"La Pléiade", "Les pléiades" et "Une pléiade".

  • "La Pléiade" (avec un "P" majuscule) est :
    • un groupe de sept poètes français du XVIe siècle, composé de Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay, Étienne Jodelle, Rémy Belleau, Jean-Antoine de Baïf, Jacques Peletier et Pontus de Tyard.

À travers leurs oeuvres littéraires et leurs textes théoriques, leur ambition était de renouveler et de perfectionner la langue française, afin de la rendre indépendante d'autres idiomes alors plus "nobles" comme le latin.

Le but politique était de participer à l'unification de la France par le biais de la langue française (déclaré langue officielle en France en 1539), sur le modèle mais aussi en rivalité avec l'italien, qui avait entamé un processus similaire un peu plus tôt.

Ce mouvement littéraire, créé en 1553, émane d'un groupe de poètes d’abord connu sous l'appellation de "Brigade". Le souci majeur de la Brigade, élevée sous l'égide de l'helléniste et érudit Jean Dorat, sous la protection de la princesse Marguerite de France, soeur du roi Henri II, était de faire reculer le "Monstre Ignorance" par la diffusion - en français - de la culture antique, dans l'esprit humaniste de la Renaissance à laquelle elle participe.

Le nom de "Pléiade" est emprunté par Ronsard, en 1556, à un groupe de sept poètes d’Alexandrie qui vécurent tous au temps de Ptolémée II Philadelphe, au IIIe siècle av. J.-C., et avaient choisi le nom de cet amas astronomique pour se distinguer : Apollonios de Rhodes, Aratos de Soles, Philiscos de Corcyre, Homère le Jeune, Lycophron, Nicandre de Colophon, Théocrite,

Et cette appellation sera adoptée par la postérité.

Outre le "meneur" Pierre de Ronsard, la Pléiade regroupe alors selon lui les poètes Joachim Du Bellay, Jacques Peletier du Mans (remplacé après sa mort en 1582 par Jean Dorat), Jean Bastier de La Péruse (remplacé après sa mort en 1554 par Rémy Belleau), Antoine de Baïf, Pontus de Tyard et Étienne Jodelle (peut-être remplacé par Guillaume Des Autels).

Ils se réunissaient notamment au cabaret de la Pomme de Pin situé rue de la Juiverie, à Paris (75).

  • les Pléiades (avec un "P" majuscule) (du grec ancien "pleiades") sont :
    • dans la mythologie grecque, sept soeurs, filles du Titan Atlas et de l'Océanide Pléioné.

Et elles se nomment : Maïa, l'ainée et mère d'Hermès, Alcyone (ou Halcyone), Astérope (ou Stérope), Sélène (ou Céléno, ou Célaéno), Électre, Taygète et Mérope (ou Dryope, ou Aéro), la benjamine.

    • et, en astronomie, en référence à ces sept soeurs : un amas ouvert d'étoiles, également appelé "Amas M45", qui s'observe depuis les deux hémisphères, dans la constellation du Taureau.

On dénombre aujourd'hui dans cet amas environ 3 000 étoiles, dont une douzaine sont visibles à l'oeil nu.

Les 9 étoiles les plus brillantes de l'amas tirent leur nom des 7 soeurs et de leurs parents.

De nombreux peuples comme les Hébreux ou les Aztèques ont appelé cet amas "Poussinière", les comparant à une poule et ses poussins.

Cet amas s'étend sur 2°, soit l'équivalent de quatre fois le diamètre apparent de la Lune.

Son âge est estimé à 100 millions d'années, mais il ne devrait pas vivre longtemps puisqu'il devrait se séparer dans 250 millions d'années (il s'agit ici de la vie de l'amas et non de celle des étoiles qui le composent).

L'exactitude de la distance de l'amas à la Terre fait débat, et varie en fonction des différents instruments techniques utilisés, mais elle est généralement estimée à environ 444 années-lumière.

  • et "Une pléiade" (avec un "p" minuscule) désigne :
    • un groupe de personnes considérées généralement comme illustres ou remarquables.

On dit par exemple : "Vous allez pouvoir découvrir ce soir une pléiade de vedettes".

    • et par extension : un groupe nombreux.

On dit par exemple : "Ils sont toutes une pléiade de gamins à vouloir entrer".

Source : wikipedia.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Il y a loin de la coupe aux lèvres".

Ce proverbe en forme d'idiotisme corporel rappelle que de nombreux obstacles peuvent se dresser entre un souhait et sa réalisation, un projet et son aboutissement, ou un désir et sa satisfaction.
Et que ce n'est pas parce qu'un objectif semble proche que l'on va forcément l'atteindre.

Bien qu'il nous vienne du proverbe latin "Multa cadunt inter calicem supremaque labra", il s'agit d'un héritage direct de la mythologie grecque.

