"Juteux" et "Un juteux".

Attention : l'adjectif et le substantif n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre !

  • "Juteux" est en effet un adjectif qualifiant :

Un fruit juteux

    • au sens propre, dans le langage courant : un aliment ayant beaucoup de jus, comme par exemple de nombreux fruits, ou rendant beucoup de jus après cuisson, certaines viandes.

On dit par exemple : "Goûte-moi donc ces abricots, comme ils sont bien juteux !".

De la viande juteuse

    • et au sens figuré, dans le registre familier :
      • une grande abondance, spécialement en argent.

On l'utilise notamment pour qualifier une activité lucrative, rémunératrice, qui rapporte beaucoup.

On dit par exemple : "Le trafic d'animaux protégés est, avec le trafic d'armes, l'un des plus juteux".

      • ce qui réjouit parce que croustillant, amusant, grivois.

On dit par exemple : "Aujourd'hui encore, Le Canard enchaîné publie de juteuses révélations sur cette affaire".

Un adjudant français

  • tandis que "Un juteux" est un mot masculin du registre argotique appartenant au vocabulaire militaire.

Et qui désigne "Un adjudant".

On dit par exemple : "Attention : le juteux arrive !".

Depuis 1972, le grade d'adjudant est le troisième dans la hiérarchie des sous-officiers, après ceux de major et d'adjudant-chef.

Et il s'écrit "Adj" en abrégé.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"Demi-sel", "Le demi-sel" et "Un demi-sel".

  • "Demi-sel" est un adjectif s'appliquant au beurre ou au fromage et signifiant : légèrement salé.
Une plaquette de beurre demi-sel
Une plaquette de beurre demi-sel
  • tandis que "Le demi-sel" constitue une ellipse lexicale désignant : un fromage fermier au lait cru, d’un poids d'environ 100 grammes et de forme carrée, devant son nom à sa pâte faiblement salée.

Il s'agit d'une appellation fromagère non protégée du Pays de Bray. Aussi trouve-t-on des fabrications industrielles au lait pasteurisé élaborées un peu partout dans le Nord-Ouest de la France.

  • et que "Un demi-sel" est un substantif masculin en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme numérique désignant :
    • dans le registre argotique : un proxénète exerçant par ailleurs un métier régulier et n'appartenant pas à la pègre, dont le milieu se méfie,

On dit par exemple : "Mimile le stéphanois a dit de se méfier de lui : il paraît que ce demi-sel fait aussi dans l'élevage de chevaux".

    • et par extension, dans le registre populaire : une personne dont un milieu quelconque considère qu'elle ne fait pas, ou pas encore complètement partie des siens.

On dit par exemple : "C'est un demi-sel : il n'a rejoint notre petit groupe que depuis moins d'un an".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Fruitière" et "Une fruitière".

  • l'adjectif féminin "Fruitière" appartient au langage courant et signifie : qui porte des fruits ou qui concerne les fruits,

Une fruitière : fromagerie traditionnelle de montagne où est transformé du lait cru en fromage, dans les massifs du Jura et des Alpes

  • et "Une fruitière" est un substantif féminin peu connu du grand public, désignant, dans les massifs du Jura et des Alpes, tant en France qu'en Suisse : une fromagerie traditionnelle de montagne où est transformé du lait cru en fromage.
Fruitière à comté dans le Jura
Fruitière à Comté dans le Jura

Source : wikipedia.org

"Mutin" et "Un mutin".

Contrairement au substantif masculin "Un mutin", l'adjectif "Mutin" peut avoir deux significations différentes :

  • L'adjectif "Mutin" signifie en effet, selon le contexte :
    • ayant un caractère insoumis, rebelle ; porté à la révolte, désobéissant, effronté, frondeur, indiscipliné, querelleur.

On parle par exemple d'un "peuple mutin".

    • ou, dans le registre soutenu, par atténuation de sens : ayant un caractère espiègle, malicieux, vif ; d'humeur badine, taquine, aimant à plaisanter.

