"Un affidé".

J'affectionne particulièrement cet adjectif désuet du registre soutenu, qui qualifie :

  • celui en qui on peut avoir une confiance totale en raison de son attachement personnel,

On dit par exemple : "La façon dont le président Mitterrand entretenait l'ensemble de ses nombreux réseaux lui a toujours garanti de pouvoir compter sur de nombreux affidés".

  • et, par extension, péjorativement, celui qui se prête en agent sûr aux mauvais coups d'un grand personnage auquel il est attaché.

On dit par exemple : "À mes yeux, le ministre de l'Intérieur n'est souvent - dans notre pays, sous la Cinquième République - qu'un affidé du président de la République".

Le terme remonte au Moyen Âge, puisque l'affidé était alors celui qui, sans pour autant être devenu son vassal, avait prêté à un seigneur le serment d'affidation pour en obtenir aide et assistance.

Source : www.cnrtl.fr

"Connétable".

Logo des sardines Connétable

Il s'agit du nom d'une marque française de conserves de poissons, appartenant à la conserverie Chancerelle.

Celle-ci, fondée en 1853 à Douarnenez (29) par Robert Chancerelle, est aujourd'hui la plus ancienne conserverie de sardines à l'huile au monde.

Les sardines et leur célèbre boîte rouge sont le produit phare de la marque Connétable.

Sardines Connétable

Une marque dont le nom fait référence au Connétable, grand officier de la Couronne, chef suprême de l'armée sous l'Ancien Régime.

Source : wikipedia.org

"Sous le sceau du secret" ou "Porter le sceau de quelque chose".

Ces deux locutions adverbiales du registre soutenu signifie :

  • "Sous le sceau du secret" : à condition d'en garder le secret, de ne le dire, de ne le révéler à personne.

On dit par exemple : "Le président a confié ses intentions à ses proches sous le seau du secret".

  • "Porter le sceau de quelque chose" : porter un signe manifeste qui authentifie ; une marque.

On dit par exemple : "Ce témoigne porte le sceau de la sincérité".

Elles font référence au mot "Sceau", qui désigne :

Un sceau

  • un grand cachet sur lequel sont gravées en creux la figure, les armes ou la marque symbolique d'un État, d'un souverain, d'une entité, d'un officier ministériel tel qu'un huissier ou d'un particulier et dont on applique l'empreinte sur des actes ou des objets pour les authentifier, les clore d'une manière inviolable ou pour marquer la propriété.
  • ou l'empreinte même de ce sceau, sur une matière malléable, généralement la cire.

Source : www.larousse.fr

"Dresser la table", "Être à table", "Mettre la table", "Passer à table" et "Se mettre à table".

Voilà bien une série de locutions verbales d'apparence très simples qui doivent pourtant parfois surprendre nos amis étrangers.

En voici les différentes significations :

Table dressée

  • "Dresser la table" ou Mettre la table" (langage courant) signifie : Dresser le couvert, mettre le couvert. C'est à dire disposer la nappe et les couverts sur la table où l'on s'apprête à manger.

Un banquet au Moyen Âge

Cette formule remonte au Moyen Âge, lorsque certains repas de fête ou banquets réunissaient de très nombreux convives. Posséder en nombre suffisant des tables telles que nous les connaissons de nos jours aurait été inutile. Aussi les "tables" n'étaient elles que des planches posées sur des tréteaux. "Dresser la table" ou "Mettre la table" signifiait alors que l'on déplaçait les planches et les tréteaux là où l'on désirait se restaurer.

Table en bois montée sur tréteaux

On dit par exemple : "Les enfants, vous viendrez mettre la table s'il vous plaît !".

  • "Être à table" (langage courant) signifie : Être en train de manger ; qu'il s'agisse du déjeuner ou du dîner.
  • "Passer à table" (langage courant) signifie : S'aprêter à manger ; qu'il s'agisse - là aussi - du déjeuner ou du dîner.

On dit par exemple : "Nous passsons à table généralement vers vingt heures".

On dit également (langage courant) : "Se mettre à table".

  • et "Se mettre à table" signifie :
    • dans le langage courant : S'aprêter à manger ; qu'il s'agisse - là aussi - du déjeuner ou du dîner.

