVIIe siècle), lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage : dépositions et requêtes, les pièces à conviction, etc. Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac suspendu par un crochet à un mur ou accroché à une poutre, dans le cabinet de l’avocat, afin que les parchemins ne soient pas dévorés par les rats. D'où la formule "Une affaire pendante", désignant toujours, de nos jours, au sens figuré, une affaire pour laquelle un tribunal a été saisi, mais n'a pas encore prononcé (selon le cas) le jugement ou l'arrêt.

Elles signifient ainsi respectivement :

  • "Avoir plus d'un tour dans son sac" :
    • au sens figuré, dans le registre familier : ne pas être arrêté par les obstacles ; être débrouillard, malin ou rusé ; avoir plus d'une idée en tête.

On dit par exemple : "Mon adjoint a plus d'un tour dans son sac : je sais qu'il trouvera une solution".

    • À l'image de l'avocat ou du procureur rusé, qui, autrefois, savait bien exploiter toutes les pièces du "sac à procès". Ou de celui qui fait des tours de prestidigitation, sortis de son "sac à malice" (sens propre).
  • "L'affaire est dans le sac" :
    • autrefois, au sens propre : le dossier judiciaire est prêt et l’ensemble des pièces sont archivées dans le sac scellé.
    • et de nos jours, au sens figuré, dans le registre familier : l'affaire est conclue et ne peut échouer.

On dit par exemple : "L'affaire est dans le sac : je vais pouvoir acheter la maison dont je t'ai parlé".

  • et "Vider son sac" :
    • autrefois, au sens propre : après avoir descendu le "sac à procès" pour l’audience, le procureur (ou l"avocat) pouvait plaider devant la cour et en sortir les pièces nécessaires à sa plaidoirie.
    • et de nos jours, au sens figuré, dans le registre familier : dire tout ce qu’on a à dire, tout ce que l’on a sur le coeur.

On dit par exemple :"Mon épouse a vidé son sac dimanche, et dit à sa soeur ce qu'elle pensait vraiment de cette situation".

Sources : wiktionary.org et www.juritravail.com

"Pertinent" et "Pertinence".

  • L'adjectif  "Pertinent qualifie ce qui est :

 

    • exactement adapté, approprié, judicieux, justifié ; en rapport avec la question ou le sujet, convenant parfaitement, dénotant du bon sens, de la justesse d'esprit.

On dit par exemple : "J'apprécie beaucoup les remarques ou critiques pertinentes laissées en commentaire à propos des différents articles de J'aime les mots".

    • ayant de l’à-propos, de la répartie, de l’esprit ; vif.

On dit par exemple : "Mes enseignants, comme mes patrons, m'ont toujours trouvé un peu trop pertinent".

    • et dans le domaine judiciaire : se rapportant à la question, appartenant au fond de la cause.

On parle par exemple de "Moyens pertinents et admissibles" ou de "Faits et articles pertinents".

  • Et le substantif féminin "La pertinence" désigne : la qualité ou le caractère de ce qui est pertinent.

On doit par exemple : "La pertinence des déclarations ou des décisions du premier ministre actuel ne me bouleversent guère".

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org et Le Robert

 

 

 

On ne dit pas : "Hériter de la jolie maison de ses parents"

Mais : "Hériter la jolie maison de ses parents".

On dit en revanche "Hériter d'une jolie maison", si le testateur (l'auteur du testament, c'est-à-dire celui dont on hérite) n’est pas explicitement mentionné.

L’accord du participe est donc variable : "La jolie maison dont il avait hérité" ou "La jolie maison qu'il avait héritée de ses parents".

"Fait pour valoir ce que de droit" ou "Fait pour servir et valoir ce que de droit".

Nous avons ici affaire à une formule administrative et juridique très ancienne, mais toujours utilisée de nos jours.

On la trouve à la fin d’un document avant la signature de son auteur, afin de mentionner que toute personne susceptible d'être concernée peut faire valoir ce qui est indiqué dans le document, qui peut ainsi de servir de preuve.

Elle est notamment utilisée dans les documents attestant la réalité d'un fait (témoignage), d'une libération (paiement) ou d'une qualité.

Sources : www.dictionnaire-juridique.com et formalites-administratives.ooreka.fr

"Contendant" ou "Contendante" et "Contondant" ou "Contondante".

Ces deux adjectifs paronymiques du registre soutenu ne doivent surtout pas être confondus, car ils possèdent des significations fort éloignées :

  • "Contendant" ou "Contendante" - qui relève également du registre désuet - qualifie en effet : celui ou celle qui est acteur ou actrice d'une situation ; protagoniste d'un conflit ou d'un litige.

On parle par exemple d'un "héritier contendant" ou d'un "prince contendant".

Et d'une "partie contendante", dans le domaine juridique.

Le mot peut également être utilisé comme substantif : "Un contendant" ou "Une contendante".

On dit par exemple : "Il faudrait que l'un des contendants accepte de faire quelques concessions".

  • tandis que "Contondant" ou "Contondante" qualifie : ce qui meurtrit par écrasement, blesse par le choc, sans couper, ni percer, mais en produisant des contusions.

On parle par exemple d'un "objet contondant" ou d'un "outil contondant", lorsqu'une personne a utilisé un gros cendrier ou une statuette pour frapper et assommer ou tuer sa victime.

Et d'une "arme contondante", pour désigner une arme constituée d'un manche pour la prise en main et d'une partie opposée servant à asséner des coups écrasants et non tranchants.

Les gourdins, les masses d'armes, les massues, les marteaux d'armes et les bâtons de combat sont des armes contondantes.

Mais pas les pics à glace ou les haches.

Une arme contondante est

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

Pourquoi dire : "Un cold case" ?

Et pas simplement, en français : "Une affaire classée" !

La locution nominale anglaise "Cold case" (littéralement "Affaire froide") est en effet une métaphore permettant de désigner les affaires judiciaires (principalement criminelles), non élucidées et faisant l'objet d'un classement sans suite en l'absence de tout nouvel élément probant.

"Fiscal", "Fiscale", "Fiscales", "Fiscaux" ou "La fiscalité" et "Le fisc".

Ces différents adjectifs et substantifs du langage courant désignent : ce qui est relatif aux impôts.

  • "La fiscalité" est un substantif féminin désignant : l'ensemble des règles, lois et mesures qui régissent les impôts dans un pays ; les pratiques utilisées par un État ou une collectivité pour percevoir des impôts et autres prélèvements obligatoires,
  • et "Le fisc" est un substantif masculin désignant : l'administration fiscale.

Ou plutôt : l'ensemble des administrations chargées de percevoir, de fixer et de répartir les impôts.

Contrairement à ce que l'on pense souvent, ce mot relève du langage courant et non du registre familier. Et il nous vient du latin "Fiscus" signifiant "Corbeille d'osier".

Sources : www.journaldunet.fr et www.larousse.fr

"Une remise".

"Une remise" est un substantif féminin polysémique du langage courant signifiant, selon le contexte :

  • l'action de mettre quelque chose à sa place antérieure ou dans son état antérieur (la "remise d'un meuble à sa place" ou la "remise en état d'un bâtiment"),
  • l'action de mettre quelque chose en la possession de quelqu'un (la "remise d'un document" ou la "remise d'un colis"),
  • l'action de remettre, de renvoyer à une date ultérieure l'exécution ou l'accomplissement de quelque chose (la "remise à plus tard d'une cérémonie"),
  • dans le domaine du sport : l'action succédant à la mise hors des limites du terrain du ballon et redonnant aux joueurs la possibilité de s'en servir (la "remise en jeu"),
  • dans le domaine du commerce : une diminution de prix accordée sur un achat par un commerçant ou consentie par un fournisseur à un vendeur.

La remise est une réduction commerciale habituelle accordée en fonction des quantités achetées, dans le cadre d'une opération promotionnelle ou suivant la qualité du client (un "remise commerciale"),

Une étiquette bleue de forme circulaire, annonçant une remise commerciale de -30%

  • dans le domaine de la chasse : un couvert bas et peu étendu destiné à servir de retraite au gibier.

Celui-ci s'y "remet" (s'arrête, se pose) lorsqu'on l'a fait "lever"

  • un lieu couvert où l'on met à l'abri des véhicules, des engins, des matériels divers,

Une remise de jardin (ou abri de jardin) en bois abritant deux bicyclettes

  • dans le domaine juridique et fiscal : un dégrèvement d'un impôt, d'une pénalité ou d'un débet sur demande gracieuse,
  • ou enfin, dans le domaine des jeux :
    • un avantage que le joueur le plus fort accorde au plus faible afin d'égaliser la partie,
    • ou : une amende que l'on paie dans différents jeux.

Vous pouvez également lire mon article consacré aux appellations "Une voiture de petite remise" et "Une voiture de grande remise".

Sources : Le robert et www.larousse.fr