On parle par exemple d'un "enfant mutin".

  • tandis que le substantif masculin "Un mutin" désigne uniquement : une personne en révolte ouverte contre une autorité établie, qui refuse d'obéir aux ordres de ses supérieurs. Autrement dit, selon les circonstances : un émeutier, un insurgé, un rebelle, un séditieux.

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Significatif" et "Signifiant" ou "Le signifiant".

Ces mots paronymiques ont des significations assez proches et sont parfois confondus :

  •  "Significatif" est un adjectif voulant dire :
    • éloquant, parlant, révélateur ; qui signifie, exprime, indique, manifeste ou renseigne clairement, nettement, sans ambiguïté.

On dit par exemple : "Cet exemple est significatif".

    • lourd de sens, à quoi on attribue facilement telle interprétation, qui renseigne sur quelque aspect.

On dit par exemple : "Les chiffres du dernier trimestre sont significatifs".

  • "Signifiant" est :
    • soit un adjectif voulant dire :
      • qui signifie, qui a et transmet une signification, qui exprime beaucoup de choses.

On dit par exemple : "Ce choix n'est pas signifiant".

      • en linguistique : qui est porteur de signification, qui a du sens, qui fonctionne en tant que signe.

On dit par exemple :

      • et en théologie : qui signifie et opère.

On dit par exemple : "Les sacrements sont les signes signifiants et effectifs de la grâce".

    • soit le participe présent du verbe signifier, qui peut vouloir dire, selon le contexte :
      • Indiquer, marquer quelque chose, avoir comme sens,

On dit par exemple : "Elle m'a lancé un regard signifiant : Courage !".

      • exprimer ce que l’on entend par un mot, par une locution, par une phrase, en parlant de langue et de grammaire,

On dit par exemple : "Sea est un mot anglais signifiant Mer en français".

      • notifier, déclarer, faire connaître quelque chose par des signes évidents, des paroles expresses.

On dit par exemple : "Il m'a donné ses instructions sur un ton signifiant que je n'avais pas intérêt à contester".

      • dans le domaine judiciaire : notifier par voie de justice, par ministère d’huissier.

On dit par exemple : "Il faudra agir très vite en signifiant l'arrêt sous 48 heures".

  • et "Le signifiant" est un substantif  utilisé en linguistique, selon une terminologie instaurée par le linguiste suisse Ferdinand de Saussure (26 novembre 1857 - 22 février 1913)et .

Il désigne : la forme concrète, matérielle et sensible (image acoustique ou symboles graphiques) du signe linguistique, renvoyant arbitrairement à un concept, le "signifié".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"For", "Fort" et "Un fort".

Ces différents mots homophones ont des significations très différentes :

  • "For" est un substantif masculin qui nous vient du latin "Forum".
  • "Fort" est :
    • soit un adjectif masculin, qui signifie, selon le contexte :
      • agissant avec énergie, pour un produit ou un médicament ("Un somnifère assez fort"),
      • ayant de la force morale, de la force de caractère ("Être fort dans l'adversité"),
      • ayant des connaissances étendues, une grande habileté, une grande aptitude dans un domaine ; surpassant les autres ("Être fort en calcul mental"),
      • bien établi, sûr, résistant au temps, aux attaques, etc. ("Un amour très fort"),
      • corpulent, épais, gros ("Être fort des hanches"),
      • désagréable au goût ou à l'odorat, âcre ("Du beurre fort"),
      • dont la puissance, les moyens d'action, le pouvoir sont très développés ; qui s'impose aux autres ("Un parti politique fort"),
      • doté d'une teneur très importante en son principe actif, pour une substance ou une préparation ("Du piment fort"),
      • manifestant l'habileté, le savoir-faire, la compétence et s'imposant à l'esprit avec force ("Un film très fort"),
      • recourant à la contrainte et à des mesures autoritaires, pour un État ("Un régime fort"),
      • résistant, solide ("Du carton fort"),
      • robuste, solide, vigoureux, ayant de la force physique, pour un individu ("Un homme fort"),
      • tirant son assurance, sa supériorité de telle ou telle chose ("Fort de son expérience"),
      • ou : très actif, très correctif, puissant, pour un instrument ou un appareil ("Des verres correcteurs très forts").
    • soit un adverbe, qui signifie, selon les cas :
      • d’une manière forte et vigoureuse. ("Crier fort", "Frapper fort", "Pousser fort", etc.),
      • ou : beaucoup ("Couler fort", "Pleuvoir fort", "Venter fort", etc.)

Placé devant un adjectif ou devant un adverbe, "Fort" marque le superlatif : "Avoir fort à coeur de", "Savoir fort bien que", etc.

  • et "Un fort" est un substantif masculin désignant, selon le contexte :
    • une fortification permanente isolée et indépendante, autonome.
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala

Ouvrage de terre ou de maçonnerie, parfois revêtu de métal, il s'agit d'un bâtiment militaire conçu pour la guerre défensive, destiné à résister aux attaques de l’ennemi.

Le fort de Jorey à Fermanville (50)
Le fort de Jorey à Fermanville (50)
    • à la chasse : un repaire, de la retraite de certains animaux, qui se réfugient toujours dans l’endroit le plus épais du bois ("Le sanglier est dans son fort"),
    • celui qui a la force ou la puissance, qui représente ou symbolise la force ("Le fort contre faible"),
    • dans le registre désuet : un portefaix . "Un fort des Halles" était le nom attribué au manutentionnaire qui avait pour mission de transporter les marchandises de l'extérieur vers l'intérieur des pavillons des anciennes Halles de Paris (75).
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910

Portant une tenue de travail très caractéristique, les forts formaient une corporation très célèbre dans la capitale, créée sous le règne de Louis IX, et aujourd'hui disparue.

Mais le mot "Fort" pour désigner des employés devant porter de lourdes charges durant leur travail a également été utilisé ailleurs, puisqu'il a par exemple existé des "forts des Abattoirs de Lille (59)",

    • dans le registre familier : un genre de mérite ou de savoir, qui distingue une personne, la place au-dessus des autres ("Le français a toujours été mon fort"),
    • l'endroit le plus fort d’une chose ("Le fort d’une voûte, d’une épée"),
    • l'endroit le plus épais et le plus touffu d’un bois ("S’enfoncer dans le fort du bois"),
    • le temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré ("Au fort de la tempête", "Au fort de la mêlée"),
    • et enfin, pour nos amis québecois : l'eau-de-vie.

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

 

"Tartignole" ou "Tartignolle" et "Une tartignolle".

Ce mot, qui peut tout aussi bien être un adjectif qu'un substantif, a selon les cas des significations fort différentes.

  • "Tartignole" est en effet un adjectif du registre populaire, qui signifie : laid, minable, ridicule, insignifiant, sans intérêt, manquant de distinction, presque vulgaire.

On dit par exemple : "Dis-donc, j'ai aperçu la nouvelle copine de Stéphane : elle est vraiment tartignole !".

Tartignole du Nord

  • tandis que "Une tartignole" est un substantif féminin désignant un dessert à base de pâte à crêpes et de fruits.

Cette spécialité culinaire du Nord de la France est traditionnellement réalisée avec des pommes, mais peut également être réalisée avec d’autres fruits tels ques des poires, etc.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, dictionnaire.reverso.net, www;cnrtl.fr et culture-crunch.com

"Bébête" et" "Une bébête".

Bien que parfaitement homoĥonographes, cet adjectif et ce substantif possèdent des significations radicalement différentes :

  • "Bébête" est ainsi un adjectif  du registre familier signifiant : enfantin, niais.

On dit par exemple : "Je trouve ce brave garçon un peu bébête".

Ou : "Parfois certains jeux de mots de ce blogue me semble un peu bébêtes".

  • tandis que "Une bébête" est un substantif féminin du registre enfantin désignant : un animal, une bête ; plutôt petit et inoffensif.

On dit par exemple : "Il ne faut pas avoir peur de cette araignée, ma chérie : ce n'est qu'une petite bébête de rien du tout".

Source : www.larousse.fr

"Poipoi", "Être poipoi" et "Un poipoi".

Bien qu'homophonographe et constituant à chaque fois une gémination, le mot "Poipoi", qui se prononce comme il s'écrit ("poi-poi") ne revêt absolument pas la même signification dans ces différents cas de figure :

  • Dans la locution verbale "Être poipoi", "Poipoi" est un adjectif signifiant "Poisseux" ou "Poisseuse".

On dit par exemple : "Je suis tout poipoi : je file prendre une douche".

  • tandis que "Un poipoi" est un substantif masculin utilisé par les aquariophiles pour désigner "Un poisson".

On dit par exemple : "Je viens de m'acheter un nouveau poipoi de toute beauté".

Source : wikipedia.org

"Impair" et "Un impair" ou "Commettre un impair".

Comme c'est souvent le cas, je plains mes amis étrangers ou nos jeunes enfants, pour qui "Un impair" doit évidemment être... "Un nombre impair".

Eh non ! Car - comme cela est parfois le cas en français - l'adjectif ("Impair") et le substantif ("Un impair") revêtent des significations fort différentes :

  • "Impair" est un adjectif du langage courant qualifiant :
    • les chiffres et nombres non divisible par deux, tels que un, trois, cinq, sept, neuf, onze, etc.
    • les organes uniques dans l'organisme n'ayant pas de symétrique, tels que le coeur, l'estomac, le foie, etc.
    • ce qui est en nombre impair ; ou est exprimé par un nombre, un chiffre impair.

Une année "impaire" n'est jamais bissextile.

    • ou le côté d'une rue ayant des numéros impairs.
  • tandis que "Un impair" est un substantif du registre soutenu désignant : une maladresse choquante ou préjudiciable ; un manque de tact, de goût.

On dit par exemple : "Un voisin de mon père avait commis un impair d'anthologie. Alors qu'il saluait différents amis lors d'une cérémonie du 11 novembre, il demande à l'un d'eux : "Alors Maurice, toujours en forme ? Et ta femme, toujours... morte ?".

  • "Commettre un impair" : "Commettre" est le verbe idoine, qu'il faut utiliser avec le mot "Impair".

On dit par exemple : "Éviter de commettre un impair lorsque l'on rencontre ses beaux-parents pour la première fois me semble être une priorité".

Source : www.larousse.fr

"Patelin" et "Un patelin".

Bien qu'homophonographes, l'adjectif et le substantif "Patelin" revêtent tous les deux des significations extrêmement différentes :

  • l'adjectif "Patelin" signifie en effet : affable, bonhomme, doucereux, flatteur, hypocrite, mielleux.

On dit par exemple : "Je me méfie de ce voisin patelin et de ses amabilités".

  • tandis que le substantif "Un patelin" désigne, au sens familier : un village, une localité.

On dit par exemple : "Je ne suis même pas sûr de trouver un endroit où acheter du pain dans ce patelin".

Sources : www;larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Entre-temps".

Ce mot du langage courant peut être, selon le contexte :

  • soit un adjectif signifiant : dans l'intervalle, dans cet intervalle de temps.

On dit par exemple : "Tu n'as qu'à aller chercher ta fille à l'école ; entre-temps je finirai de tondre la pelouse".

  • soit un substantif masculin désignant ledit intervalle de temps.

On dit par exemple : "Ma fille a été malade trois jours mais nous ne sommes pas parvenu à finir de monter son bureau suédois SKÜNGRAD et son lit GRÖNSKIJ dans cet entre-temps, car nous n'étions que deux".

Source : www.larousse.fr