On dit par exemple : "Tu peux me rappeler un peu plus tard, s'il te plaît, nous allions nous mettre à table".

On dit également (langage courant) : "Passer à table".

    • et dans le registre argotique, dans le vocabulaire et jargon de la police : "Passer aux aveux, avouer".

On dit par exemple : "Raymond le balafré va passer à table : le commissaire s'occupe de lui depuis trois heures".

Source : www.linternaute.fr

 

"Tomber aux oubliettes".

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré, : "Sombrer dans l’oubli, tomber dans l'oubli ; être progressivement oublié par toutes les personnes concernées par le sujet".

Elle nous vient en droite ligne du Moyen Âge, puisque les "Oubliettes" étaient alors :

  • des cachots souterrains dans lesquels on enfermait les condamnés à la prison perpétuelle.
  • et, par extension, des fosses dans lesquelles les seigneurs précipitaient ceux dont ils voulaient se débarrasser secrètement.

Source : wiktionary.org

"Fieffé"

Cet adjectif nous vient en droite ligne du Moyen Âge, puisqu'il signifie :

  • au sens propre "pourvu d'un fief",
  • et au sens figuré "possédant au plus haut degré un défaut, un vice".

C'est naturellement dans cette seconde acception qu'il peut ma'arriver de l'utiliser occasionnellement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Vous êtes un fieffé menteur !".

"Un fief".

Ce mot signifie :

  • au sens propre, au Moyen Âge, un domaine concédé par le seigneur à son vassal (le feudataire), en contrepartie de certains services.

Il s'agit de l'institution fondamentale de la féodalité, qui en tire du reste son nom !

  • et, de nos jours, au sens figuré, un domaine ou un territoire sur lequel quelqu'un règne en maître, dirige.

On parle par exemple de "Fief électoral" pour Jacques Chirac en Corrèze (19) ou François Mitterrand dans la Nièvre (58)

"Après lui, on peut tirer l'échelle" ou "Après cela, il faut tirer l'échelle".

Cette expression du registre familier signifie de nos jours, au sens figuré, :

  • il a si bien fait quelque chose que nul ne pourra faire mieux,
  • ou cela est tellement imprévu, déconcertant, surprenant qu'on ne peut rien imaginer au-delà.

Mais l'origine de cette expression remonte au Moyen Âge, où lorsque l'on exécutaient plusieurs condamnés par pendaison, on pendait toujours celui jugé le plus coupable en dernier lieu.

Avant de pouvoir tirer l'échelle qui avait permis aux condamnés de monter au gibet, cette structure, généralement en bois, utilisée pour les exécutions par pendaison.

Source : wikipedia.org

"Jeux de mains, jeux de vilains".

Ce proverbe, généralement employé à l'encontre des enfants turbulents et bagarreurs, trouve son origine au Moyen Âge, où il était alors utilisé en référence aux "vilains" - personnes de basse condition, et de manière plus générale paysans -, dont les disputes ou querelles se finissaient souvent en véritables bagarres.

Les vilains avaient en effet coutume d'échanger, par taquinerie, des coups légers, mais qui pouvaient aisément dégénérer en combats ; lesquels s'effectuaient alors à mains nues, les armes étant alors l'apanage des nobles.

Le mépris social initialement attaché à ce proverbe s’est effacé avec le temps et il signifie simplement de nos jours qu'il n'est pas beau de se battre et que les bagarres sont le propre des voyous.

Source : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.pierrefeuilleciseaux.fr

"Un redresseur de torts".

Cette locution nominale désigne :

  • autrefois, un chevalier errant se faisant un devoir de secourir et de venger les victimes de l’injustice ou de la violence (registre désuet),
  • et de nos jours, de façon ironique, dans le registre familier : un individu prétendant réparer les injustices ; ayant la manie de vouloir réformer, corriger les autres.

On dit par exemple : "En rédigeant J'aime les mots, dans lequel je m'efforce de combattre l'utilisation des anglicismes ou la dégénerescence de notre niveau de langue, je sais bien que l'on risque de traiter de redresseur de torts" !

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org