"Couper l'herbe sous le pied"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme corporel s'utilise fréquemment dans le registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • supplanter quelqu'un dans une affaire ; l'empêcher de réussir dans une entreprise ; le priver d'un avantage attendu,

On dit par exemple : "En nommant l'un des leurs à ce poste, nous allons couper l'herbe sous le pied de l'opposition".

  • ou : devancer ; prendre de vitesse.

On dit par exemple : "Mon concurrent m'a coupé l'herbe sous le pied en proposant son produit quelques semaines avant le mien".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Scier la branche sur laquelle on est assis".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle fait naturellement référence, au sens propre, à la personne qui par bêtise, provoquerait sa propre chute, en sciant elle-même la branche d'un arbre sur laquelle elle serait assise.

Et elle signifie par conséquent, au sens figuré ; se faire du tort à soi-même ; compromettre sa propre situation par des actions inconsidérées ; supprimer ou affaiblir délibérément un soutien indispensable ; s'attaquer à une situation dont on bénéficie pourtant.

On dit par exemple : "Attention : à trop vouloir augmenter ainsi tes prix, tu risques d'affaiblir les finances de tes clients et de scier la branche sur laquelle tu es assis".

Et l'on utilise également l'idiotisme corporel : "Se tirer une balle dans le pied".

Sources : www.linternaute.fr, www.expressio.fr, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Envoyer sur les roses".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : éconduire, renvoyer ou repousser (un solliciteur), ne pas accéder à la demande d'une personne ; l'envoyer promener (registre familier).

On dit par exemple : "Je l'ai envoyé sur les roses lorsqu'il m'a à nouveau demandé de l'argent".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Envoyer balader" quelqu'un en français.

"Cossu" ou "Cossue".

J'aime assez ce petit adjectif issu du substantif féminin "Cosse" et qualifiant :

Des haricots blancs dans leur cosse entrouverte
Des haricots blancs dans leur cosse entrouverte
Des cosses de haricots blancs vides (© rougedorient.canalblog.com)
Des cosses de haricots blancs vides (© rougedorient.canalblog.com)
  • au sens propre, dans le registre désuet : ce qui a beaucoup de cosses, en parlant des tiges de pois ou de fèves ; ou est pourvus de cosses plus ou moins développées.

On dit par exemple : "J'ai planté une variété de haricot très cossue".

  • et au sens figuré :
    • dans le registre familier :
      • celui qui est riche, prospère, possède une large aisance ; est aisé,

On parle par exemple d'un "rentier cossu" ou d'un fermier cossu", pour évoquer un riche paysan.

Un rentier cossu
Un rentier cossu
      • ou ce qui témoigne d'une situation prospère, ou dénote d'une large aisance.

On parle par exemple d'une "demeure cossue" pour désigner une grande et jolie bâtisse.

Une maison cossue

    • et dans le registre populaire, autrefois (registre désuet) : ce qui est gros.

On dit par exemple : "Ton oncle en raconte de bien cossues", pour "des choses trop grosses, peu vraisemblables".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Arroser les marguerites".

éArroser les margueritesé

Cette locution verbale appartient au registre familier et signifie "Uriner ".

On dit par exemple : "Pendant que vous remballez le pique-nique et faites la vaisselle, je vais arroser les marguerites".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Uriner" en français.

"Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre", "La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre" ou "Le gland ne tombe jamais loin du chêne".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes botaniques appartiennent au registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré : les enfants ne sont jamais très différents des parents.

On peut ainsi la rapprocher de plusieurs autres expressions idomatiques : "Les chiens ne font pas des chats" ou "Les chats ne font pas des chiens", "Bon chien chasse de race" ou "Les corbeaux ne font pas d'agasses".

Ainsi que : "Tel père, tel fils".

Sources : wiktionary.org et WWW

"L'orée" et "À l'orée".

"L'orée" est un joli substantif féminin du langage courant, s'utilisant essentiellement sous la forme "À l'orée" et désignant :

  • au sens propre :
    • le bord, la lisière d’un bois.

On dit par exemple : "Nous habitons à l'orée d'un petit bois".

Un faon broutant à l'orée d'une forêt (© Picasa)
Un faon broutant à l'orée d'une forêt (© Picasa)
    • ou, plus rarement : la bordure d’un champ, d'un pâturage, d’une pâture.

On dit par exemple : "J'ai laissé le tracteur à l'orée du champ".

