Et pas, en français : "Un ENTRETIEN" !
Vocabulaire et jargon journalistique
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 663
"Un micro-trottoir".
Le substantif masculin "Micro-trottoir", construit à partir de l'apocope du mot "Microphone", est une technique journalistique consistant à interroger des personnes dans la rue, afin de collecter leur opinion spontanée sur un sujet.
La question est toujours la même pour chaque personne interrogée. Elle peut être "fermée", lorsque l'on demande une réponse du type "Oui" ou "Non", ou "Pour" ou "Contre". Ou alors "Ouverte", lorsque l'on pose une question telle que : "Que pensez-vous de..." ou "Que faut-il faire pour...".
C'est évidemment toujours passionnant !
Par exemple : à la question "Comptez-vous vous faire vacciner contre la maladie à coronavirus 2019 ?", on nous présente alternativement Kevin Martin, 20 ans, Lisa Bonaventure, une trentenaire antillaise, Marcel Blanchard, sexagénaire et Ginette Michu, octogénaire, qui répondent (pour deux d'entre eux) "Oh oui, bien sûr !", et pour les deux autres : "Ça ne risque pas !".
Ce qui permet à "l'envoyé spécial" sur les trottoirs de la capitale de conclure : "Vous le voyez, l'opinion est assez partagée sur le sujet".
Bref : le micro-trottoir ne présente bien évidemment aucun intérêt, sinon celui de permettre aux quatre chaînes d'information en continu françaises (BFM TV, CNews, LCI et franceinfo) de meubler leur temps d'antenne.
Et de fournir du travail à quelques jeunes stagiaires exploités.
Source : wikipedia.org
"Le plus grand des animaux", "Le plus grand des mammifères", "Le plus grand animal de tous les temps" ou "Le plus grand animal que la terre ait porté".
Ces différentes formules désignent : la baleine bleue, également appelée rorqual bleu.
Cette espèce de cétacés appartenant à la famille des mammifères peut dépasser 30 mètres de longueur et 170 tonnes.


Et il s'agit donc du plus gros animal vivant à notre époque et - dans l'état actuel de nos connaissances - du plus gros animal ayant vécu sur Terre, avant deux grands sauropodes.

Long et mince, le corps de la baleine bleue peut prendre diverses teintes de gris-bleuté sur le dos et un peu plus clair en dessous. On en dénombre au moins trois sous-espèces distinctes.
Comme les autres baleines, la baleine bleue se nourrit essentiellement d’un petit crustacé, le krill, de planctons mais également de petits poissons et parfois de calmars.
Les baleines bleues furent abondantes dans presque tous les océans avant le début du XXe siècle. Pendant près de quarante ans, elles furent chassées par les baleiniers qui ont amené l'espèce au bord de l'extinction avant qu'elle ne soit protégée par la communauté internationale en 1966.
Un rapport de 2002 estimait qu’il y avait entre 5 000 et 12 000 baleines bleues à travers le monde, localisées dans au moins cinq groupes. En 2018, l'IUCN estime la population entre 5 000 et 15 000 individus.
Avant la chasse industrielle à la baleine, la plus forte population se trouvait dans l’Atlantique, qui en comptait approximativement 240 000 (entre 202 000 et 311 000).
L'espèce est classée en danger d'extinction par l'UICN.
Nota Bene : "Baleine" est un substantif féminin polysémique du langage courant auquel j'ai déjà consacré un article.
Source : wikipedia.org
"Une plastique avantageuse".
Cette locution féminine du registre soutenu est souvent utilisée par les journalistes pour qualifier un beau corps.
On dit par exemple : "Dotée d'une plastique avantageuse, cette actrice a rapidement été repérée par les réalisateurs".

On ne dit pas : "Possiblement" pour "Peut-être" ou "Vraisemblablement" !
Je n'en peux plus d'entendre à longueur de journée, dans la bouche de nos dirigeants politiques et économiques comme dans celle des communiquants et autres journalistes, l'adverbe "Possiblement" ainsi utilisé en lieu et place des traditionnels adverbes "Peut-être" et "Vraisemblablement" :
- Emmanuel Macron "possiblement" contaminé lors d’un sommet européen,
- de nouveaux variants du virus "possiblement" bien plus contagieux,
- mais une solution "possiblement" en vue grâce aux vaccins.
Ce mot à la mode n'est certes pas un anglicisme, car il est bien français. Et cela depuis si longtemps, d'ailleurs, que l’Académie française le jugeait déjà "vieux" en… 1762.
Mais il ne signifie jamais que : de façon possible.
Et avant cette mode récente, naturellement apparue sous l'influence omniprésente de l'anglais, son emploi était très peu courant. À peine disait-on parfois, par exemple : "Ce film médiocre peine à nous faire esquisser le moindre sourire, en l'absence de toute situation ou du moindre dialogue possiblement drôle".
Massivement apparu dans les organes d'information au cours de l'année 2020, il constitue, à mon sens, un anglicisme détestable, en étant un calque de l'anglais "Possibly" signifiant "Peut-être".
Et relève de la novlangue, sa sonorité technocratique masquant l’incertitude qu’il exprime.
Les dirigeants politiques, comme les dirigeants économiques, pourraient bien évidemment dire "Peut-être" ou "Vraisemblablement" et s’exprimer au conditionnel.
Ils pourraient même, parfois, dire qu’il y a des choses qu’ils ignorent. Mais ne pas tout savoir leur semble être une faute impardonnable, à laquelle ils ne parviennent manifestement pas à se résigner.
Seul l'usage du terme "Possiblement" permet donc ce tour de force : reconnaître sa totale ignorance en feignant d'être totalement sûr de soi !
Source : timetosignoff.fr
"L'étrange lucarne" et "Le petit écran".
Ces deux locutions nominales du langage courant désignent : la télévision.
- "L'étrange lucarne" s'utilisait essentiellement dans les années 1950 et 1960 pour désigner "le téléviseur" ou "le poste de télévision".
On dit par exemple : "L'étrange lucarne s'est répandue dans les foyers au cours des années 1960".
- tandis que "Le petit écran" continue de s'utiliser, mais désigne la télévision en tant qu'organe d'information (média).
On dit par exemple : "Le nombre de personnes regardant des films sur le petit écran tend à diminuer".
"Le meilleur ami de l'homme" ou "Notre compagnon à quatre pattes".
Ces deux périphrases du langage courant désignent : le chien.
Mais la seconde ("Notre compagnon à quatre pattes") désigne également souvent le chat.
Selon l'enquête 2015 FACCO (Fédération des Fabricants d'Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers) / TNS SOFRES (Taylor Nelson Sofres SOciété FRançaise d'Enquête par Sondages), consacrée aux animaux de compagnie, que possède près d'un foyer sur deux, on dénombrait ainsi en France 7,26 millions de chiens, contre 12,68 millions de chats et 2,84 millions de petits mammifères.
Ainsi que 5,75 millions d'oiseaux et 34,22 millions de poissons.
Source : www.santevet.com
"Le châtiment suprême" et "La peine capitale".
Contrairement à ce que l'on pense parfois, ces deux locutions nominales du registre soutenu sont bien de parfaits synonymes désignant la peine de mort, la formule "Peine capitale" ne désignant pas uniquement la "Décapitation".
Et cela bien que l'adjectif "Capitale" vienne bien du latin "Capitalis" ("relatif à la tête", mais également "qui entraîne la mort, mortel, fatal"), dérivé de "Caput" ("tête").
"La peine capitale" est en effet une peine prévue par la loi consistant à exécuter une personne ayant été reconnue coupable d'une faute qualifiée de "Crime capital".
La sentence est prononcée par l'institution judiciaire à l'issue d'un procès. En l'absence d'un procès, ou dans les cas où celui-ci n'est pas réalisé par une institution reconnue, on parle d'exécution sommaire, d'acte de vengeance ou de justice privée. La peine de mort est diversement considérée selon les époques et les régions géographiques.
Elle est prévue dans les textes de loi de 83 pays, mais seuls 23 des 198 pays du globe ont procédé à des exécutions en 2014. En 2020, 115 pays sont abolitionnistes, dont 106 pour tous les crimes. La peine de mort est une sanction reconnue bien que réprouvée par les institutions internationales comme l'ONU (Organisation des Nations Unies) ou la Cour européenne des droits de l'Homme. Les États abolitionnistes sont aujourd'hui majoritaires, mais ils ne représentent qu'une minorité de la population mondiale. Parmi les démocraties industrialisées, seules deux la pratiquent : les États-Unis (28 États sur 50) et le Japon.
Au plan international, le 18 décembre 2007, l’Assemblée générale de l'ONU a adopté la résolution 62/1495 appelant à un moratoire sur les exécutions dans le monde. Cette résolution n'a pas de valeur contraignante mais peut être vue comme le signe que la majorité des États souhaite remettre en cause la peine de mort. Cependant huit des dix pays les plus peuplés ont voté contre la résolution.
Source : wikipedia.org
"La fleur de la Toussaint", "La fleur des cimetières", "La plante des cimetières" ou "Le roi des cimetières".
Ces trois formules désignent le chrystantème, une plante annuelle ou vivace, dont certaines espèces sont très cultivées comme plantes d'ornement et dont le nom signifie étymologiquement "Fleur d'or".
Les plus connus sont les chrysanthèmes d'automne, ou "Chrysanthèmes des fleuristes" ("Pomponnettes"), consacrés au fleurissement des tombes, pour le jour des défunts.
Dès le milieu du XIXe siècle apparaissent sur les tombes des défunts les chrysanthèmes qui remplacent la flamme des bougies.
Mais cette tradition s'est surtout répandue, en France comme en Belgique, après la Première Guerre mondiale, lorsque Georges Clemenceau, lors du premier anniversaire de l'armistice, le 11 novembre 1919, a appelé les Français à fleurir les tombes des soldats tombés au front.
On a alors choisi les chrysanthèmes d'automne car ils fleurissent tard dans l’année et peuvent résister à un gel modéré.
À mesure du temps, l’arrivée des chrysanthèmes dans les cimetières a glissé du 11 novembre à la fête des morts du 2 novembre.
En 2010, pas moins de 21,3 millions de pots avaient été achetés en France à la charnière des mois d'octobre et novembre.
Source : wikipedia.org
"Le parlement des savants".
Il s'agit du surnom attribué à l'Institut de France, une institution française créée en 1795.
Il rassemble les élites scientifiques, littéraires et artistiques de la nation afin qu'elles travaillent ensemble à perfectionner les sciences et les arts, à développer une réflexion indépendante et à conseiller les pouvoirs publics.
Siégeant quai de Conti, dans le 6e arrondissement de Paris (75), l'Institut de France regroupe cinq académies, dont les réunions solennelles ont lieu en habit vert sous la coupole de l'ancien collège des Quatre-Nations qui l'abrite :
- l'Académie française (40 membres),
- l'Académie des inscriptions et belles-lettres (55 membres),
- l'Académie des sciences (263 membres),
- l'Académie des beaux-arts (63 membres),
- et l'Académie des sciences morales et politiques (50 membres).
Source : wikipedia.org
"L'auteur de mes jours".
J'ai bien cette jolie périphrase du registre soutenu qui désigne : mon père.
Pourquoi dire : "Flash info" ou "Breaking news" ?
Ainsi que le font de nombreuses stations de radio françaises depuis des années.
Ou comme l'inscrivent désormais presque systématiquement sur leurs écrans, depuis ces dernières années, la plupart des chaînes de télévision françaises d'information en continu.
Et pas :
- "Dernière nouvelle", "Information de dernière minute" ou "Nouvelle de dernière minute", pour "Flash info" !
- et : "Dernières nouvelles", "Édition spéciale", "Informations de dernière minute" ou "Nouvelles de dernière minute", pour "Breaking News" !
Source : context.reverso.net




