"Avoir l'esprit mal placé" ou "Avoir l'esprit mal tourné".

Ces deux locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient toutes deux : avoir toujours une arrière-pensée sexuelle ; interpréter les choses de façon scabreuse, licencieuse, graveleuse.

Comme lorsque, par exemple, on vous parle d'un "gros engin", de "grosses miches" ou d'un "cornet à deux boules".

J'ai consacré une collection d'articles à ce thème, dont je me permets de vous recommander la lecture.

Sources : www.expressio.fr et www.linternaute.fr

"Un métier de bouche" ou "Les métiers de bouche" et "Un commerce de bouche" ou "Les commerces de bouche".

Un commerce de bouche : une boucherie-charcuterie

Ces différentes locutions nominales masculines en forme d'idiotismes corporels ne manquent pas de surprendre nos jeunes enfants ou nos amis étrangers.

Ainsi naturellement que les personnes à l'esprit mal placé !

Tous désignent : une activité professionnelle, plus ou moins réglementée, liée à la préparation de produits et mets relevant de l'alimentation humaine ; cela dans un cadre artisanal ou industriel.

Un commerce de bouche : une boulangerie-pâtisserie

Comme par exemple : boucher, charcutier-traiteur, volailler, poissonnier, écailler, crémier-fromager, boulanger-pâtissier, chocolatier, confiseur, glacier, sommelier, caviste, cuisinier, pizzaïolo, commerce des primeurs, fruits et légumes, etc.

Un commerce de bouche : un magasin de fruits et légumes

Nécessitant souvent une compétence spécifique née de formation et de pratique, les métiers de bouche sont soumis à de nombreuses contraintes (hygiène, connaissance de codes professionnels, horaires, éventuelle pénibilité). Certains demandent une grande habileté manuelle, d'autres, de façon annexe, mais obligatoire, des aptitudes comptables et commerciales. Et dans tous les cas une aptitude au contact avec la clientèle.

Source : wikipedia.org

"Pratiquez-vous la cryptogamie ?" ou "Que les cryptogames, spermatophytes, angiospermes et gymnospermes lèvent le doigt !"

Allons, ne soyez-donc pas timide ! Vous pouvez vous confier à moi : nous sommes seuls, ici. Et je vous promets de ne rien dire à personne, si vous ne souhaitez pas que cela se sache.

Mais il y a, je pense, fort peu de chances que vous soyez concernés, puisque la cryptogamie est l'étude des cryptogames, qui sont... les plantes sans fleurs. Ou tout du moins, les organismes végétaux se caractérisant par des organes reproducteurs cachés ou peu apparents.

Au contraire, donc, des phanérogames ou spermatophytes - qu'ils soient angiospermes ou gymnospermes -, qui ont des organes de reproduction apparents dans le cône ou dans la fleur.

Mais vous le saviez déjà probablement, bande de petits coquins !

"Sans débander".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre argotique.

Un tantinet machiste et phallocrate, elle signifie : continuellement, sans interruption, sans relâche, sans pause, sans s'arrêter, de façon ininterrompue, dans un seul effort, sans cesser d'être actif.

On dit par exemple : "Il m'arrive très régulièrement de travailler sur ce blogue 15 à 20 heures sans débander".

Source : www.expressio.fr et www.languefrancaise.net

"L'un dans l'autre".

Non Môssieur : ce n'est pas ce que vous croyez ! Pas de cela ici, vous êtes dans une maison correcte !

Cette locution adverbiale parafitement honorable appartient au langage courant et date du début du XIXe siècle.

Elle signifie au sens figuré : tout compte fait, en prenant en compte tous les paramètres d'une situation, les avantages compensant les désavantages, et des éléments, souvent indépendants, pouvant se combiner pour créer une situation finalement favorable alors qu'elle pouvait sembler d'abord défavorable.

On dit par exemple : "L'un dans l'autre, ce licenciement m'arrange".

Ou : "Ne penses-tu pas que, l'un dans l'autre, tu verras peut-être davantage tes enfants en étant divorcé ?".

Source : wiktionary.org

"Une resucée".

Non, non : pas de ça ici ! N'ayez donc pas l'esprit mal placé, je vous prie !

Ce substantif féminin appartient certes au registre populaire, mais il ne fait que désigner, de manière parfaitement honorable :

  • au sens propre : une nouvelle quantité d'une boisson que l'on vient de boire,

On dit par exemple : "Je te sers encore une petite resucée ?".

Servir une "resucée" de café

  • et au sens figuré : une reprise ou répétition d'un sujet déjà traité ; une chose qui a déjà été dite, faite, lue, vue, entendue, utilisée, etc.

On dit par exemple : "Les trois suites du film états-unien Sex crimes, réalisé en 1998 par John MacNaughton, n'en constituent que de pâles resucées".

Sources : www.cnrtl.fr et Le Robert

"Porter la culotte".

Albert Dubout : illustration en noir et blanc "La femme porte la culotte"

Cette curieuse locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire appartient au registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : assurer le rôle dominant dans un couple ; être celui ou celle qui décide, qui détient et exerce l'autorité. À l'instar du mari, qui, seul autrefois, détenait tout à la fois l'autorité conjuguale et le droit de porter la culotte (au sens propre).

On dit par exemple : "Dans ce couple, c'est la femme qui porte la culotte".

Ou : "Moi je peux te dire que je ne risque pas de laisser ma femme porter la culotte".

Que l'on ne s'y trompe pas en effet : la "Culotte" en question ne désigne absolument pas le sous-vêtement féminin actuel qui porte ce nom, mais ce que nous appelons de nos jours un "Pantalon".

Autrement dit, un vêtement aujourd'hui mixte, mais qui était à l'origine strictement masculin.

Et qu'il était parfaitement inconcevable de porter pour une femme jusqu’au début du XXe siècle.

Une loi de 1 800 en interdisait même officiellement le port jusqu'en... 2013, en complète contradiction, bien sûr, avec l'évolution des pratiques vestimentaires !

Du moins celles en vigueur dans la rue, puisque nos élues féminines à l'Assemblée et au Sénat ont dû attendre 1980 pour pouvoir porter un pantalon en séance.

Et cela, malgré le célèbre coup d'éclat de 1972 de la jeune députée gaulliste Michèle Alliot-Marie, qui, habillée d'un pantalon, s'était vu refuser l'entrée dans l'hémicycle. Et avait alors rétorqué du tac au tac à l'huissier : "Si c’est mon pantalon qui vous gêne, je l’enlève dans les plus brefs délais" (selon Christine Bard dans Une histoire politique du pantalon, 2014).

La femme politique française Les Républicains Michèle Alliot-Marie

On retrouve la même association d’idées, entre vêtement typiquement masculin et responsabilité juridique, dans l’expression "Porter le chapeau".

Sources : wiktionary.org, www.cnews.fr et www.rtl.fr

"Se former sur le tas".

N'en déplaise à tous ceux qui peuvent avoir l'esprit mal placé, cette locution verbale du registre familier ne signifie évidemment pas que l'on a fait son éducation sexuelle avec une jeune femme obèse (ce que désigne le mot "Tas" dans le registre vulgaire) !

Mais simplement - au sens figuré - : que l'on a commencé professionnellement tout au bas de l'échelle, sans formation théorique préalable et appris son métier par la pratique, en travaillant auprès de collègues expérimentés qui nous ont progressivement transmis leurs expérience, savoir-faire et connaissances.

Voir mon article sur la signification - au sens propre - de la formule "Sur le tas".

"Être raide dingue".

Cette expression du registre familier ne signifie nullement qu'un homme est en érection !

Mais, simplement, qu'une personne :

  • apprécie énormément quelque chose ou quelqu'un,

On dit par exemple : "Ma mère est raide dingue des fruits de mer".

Ou : "Ma voisine est raide dingue de ce chanteur".

  • ou : est amoureuse de quelqu'un.

On dit par exemple : "Je suis raide dingue de ma copine"

Ou : "Ma soeur est raide dingue de son nouveau fiancé".