"Manu militari".

Cette locution adverbiale latine peut se traduite en français par "la main militaire".

Et elle signifie :

  • au sens propre : en employant la force armée, la force publique.

On dit par exemple : "Les occupants illégaux ont été expulsés manu militari".

23 août 1996 : expulsion manu militari des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, à Paris (75) par les forces de l'ordre
23 août 1996 : expulsion manu militari des sans-papiers africains de l'église Saint-Bernard, à Paris (75) par les forces de l'ordre (© AFP Thomas Coex)
  • et par extension : par la force, par la violence.

On dit par exemple : "Elle a du mettre à la porte sa soeur manu militari".

Source : www.larousse.fr

"Une mater" et "Mater".

Ces mots homophonographes ne doivent surtout pas être confondus :

  • "Une mater" (ma-tère) est un substantif féminin du registre familier, signifiant selon le contexte :
    • par apocope : un établissement hospitalier public ou privé, service d'hôpital ou de clinique, réservé aux femmes sur le point d'accoucher ou présentant des complications dues à leur grossesse.

Un service de maternité

    • ou, pour les jeunes, par utilisation du mot latin "mater" ("la mère) : une mère.

On dit par exemple : "Ta mater est d'accord pour samedi soir ?".

Une maman et ses bébés, étendus sur l'herbe

Source : www.cnrtl.fr

"Une devise" et "Je devise" ou "Des devises" et "Tu devises".

"Devise" ou  "Devises" est un mot polysémique du langage courant signifiant, selon le contexte :

    • "Une devise" ou "Des devises" :
      • dans le domaine économique et financier :
        • tout actif financier liquide libellé en monnaie étrangère,
        • et par métonymie : l'unité monétaire d'un pays étranger, par opposition à la "monnaie", qui est l'unitaire monétaire de son propre pays,

On dit par exemple : "L'arrivée de l'euro a bien simplifié la vie des voyageurs en Europe, qui ne sont plus obligés de se procurer des devises différentes pour chacun des pays visités".

Des devises

      • en héraldique : une figure emblématique accompagnée d'une courte formule qui, généralement, s'y rapporte,

      • par métonymie : la formule seule,

On dit par exemple : "La devise de la République française est Liberté, Égalité, Fraternité".

      • par analogie : une courte formule exprimant un sentiment, une pensée, une attitude, un mot d'ordre, résumant une règle de conduite ou un idéal ; un adage, une maxime, une sentence,

On dit par exemple : "J'adore être pris pour un con par les imbéciles : telle est ma devise".

    • et "Je devise" et "Tu devises" :
      • je converse, je discute, je m'entretiens familèrement avec quelqu'un, ou tu converses, tu discutes, tu t'entretiens familièrement avec quelqu'un.

On dit par exemple : "Je devise souvent avec des collègues à l'heure de l'apéro".

      • et pour nos amis Suisses : j'établis un devis ou tu établis un devis.

Bien qu'elle soit couramment utilisée en France au sein de certains services commerciaux, cette acception du verbe "Deviser" constitue un helvétisme.

Source : www.journaldunet.fr, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Dixit".

On utilise souvent en français ce petit mot latin signifiant "Il a dit".

Employé avant le nom d'une personne, cela désigne celle-ci comme étant l'auteure des propos rapportés.

On dit par exemple : "Dixit le Premier ministre, cela ne devrait plus se reproduire".

Ou : "Un tel phénomène est inédit en France. Dixit les différents scientifiques consultés".

On ne dit pas : "Même s'il a un aura, une compétence" !

L'ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, cofondateur de la marque de vêtement "Eden park"

Mais : "Même s'il a unE aura, une compétence" !

Le mot "Aura" est en effet un subtantif féminin, qui nous vient du latin, et désignant - dans ce contexte - l'image, la réputation qui entoure ou semble entourer un être ou une chose.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Des desiderata" ou "Un desideratum".

Ce joli mot latin est utilisé en français, le plus souvent au pluriel pour désigner : des choses que l'on souhaite voir se réaliser, que l'on demande, que l'on attend. Et donc, selon le contexte : des désirs, des souhaits, des voeux, des revendications, des prétentions, des doléances.

On dit par exemple : "À force d'écouter les desiderata de son trio d'attaquants vedettes Benzema, Griezmann, Mbappé, durant la phase finale de l'Euro 2020, le sélectionneur des bleus, Didier Deschamps, s'est perdu dans ses schémas tactiques : 4-3-3 face à l’Allemagne lors de la première rencontre de poule, 4-4-2 face à la Hongrie, lors de la deuxième, 4-2-3-1 contre le Portugal, lors de a troisième, et enfin 3-5-2 face à la Suisse, lors du huitième de finale !".

Ou : "Mon nouveau patron m'a clairement demandé mes desiderata en matière de rémunération et d'avantages, et s'est engagé à me donner satisfaction !".

Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et www.cnrtl.fr

"Ex aequo", "Un ex aequo" et "Des ex aequo".

"Ex aequo" est une locution latine couramment utilisée en français, en particulier dans le domaine sportif.

  • Il s'agit principalement d'une locution adverbiale invariable signifiant : à égalité, avec le même rang dans un classement.

On dit par exemple : "Les deux équipes sont actuellement ex aequo, avec 42 points".

Ou : "Le film est troisième ex aequo au classement du nombre d'entrées".

  • Mais il peut également s'agir d'un substantif masculin ou féminin invariable désignant : une personne ayant obtenu le même rang qu'une autre. Ou, au pluriel : des personnes ayant obtenu le même rang.

On dit par exemple : "L'ex aequo allemand lauréat du Prix cette année n'a pas pu rester pour la cérémonie officielle".

ou : "Les deux ex aequo arrivés en tête du classement ont été félicités par le jury".

Source : wiktionary.org et www.larousse.fr

11 façons de dire "Le ventre" en français.

"Le bide" et "Le bidon"appartiennent au registre argotique.

Et "La bedaine", "Le bedon", "Le bidou", "La brioche", "La panse" ou "La ventrouille" au registre familier.

Ainsi que "La bedondaine", que nous devons au génial Rabelais, ou "La gidouille", à Alfred Jarry.

Enfin, "L'abdomen" (du latin "Abdomen" signifiant "Ventre", "Bas-ventre") relève du langage courant.

Sources : www.cnrtl.fr et crisco2.unicaen.fr

"Ex cathedra".

Cette locution latine en forme d'idiotisme religieux est une locution adverbiale signifiant :

    • au sens propre, dans le domaine religieux : du haut de la chaire de Pierre (le premier pape) et s'imposant à ses fidèles, en parlant du pape, chef de l'Église catholique s'exprimant de manière infaillible .
    • et par extension : du haut de sa chaire, avec autorité et solennité, de façon cérémonieuse ; sur un ton doctoral ou dogmatique.

On dit par exemple : "Emmanuel Macron l'omniscient n'en finit plus de nous asséner régulièrement ses déclarations ex cathedra".

Sources : ww.larousse.fr, www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Un MO" ou "Un Modus operandi".

Ce sigle et cette locution latine, souvent utilisés dans les feuilletons policiers, désignent : une manière d'opérer, de procéder ; une façon de faire.

Et non un "Mode opératoire", comme on peut malheureusement fréquemment le lire ou l'entendre dans les mauvaises traductions.

Cette expression peut être utilisée dans de nombreux contextes : organisationnels, professionnels, scientifiques, etc.

Et en matière de criminologie, le modus operandi correspond au mode de fonctionnement typique d'un criminel et ses façons d'agir.

Par exemple, un violeur peut avoir pour habitude d'agresser nuitamment des femmes rentrant par le dernier métro.

Cette manière d'opérer ne doit pas être confondue - comme c'est souvent le cas avec la "Signature" d'un criminel, qui peut par exemple consister à découper une partie du vêtement de la victime, qu'il emporte et conserve comme "Trophée".

Alors que le modus operandi peut changer avec le temps (le violeur se mettant à agresser des femmes à d'autres moments de la journée), sa signature (le découpage d'une pièce de tissu) restera habituellement la même.

Source : wiktionary.org

"Aller ad patres", "Être ad patres", "Envoyer ad patres" ou "Expédier ad patres".

Ces différentes locutions verbales du registre familier sont construites à partir de la locution adverbiale "Ad patres" (chez les ancêtres").

Et elles signifient donc respectivement, au sens figuré :

  • "Aller ad patres" : rejoindre le royaume des morts, c'est à dire mourir.

On dit par exemple : "Je sais bien qu'en continuant de boire comme il le fait, mon père risque d'aller ad patres d'ici quelques années à peine".

  • "Être ad patres" : être au royaume des morts, c'est à dire être mort.

On dit par exemple : "Il y a bien longtemps que mon oncle et ma tante sont ad patres".

  • et "Envoyer ad patres" ou "Expédier ad patres" : envoyer au royaume des morts, c'est à dire tuer.

On dit par exemple : "S'il continue comme ça, ton cousin va se faire expédier ad patres par Riton le Stéphanois et sa bande".

Sur le même sujet, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Tuer".