"Dans mon for intérieur", "En mon for intérieur", "Dans son for intérieur" ou "En son for intérieur".

Ces différentes locutions du registre soutenu signifient respectivement :

  • "Dans mon for intérieur" ou "En mon for intérieur" : dans ma conscience, au fond de moi.

On dit par exemple : "En mon for intérieur je reconnais que je n'ai pas vraiment fait d'effort".

  • "Dans son for intérieur" ou "En son for intérieur" : dans sa conscience, au fond de soi.

On dit par exemple : "En son for intérieur, mon frère sait bien que j'ai raison".

Fondées sur l'étrange substantif masculin "For", elles ont une origine directement religieuse.

Source : wiktionary.org

"Courir le guilledou".

J'aime beaucoup cette jolie locution verbale du registre familier et du registre désuet.

Le substantif masculin singulier (pas de pluriel) du registre désuet "Le guilledou" désigne : des aventures galantes.

Aussi, "Courir le guilledou" signifie :

  • chercher l'amour, des aventures galantes ; ou des lieux de plaisir,
  • et, par extension : se rendre fréquemment, et surtout nuitamment, dans des lieux suspects.

On dit par exemple : "Je ne veux pas être méchant, mais je me demande tout de même sérieusement ce que fait ton frère à courir ainsi le guilledou en ville".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr, dictionnaire.reverso.net et www.linternaute.fr

"Prendre dans ses rets".

Le substantif masculin pluriel "Rets", qui appartient au registre désuet et n'existe pas au singulier, désigne : un filet, un ouvrage de corde ou de fil, noué par mailles utilisé pour prendre du poisson ou des oiseaux.

La locution verbale du registre désuet "Prendre dans ses rets", que ses utilisateurs actuels n'utilisent qu'au sens figuré, signifie par conséquent : faire tomber dans les pièges que l'on a tendu.

On dit par exemple : "Ma belle-soeur a pris mon frère dans ses rets dès la classe de terminale".

Ou : "On peut craindre qu'une nouvelle fois le chancelier allemand ne prenne le président français dans ses rets".

Source : wiktionary.org

"En baver", "En baver des ronds de chapeaux", "En chier" ou "En chier des ronds de chapeaux".

Ces différentes expressions signifient toutes, selon le contexte et au sens figuré :

  • souffrir.

On dit par exemple : "Je m'suis fêlé trois côtes une fois quand j'étais jeune : j'en ai bavé !".

Ou : "Avec ce nouvel entraîneur, il y en a qui vont en chier des ronds de chapeaux !".

  • ou : endurer de sérieuses difficultés, subir un mauvais traitement ; être dans une situation pénible.

On dit par exemple : "L'équipe va en baver face un tel adversaire".

Ou : "Ma fille en a bavé des ronds de chapeaux en première année de médecine".

"En baver des ronds de chapeaux" et "En chier des ronds de chapeaux" sont des idiotismes vestimentaires. Et ils font référence aux morceaux de plomb circulaires servant autrefois à maintenir leur forme aux chapeaux et d'abord appelés "Ronds de plomb" puis "Ronds de chapeaux".

Registres de langue :

  • "En baver" et "En baver des ronds de chapeaux" relèvent du registre argotique.
  • "En chier" et "En chier des ronds de chapeaux" relèvent du registre vulgaire.

Source : www.expressio.fr

 

"Sis à" ou "Sise à".

Il s'agit des participes passés masculin et féminin du - fort peu usité - verbe "seoir".

Et signifient : "Situé(e) à" ou "Établi(e) à".

On dit par exemple : "M. Dumas est le gérant de cette société, sise au 22 rue de la Mirabelle".

Ou : "Il s'agit d'un cabaret, sis au 120 boulevard du Roi".

Pour ma part, bien que ces jolies formules appartiennent évidemment au registre désuet ainsi qu'à un certain vocabulaire et jargon administratif, immobilier, juridique et judiciaire, je ne me prive pas de les utiliser.

"Peser au trébuchet".

Trébuchet de bijoutier

J'aime beaucoup cette expression du registre soutenu signifiant : analyser très minutieusenent une situation en s'attachant aux plus infimes détails.

On dit par exemple : "Je pense avoir effectué le bon choix : ma décision a été pesée au trébuchet".

Elle fait référence à l'une des trois acceptions du substantif masculin polysémique "Trébuchet".

Source : wiktionary.org

"Des espèces sonnantes et trébuchantes".

  • Cette jolie expression du registre désuet a d'abord désigné :
    • au sens propre : de l'argent sous forme de pièces de monnaie authentiques (et non de pièces contrefaites, de fausse monnaie),
    • puis, au sens figuré, et par extension, de façon plaisante : de la monnaie fiduciaire ou "argent liquide" (pièces de monnaie ou billets de banque), par opposition à la monnaie scripturale (chèques, cartes bancaires, virements).
  • L'adjectif "sonnantes" fait référence au son clair que les pièces d'or et d'argent font quand elles s'entrechoquent et "sonnent" juste.

Pensez à Don Salluste (Guy de Funès) et à son valet Blaze (Yves Montand) dans "La folie des grandeurs", le film franco-hispano-italo-allemand réalisé en 1971 par Gérard Oury, adapté de la pièce de Victor Hugo "Ruy Blas" (1838).

Affiche du film français "La folie des grandeurs" de Gérard Oury (1971)

Et à la célébrissime scène où Don Salluste détecte à l'oreille, qu'il manque une pièce parmi les centaines que fait "sonner" son valet Blaze, au matin, afin de le réveiller : "C'est l'or, il est l'or, l'or de se réveiller, monseignor, il est huit or !".

  • Et l'adjectif "trébuchantes" fait référence à l'une des acceptions du mot "trébuchet", désignant une petite balance à plateaux permettant autrefois de peser les pièces avec précision, afin de s'assurer qu'elles pesaient bien le poids de métal précieux prévu.

Une pièce "trébuchante" avait passé l'épreuve du trébuchet, qu'elle avait emporté par sa pesanteur et correctement fait pencher.

J'ai cependant toujours été étonné pour ma part par cette expression, dans la mesure où le véritable nom de ce type de trébuchet utilisé en numismatique est le "Biquet" !

Souvenir personnel

Assez curieusement, cette expression est en partie à l'origine de ce blogue J'aime les mots !

Elle m'avait en effet énormément intrigué étant enfant, à l'été 1968... Alors que je faisais des courses avec mon grand-père, à Payrac (46), l'épicière avait réclamé devant nous, à un client agriculteur, des "espèces sonnantes et trébuchantes", ce qui m'avait laissé pantois. Évidemment, j'avais alors pensé au premier sens du verbe "trébucher" signifiant tomber... et ne connaissais même pas cette acception du mot "espèces" signifiant "monnaie fiduciaire" ou "argent liquide" !

Et comme ce monsieur élevait toutes sortes d'animaux domestiques, j'avais été interloqué par cette étrange formule d'"ESPÈCES... SONNANTES et TRÉBUCHANTES" ; m'interrogeant sur les "espèces" ANIMALES susceptibles à la fois de TOMBER (j'excluais les oiseaux de la basse-cour et ses pigeons, mais pensais à ses vaches et cochons...)... et de SONNER !

Je songeais bien au "coucou" des pendules, mais je n'imaginais guère l'oiseau "coucou"... "trébucher" !

Bref : un incroyable mystère, dont j'ai naturellement demandé l'explication à mon grand-père dès la sortie du magasin, ce qui l'avait bien fait rire. Celui-ci m'avait alors expliqué le sens moderne de cette superbe expression. Et, parce qu'il ne connaissait pas lui-même la signification exacte de l'adjectif "trébuchantes", il m'avait montré, sitôt rentré à la maison, comment on pouvait la chercher ET SURTOUT LA TROUVER dans cet incroyable livre qu'était LE DICTIONNAIRE ; faisant ainsi mon bonheur et initiant ma passion pour cet ouvrage, qui ouvrait la porte sur le monde merveilleux et sans fin des mots !

Inutile de vous préciser que celle-ci ne m'a plus quitté depuis plus de cinquante ans !

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Prendre au trébuchet".

Cette expression du registre familier signifie, au sens figuré : amener habilement quelqu’un à faire une chose qui lui est désavantageuse, ou qui est contraire à ce qu’il avait prévu.

Et elle fait référence à un type de piège à oiseaux appelé "Trébuchet".

Source : wiktionary.org

"Seyant", "Seyante", "Sied" et "Seyait".

J'aime beaucoup ces jolis mots du registre soutenu dérivant du - fort peu usité - verbe "Seoir", qui signifie : aller bien ou convenir.

  • "Seyant" (ou "Seyante") est ainsi un adjectif signifiant : qui va bien, qui convient, qui avantage la personne qui le ou la porte.

On dit par exemple : "Ce manteau est très seyant".

Ou : "Cette coiffure est très seyante".

  • "Sied" est la troisième personne du singulier présent du même verbe.

Et signifie donc pareillement : qui va bien, qui convient, qui avantage la personne qui le ou la porte

On dit par exemple : "Cette robe te sied merveilleusement".

  • et "Seyait" est la troisième personne du singulier imparfait du même verbe.

Et signifie par conséquent : qui allait bien, qui convenait, qui avantageait la personne qui le ou la portait.

On dit par exemple :"Sa veste lui seyait à ravir".

Source : www.larousse.fr

"Être dans le coaltar" ou "Avoir la tête dans le coaltar".

Ces deux expressions du registre familier signifient, selon le contexte, :

  • "Être dans un état de somnolence, mal réveillé, somnoler",
  • ou "Être à demi-inconscient, hébété".

Le plus souvent, à cause d'un abus d'alcool, d'un manque de sommeil ou d'un réveil très matinal.

Comme l'indique son orthographe, le mot "Coaltar" est un mot anglais désignant le goudron obtenu par la distillation de la houille ("coal" signifie "charbon" et "tar" "goudron"), contrairement au bitume, issu du pétrole.

Tout comme pour les expressions "Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage", dont la signification est exactement la même, l'origine des expressions "Être dans le coaltar" et "Avoir la tête dans le coaltar" remonte à l'époque où l'on utilisait le cirage ou le coaltar dans des ateliers mal ventilés, et où leurs émanations tournaient donc la tête des ouvriers, les rendant à moitié conscients.

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr

"L'once" ou "Une once".

Ce joli petit mot mot peut avoir pas moins de six significations différentes:

    • une unité de mesure du poids du système impérial britannique valant 28,3495231 grammes.
    • un ancien poids valant la douzième partie de la livre romaine et pesant 27 grammes.
    • une ancienne unité de mesure du poids en France, valant 30,59 grammes. Elle formait la huitième partie du marc, ou la seizième partie de la livre de Paris.
    • l'unité de mesure du poids pour l'or, adoptée, depuis 1828, par la United States Mint (organisme gouvernemental qui produit et met en circulation les pièces de monnaie des États-Unis d'Amérique). L'once d'or vaut 31,104 grammes.
  • en numismatique, l'once est une ancienne monnaie d’or ayant eu cours en Espagne et en Amérique latine.
  • l'once est également, de manière très générale, une petite quantité de quelque chose.

On dit par exemple "Ne pas peser une once" ou "Ne pas avoir une once de".

Source : wikipedia.org

"Lâcher la grappe" n'est pas une pratique vinicole !

Mais signifie, au sens figuré, dans le registre familier : "Laisser tranquille, laisser en paix".

Contrairement à ce que certains esprits mal placés pensent souvent cette expression ne fait nullement allusion aux parties génitales masculines... et peut donc tout à fait être utilisée par une personne de sexe féminin.

À l'instar de son équivalent moderne, appartenant au même registre familier, : "Lâcher les baskets".

On dit par exemple : "Le type qui était en face de moi, dans le train, était super relou : je lui ai dit Lâche-moi la grappe ou j'appelle le contrôleur !".

La "grappe" dont il est ici question désignait, au XIIe siècle un crochet, en argot, en ancien français.

Ainsi, "Lâcher la grappe" constituait à l'origine une injonction réclamant à la personne qui était accrochée à vos basques de bien vouloir lâcher prise .

Source : wiktionary.org

"Ragoûtant" ou "Ragoûtante".

J'aime bien cet adjectif qui signifie :

  • au sens propre : "appétissant(e), qui ragoûte, qui excite l'appétit".

On dit par exemple : "Un brouet peu ragoûtant".

  • et au sens figuré : "plaisant(e)".

On dit par exemple : "Des détournements fiscaux peu ragoûtants".

Concrètement, ce mot du registre désuet est le participe présent adjectivé du verbe "Ragoûter" qui signifiait "redonner du goût, remettre en appétit".

Et il ne s'utilise plus aujourd'hui qu'à la forme négative "peu ragoûtant(e)".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Une goguette".

Ce mot ne survit guère aujourd'hui que dans les expressions "Partir en goguette" (partir s'amuser) ou "Être en goguette" (être d'humeur enjouée).

La "Goguette" était une pratique festive consistant autrefois à se réunir en petits groupes afin de passer un bon moment et de chanter.

Aujourd'hui largement oubliée, celle-ci a été à la base de milliers de sociétés festives et/ou carnavalesques, pour la plupart disparues.

Au point que la plupart des gens ignorent désormais jusqu'à la signification du mot "Goguette", qu'ils confondent parfois avec la "Guinguette", cabaret populaire de la fin du XXe siècle faisant aussi office de restaurant et, souvent, de lieu de bal.

"Faire des émules".

  • Un "émule" (registre soutenu) est une personne qui cherche à en égaler, à en surpasser une autre dans les domaines intellectuel, artistique, sportif.

Ou une personne qui ressemble à quelqu'un d'autre, dont l'oeuvre, la manière d'agir est du même genre, du même style.

  • L'expression du registre soutenu "Faire des émules" signifie par conséquent "susciter l'envie de faire la même chose, attiser la rivalité".

On dit par exemple : "Avec ta nouvelle piscine, tu vas faire des émules dans tout le voisinage !".

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org