"Il m'édite" ou "Il médite" ?

Ces deux locutions verbales homopĥones ne doivent surtout pas être confondues :

  • "Il m'édite" est en effet la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe "éditer", et signifie  par conséquent : il me publie ; cet individu publie ce que j'écris ou dessine.
  • tandis que "Il médite"est la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe "méditer", et signifie donc : il pratique la méditation.

"Il vit sa vie" et "Il vit son vit".

Dans ces deux phrases paronymiques, les mots "vie" et "vit" sont homophones, puisqu'ils s'écrivent différemment mais se prononcent de façon identiques ("vi").

Et les trois mots "vit" employés sont homophonographes, puisqu'ils s'écrivent ("vit") et se prononcent ("vi") de façon identique, mais possèdent des significations totalement distinctes :

  • "Il vit sa vie" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "vivre" au présent de l'indicatif.

Et cette phrase constitue une déclinaison de l'expression du langage courant "Vivre sa vie".

  • et "Il vit son vit" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "voir" au passé simple de l'indicatif.
    • tandis que dans la seconde partie ("son vit"), le mot "vit" est un substantif masculin du registre soutenu désignant la verge.

Ne pas confondre : "Différend", "Différent" et "Différant" !

Ces trois mots sont rigoureusement homophones puisqu'ils se prononcent tous "di-fé-ran".

Mais ils possèdent des significations très différentes :

  • "Différend" avec un "e" et un "d" est en effet un substantif masculin qui désigne : un désaccord résultant d'une opposition d'opinions, d'intérêts entre des personnes ; un conflit, une contestation, un litige, une dispute, une querelle.

On dit par exemple : "Le différend qui oppose ces deux personnes au sujet de leurs terrains semble très ancien".

  • tandis que "Différent" avec un "e" et un ""t" est un adjectif qui signifie : dissemblable, distinct ; qui diffère, qui présente une différence par rapport à une autre personne, une autre chose.

On dit par exemple : "Je possède un caractère très différent de celui de mon frère".

  • et que "Différant" avec un"a" et un "t" est le participe présent du verbe "Différer" et signifie par conséquent, selon le contexte :
    • remettant à plus tard ; éloignant ;  reportant, repoussant, retardant.

On dit par exemple : "Je prend mes précautions en différant mon départ en vacances".

    • ÉTANT "différent", dissemblable ; se différenciant, se distinguant.

On dit par exemple : "Notre concurrent a présenté un produit différant du notre en de nombreux points".

"D'autrefois" et "D'autres fois".

Ces deux locutions homophones du langage courant ont des significations totalement différentes puisque :

  • "D'autrefois" signifie : du temps passé, d'il y a longtemps, de jadis.

On dit par exemple : "Ici les gens continuent d'utiliser les instruments d'autrefois".

Ou : "J'adore ces vêtements et costumes d'autrefois".

  • tandis que "D'autres fois" signifie : dans d'autres cas, moments, occasions ou circonstances.

On dit par exemple : "Des fois j'aime voir du monde, rencontrer des amis. Et d'autres fois je préfère rester seul".

Ou : "Des fois il neige toute la journée. Et d'autres fois je profite du beau temps pour effectuer de longues randonnées".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Un atèle" et "Une attelle".

Ces deux substantifs homonymes désignent respectivement :

Un atèle noir de Colombie
Un atèle noir de Colombie
  • "Un atèle" : un mammifère primate du nouveau monde se déplaçant beaucoup et avec une grande habileté en mode suspensif, plutôt que sur les branches et de manière quadrupède.
Un atèle noir de Colombie
Un atèle noir de Colombie

La survie de ces singes - également appelés "singes-araignées" - est gravement menacée par les atteintes de plus en plus nombreuses à l'intégrité écologique de la canopée, causées par les routes qui fragmentent écologiquement les forêts.

  • et "Une attelle" :
Un collier de cheval avec attelle en bois
Un collier de cheval avec attelle en bois
    • une pièce de bois fixée de chaque côté du collier des chevaux, afin de recevoir les moyens de fermeture et de tirage (rênes).

On parlait autrefois d'"éclisse" et l'on disait alors "Éclisser un cheval" et non "Atteler un cheval".

    • ou : un dispositif destiné à contenir un membre ou une articulation.

Dans les films de guerre ou les westerns, les attelles rudimentaires improvisées par les protagonistes sont constituées de pièces rigides en bois ou en métal, destinées à maintenir immobile un membre fracturé.

Mais l'indication du port d'une attelle peut être très diversifiée.

Les attelles sont utilisées principalement lors d'atteinte ou suspicion d'atteinte traumatique (choc, coup, chute, faux mouvement, fracture), mais également dans les cas de rhumatisme pour mettre au repos l'articulation, de tendinite, etc.

Les attelles sont de différentes tailles et formes suivant le membre à immobiliser. Et il en existe pour les chevilles, les coudes, les doigts, les genoux, les hanches, les orteils ou les poignets.

Une attelle de genou
Une attelle de genou
Une atelle de poignet
Une atelle de poignet

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"For", "Fort" et "Un fort".

Ces différents mots homophones ont des significations très différentes :

  • "For" est un substantif masculin qui nous vient du latin "Forum".
  • "Fort" est :
    • soit un adjectif masculin, qui signifie, selon le contexte :
      • agissant avec énergie, pour un produit ou un médicament ("Un somnifère assez fort"),
      • ayant de la force morale, de la force de caractère ("Être fort dans l'adversité"),
      • ayant des connaissances étendues, une grande habileté, une grande aptitude dans un domaine ; surpassant les autres ("Être fort en calcul mental"),
      • bien établi, sûr, résistant au temps, aux attaques, etc. ("Un amour très fort"),
      • corpulent, épais, gros ("Être fort des hanches"),
      • désagréable au goût ou à l'odorat, âcre ("Du beurre fort"),
      • dont la puissance, les moyens d'action, le pouvoir sont très développés ; qui s'impose aux autres ("Un parti politique fort"),
      • doté d'une teneur très importante en son principe actif, pour une substance ou une préparation ("Du piment fort"),
      • manifestant l'habileté, le savoir-faire, la compétence et s'imposant à l'esprit avec force ("Un film très fort"),
      • recourant à la contrainte et à des mesures autoritaires, pour un État ("Un régime fort"),
      • résistant, solide ("Du carton fort"),
      • robuste, solide, vigoureux, ayant de la force physique, pour un individu ("Un homme fort"),
      • tirant son assurance, sa supériorité de telle ou telle chose ("Fort de son expérience"),
      • ou : très actif, très correctif, puissant, pour un instrument ou un appareil ("Des verres correcteurs très forts").
    • soit un adverbe, qui signifie, selon les cas :
      • d’une manière forte et vigoureuse. ("Crier fort", "Frapper fort", "Pousser fort", etc.),
      • ou : beaucoup ("Couler fort", "Pleuvoir fort", "Venter fort", etc.)

Placé devant un adjectif ou devant un adverbe, "Fort" marque le superlatif : "Avoir fort à coeur de", "Savoir fort bien que", etc.

  • et "Un fort" est un substantif masculin désignant, selon le contexte :
    • une fortification permanente isolée et indépendante, autonome.
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala

Ouvrage de terre ou de maçonnerie, parfois revêtu de métal, il s'agit d'un bâtiment militaire conçu pour la guerre défensive, destiné à résister aux attaques de l’ennemi.

Le fort de Jorey à Fermanville (50)
Le fort de Jorey à Fermanville (50)
    • à la chasse : un repaire, de la retraite de certains animaux, qui se réfugient toujours dans l’endroit le plus épais du bois ("Le sanglier est dans son fort"),
    • celui qui a la force ou la puissance, qui représente ou symbolise la force ("Le fort contre faible"),
    • dans le registre désuet : un portefaix . "Un fort des Halles" était le nom attribué au manutentionnaire qui avait pour mission de transporter les marchandises de l'extérieur vers l'intérieur des pavillons des anciennes Halles de Paris (75).
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910

Portant une tenue de travail très caractéristique, les forts formaient une corporation très célèbre dans la capitale, créée sous le règne de Louis IX, et aujourd'hui disparue.

Mais le mot "Fort" pour désigner des employés devant porter de lourdes charges durant leur travail a également été utilisé ailleurs, puisqu'il a par exemple existé des "forts des Abattoirs de Lille (59)",

    • dans le registre familier : un genre de mérite ou de savoir, qui distingue une personne, la place au-dessus des autres ("Le français a toujours été mon fort"),
    • l'endroit le plus fort d’une chose ("Le fort d’une voûte, d’une épée"),
    • l'endroit le plus épais et le plus touffu d’un bois ("S’enfoncer dans le fort du bois"),
    • le temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré ("Au fort de la tempête", "Au fort de la mêlée"),
    • et enfin, pour nos amis québecois : l'eau-de-vie.

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

 

"Une tribu" et "Un tribut".

Ces deux mots parfaitement homophones ont naturellement des significations radicalement différentes :

  • "Une tribu" est un substantif féminin du langage courant désignant :
    • au sens propre :
      • dans l'Antiquité : une division du peuple (juif, grec, romain).

On parle par exemple des "douze tribus d'Israël", issues de chacun des douze fils de Jacob.

      • dans les sociétés pré-industrielles : un groupe social et politique fondé sur une parenté ethnique réelle ou supposée.
    • au sens figuré et de façon ironique : un groupe nombreux ; une famille nombreuse et, notamment, une famille recomposée.

On utilise également pour cela le substantif féminin "Une smala", qui nous vient de l'arabe et qui désigne au sens propre : l'ensemble de la maison d'un chef arabe, avec ses tentes, ses serviteurs, ses troupeaux et ses équipages. Et au sens familier : une famille nombreuse et encombrante.

  • et "Un tribut" est un substantif masculin du langage courant désignant :
    • une contribution forcée, imposée par un État à un autre.
    • une contribution payée à une autorité, un pouvoir.
    • et dans le registre soutenu : un dommage, un sacrifice, une perte subis du fait de quelque chose ou pour quelque chose.

On dit par exemple : "Les pompiers de new york ont payé un lourd tribut le 11 septembre 2001".

Source : wiktionary.org