L'un des Argonautes, le grand Ancée (ou Ancaeos) rentra dans son palais de Tégée où un devin lui aurait prédit qu'il ne pourrait jamais boire le vin de la vigne plantée quelques années auparavant. Dès son arrivée, Ancée fut informé que son intendant avait fait les premières vendanges de ses vignes. Ancée, se servant une coupe de ce vin, appela son devin afin de lui montrer que ses prédictions étaient fausses. Le devin lui aurait alors répondu qu’"il y a loin de la coupe aux lèvres".

De fait, avant qu'Ancée puisse boire, on le prévint qu'un sanglier dévastait toutes ses vignes. Il se hâta alors de sortir en laissant sur la table sa coupe de vin encore pleine. Le sanglier, caché dans un buisson, lui fonça dessus brusquement et le tua.

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Un sisyphe".

 

Ce substantif masculin est un héritage de la mythologie grecque, puisqu'il fait directement référence à Sisyphe, un personnage évoqué par Homère dans le chant XI de "L'Odyssée".

 

Et il désigne, selon le contexte :

Un Sisyphe

  • une personne vouée à une tâche surhumaine, à un labeur stérile ou qui semble ne pouvoir aboutir à rien de positif.

On dit par exemple : "Ce Sisyphe me fait pitié. Il ne parviendra jamais à évacuer toutes les pierres de son terrain ; il en remonte chaque jour des miliers de nouvelles".

Un bousier sisyphe

  • et, par analogie : un insecte coléoptère noir coprophage de la famille des Scarabéidés.

Il s'agit d'un genre de bousiers composé de plus de 90 espèces, dont l'aire de répartition est très vaste, puisqu'on le retrouve en Afrique, Eurasie, Asie, Amérique Centrale et Australie.

Le sisyphe mesure 8 à 13 mm de long et se caractérise par un corps trapu, terminé en pointe ainsi que par des pattes postérieures très longues.

 Comme tous les bousiers, il fabrique des boules d'excréments, qu'il roule devant lui avant d'y déposer une larve.

Source : www.cnrtl.fr

"Le rocher de Sisyphe" et "Un travail de Sisyphe" ou "Une oeuvre de Sisyphe".

Le rocher de Sisyphe

Ces différentes locutions nominales du registre soutenu désignent, selon le contexte :

  • une tâche interminable et ardu, qui n’en finit pas de durer, qu'il faut toujours recommencer, pour un résultat nul ou incertain,
  • une difficulté morale ou intellectuelle très éprouvante, insurmontable,
  • une situation psychique extrêmement pénible, caractérisée par l'ennui, la tristesse, le découragement, le désespoir, un sentiment d'absurdité.

On dit par exemple : "C'est le rocher de Sisyphe : plus on évacue d'eau de cette cave, plus il en arrive !".

Le rocher de Sisyphe

Ces formules trouvent leur origine dans la mythologie grecque et plus précisément dans le chant XI de l'Odyssée d'Homère :

Pour avoir osé les défier, Sisyphe avait déclenché la colère des dieux de l’Olympe.

En guise de châtiment, ces derniers l'avaient condamné à rouler perpétuellement devant lui un énorme rocher jusqu'en haut d'une montagne, d'où il retombait sans cesse. Et que le pauvre Sisyphe devait donc éternellement remonter, encore et encore.

Sources : www.linternaute.fr et www.cnrtl.fr

"Le complexe de Cassandre" ou "Le syndrome de Cassandre".

Ces deux appellations désignent les situations où l'on ne croit pas ou ignore les avertissements ou préoccupations légitimes de certaines personnes.

Elles sont tirées de la mythologie grecque et font référence à la malédiction de Cassandre, qui avait reçu d'Apollon le don de prophétie mais était incapable de convaincre autrui de la validité de ses prédictions et n'était donc jamais crue.

Apollon ayant en effet par la suite regretté sa décision - mais ne pouvant retirer son don à Cassandre - il lui infligea une malédiction en vertu de laquelle personne ne croirait jamais ses prédictions. Cassandre tenta ainsi, de nombreuses fois de prévenir les Troyens durant la guerre de Troie, notamment lors du célèbre épisode du cheval de Troie, mais en vain.

La formule "Syndrome de Cassandre" est connue depuis au moins 1949, année où le philosophe français Gaston Bachelard l'a utilisée dans "le rationalisme appliqué", pour faire référence à une croyance disant que les choses peuvent être sues à l'avance.

Le syndrome de Cassandre est parfois présent chez les HP/HPI/HQI/surdoué(e)s/zèbre(tte)s, qui perçoivent ou anticipent par leur intellect (empirisme, instinct, capacité d'une ramification réflexive plus développée ou d'une pensée plus élargie, raisonnement logique ou intuitif personnel...) les événements à venir et leurs conséquences : ils préviennent mais ne sont jamais crus, voire suscitent des réactions négatives qui peuvent les blesser ou tout au moins les affecter.

J'explique dans un autre article ce que signifie de nos jours les formules "Un Cassandre", "Une Cassandre" ou "Jouer les Cassandre". Et la raison pour laquelle je les trouve relativement mal employées.

Source : wikipedia.org

"Un Cassandre", "Une Cassandre" ou "Jouer les Cassandre".

Ces différentes formules font référence à Cassandre, un personnage féminin de la mythologie grecque, qui avait reçu tout à la fois le don de prophétie mais également la malédiction de ne jamais être crue.

"Un Cassandre", "Une Cassandre" ou "Jouer les Cassandre" se disent aujourd'hui des individus qui annoncent des malheurs mais que l'on ne croit pas, que l'on n'écoute pas, que l'on n'entend pas.

Je note que ces formules sont assez systématiquement employées de manière très péjorative.

Et qu'elles s'appliquent majoritairement à des propos dérangeants, émanant de personnes dont on aspire le plus souvent à étouffer la parole.

On oublie par là même que dans la mythologie... toutes les prédictions de Cassandre se sont réalisées !

Source : www.labreche.fr

 

"Le priapisme" ou "Priapique" et "Le clitorisme".

  • "Le priapisme" est une situation pénible et dangereuse dans laquelle le pénis après l'érection ne retrouve pas sa flaccidité normale au bout de quatre heures, même en l'absence de toute stimulation physique ou psychologique.

Le priapisme est une urgence médicale absolue nécessitant d'être traitée par un médecin qualifié.

La contrepartie féminine de cet état est connue sous le nom de "Clitorisme"".

  • "Priapique" est l'adjectif correspondant, qui signifie :
    • au sens propre : relatif au dieu grec Priape et à son culte.

Priape était doté d'attributs sexuels surdimensionnés. Selon la mythologie grecque, Priape aurait été puni par les dieux pour avoir essayé de violer une déesse. Et on lui aurait donné, en punition, d'énormes attributs de bois, constituant un ensemble énorme mais inutile.

    • et, au sens figuré, : relatif au priapisme.

Source : wikipedia.org

"Un dythirambe" et "Dythirambique".

J'aime beaucoup ce substantif et cet adjectif du registre soutenu, souvent mal orthographiés car, il est vrai, peu connus et compliqués à écrire.

Au sens propre, un dythirambe est - dans la Grèce antique - un hymne religieux chanté par un choeur d’hommes accompagné d'un aulos et d'une danse représentant à l'origine l'emprise de Dionysos sur les hommes. Même si des dithyrambes ont été adressés à d'autres divinités grecques, il s'agit avant tout d'une action liturgique célébrée en l’honneur de Dionysos.

Par extension, il désigne aujourd'hui un éloge ou une louange enthousiaste, et souvent excessive.

"Le mont de Vénus" ou "Le mont du pubis".

"Mont de Vénus" ou "Mont du pubis"

Même si, comme on le sait, certains prennent beaucoup de plaisir à y grimper régulièrement, ces deux locutions nominales masculines du langage soutenu ne désignent pas des sites propices à l'escalade sportive, mais... le bas ventre féminin, recouvert de poils à partir de la puberté.

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "La pilosité sexuelle féminine".

Ainsi que de mon article consacré au "Pubis".

"L'agalmatophilie" ou "Le pygmalionisme".

Il s'agit de l'attirance et de l'excitation sexuelle provoquées par les mannequins (de cire, pas de chair !), les poupées, les statues et l'immobilité !

Le terme de "Pygmalionisme" est directement hérité de la mythologie grecque, puisqu'elle renvoie à la l'histoire de Pygmalion et Galatée.

Selon la légende, en effet, le sculpteur Pygmalion tombe amoureux de sa création, Galatée, une statue rendue vivante grâce à Aphrodite, la déesse de l'amour, qui comprend son voeu.

Source : wikipedia.org

"Un Janus".

Janus était, dans la mythologie romaine, un dieu à une tête doté de deux visages opposés.

"Un Janus" désigne donc aujourd'hui un individu doté d'une personnalité présentant deux aspects très différents et parfois opposés.

Par exemple quelqu'un qui offre à son entourage deux visages différents selon qu'il est au travail ou en famille.

"Un mot-centaure".

Il s'agit d'un mot formé par la fusion d'au moins deux mots, l'un d'entre eux au moins y apparaissant tronqué par apocope ("Dircab" : "Directeur" et "cabinet"), aphérèse ("Avionique" : "Avion" et "électronique") ou les deux ("Alicament" : "Aliment" et "médicament").

On parle également d'"Amalgame lexical", de "Mot-gigogne", de "Mot porte-manteau", de "Mot-tiroir" ou de "Mot-valise".