"Bardé de diplômes".

Cette locution adjectivale est utilisée pour désigner une personnes possédant de nombreux diplômes ou qualifications.

Elle nous vient du Moyen Âge et du domaine militaire.

A partir du XVe siècle, lors des combats et des tournois, les chevaux ont commencé à être équipés de "bardes", une carapace en métal qui complétait l’armure des chevaliers.

Des chevaux bardés

Celle-ci tirait son nom de l’arabe "barda", qui faisait référence au bât, la couverture posée sous une selle pour préserver le dos de l’animal.

Ainsi, "être bardé" signifiait être protégé contre le danger. Par extension, l’expression a été reprise dans le monde professionnel, en référence à une personne dont l’avenir est sécurisé grâce à sa formation.

Aujourd’hui, ce terme est également employé pour parler d’une viande "bardée" (entourée de lard).

De la viande bardée

Ou du "bardage" qui recouvre un bâtiment.

Le bardage d'un bâtiment

Source : www.cnews.fr

"Bâcher" ou "Se bâcher".

Ce verbe français possède de nombreuses significations :

  • "Bâcher" signifie ainsi, au sens propre : couvrir d’une bâche.
    • et celà, qu'il s'agisse d'une remorque,

Un homme bâchant une remorque

    • du sol, des murs, des plafonds ou des meubles, lors de travaux de peinture,

Des meubles et un plancher bâchés

    • ou de la façade d'un bâtiment, durant des travaux.

  • et au sens figuré :
    • dans le registre populaire : se moquer plus ou moins méchamment de quelqu’un, avec souvent une intention vexante.

On dit ainsi "Se faire bâcher" ou "Se prendre une bâche".

    • dans le jargon cycliste (registre familier) : abandonner une course.

On dit par exemple : "C'est la première que ce coureur bâche en 15 ans de carrière"

On dit par exemple : "Si j'ai le choix, je préfère tout de même être bâché qu'agressé".

    • pour les français de La Réunion (97-4), en parlant des cours (registre familier) : ne pas y assister, les manquer volontairement.
    • et enfin, pour nos amis suisses (registre familier) : cesser son activité, s’arrêter.

On dit par exemple : "Impossible de résister à cette crise économique : je bâche".

  • et "Se bâcher", au sens figuré :
    • se couvrir (d’un vêtement ou de toute autre chose).

On dit par exemple : "Je vais me bâcher car il pleut à torrents".

Ou : "Après l'incendie, les toits de toutes les maisons étaient bâchés de cendres grises".

    • se couvrir, en parlant du temps, du ciel, notamment dans le contexte des sports d’altitude (aviation de loisir, alpinisme et autre sports de haute montagne),

On dit par exemple :"Dépêchons-nous de rentrer à la station, la vallée se bâche".

    • dans le registre argotique : aller se coucher, dormir ; se mettre sous la bâche (drap du lit),

On dit par exemple : "Vas-donc te bâcher : tu ne tiens plus debout !".

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Arquer".

Ce verbe change de signification en fonction du niveau de langue dans lequel il est employé.

Il signifie ainsi :

  • rendre courbe ou fléchir, dans le langage courant.

On dit par exemple : "Il faudrait que tu m'aides à arquer cette tige métallique".

"Arquer" ou "Cintrer" un tube

Ou : "Attention : cette poutre commence à arquer".

Une poutre arquée

  • et : marcher, dans le registre argotique.

On dit ainsi : "J'étais tellement crevé que j'pouvais p'us arquer !".

Ne plus pouvoir arquer (marcher) (registre argotique)

"Sortir de terre".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre : émerger de la terre où l'on a planté des graines, pour des fleurs ou des légumes.

On dit par exemple : "Mes carottes sortent de terre en avance cette année".

De jeunes pousses sortant de terre

  • au sens figuré : commencer à être construit, pour un bâtiment.

Un lotissement "sortant de terre"

On dit par exemple : "Ayant emménagé à Courbevoie (92), en décembre 1964, j'ai vu sortir de terre la tour Initiale, première tour de la Défense à être construite, en bord de Seine, à Puteaux (92)".

La "tour PB 31" (pour "Puteaux/Bureaux, 31 niveaux"), devenue "tour Nobel", puis "tour Roussel-Hoechst" et depuis 2003 "tour Initiale", sortant de terre en 1964
La "tour PB 31" (pour "Puteaux/Bureaux, 31 niveaux"), devenue "tour Nobel", puis "tour Roussel-Hoechst" et depuis 2003 "tour Initiale", sortant de terre en 1964

La "tour Initiale" à La Défense (92)

On ne dit pas : "Un barrage-poutre" !

L'ancien coureur cycliste français Laurent Jalabert, reconverti en commentateur

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 14 juillet 2021, l'ancien champion cycliste français Laurent Jalabert, commentant le Tour de France 2022 sur la chaîne de télévision publique française France 2.

Mais évidemment : "Un barrage-VOUTE" !

C'est à dire un type de barrage dénommé ainsi en raison de sa forme arquée caractéristique.

Un barrage-voûte

La forme courbe de ces barrages permet de reporter les efforts dus à la poussée de l'eau sur chaque côté des rives, le barrage décrivant un arc sur le plan horizontal.

Un barrage-voûte à double courbure

Ce type d'ouvrage est utilisé dans des vallées étroites disposant de versant très rigides capable de supporter le poids de l'eau.

Le barrage-voûte fonctionne sur le principe des voûtes : la pression de l'eau est reportée vers les points d'appuis sur les rives, qui jouent le même rôle que les murs porteurs d'une construction.

Certains barrages-voûtes sont arqués selon les deux plans (horizontal et vertical), on parle dans ce cas de barrage-voûte à double courbure. Dans ce cas, une partie de la poussée est dirigée vers le sol, qui joue le rôle d'un troisième mur, et ainsi permet de diminuer la poussée de l'eau sur les rives.

 

Historique

Les premières constructions primitives de ce type d'ouvrage datent de l'Antiquité. Le premier d'entre eux serait celui du site de Glanum près de Saint-Rémy-de-Provence (13).

En Europe, le premier ouvrage moderne de ce type est attribué à l'ingénieur François Zola, il s'agit du barrage Zola inauguré en 1854, au Tholonet, près de ma bonne ville d'Aix-en-Provence.

Le barrage Zola, au Tholonet (13)

Source : wikipedia.org

"Décrépi" ou "Décrépie" et "Décrépit" ou "Décrépite".

Ces deux adjectifs ne doivent pas être confondus :

  • "Décrépi" ("Décrépie" au féminin) sans "t" signifie en effet :
    • au sens propre (participe passé du verbe décrépir) : dont on a retiré le crépi ou qui a perdu son crépi,

 

On parle par exemple d'un "mur décrépi".

Un vieux mur décrépi

    • et par extension : qui, avec le temps, a pris un aspect misérable, délabré.

On parle par exemple d'une "bâtisse décrépie".

Une bâtisse décrépie

  • tandis que "Décrépit" ("Décrépite" au féminin) avec un "t" signifie :
    • au sens propre : atteint de décrépitude, affaibli par l’âge, parvenu à un état complet de déchéance physique ; sénile, usé.

On parle par exemple d'un vieillard décrépit.

Un vieillard décrépit

    • et par extension : qui, avec le temps, a pris un aspect misérable, délabré.On parle par exemple d'une "bâtisse décrépite".

Une bâtisse décrépie

Sources : www.projet-voltaire.fr et www.larousse.fr et www.academie-francaise.fr

On n'écrit pas : "Au fait de sa puissance" !

Mais : "Au FAÎTE de sa puissance" !

"Faîte" est en effet un substantif masculin désignant la partie la plus haute d'une chose élevée : un arbre, un toit, une montagne.

On dit par exemple :"Les girouettes sont généralement placées au faîte des maisons ou des édifices".

Une girouette sur le faîte d'un toit

"Une girouette".

Ce substantif féminin désigne :

  • au sens propre :
    • une plaque mobile rotative, de forme variable et le plus souvent métallique, généralement placée sur le toit d’un édifice et indiquant la direction du vent en pivotant latéralement sur un axe vertical fixe,

La girouette montre également l'origine cardinale du vent grâce à la croix directionnelle indiquant les quatre points cardinaux dont est généralement pourvu l'axe fixe.

Ceci est permis par sa structure asymétrique, généralement matérialisée par une flèche ou un coq, dont la pointe ou la tête, plus courts que les éléments indicateurs (le corps), pointent vers la source du vent.

Une girouette

    • par extension : un dispositif d'information des véhicules de transport (métro, tramway, bus, cars) indiquant généralement le numéro et la destination de la ligne.

Les girouettes sont généralement au nombre de trois par véhicule, mais il est possible d'en trouver seulement deux ou plus de trois :

      • la première se situe à l'avant, au-dessus du pare-brise,

Une girouette avant d'autobus

      • la deuxième se trouve sur le côté où les voyageurs montent, près de la porte avant, légèrement en hauteur,

Une girouette latérale d'autobus

Ou en partie haute, entre les deux portes.

Une girouette latérale d'autobus

      • et la troisième se trouve à l'arrière.

Une girouette arrière d'autocar

  • et au sens figuré : une personne versatile, changeant fréquemment d’opinion.

On dit par exemple : "Ma soeur est une vraie girouette : incapable de se tenir à une décision".

Sources : www.cnrtl.fr et wikipedia.org

"Une baignoire sabot".

Une baignoire sabot

Cette étrange locution nominale féminine, qui m'avait beaucoup intrigué étant enfant, dans les années 1960, relève du langage courant.

Également appelée "Baignoire assise", elle désigne : une baignoire en forme de siège, plus courte et plus haute qu'une baignoire tradtionnelle, permettant de prendre un bain en position assise.

Baignoire sabot en cuivre datant du XVIIIe siècle
Baignoire sabot en cuivre datant du XVIIIe siècle

Elle est particulièrement adaptée aux personnes à mobilité réduite ou aux salles de bains de petites surfaces, puisqu'un modèle de seulement 120cm x 70cm convient parfaitement a une personne de taille moyenne.

Un petit modèle de baignoire sabot
Baignoire-sabot

Outre un gain de place considérable, elle offre un grand confort, la position assise créant un sentiment de sécurité immédiat chez les personnes âgées. Et davantage encore, bien sûr, lorsque la baignoire sabot intègre une porte facilitant l'entrée et la sortie.

Enfin - et je l'ai expérimenté pour ma part, à la fin des années 1990, avec ma fille aînée, aujourd'hui devenue médecin (comme le temps passe !) - la baignoire sabot est idéale pour les enfants : un petit de 2 à 4 ans qui joue ne remarque absolument pas la différence entre une petite et une grande baignoire, l'important étant de passer un bon moment, puis d'être correctement savonné !

Sources : www.batiproduits.com et www.sawiday.fr

"En béton".

Une dalle en béton, en train d'être coulée

Cette locution adjectivale signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : dans un matériau de construction à grande résistance, obtenu par liaison d'agrégats divers (pierres, sable, etc.) au moyen de pâtes faites de ciment, chaux, etc., et d'eau,

On dit par exemple : "Ces piliers en béton sont garantis cinquante ans".

Des poteaux en béton

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • très solide, fiable, à toute épreuve, sans défauts ni lacunes.

On dit par exemple : "J'ai signé un contrat en béton", "Nous avons un dossier en béton" ou "Mon client possède un alibi en béton".

    • ou : très résistant, inaltérable.

On dit par exemple : "Tu peux y aller sans crainte et stocker tous tes cartons : regarde les poutres, c'est du béton".

D'énormes poutres en bois massif

Sources : www.cnrtl.fr et dictionnaire.sensagent.leparisien.fr

"Un ERP".

Ce sigle (on le prononce e-air-pé et non air-pe, comme s'il s'agissait d'un acronyme) désigne principalement, selon le contexte  :

  • un Etablissement Recevant du Public.

C'est à dire : un bâtiment, un local ou une enceinte, fixes ou provisoires, dans lesquels des personnes sont admises librement, ou moyennant une rétribution ou une participation quelconque, et où sont tenues des réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non.

Comme par exemple une mairie, une poste, un magasin, un centre commercial, un restaurant, un hôtel, une bibliothèque, une salle de théâtre, etc.

Sont considérées comme faisant partie du public toutes les personnes admises dans l'établissement, à quelque titre que ce soit, en plus du personnel.

  • ou, en anglais : un Entreprise Resource Planning, appelé en français PGI (Progiciel de Gestion Intégré).

C'est à dire : un système d’information permettant de gérer et suivre au quotidien, l’ensemble des informations et des services opérationnels d’une entreprise.

Sources  www.cegid.com et www.service-public.fr

Pourquoi dire : "Less is more" ?

L'architecte allemand naturalisé états-unien Ludwig Mies van der Rohe (27 mars 1886 - 17 août 1969), directeur de l'école du Bauhaus de 1930 à 1933

Et pas simplement, en français : "Moins c'est plus" !

Voire : "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" !

C'est à dire, concrètement  : la simplicité est préférable à la complexité ; la concision est préférable à la verbosité.

Il s'agit d'une maxime minimaliste, popularisée par l'architecte allemand naturalisé états-unien Ludwig Mies van der Rohe (27 mars 1886 - 17 août 1969), directeur de l'école du Bauhaus de 1930 à 1933.

Héritier du modernisme, et plus particulièrement du Bauhaus, le minimalisme (ou "art minimal") est en effet un courant de l'art contemporain, apparu au début des années 1960 aux États-Unis d'Amérique, en réaction au lyrisme pictural de l'expressionnisme abstrait et en opposition à la tendance figurative et ironique du pop art. Selon les minimalistes, l'amélioration d'une oeuvre se fait ainsi par soustraction.

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org