"La Lusitanie", "Lusitanien", "Lusitanienne", "Un lusitanien" et "Une lusitanienne".

Ces différents mots sont fréquemment utilisés dans le jargon journalistique.

  • "La Lusitanie" est un substantif féminin désignant "le Portugal",
  • "Lusitanien" est un adjectif masculin signifiant "portugais, relatif au Portugal",
  • "Lusitanienne" est un adjectif féminin signifiant "portugaise, relative au Portugal",
  • "Un lusitanien" est un substantif masculin signifiant "un Portugais",
  • et "Une lusitanienne" est un substantif féminin signifiant "une Portugaise".

Tous sont hérités du mot latin "Lusitania" désignant une ancienne province romaine impériale fondée sous le principat d'Auguste. Elle couvrait la plus grande partie de l'actuel Portugal au Sud du Douro, ainsi qu'une partie du Leon et de l'Estrémadure espagnols.

La Lusitanie impériale romaine

Source : wikipedia.org

"À la une", "La une", "Faire la une", "Être à la une", "Être en une".

Unes de journaux du monde entier, après les attaques terroristes perpétrées vendredi 13 novembre 2015 à Paris (75), au cours desquelles 130 personnes ont trouvé la mort et 400 ont été blessées

Ces différentes locutions verbales du langage courant, qui relèvent du vocabulaire et du jargon journalistique, signifient respectivement, par ellipse lexicale :

  • "À la PAGE une DES JOURNAUX".

On dit par exemple : "Le mariage du prince est à la une".

  • "La PAGE une DES JOURNAUX";

On dit par exemple : "La une est entièrement consacrée à cette victoire inattendue".

  • "Faire la PAGE une DES JOURNAUX".

On dit par exemple : "La démission du président fait la une".

  • "Être à la PAGE une DES JOURNAUX".

On dit par exemple : "La nomination de ce premier pape noir est à la une".

  • ou "Être en PAGE une DES JOURNAUX".

On dit par exemple : "La nouvelle de la mort de ce héros est en une".

Il s'agit là, me semble-t-il, d'un cas assez peu fréquent d'omission d'un ou plusieurs mots au début ET à la fin d'une locution.

5 colonnes à la une

La formule "À la une" a été popularisée par le titre d'une célèbre émission de télévision de la RTF puis de l'ORTF, "5 colonnes à la une".

Cette formule qualifie une information suffisamment exceptionnelle pour être annoncée sur toute la largeur de la première page d'un journal quotidien.

Un titre du journal "Le Monde" imprimé "cinq colonnes à la une"
Un titre du journal "Le Monde" imprimé "cinq colonnes à la une"

Emblématique de la présidence du général de Gaulle, car ayant été diffusée du 9 janvier 1959 au 3 mai 1968, "5 colonnes à la une" l'accompagne de sa prise de fonction jusqu'à pratiquement son départ.

Cette émission a lancé le genre du magazine de reportages à la télévision française et est, aujourd’hui encore, considérée comme une référence du genre.

Les plus de 55 ans se souviennent toujours du célèbre générique de ce rendez-vous vespéral mensuel, qui égrenait le nom de ses producteurs - "les trois Pierre"- et de son réalisateur : Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère.

Et de son indicatif musical, "La danse des flamme", extrait de la musique du ballet "Le rendez-vous manqué" de Michel Magne.

La première émission, dans son intégralité :

"Un comité Théodule".

Cette locution désigne "un comité ou une commission ne présentant qu'une utilité des plus limitées voire n'ayant absolument aucune utilité".

L'expression a été créée par le général de Gaulle, lors d'un voyage à Oran (Algérie), le 25 septembre 1963, où il a déclaré, parlant de lui à la troisième personne, :

"Mais de cela, le général de Gaulle ne s'est jamais beaucoup occupé. L'essentiel pour lui, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, l'essentiel pour le Général de Gaulle, président de la République française, c'est ce qui est utile au peuple français, ce que sent, ce que veut le peuple français. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis bientôt un quart de siècle, et je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer de le faire".

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Faire du media training" ?

Et pas : "Se préparer aux entretiens audiovisuels" ou "Se préparer à être interrogé par les organes d'information" !

C'est évidemment bien plus long. Mais cela évite d'utiliser le verbe "Faire", déjà présent dans des centaines de formules et expressions et dont nous truffons nos conversations.

Et surtout : de jargonner en anglais !

"Les grandes oreilles".

Antenne radar géante

Cette locution nominale du registre familier désigne :

  • un service gouvernemental d’écoutes téléphoniques ou, plus généralement, d’espionnage des communications,
  • ainsi que, par extension, les grandes antennes paraboliques utilisées pour intercepter ces conversations.

Source : wiktionary.org

"Pisser de la copie" et "Un pisse-copie".

Cette locution verbale et ce substantif du registre vulgaire concernent exclusivement les journalistes ou les écrivains et signifient respectivement :

  • "Pisser de la copie" : produire de la quantité plutôt que de la qualité.
  • "Un pisse-copie" : un auteur très prolifique, qui fait passer la quantité devant la qualité.

Source : wiktionary.org

"Les aînés" ou "Nos aînés".

Ainsi notre classe politique et nos journalistes désignent-ils dorénavant... "les personnes âgées" ou "les vieux", après les avoir longtemps appelé "les seniors" ou "le troisième âge" puis également - avec l'accroissement de l'espérance de vie - "le quatrième âge".

Encore un exemple édifiant de cette stupide autant qu'hypocrite novlangue dont on nous rebat les oreilles à longeur de journée.