"Une crédence" n'est pas uniquement ce que vous croyez !

Ce susbtantif féminin polysémique nous vient de l'italien "credenza", "croyance").

Et il désigne, selon le contexte :

  • dans la religion catholique : un dispositif destiné à recevoir les objets liturgiques nécessaires au culte et utilisés pendant la messe (table, tablette, console, desserte ou niche, parfois fermée par une porte),
Une crédence style Louis-XVI, à l'église Saint-Étienne de Beauvais (60) (© www.terre-meuble.fr)
Une crédence style Louis-XVI, à l'église Saint-Étienne de Beauvais (60) (© www.terre-meuble.fr)

Définition de la crédence dans le domaine religieux

Une crédence niche, creusée dans le mur d'une église
Une crédence niche, creusée dans le mur d'une église
  • autrefois : un buffet ou une table destiné(e) à recevoir les plats et les boissons goûtés par un officier de bouche, afin de s'assurer que les mets présentés aux princes n'étaient pas empoisonnés,
Une crédence italienne du XVIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
Une crédence italienne du XVIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
  • la partie d'un buffet située entre le corps supérieur et le corps inférieur, dont les étagères permettent l'exposition de pièces de vaisselle,
La crédence d'un vaisselier de l'Est de la France du XVIIIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
La crédence d'un vaisselier de l'Est de la France du XVIIIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
  • et, de nos jours, dans une cuisine, la partie du mur située entre le plan de travail et les meubles hauts.

Généralement recouverte de carrelage, de pierre ou d'inox, elle permet :

    • de protéger le mur d'éventuelles éclaboussures d'eau à l'arrière de l'évier et de graisse à proximité de la plaque de cuisson,
    • de faciliter le nettoyage,
    • tout en enjolivant cet espace.

Un crédence

Sources : wikipedia.org, www.terre-meuble.fr et www.cnrtl.fr

"La confiote".

De la "confiote" ou "confiture" en argot

Ce substantif féminin du registre argotique désigne : la confiture.

C'est à dire : un mélange gélifié de sucre, de pulpe ou de purée d'une ou plusieurs espèces de fruits, obtenu, le plus souvent, en faisant réduire et "confire", dans une bassine à confiture, certains fruits avec un poids équivalent de sucre.

La confiture est une technique de conservation des aliments pour les fruits les plus fragiles.

Mais c'est également un moyen de consommer certains fruits astringents comme le coing ou amers comme la bigarade.

La confiture peut être utilisée pour agrémenter des beignets, des tartines, les yaourts nature, etc.

Et ce mot désigne, dans le jargon du bâtiment et des travaux publics, une variante de béton serré (sec), utilisée principalement pour le coulage de bordures en béton.

Source : wikipedia.org

On n'écrit pas : "La mozaïque" ni "Une mozaïque" !

Une mosaïque en cours de réalisation

Mais : "La moSaïque" ni "Une moSaïque" !

Avec un "s".

  • "La mosaïque" est un art décoratif dans lequel on assemble des fragments de pierre (marbre, granit), de pierres colorées, d'émail, de verre, ou encore de céramique, assemblés à l'aide de mastic ou d'enduit, afin de former des motifs ou des figures.
Mosaiques tunisiennes constituées de marbre fragmenté, à raison de 150 000 "tesselles" (ou morceaux de pierre) au mètre carré
Mosaiques tunisiennes constituées de marbre fragmenté, à raison de 150 000 "tesselles" (ou morceaux de pierre) au mètre carré

Quel que soit le matériau utilisé, ces fragments sont appelés des "tesselles".

Petits émaux de couleur utilisés pour la création de mosaïques
Petits émaux de couleur utilisés pour la création de mosaïques

Très utilisée pendant l'Antiquité romaine, la mosaïque reste en usage tout au long du Moyen Âge, en particulier chez les Byzantins, continuateurs des Grecs et des Romains (basilique San Vitale de Ravenne), et tout au long de la Renaissance, avant de disparaître pendant plusieurs siècles.

  • Et "Une mosaïque" est donc :
    • au sens propre : un assemblage de petits cubes ou parallélépipèdes multicolores (ou "tesselles")  juxtaposés de façon à former un dessin, et retenus par un ciment,
Une mosaïque romaine
Une mosaïque romaine
Une mosaïque romaine retouvée à Florence (Toscane) (Italie) : "Cave canem" ("Attention au chien")
Une mosaïque romaine retouvée à Florence (Toscane) (Italie) avertissant "Cave canem" ("Attention au chien")
  • et au sens figuré : une surface quelconque divisée en compartiments nombreux et variés.

On parle par exemple d'une "mosaïque de petits jardins".

Une mosaÏque de petits jardins

Sources : wikipedia.org et www.larousse.fr

"Une gouttière".

Ce substantif féminin du langage courant désigne, selon le contexte :

  • un canal demi-cylindrique, fixé au bord inférieur des toits, permettant l'écoulement des eaux de pluie.

Une gouttière de toit

  • ou : un dispositif médical servant à immobiliser un membre fracturé.
Une gouttière pour jambe
Une gouttière pour jambe
Une gouttière pour bras
Une gouttière pour bras

Source : Le Robert.

"La sarcellite".

"La sarcellite", c'est à dire le malaise des habitants vivant dans les grands ensembles

Ce terme de "Sarcellite" aurait été inventé par un habitant de la ville de Sarcelles (95), s’exprimant sur les ondes de la radio Europe 1.

Et il qualifie, selon le contexte :

  • la maladie ou plus précisément la névrose ressentie par quiconque vit dans ce que l'on appelle les "grands ensembles" d'habitation, un type d'architecture "concentrationnaire", déshumanisée et déprimante des années 1955-1975, dont cette ville est particulièrement emblématique.
  • ou : le type d’urbanisme que constituent ces grands ensembles d’immeubles.

"La sarcellite", c'est à dire le malaise des habitants vivant dans les grands ensembles

Sources : wikipedia.org, wiktionary et Encyclopaedia Universalis

Ne dites pas : "Faire une remise" !

Mais, selon le contexte :

  • "ACCORDER une remise", "CONSENTIR une remise" ou "OCTROYER une remise",
  •  ou : "BÂTIR une remise" ou "CONSTRUIRE une remise".

Le mot "Remise" est en effet un substantif féminin polysémique pouvant avoir de nombreuses significations.

 

"Une remise".

"Une remise" est un substantif féminin polysémique du langage courant signifiant, selon le contexte :

  • l'action de mettre quelque chose à sa place antérieure ou dans son état antérieur (la "remise d'un meuble à sa place" ou la "remise en état d'un bâtiment"),
  • l'action de mettre quelque chose en la possession de quelqu'un (la "remise d'un document" ou la "remise d'un colis"),
  • l'action de remettre, de renvoyer à une date ultérieure l'exécution ou l'accomplissement de quelque chose (la "remise à plus tard d'une cérémonie"),
  • dans le domaine du sport : l'action succédant à la mise hors des limites du terrain du ballon et redonnant aux joueurs la possibilité de s'en servir (la "remise en jeu"),
  • dans le domaine du commerce : une diminution de prix accordée sur un achat par un commerçant ou consentie par un fournisseur à un vendeur.

La remise est une réduction commerciale habituelle accordée en fonction des quantités achetées, dans le cadre d'une opération promotionnelle ou suivant la qualité du client (un "remise commerciale"),

Une étiquette bleue de forme circulaire, annonçant une remise commerciale de -30%

  • dans le domaine de la chasse : un couvert bas et peu étendu destiné à servir de retraite au gibier.

Celui-ci s'y "remet" (s'arrête, se pose) lorsqu'on l'a fait "lever"

  • un lieu couvert où l'on met à l'abri des véhicules, des engins, des matériels divers,

Une remise de jardin (ou abri de jardin) en bois abritant deux bicyclettes

  • dans le domaine juridique et fiscal : un dégrèvement d'un impôt, d'une pénalité ou d'un débet sur demande gracieuse,
  • ou enfin, dans le domaine des jeux :
    • un avantage que le joueur le plus fort accorde au plus faible afin d'égaliser la partie,
    • ou : une amende que l'on paie dans différents jeux.

Vous pouvez également lire mon article consacré aux appellations "Une voiture de petite remise" et "Une voiture de grande remise".

Sources : Le robert et www.larousse.fr

"Un veau".

Ce substantif masculin polysémique désigne, selon le contexte :

  • au sens propre :

Un veau

    • un mammifère domestique herbivore de la famille des bovidés.

Le "Veau" est le petit de la vache et du taureau, avant son sevrage, à un an.

Le terme s'applique au mâle et à la femelle (appelée "Veau femelle"), le substantif féminin "Velle" n'étant que très rarement usité.

Et l'on l'élève pour sa viande (blanche) et sa peau.

Une bufflesse et son veau
Une bufflesse et son veau
    • par extension, parfois : un petit d'un grand mammifère herbivore dont la progéniture n'a pas de nom spécifique, comme le bison ou le buffle.
Une femelle morse et son veau
Une femelle morse et son veau
    • ou un petit de certains mammifères marins comme le morse.
    • en architecture : la partie supérieure de la ferme d'un cintre supportant tout ou partie d'une voûte pendant sa construction.
  • et au sens figuré, dans le registre familier :
Un vieux break états-unien des années 1970
Un vieux break états-unien des années 1970
    • une automobile usagée, un véhicule lent, qui n'avance pas, a peu de reprises et est peu performant.

On dit par exemple : "Avec ton veau on n'est pas arrivé : on ne dépasse pas le 100 km heure !".

    • ou : une personne lourde de corps ou d'esprit.

On dit par exemple : "Qu'est-ce que tu veux qu'il comprenne à ce bouquin : ce type est un veau !".

Source : www.languefrancaise.net

"Un dégagement".

Ce substantif masculin polysémique du langage courant peut désigner, selon le contexte, de nombreuses choses :

  • l'action de retirer d'un organisme, d'une institution ce qui y a été engagé ou gagé ; l'action de le dégager (Le "dégagement d'une pendule du mont-de-piété"),
  • l'action de déblayer un lieu, d'en enlever ce qui l'encombre, l'embarrasse (le "dégagement d'une voie"),
  • le fait de libérer quelqu'un ou quelque chose qui est couvert, bloqué, écrasé par quelque chose ; l'action de l'enlever du lieu où il se trouve (le "dégagement de vestiges préhistoriques par des archéologues" ou le "dégagement d'une victime d'avalanche par les secouristes"),
Le dégagement d'un squelette par un archéologue.
Le dégagement d'un squelette par un archéologue.
Une équipe de secouristes effectuant un dégagement de victime d'avalanche, en montagne
Une équipe de secouristes effectuant un dégagement de victime d'avalanche, en montagne
  • le fait de se dégager, en parlant d'un gaz, d'une odeur, etc. (un "dégagement de vapeur" ou un "dégagement de fumée"),
  • l'action de se dégager de quelque chose, d'une promesse, d'un engagement militaire (une politique du "dégagement en Afrique et en Europe"),
  • dans une habitation : une communication, un passage établi d'une pièce à une autre ou entre l'intérieur et l'extérieur ; un espace libre permettant d'aller et venir librement.

On dit par exemple : "Il va falloir prévoir d'importants dégagements dans cet appartement, car ma fille est en fauteuil roulant".

Un appartement pour personnes handicapées physiques disposant d'importants dégagements
Un appartement pour personnes handicapées physiques disposant d'importants dégagements
  • en sport, notamment au football ou au rugby : l'action d'envoyer le ballon loin de son but ou de sa ligne de but,
Un gardien de but de football effectuant un dégagement
Un gardien de but de football effectuant un dégagement
Un joueur de rugby effectuant un dégagement
Un joueur de rugby effectuant un dégagement
  • en aéronautique : la séparation d'un avion du groupe avec lequel il volait en formation,
  • et en médecine : le temps terminal de l'accouchement, au cours duquel le foetus franchit le détroit inférieur du bassin et l'orifice vulvaire.

Source : www.larousse.fr

"Corroyer".

Ce verbe peu connu relève du domaine technique et signifie : préparer une matière en la battant, en l'étirant, en la foulant.

Plus précisément, selon le contexte :

  • dans le domaine de la peausserie : transformer le cuir après tannage, l'apprêter, le préparer, l'assouplir, et lui donner la souplesse, la couleur, le grain, le dernier apprêt requis pour ses divers usages.

On parle ainsi de "Cuir corroyé" ou de "Peau corroyée".

  • dans le domaine de la construction :
    • malaxer et pétrir avec de l'eau (le sable, la chaux, la glaise, la terre à briques), pour en faire un mortier, un enduit,

On dit ainsi : "Corroyer de la terre glaise" ou "Corroyer du mortier".

    • et par extension : revêtir d'un enduit.

On dit ainsi : "Corroyer un mur" ou "Corroyer un bassin de fontaine".

  • dans le domaine des travaux publics : agglomérer à l'aide de rouleaux compresseurs les digues de retenue d'eau.

On dit ainsi :  "Corroyer un canal".

  • dans le domaine de la métallurgie : battre, écraser, forger ensemble ou souder à chaud des métaux ou des tôles,
  • dans le domaine de la menuiserie : dégrossir la surface d’une bille ou d'une pièce de bois,
  • ou enfin, dans le domaine de la fonderie : écraser toutes les mottes du sable, pour le rendre plus maniable.

L'action de corroyer s'appelle le "Corroyage".

Et le produit obtenu : le "Corroi".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Une poterne".

Ce substantif féminin désigne : une petite porte discrètement intégrée aux murailles d'une fortification, permettant aux habitants d'un château de sortir ou rentrer à l'insu de l'assiégeant.

Placée dans le bas des courtines, au niveau des fossés, elle était généralement sous la protection des meurtrières d'une tour proche ou d'une bretèche.

Source : wikipedia.org

"Une porte condamnée".

Une porte condamnée avec des pierres

Une porte condamnée est une porte fermée, sinon de manière définitive, du moins permanente.

Une porte condamnée avec du bois
Une porte condamnée avec du bois
Une porte condamnée avec des briques
Une porte condamnée avec des briques

Une porte n'est certes jamais condamnée par un juge.

Mais on ne peut pour autant affirmer qu'elle n'est coupable de rien ! En effet, si l'on condamne une porte, c'est généralement parce qu'elle n'a plus guère d'utilité ou qu'elle présente un caractère dangereux.

Ou tout du moins : jugé dangereux.

Ainsi, les exploitants de grandes surfaces commerciales ou de salles de cinéma ont-ils parfois une fâcheuse et irresponsable tendance à bloquer au moyen de chaînes cadenassées certaines sorties de secours de leurs établissements. À leurs yeux, manifestement, la sécurité de leurs clients - qui ne pourraient plus s'échapper en cas d'incendie, d'explosion ou d'attaque terroriste - passe manifestement après la crainte qu'ils peuvent avoir que des voleurs ou des resquilleurs s'échappent ou ne s'introduisent subrepticement dans leurs établissements...

Une sortie de secours condamnée avec une chaîne !
Une sortie de secours condamnée avec une chaîne !