"La carte électorale".

Cette locution nominale féminine, qui relève du langage courant, est une formule tout à fait ambiguë, qui peut tout aussi bien désigner, selon le contexte :

  • le découpage électoral, c'est à dire la manière dont le territoire national est subdivisé en circonscriptions électorales, établies par le ministre de l'Intérieur.
Carte électorale des 18 circonscriptions législatives de Paris (75)
Carte électorale des 18 circonscriptions législatives de Paris (75)
  • la carte d'électeur, désormais imprimée avec la mention "Carte électorale" mais toujours appelée "Carte d'électeur" par l'administration (cherchez l'erreur).
Carte d'électeur de 1958
Carte d'électeur de 1958

Une main d'homme tenant une carte électorale

Il s'agit du document prouvant l'inscription sur la liste électorale de la commune. Elle est généralement envoyée par courrier, mais elle peut être remise aux jeunes de 18 ans lors d'une cérémonie de citoyenneté.

Le jour du vote, on doit présenter sa carte électorale au bureau de vote. Mais elle n'est pas obligatoire, une pièce d'identité suffisant.

  • ou enfin : la carte politique, qui indique la représentation des différents partis après les élections.
La carte électorale française de 2017
La carte électorale française de 2017
Source : wikipedia.org

 

Sources : www.service-public.fr

 

Ne dites pas : "Faire une refonte des listes électorales" !

Une liste électorale

Mais plutôt : "PROCÉDER à une refonte des listes électorales" !

Ainsi que je l'ai récemment entendu dire sur la chaîne de télévision publique française LCP-AN.

Cette opération, réalisée par les mairies tous les 5 ans est une opération matérielle permettant d’ordonner les listes électorales en attribuant un numéro d’ordre à chaque électeur et permettant de faciliter le travail des assesseurs le jour du scrutin.

Dans les faits, il s’agit d’une remise en forme des listes, avec reclassement des électeurs par ordre alphabétique et attribution d’un nouveau numéro suivant cet ordre. Cette refonte intègre par ailleurs les changements de périmètre des bureaux de vote intervenus depuis la refonte précédente.

Source :  www.ville-lardy.fr

"Macroner".

Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 (© Soizig de la Moissonnière)

J'adore ce verbe en forme de néologisme, créé par les Ukrainiens !

"Macronete" (en ukrainien) signifie en effet : se montrer très inquiet d'une situation, mais ne rien faire.

D'après les journalistes du Parisien, son succès a été tel qu'une expression est même entrée dans le langage courant : "Arrête de Macroner !".

Les Ukrainiens reprochent en effet au président français de vouloir porter coûte que coûte la paix et des compromis avec la Russie plutôt que d'aider véritablement leur pays.

Le nom même d'Emmanuel Macron n'évoque aucune aide réelle, mais ses lamentables photos préoccupées de l'Elysée.

Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 (© Soizig de la Moissonnière)
(© Soizig de la Moissonnière)

Les photographies du chef de l'Etat à l'Élysée les traits tirés, non rasé, cyniquement affublé (lui qui n'a même pas fait son service militaire) d'un pull à capuche noir siglé "CPA 10" des forces spéciales de l’armée de l’air française, ont en effet énormément de mal à passer en Ukraine.

Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 (© Soizig de la Moissonnière)
Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 en fin de soirée, photographié par sa photographe officielle Soizig de la Moissonnière : face à l’ampleur de la crise ukrainienne le pauvre n'a même plus le temps de se raser, de s'habiller et de se coiffer ! (© Soizig de la Moissonnière)
Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 (© Soizig de la Moissonnière)
(© Soizig de la Moissonnière)

Un tel accoutrement rappelle imanquablement le président ukrainien, qui intervient en tee-shirt et veste kakis depuis le début de l'invasion russe du 24 février.

Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 : s'inspirerait-il de l'apparence du président ukrainien Volodymyr Zelensky ? (© Soizig de la Moissonnière)
Le président de la République Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 13 mars 2022 : s'inspirerait-il de l'apparence du président ukrainien Volodymyr Zelensky ? (© Soizig de la Moissonnière)

Les nombreux entretiens téléphoniques passés avec Vladimir Poutine exaspèrent également les Ukrainiens.

Pour nombre d'entre eux, la France ne les aide pas. Et Emmanuel Macron souffre de la comparaison avec Boris Johnson qui s'est personnellement rendu à Kiev et a promis des blindés ; les pays occidentaux étant avant tout estimés à la hauteur des armes et du matériel militaire qu'ils fournissent.

Si quelques Ukrainiens défendent le président français, le ressentiment général est plutôt négatif, à l'image du tweet du journaliste du Kyiv Independent, Illia Ponomarenko, le 18 mars 2022 : "Je pense que Macron devrait arrêter tous ces appels avec Poutine. Ce dernier aime être supplié humblement. À force, ces tentatives pour le faire devenir un être humain paraissent incroyablement pathétiques, si ce n'est ridicules".

Sources : www.capital.fr et www.leparisien.fr

"L'UNESCO".

Le siège de l'UNESCO, à Paris (75)

On connaît bien cet acronyme, mais sans savoir la plupart du temps ce qu'il signifie exactement.

Il s'agit de l' "United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization"ou "Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture".

Le logotype de l'UNESCO

Cette institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies a été créée le 16 novembre 1945.

Le siège de l'UNESCO, à Paris (75)

 

Et son siège, à la forme caractéristique, a été inauguré en 1958, à Paris (75).

Le siège de l'UNESCO, à Paris (75)

L'UNESCO est actuellement dirigée, pour la première fois, par une femme : Audrey Azoulay. Cette haute fonctionnaire et femme politique française, née le 4 août 1972, conseillère culturelle du président de la République François Hollande de 2014 à 2016, puis ministre de la Culture et de la Communication de 2016 à 2017, en est en effet la directrice générale depuis le 13 novembre 2017.

Audrey Azoulay, directrice de l'UNESCO

Source : wikipedia.org

"Une prébende" ou "Des prébendes".

Ce substantif féminin désigne :

  • avant la Révolution française de 1789 :
    • la part de biens prélevée sur les revenus d'une église et attribuée à un clerc pour sa subsistance et en compensation du ministère accompli,
    • ou : le titre auquel est attachée une prébende,
  • et de nos jour, par analogie, dans le registre soutenu :
    • un poste honorifique, une sinécure lucrative, obtenus par faveur,
    • ou : les avantages, revenus et profits attachés à une charge, à une fonction quelconque.

On dit par exemple : "Sitôt les élections gagnées, les vainqueurs s'empressent de se partager les prébendes".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

Ne dites pas : "Faire allégeance" !

Mais : "PRÊTER allégeance" !

L'allégeance est l'obligation de fidélité et d'obéissance qui incombe à une personne envers la nation à laquelle elle appartient et le souverain dont elle est sujette.

Et, par extension : une manifestation de soutien, voire de soumission envers une personne ou un groupe.

"Mettre sous le joug" et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug".

Ces différentes locutions verbales relèvent du langage courant.

Utilisées essentiellement au sens figuré, elles font référence au "Joug", une pièce de bois (simple, double, frontale, de nuque) fixée soit en avant, soit en arrière des cornes du boeuf pour y attacher un dispositif d'attelage.

Un joug ancien, en bois massifDeux boeufs sous le joug

Et qui symbolise, par métaphore, dans le registre soutenu : la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement ; la sujétion, la contrainte matérielle ou morale.

Ou, plus généralement : tout ce qui entrave, freine ou gêne la liberté, l'épanouissement, le progrès.

  • "Mettre sous le joug", c'est donc : soumettre, asservir.

On dit par exemple : "Staline a mis sous le joug des centaines de millions de personnes".

  • et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug", c'est : subir la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement.

On dit par exemple : "Une grande partie de l'Europe a vécu sous le joug nazi durant plusieurs années".

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un mariniste".

Ce substantif masculin désigne, selon le contexte :

  • un pratiquant du "Marinisme", un style littéraire caractéristique de l'écriture baroque italienne, née à la suite de la publication, en 1623, de l’Adone par le poète italien Giambattista Marino, mieux connu en France sous le nom de Cavalier Marin ou encore Jean-Baptiste Marini,

Le poète baroque italien Giambattista Marino, mieux connu en France sous le nom de Cavalier Marin ou encore Jean-Baptiste Marini

  • un partisan de la femme politique française d'extrême-droite Marine Le Pen,
La femme politique française Marine Le Pen (© Gérard Julien / AFP)
La femme politique française Marine Le Pen (© Gérard Julien / AFP)
  • ou : un peintre de marine.

Un mariniste ou peintre de marine

Source : wikipedia.org et wiktionary.org

"Une usine à gaz".

Cette locution nominale féminine est fréquemment utilisée, au sens figuré, dans le domaine de la politique.

Relevant du registre familier, elle désigne, de façon péjorative : un système lourd et complexe, peu maniable et/ou peu compréhensible.

Ou un projet jugé trop cher, trop complexe, et dont le mode de fonctionnement paraît inaccessible aux non-initiés.

Et cela, bien sûr, en référence à la complexité des installations d'usines productrices de gaz, comportant d'innombrables enchevêtrements de tuyaux, de cheminées et de cuves, au fonctionnement compliqué.

Une usine à gaz

On dit par exemple : "Le gouvernement nous propose une nouvelle usine à gaz !".

Cette expression est ancienne puisqu'elle date de l'aube de la révolution industrielle, au début du XIXe siècle, lorsque les grandes capitales d'Europe occidentale se dotèrent progressivement de l'éclairage au gaz pour améliorer la salubrité et la sécurité urbaine. À Paris et Londres, notamment, s'étaient ainsi développé de vastes complexes industriels, auxquels leur fonctionnement compliqué et souvent dangereux avait rapidement valu une très mauvaise réputation. Au point que l'image forte de ces complexes industriels tentaculaires reste gravée dans la mémoire collective, au-delà de leur disparition, dès les années 1880, lorsque l'éclairage au gaz tomba en désuétude au profit de l'électricité.

Sources : wikipedia.org, www.lefigaro.fr et www.linternaute.fr

"Se mettre du couscous sous la botte".

Cette ignoble locution verbale raciste en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme vestimentaire est semble-t-il utilisée dans les milieux néofascistes français pour signifier : effectuer une ratonnade, brutaliser des Maghrébins.

Source : www.dico2rue.com

"La LOPPSI 2".

Cet acronyme désigne la Loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure.

Cette loi française qui concerne la gestion de la police et de la gendarmerie pour la période 2009-2013 a été nommée LOPPSI 2 en référence à la LOPSI de 2002 qui avait le même objet et porte presque le même nom mais sans le mot "performance", a été élaboré par les ministres de l'Intérieur UMP (Union pour un Mouvement Populaire) Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux.

Le texte concerne en particulier la lutte contre la criminalité générale, la récidive, la délinquance routière, la "cyber-pédopornographie" et l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs. Il donne également de nouveaux pouvoirs à la police et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée.

Le Conseil constitutionnel a invalidé, par sa décision du 10 mars 2011, 13 des 142 dispositions du texte adopté par le Parlement.

Source : wikipedia.org

Les mots "Boycott" et "Boycotter" ne sont pas des anglicismes !

Le britannique Charles Cunningham Boycott (1832-1897), à l'origine des mots "Boycott" ou "Boycottage" et du verbe "Boycotter"

Pas plus que le substantif masculin "Boycottage" (boï-ko-tage), synonyme de "Boycott" ou l'adjectif "Boycotté/ée/ées/és" (boï-ko-té").

"Boycotter" (boï-ko-té) un verbe désignant, selon le contexte, le fait de :

  • refuser collectivement :
    • d'acheter, de vendre ou d'utiliser un ou des produits,
    • de participer à une manifestation ou à une action publique (administrative, politique, sportive, etc), afin de l'empêcher de réussir,
  • ou cesser volontairent toute relation avec un individu, une collectivité (société, pays, etc.) ; refuser de l'accueillir ou de répondre à ses invitations ; lui interdire, par une mise en quarantaine collective, l'exercice de ses activités professionnelles, de ses échanges économiques.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, me semble-t-il, il ne s'agit nullement de mots anglais, mais de mots dérivant du nom du britannique Charles Cunningham Boycott, né le 12 mars 1832 et mort le 19 juin 1897.

D'abord capitaine de l'armée britannique, il devient, après sa démission, propriétaire terrien dans le comté de Mayo, en Irlande.

C'est dans ce comté que se passe l'événement qui rend son nom célèbre, puisque c'est contre lui qu'est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, même s'il n'est pas appelé "boycott" à l'époque.

John Crichton, troisième comte Erne possédait des terres qu'il faisait administrer par Charles Cunningham Boycott. Durant l'été 1879, à l'appel du dirigeant de la Ligue Agraire ("Land League") Charles Stewart Parnell et face à de mauvaises récoltes cette année-là, les fermiers se coordonnèrent afin d'obtenir du comte Erne une réduction de 25 % de leurs loyers sur la même période. Mais celui-ci refuse et envoie le capitaine Boycott expulser les mauvais payeurs. Boycott subit alors un blocus de leur part qui alla jusqu'à sacrifier leur récolte, les mercenaires moissonneurs, protégés par l'armée britannique, étant arrivés trop tard. Cette action très dure entraîna la ruine de Charles Cunningham Boycott, dont le patronyme est rapidement devenu un substantif et un verbe. Dès 1880 en France, année au cours de laquelle on le retouve dans les colonnes du journal Le Figaro.

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert