"Une porte condamnée".

Une porte condamnée avec des pierres

Une porte condamnée est une porte fermée, sinon de manière définitive, du moins permanente.

Une porte condamnée avec du bois
Une porte condamnée avec du bois
Une porte condamnée avec des briques
Une porte condamnée avec des briques

Une porte n'est certes jamais condamnée par un juge.

Mais on ne peut pour autant affirmer qu'elle n'est coupable de rien ! En effet, si l'on condamne une porte, c'est généralement parce qu'elle n'a plus guère d'utilité ou qu'elle présente un caractère dangereux.

Ou tout du moins : jugé dangereux.

Ainsi, les exploitants de grandes surfaces commerciales ou de salles de cinéma ont-ils parfois une fâcheuse et irresponsable tendance à bloquer au moyen de chaînes cadenassées certaines sorties de secours de leurs établissements. À leurs yeux, manifestement, la sécurité de leurs clients - qui ne pourraient plus s'échapper en cas d'incendie, d'explosion ou d'attaque terroriste - passe manifestement après la crainte qu'ils peuvent avoir que des voleurs ou des resquilleurs s'échappent ou ne s'introduisent subrepticement dans leurs établissements...

Une sortie de secours condamnée avec une chaîne !
Une sortie de secours condamnée avec une chaîne !

"Une lézarde".

Ce substantif féminin désigne :

Un lézard des sables mâle (vert) et un lézard des sables femelle (marron)
Un lézard des sables mâle (vert) et un lézard des sables femelle (marron)
Une lézarde sur un mur
Un mur présentant une lézarde
  • mais : une fente profonde, longitudinale, irrégulière, affectant toute l'épaisseur d'un ouvrage de maçonnerie, également appelée "Crevasse" ou "Fissure",
  • par analogie, au sens figuré, dans le registre soutenu : une fêlure, une fissure, une brèche, une atteinte compromettant la solidité de quelque chose, qui peut, en se produisant dans quelque chose, en provoquer la ruine et la fin prochaines.

On dit par exemple : "Ce problème risque de constituer à l'avenir une fissure au sein de la majorité".

Un galon lézarde
Un galon lézarde
  • dans le domaine de la passemanterie : un galon de petite largeur, utilisé comme cache-clous ou cache point, servant également à cacher les coutures des étoffes ou leur ligne de jonction avec le bois d'un meuble,
Une lézarde d'imprimerie
Une "lézarde" d'imprimerie, également appelée "Cheminée", "Rue" ou "Ruelle"
  • dans le domaine de l'imprimerie : une raie blanche, diagonale, sinueuse, se présentant occasionnellement dans la composition d'une page imprimée et formée d'espaces (ou "blancs") dans de nombreuses lignes successives de cette page, par exemple à la terminaison de mots au même endroit dans plusieurs lignes superposées.

On parle également de "Cheminée", "Rue" ou "Ruelle".

Un "galon à lézarde" militaire"
Un "galon à lézarde" militaire"
  • et dans le domaine militaire : un galon utilisé comme insigne de grade des sous-officiers, nommé "Galon à lézarde" à cause de la forme de sa trame.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Une toiture à redans partiels" ou "Une toiture à redents partiels" ou pourquoi les toits des anciennes usines ont souvent la même forme, en dents de scie.

Une toiture "en dents de scie", dite "toiture à redans partiels" ("Shed")

Cette locution nominale féminine constitue la véritable dénomination de ce que l'on appelle plus couramment une "toiture en dents de scie" ou, improprement - en anglais - "un shed" (puisque ce mot signifie "hangar" pour nos voisins d'outre-Manche, qui utilise une autre appellation, comme je l'explique plus loin).

Ce type de toiture est formé d’une succession de toits à deux versants de pente différente, le plus court étant généralement vitré, et couvrant le plus souvent un atelier industriel.

L'apparition de ce type de toiture est directement liée à la révolution industrielle et remonte au 19e siècle, en Angleterre.

En France, les plus anciennes sont considérées comme étant celles de l’usine métallurgique de l’Alliance, à Pont-Salomon (43) et datent de 1860.

Ces toits si particuliers ont tellement imprégné l'imaginaire collectif que, de nos jours encore, malgré leur disparition massive, la silhouette d'un bâtiment à redans partiels associé à une cheminée d’usine, constitue l’image-type de l’usine et - au-delà - de l’industrie :

Logo usineLogos usinesLogo usine

Le besoin de grandes surfaces éclairées pour les ateliers à une époque où l'éclairage électrique est encore rare amène les architectes à cette solution, car ce système de "dents de scie" permet d'amener au coeur des ateliers et usines la lumière naturelle venant de l’extérieur.

Et offre donc aux industriels la possibilité d’éclairer gratuitement, et en l’absence même d’électricité, d'immenses hangars sans fenêtres, où travaillent toute la journée d'innombrables ouvriers.

Ce principe des "dents de scie" permet d’installer sur la partie verticale une grande vitre orientée vers le Nord (dont la pente va souvent jusqu’à la verticale) afin d’offrir une luminosité constante. Dans l’hémisphère Nord, en effet, la lumière du Nord est la même toute la journée, ce qui permet d’éviter la surchauffe due au soleil direct ainsi que l’éblouissement des travailleurs.

L’autre côté, celui en pente, est couvert et orienté vers le Sud, face au soleil, afin de mettre l’intérieur de l’usine, et par voie de conséquence ses ouvriers, à l’ombre.

Et inversement dans l'hémisphère Sud.

L’appellation anglaise - en dehors de "sawtooth roof" ("toit en dents de scie ") - est d'ailleurs explicite : "northlight roof" ("toit à lumière du Nord"), ou, dans l’hémisphère Sud, "southlight roof" ("toit à lumière du Sud").

Ombre et lumière sont donc les deux raisons qui expliquent la forme si spécifique de ces toits d’usine.

Sources : wikipedia.org etwww.chosesasavoir.com

Pourquoi dire : "Un shed" ?

Une toiture "en dents de scie", dite "toiture à redans partiels" ("Shed")

Et pas : "Une toiture à redans partiels" !

C'est à dire un type de toiture "en dents de scie", formée d’une succession de toits à deux versants de pente différente, le plus court étant généralement vitré, et couvrant le plus souvent un atelier industriel.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un rooftop" ?

Toit-terrasse ou toiture terrasse végétalisé ("Rooftop")

Et pas : "Un toit-terrasse" ou "Une toiture terrasse" !

Toit terrasse ("Rooftop")

C'est à dire : un dispositif architectonique technique permettant de réaliser une toiture plate.

Cette dernière peut rester inaccessible ou être utilisée comme espace à vivre, convivial ou de loisir.

Un toit-terrasse peut être traité en jardin (parfois seulement végétalisé) ou il peut être constitué de partie à l'air libre et d'éléments construits, avec un solarium par exemple.

Source : wikipedia.org

"Une agrafe".

Ce substantif féminin polysémique peut désigner, selon le contexte, pas moins de sept objets différents :

Une agrafe de vêtementUne agrafe de vêtement

  • un crochet que l'on engage dans un anneau, une boucle ou une bride et qui sert à joindre les bords opposés d'un vêtement.

Agrafes pour le papier

  • un fil ou une lamelle métallique recourbé(e) aux extrémités, permettant d'attacher, de fixer, d'assembler ensemble plusieurs éléments (feuilles de papier, pièces de cuir, de bois, etc.).

Agrafeuse et agrafes cutanées

  • notamment dans le domaine chirurgical, où l'agrafe permet de souder et de suturer bord à bord les deux berges d'une plaie.
Agrafes métalliques de stylo
Agrafes métalliques de stylo

Stylo bille plastique avec agrafe

  • une languette de métal ou de plastique destinée à accrocher un stylo au rebord d'une poche.
  • dans le bâtiment : une pièce métallique scellée entre les pierres d'un mur, ou entre un placage et un mur, afin de les solidariser.

Un mascaron

  • un mascaron ornant la clef d'un arc de fenêtre ou de porte ; c'est à dire un ornement représentant généralement un masque, une figure humaine, parfois effrayante, à la fonction apotropaïque : il s'agit d'éloigner les mauvais esprits afin qu'ils ne pénètrent pas dans la demeure.
  • dans les chemins de fer : un dispositif permettant - sur un aiguillage - d'immobiliser les lames d'une aiguille dans l'une ou l'autre de ses deux positions possibles.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un bahut".

Ce petit mot polysémique change de sens selon le registre de langue et désigne respectivement :

  • dans le langage courant :
    • en architecture : un mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

Un bahut : mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

    • un meuble : à l'origine un gros coffre de bois destiné au transport.

Bahut coffre en bois

Puis un meuble de grandes dimensions, tel qu'un buffet.

Bahut en bois

On dit par exemple : "On a voulu se débarrasser du vieux bahut du salon, mais ça nous a pris deux jours, à trois, pour monter le buffet suédois Sküngred qu'on s'est acheté à la place !".

    • un récipient en inox utilisé comme ustensile de cuisine dans les cuisines professionnelles.

Bahut de cuisine en inox

  • dans le registre argotique :
    • un camion, un véhicule poids-lourd.

On dit par exemple :"Tu aurais vu les files de bahuts sur l'autoroute : c'était impressionnant !".

Un bahut : un semi-remorque en argot

    • ou un taxi.

Taxi français des années 1980

On dit par exemple : "J'ai eu du mal à trouver un bahut pour rentrer ; j'ai failli rentrer à pinces".

  • et dans le registre populaire : un collège ou un lycée.

On dit par exemple : "Ras le bol du bahut ! Vivement la fac...".

Le collège Jules-Ferry à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976, devenu Lycée depuis
Le collège Jules-Ferry (devenu Lycée) à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où Diane Kurys a tourné "Diabolo menthe" en 1977 et où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre et octobre 1979, avant de débarquer à Nanterre (92), en histoire et en droit.

En 1980, Michel Nerval a réalisé un film intitulé "Le bahut va craquer !" :

Affiche du film français de Michel Nerval "Le bahut va craquer" (1980)

Source : wikipedia.org

"Épigé" ou "Épigée" et "Hypogé" ou "Hypogée".

Ces deux adjectifs désignent, en botanique :

  • ce qui vit et croît à la surface de la terre, au-dessus du sol ("Épigé" ou "Épigée"),
  • ou au contraire sous-terre, de manière souterraine, en sous-sol ("Hypogé" ou "Hypogée").

Voir mon article spécifique sur "Une hypogée".

"Une hypogée".

Ce terme désignait, dans l'antiquité, :

  • toute cavité souterraine : carrière, crypte, temple, tombeau.

On parle ainsi souvent d'hypogées lorsque l'on évoque, dans les documentaires, les différents tombeaux de la célèbre vallées des rois, en Égypte.

  • mais également le sous-sol des arènes ou des cirquescorrespondant aux coulisses des salles de spectacles actuelles.