Un champs à l'orée d'une forêt
Un champ à l'orée d'une forêt
Une pâture à l'orée d'une forêt
L'orée d'une pâture au sortir d'une forêt
  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : le commencement, le début (idiotisme botanique).

Et cela, qu'il s'agisse par exemple d'une période .

On dit par exemple : "À l'orée du XXIe siècle" ou "À l'orée d'une brillante carrière".

Ou du corps humain.

On dit par exemple : "À l'orée de ses cheveux" ou "À l'orée de ses seins".

Source : wiktionary.org

"Un homme-tronc" et "Une femme-tronc".

Ces deux substantifs du langage courant en forme d'idiotisme botanique désignent :

L'artiste de cirque états-unien d'origine guyanaise Prince Randian, Randion ou Rardion (12 octobre 1871 - 19 décembre 1934), dans le film culte de Tod Browning "Freaks / La monstrueuse parade" (1932)
L'artiste de cirque états-unien d'origine guyanaise Prince Randian, Randion ou Rardion (12 octobre 1871 - 19 décembre 1934), dans le film culte de Tod Browning "Freaks / La monstrueuse parade" (1932)
  • au sens propre : un homme ou une femme ne possèdant ni membres inférieurs ni membres supérieurs.

Christophe Delay et Pascale de la Tour du Pin, homme-tronc et femme-tronc de "Première édition", sur BFM TV

  • et au sens figuré : un présentateur ou un présentatrice de journal télévisé, dont seule la partie supérieure du corps est en général apparente.

Curieusement, me semble-t-il, ces deux mots ne me semblent pratiquement plus utilisés au XXIe siècle, alors même qu'avec la multiplication des chaînes et l'apparition successive de quatre chaînes d'information, le nombre de présentateurs et présentatrices de journaux télévisés a connu un incroyable développement.

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Mettre une bûche" et "Prendre une bûche".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme botanique appartiennent au registre argotique.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Mettre une bûche" : pénétrer sexuellement.

On dit par exemple : "J'lui mettrais bien une bûche à c'te rombière".

  • et "Prendre une bûche" : choir (registre soutenu), tomber (langage courant), se casser la figure.

On dit par exemple : "Fais attention de ne pas te prendre une bûche en sortant : les trottoirs sont encore très glissants".

Source : wiktionary.org

"Creuse comme un bambou" ou "Creux comme un bambou".

J'utilise régulièrement cette expression du registre familier en forme d'idiotisme botanique signifiant, selon le contexte :

  • en parlant d'un texte ou document : vide de sens, sans intérêt.

On dit par exemple : "Comme à chaque fois, le porte-parole du gouvernement nous a sagement récité un communiqué creux comme un bambou".

  • et en parlant d'une personne : sans intérêt, creuse, n'ayant rien à dire d'intéressant.

On dit par exemple : "Ce type est creux comme un bambou : il te fait mourir d'ennui en cinq minutes à peine".

"Bon sang de bois !" ou "Bon sang de bonsoir !".

J'adore ces expressions du registre familier et du registre désuet en forme d'interjection, qui marquent l'étonnement ou l'indignation.

Et que j'utilise régulièrement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les anglicismes bon sang de bois !".

Ou : "Bon sang de bonsoir : je n'en peux d'entendre ces tics de langage, ces mots, locutions ou expressions à la mode et ces pléonasmes à longueur de journée !".

L'origine de ces deux formules est très ancienne. Elle trouve même son origine au Moyen Âge, lorsqu'il existait de nombreux jurons comportant le nom de Dieu. Ce qui était par exemple le cas de "Par le sang de Dieu", "Nom de Dieu" ou "Bon sang de Dieu".

La mention de Dieu étant considérée comme blasphématoire par le clergé devenu extrêmement puissant au XVe siècle, le nom de Dieu a disparu, cédant la place à des formules du type "Palsambleu", "Bon sang de bois" ou "Bon sang de bonsoir", qui évitaient d'avoir à le prononcer.

"Bon sang de bois !" est un idiotisme botanique et un idiotisme corporel.

Et "Bon sang de bonsoir !" est un idiotisme corporel.

"Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Ces deux locutions verbales du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique signifient, au sens figuré : inspirer, susciter un sentiment de jalousie, de dépit, naissant de l'inquiétude d'être éclipsé par une autre personne.

On dit par exemple : "La beauté de sa fille fait malheureusement ombrage à ses cousines".

Ou : "Je crains que la réussite de ton frère ne te porte ombrage".

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à l'expression "Prendre ombrage".

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr