Comme a pu le déclarer la journaliste française Sonia Mabrouk, le 17 mars 2021, dans son émission Midi News, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.
Mais : "C'est l'homologue BELGE de monsieur Véran" !
Parce qu'elle a accumulé ce jour là, en a peine vingt minutes, pas moins de sept tournures de phrases, sinon fautives, du moins - pour moi - indigne d'une professionnelle du verbe expérimentée comme elle peut l'être, je lui décerne donc mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".
Comme l'a déclaré, le 11 avril 2021, le sénateur LR (Les Républicains), Gérard Larcher, dans l'émission d'Amélie Carrouër "En toute franchise", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.
Mais : "C'est le même PROBLÈME qui SE POSE à Strasbourg" !
Je n'en peux plus d'entendre, à longueur de journée, la plupart des personnalités politiques, journalistes, chroniqueurs et autres intervenants utiliser le mot "Sujet" en lieu et place du mot "Problème".
Parce que cet exemple-ci est particulièrement criant, parce que M. Larcher a répété cette erreur à plus de 6 reprises en moins de 15 minutes (si, si !), et parce que j'ai personnellement trouvé globalement lamentable la façon dont s'exprimait l'actuel président du Sénat une quinzaine de minutes durant - au point de l'épingler quatre fois dans ce blogue - je lui accorde sans hésiter mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".
Non Môssieur : ce n'est pas ce que vous croyez ! Pas de cela ici, vous êtes dans une maison correcte !
Cette locution adverbiale parafitement honorable appartient au langage courant et date du début du XIXe siècle.
Elle signifie au sens figuré : tout compte fait, en prenant en compte tous les paramètres d'une situation, les avantages compensant les désavantages, et des éléments, souvent indépendants, pouvant se combiner pour créer une situation finalement favorable alors qu'elle pouvait sembler d'abord défavorable.
On dit par exemple : "L'un dans l'autre, ce licenciement m'arrange".
Ou : "Ne penses-tu pas que, l'un dans l'autre, tu verras peut-être davantage tes enfants en étant divorcé ?".
Ces trois curieuses locutions verbales avec le mot "sac" relèvent du registre familier.
Et elles trouvent leur origine dans le "sac à procès", un sac en toile de jute, de chanvre ou de cuir qui était utilisé au XVIIe siècle), lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage : dépositions et requêtes, les pièces à conviction, etc. Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac suspendu par un crochet à un mur ou accroché à une poutre, dans le cabinet de l’avocat, afin que les parchemins ne soient pas dévorés par les rats. D'où la formule "Une affaire pendante", désignant toujours, de nos jours, au sens figuré, une affaire pour laquelle un tribunal a été saisi, mais n'a pas encore prononcé (selon le cas) le jugement ou l'arrêt.
Elles signifient ainsi respectivement :
"Avoir plus d'un tour dans son sac" :
ausens figuré, dans le registre familier : ne pas être arrêté par les obstacles ; être débrouillard, malin ou rusé ; avoir plus d'une idée en tête.
On dit par exemple : "Mon adjoint a plus d'un tour dans son sac : je sais qu'il trouvera une solution".
À l'image de l'avocat ou du procureur rusé, qui, autrefois, savait bien exploiter toutes les pièces du "sac à procès". Ou de celui qui fait des tours de prestidigitation, sortis de son "sac à malice" (sens propre).
"L'affaire est dans le sac" :
autrefois, au sens propre : le dossier judiciaire est prêt et l’ensemble des pièces est archivé dans le sac scellé.
et de nos jours, ausens figuré, dans le registre familier : l'affaire est conclue et ne peut échouer.
On dit par exemple : "L'affaire est dans le sac : je vais pouvoir acheter la maison dont je t'ai parlé".
et "Vider son sac" :
autrefois, au sens propre : après avoir descendu le "sac à procès" pour l’audience, le procureur (ou l"avocat) pouvait plaider devant la cour et en sortir les pièces nécessaires à sa plaidoirie.
et de nos jours, ausens figuré, dans le registre familier : dire tout ce qu’on a à dire, tout ce que l’on a sur le coeur.
On dit par exemple :"Mon épouse a vidé son sac dimanche, et dit à sa soeur ce qu'elle pensait vraiment de cette situation".
"Être pris au dépourvu" : être surpris à l'improviste, au point de ne pouvoir se prémunir efficacement, ou dans les temps, contre cet imprévu ; être mis dans l'embarras à un moment où l'on n'est pas prêt à répondre à une demande.
On dit par exemple : "J'ai été pris au dépourvu par le premier confinement, en mars 2020, car je n'avais pas la possibilité de retourner chez moi à temps".
et "Prendre au dépourvu" : surprendre quelqu’un à l'improviste, au point qu’il ne puisse se prémunir efficacement, ou dans les temps, contre cet imprévu ; le mettre dans l'embarras à un moment où il n'est pas prêt à répondre à une demande.
On dit par exemple : "Désolé de vous prendre au dépourvu, mais il faut absolument que vous vous procuriez ce document avant ce soir".
Ce substantif masculin du registre soutenu désigne en effet:
par convention, un livre imprimé en Europe avant le 1er janvier 1501, et donc tiré à très peu d'exemplaires. Et en latin, pour 70% d'entre eux.
mais cette appellation est parfois improprement étendue à ce que l'on appelle des "Post-incunables", c'est à dire des livres d'aspect comparable mais imprimés ultérieurement, avant 1525-1530 voire, pour les pays nordiques, avant 1550.
et abusivement utilisée pour qualifier des livres simplement "très anciens".
On estime qu'il existe encore aujourd'hui entre 30 000 et 32 000 incunables conservés à travers le monde.
Nombre d'entre eux se trouvent dans des musées, comme le Musée de l'imprimerie à Lyon (69), le Gutenberg Museum à Mayence (Rhénanie-Palatinat) (Allemagne) ou la Bibliothèque humaniste à Sélestat (67)). Et grâce à la numérisation, les incunables sont aujourd'hui visibles en ligne, sur des sites comme Gallica (la bibliothèque numérique de la BNF).
La BNF (Bibliothèque Nationale de France) possède le troisième fonds d’incunables au monde, après ceux de la British Library de Londres (Grande-Bretagne) et de la Bayerische Staatsbibliothek de Munich (Bavière) (Allemagne).
D'après les chiffres de l'ISTC (Incunabula Short Title Catalog), ces livres sont répartis ainsi : 35 % en Italie, 34 % en Allemagne,18 % en France, 8 % aux Pays-Bas, 3 % en Espagne, 1 % en Grande-Bretagne et 1 % dans les autres pays européens.
Le premier des incunables est "La bible de Gutenberg", également appelée "Bible latine à quarante-deux lignes" ou "B42".
La bible de Gutenberg "à 42 lignes" de 1455 environ, l'un des livres les plus chers au monde.
Attention : l'adjectif et le substantif n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre !
"Juteux" est en effet un adjectif qualifiant :
au sens propre, dans le langage courant : un aliment ayant beaucoup de jus, comme par exemple de nombreux fruits, ou rendant beucoup de jus après cuisson, certaines viandes.
On dit par exemple : "Goûte-moi donc ces abricots, comme ils sont bien juteux !".
et ausens figuré, dans le registre familier :
une grande abondance, spécialement en argent.
On l'utilise notamment pour qualifier une activité lucrative, rémunératrice, qui rapporte beaucoup.
On dit par exemple : "Le trafic d'animaux protégés est, avec le trafic d'armes, l'un des plus juteux".
ce qui réjouit parce que croustillant, amusant, grivois.
On dit par exemple : "Aujourd'hui encore, Le Canard enchaîné publie de juteuses révélations sur cette affaire".
tandis que "Un juteux" est un mot masculin du registre argotique appartenant au vocabulaire militaire.
Et qui désigne "Un adjudant".
On dit par exemple : "Attention : le juteux arrive !".
Depuis 1972, le grade d'adjudant est le troisième dans la hiérarchie des sous-officiers, après ceux de major et d'adjudant-chef.
Et il s'écrit "Adj" en abrégé.
Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wikipedia.org et wiktionary.org