Et pas simplement, en français: "Un magazine d'actualité" !
Vocabulaire et jargon journalistique
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 663
Ne dites pas : "Si on arrive à faire un écart conséquent" !
Comme l'a fait, le 3 août 2021, l'ancien champion français de handball Jérôme Fernandez, devenu entraîneur et consultant, en commentant le quart de final olympique de handball masculin France-Quatar, sur la chaîne de télévision publique France 3.
Mais plutôt : "Si on arrive à CREUSER un écart conséquent" !
14 façons de dire : "Un chien".
"Un cabot", "un clébard", "un clebs" (ou "un klebs") ou "un cleps" appartiennent au registre argotique.
Les géminations "Un chien-chien" (ou "un chienchien") et "un toutou" relèvent du langage enfantin.
Dans le langage courant, nous trouvons "un roquet", qui désigne un petit chien hargneux aboyant pour un rien, "un limier" qui désigne un grand et gros chien de chasse, et "un corniaud" ou "un bâtard" qui désignent un chien n'étant pas de race pure.
Enfin, le registre soutenu nous propose la locution nominale "le meilleur ami de l'homme" ainsi que les substantifs "le canidé" ou "le quadrupède", fréquemment employés par les journalistes.
Ainsi que "un molosse", qui désigne un chien de grade de troupeau ou un gros chien de garde, d'aspect particulièrement redoutable.
"Le plus beau des métaux".
Cette périphrase du langage courant est très souvent utilisée par les journalistes afin de désigner : l'or.
On dit par exemple : "Après le bronze, hier, l'athlète tricolore va tenter aujourd'hui de conquérir le plus beau des métaux".
Pour dire : "Après sa troisième place d'hier, l'athlète français va tenter aujourd'hui de finir premier".
"La Grande faucheuse" ou "La faucheuse".
Ces deux appellations désignent la Mort, généralement représentée, dans le folklore occidental moderne, comme un squelette portant une robe, une toge noire avec capuche, et une grande faux.
Source : wikipedia.org
On ne dit pas : "Il est dans l'espoir que Harry Kane va reprendre son poste" !
Comme a pu le déclarer, le 29 juin 2021, le journaliste français Grégoire Margotton, durant ses commentaires de la rencontre Angleterre-Allemagne, des huitièmes de finale de l’Euro 2020 de football, sur la chaîne de télévision française TF1.
Mais simplement : "Il ESPÈRE que Harry Kane va reprendre son poste" !
"Être à X longueurs" de quelque chose ou "Ne plus être qu'à X longueurs" de quelque chose.
Ces différentes locutions verbales du langage courant appartiennent au jargon journalistique et au jargon sportif.
Elles font référence au vocabulaire du monde des courses hippiques, et elles signifient, au sens figuré : être à - ou ne plus être qu'à - X unités de quelque chose : buts, points, etc.
On dit par exemple : "Avec ce nouveau but, Cristiano Ronado n'est plus qu'à une longueur du record de Michel Platini".
Ou : "Avec les trois points de cette victoire, l'Ohème n'est plus qu'à deux longueurs du PSG".
On ne dit pas : "Le dernier disque", "Le dernier film", "Le dernier livre" ou "La dernière pièce" de quelqu'un, tant que cette personne n'est pas morte ou n'a pas définitivement arrêté sa carrière.
Ainsi que je l'entends pourtant à peu près systématiquement dans les différents organes d'information.
Mais : "Le NOUVEAU disque", "Le NOUVEAU film", "Le NOUVEAU livre" et "La NOUVELLE pièce", s'il s'agit de productions récentes !
Et : "Le dernier disque EN DATE", "Le dernier film EN DATE" , "Le dernier livre EN DATE" et "La dernière pièce EN DATE", s'ils remontent déjà à de nombreux mois, voire plusieurs années.
"La plus belle conquête de l'homme" ou "La plus noble conquête de l'homme".
Ces superbes périphrases désignent : le cheval, un grand mammifère herbivore et ongulé à sabot unique.
Et elles ont pour origine un propos du naturaliste français Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, extrait de sa célèbre Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi, parue de 1749 à 1789 : "Le cheval : la plus noble conquête que l'homme ait jamais faite".
Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un cheval" en français.
"Le syndrome de la cabane", "Le syndrome de l'escargot" ou "Le syndrome du prisonnier".
Ces trois locutions masculines entièrement synonymes ont été utilisées en mai 2020, à l'issue du premier confinement par certains organes d'information, afin de désigner la peur sociale ou l'angoisse de sortir de chez soi, en particulier après une période de confinement.
Cette terminologie a notamment été utilisée à la fin du premier confinement lié à la pandémie de maladie à coronavirus 2019, pour évoquer la peur de se déconfiner et de se confronter au monde extérieur.
Et cela, en France mais aussi, préalablement, en Espagne ("sindrome de la cabana").
Ces différentes appellations ne sont normalement pas utilisée en psychiatrie. Mais mon psychiatre a employé la formule "syndrome de la cabane" me concernant.
- La formule "syndrome du prisonnier" évoque naturellement l'angoisse des détenus confrontés au monde réel après avoir purgé une longue peine,


- celle de "syndrome de l'escargot" renvoit à l'image symbolique de l'escargot, un petit animal capable de vivre recroquevillé et reclus dans sa coquille, sans en sortir, en cas de sécheresse ou de danger,
- et celle de "syndrome de la cabane" proviendrait du ressenti des chercheurs d'or à l'issue de leur long isolement dans des cabanes pendant leurs campagnes de prospection.
Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés au "Syndrome de Hikikomori" et au "Syndrome de Diogène" et à la "Syllogomanie".
Sources : sante.journaldesfemmes.fr et wiktionary.org
"Germanopratin" ou "Germanopratine".
Ce très joli adjectif relève du registre soutenu.
Et il est formé à partir des termes latins "germanus" ("germain") et "pratum" ("pré").
Datant de 1950, il désigne :
- au sens propre :
-
- ce qui se réfère au quartier de "Saint-Germain-des-Prés", à Paris (75), situé sur la rive gauche de la Seine, à proximité du Quartier latin.
-
- et en particulier : les personnes qui venaient, la nuit, y faire la fête.
Dans les années qui suivirent la Libération, on parlait ainsi des "milieux germanopratins" liés à l'"existentialisme", ce mot ayant fini par désigner une mode et un mode de vie.
On dit par exemple : "Boris Vian et Juliette Gréco sont assurément deux des plus célèbres germanopratins de l'après-guerre".




Après la Seconde Guerre mondiale, le quartier de Saint-Germain-des-Prés, qui était encore un village, est en effet devenu un haut lieu de la vie intellectuelle et culturelle parisienne avec notamment la présence de Marguerite Duras (et le "Groupe de la rue Saint-Benoit"), de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir, de la chanson dite "rive gauche" (dont deux des emblèmes étaient Juliette Gréco et Léo Ferré), de cinéastes tels que Jean-Luc Godard et François Truffaut, de poète comme Jacques Prévert ou d'artiste comme Alberto Giacometti.
Philosophes, auteurs, acteurs et musiciens se cotoyaient dans les boîtes de nuit (où la France découvrait le "bebop") et les brasseries, où la philosophie existentialiste coexistait avec le jazz américain, dans les caves de la rue de Rennes, que fréquentaient notamment Boris Vian et les "zazous".
Enfin Saint-Germain-des-Près était également le principal lieu de sociabilité homosexuelle masculine parisienne.
Ou les habitants et habitantes du quartier, ce qui fait de ce mot un gentilé.


- et par extension, depuis quelques décennies, de façon légèrement péjorative : ce qui se réfère au milieu intellectuel parisien, symbolisé par ce quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Pourquoi dire : "VIP" ou "Very important person" ?
Et pas simplement : "Personnalité" ou "Personne très importante" !
Pour se donner un genre en prononçant "vi-aï-pi" à l'anglaise, plutôt que "vé-i-pé" ou "vip" à la française ?








