"Inconnu au bataillon" ou "Être inconnu au bataillon".

Le pourquoi du comment de l'expression "Inconnu au bataillon"

Cette locution adjectivale et cette locution verbale appartiennent au registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Inconnu au bataillon" :
    • ne figurant pas dans une liste, un répertoire, ou tout simplement dans les connaissances de quelqu’un.

On dit par exemple : "Patron, on me demande si vous auriez eu un employé du nom de Robert Dumas... Cela vous dit quelque chose ?". "Pas du tout : inconnu au bataillon !".

    • et par extension : complètement, parfaitement, totalement inconnu.

On dit par exemple : "J'ai un ami qui parcourt le monde et visite de minuscules pays inconnus au bataillon".

  • et "Être inconnu au bataillon" : être un illustre inconnu ; quelqu'un que l'on n'a jamais vu et dont l'on n'a jamais entendu parler.

On dit par exemple : "J'ai voulu effectuer des recherches pour savoir qui était la personne qui a donné son nom à ma rue mais je n'ai curieusement rien trouvé : il semble être inconnu au bataillon !"

Il s'agit de formules directement issues du jargon militaire, puisque le substantif masculin "Bataillon" désigne une troupe et, de nos jours, un corps d'infanterie composé de plusieurs compagnies.

Et que l'expression "Inconnu au régiment" est utilisée lors de l'appel militaire, lors duquel elle constitue la réponse réglementaire faite à l'appel d'un nom inconnu, non identifié. "Inconnu au bataillon !" signifie : impossible à identifier, à retrouver, ou sans papiers d'identité.

Sources : www.defense.gouv.fr et Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey, Nathan, 2011

"Arriver après la bataille".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme militaire signifie, au sens figuré : arriver trop tard, être en retard.

On dit par exemple : "Vous arrivez après la bataille, nous avons tout nettoyé..."

Ou : "Dépêche-toi donc, tu vas arriver après la bataille".

On dit également : "Arriver comme les carabiniers" ou "Arriver comme les carabiniers d'Offenbach".

Ou : "Arriver à la fumée des cierges".

Source : wiktionary.org

"Arriver comme les carabiniers" ou "Arriver comme les carabiniers d'Offenbach".

Cette locution verbale signifie : arriver trop tard, être en retard.

On dit par exemple : "Vous arrivez comme les carabiniers : tout est fini depuis plus de deux heures, les amis !".

Ou : "Tu vas arriver comme les carabiniers d'Offenbach si tu ne te dépêches pas".

On dit également : "Arriver après la bataille" ou "Arriver à la fumée des cierges".

Cette expression fait référence aux carabiniers de l'opéra bouffe 'Les Brigands', écrit en 1869 par Henri Meilhac et Ludovic Halévy, sur une musique de Jacques Offenbach, dans lequel on peut entendre (acte 1, scène 11) le choeur des carabiniers déclamer :

"Nous sommes les carabiniers,
La sécurité des foyers ;
Mais, par un malheureux hasard,
Au secours des particuliers
Nous arrivons toujours trop tard".

Source : wiktionary.org

"En terrain conquis".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme militaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : comme si l'on était chez sois, sans aucun ménagement, sans tenir compte des autres.

On dit par exemple : "Surtout, lorsque vous serez chez vos correspondants, n'agissez pas comme en terrain conquis".

Ou : "Certains touristes se comportent comme en terrain conquis".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Avoir le petit doigt sur la couture du pantalon", "Avoir le doigt sur la couture du pantalon" ou" Avoir le doigt sur la couture".

"Le petit doigt sur la couture du pantalon" ou "Le doigt sur la couture"

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotisme corporel, d'idiotisme textile et d'idiotisme militaire signifient, au sens figuré : obéir sans discuter, être respectueusement soumis à une autorité que l'on craint un peu.

On dit par exemple : "On a vu le Premier Ministre, nous expliquer le doigt sur la couture, avec quelle efficacité le chef de l'État s'était investi dans cette lutte contre la pandémie".

Ou : "Comme souvent, les députés de la majorité ont le petit doigt sur la couture du pantalon lorsqu'ils commentent les propos du gouvernement".

Ces formules font naturellement référence au "garde-à-vous" dans l'armée, une position dans laquelle on doit se tenir debout, droit, les talons joints, la tête haute, immobile, les bras serrés le long du corps et les doigts touchant la couture du pantalon. Et qui est un signe de respect, d'obéissance et de soumission à l'autorité.

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"De guerre lasse".

Cette locution adverbiale du langage courant signifie, au sens figuré : en abandonnant car fatigué par trop de combats ; par lassitude, après une longue résistance.

On dit par exemple : "De guerre lasse, j'ai renoncé à essayer de maigrir".

Ou : "De guerre lasse, mon père m'a rendu mon téléphone portable multifonction après seulement 24 heures, au lieu de 72".

Le féminin singulier de l’adjectif "Lasse" est probablement une persistance de l’ancienne prononciation de "Las".

Sources : wiktionary.org et Le Robert

"Prendre ses quartiers", "Prendre ses quartiers d'été" ou "Prendre ses quartiers d'hiver".

Ces différentes locutions verbales relèvent du registre militaire.

Et elles signifient :

  • "Prendre ses quartiers" : s'installer à demeure quelque part (registre désuet).

On dit par exemple : "Sitôt arrivé à la caserne, le nouveau lieutenant a pris ses quartiers".

  • "Prendre ses quartiers d'été" ou "Prendre ses quartiers d'hiver" :
    • au sens propre : s'établir dans un casernement (ou cantonnement) propre à passer l'été ou à hiverner, pour un militaire.
    • et par extension : s'installer là où l'on va passer la saison estivale ou la saison hivernale.

On dit par exemple : "Ma grand-mère a pris ses quartiers d'été à Biarritz (64)".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"L'intendance suivra".

Charles de Gaulle : "L'intendance suivra"

Cette formule est couramment employée pour signifier que les moyens devront s'adapter, coûte que coûte, à la décision du commandement. Et cela qu'il s'agisse du domaine militaire (sens propre) ou du domaine économique (sens figuré).

Elle est fréquemment attribuée au général de Gaulle. Et serait une réplique historique à l'un de ses officiers qui s'inquiétait des contraintes pratiques de sa stratégie.

Il s'agit cependant d'une citation apocryphe, le général lui-même ayant nié avoir prononcé cette phrase, et même l'avoir pensé.

"L’intendance" (ellipse lexicale de "l'intendance militaire") était le nom d'un service de l'armée de terre métropolitaine française, actif entre 1817 et 1983, chargé de l'administration générale de cette armée. Il existait aussi, jusqu'en 1969, un "service de l'intendance coloniale", ou "intendance des troupes de marine".

Source : wikipedia.org

"Baisser pavillon".

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre, dans le domaine de la marine et dans le domaine militaire : baisser le pavillon d'un navire, afin d'annoncer à son adversaire que l'on se rend.

Cette expression est née dans la marine à voile au XVIIe siècle, le substantif masculin "Pavillon" désignant le drapeau se trouvant sur un bateau (généralement à l’arrière), dont les couleurs indiquent la nationalité du bâtiment.

Lorsqu’un bateau était engagé dans un combat et que ce dernier mettait pavillon bas, c’est-à-dire descendait le drapeau de son mât, c’était pour signaler qu’il se rendait et cessait de combattre.

La locution exacte couramment utilisée dans la Marine est cependant "Amener pavillon" et non "Baisser pavillon".

  • et par extension, au sens figuré, dans le registre familier : s'avouer vaincu, abandonner, céder, renoncer, abdiquer ; se reconnaître inférieur à la personne à qui l'on se trouve comparé, avec qui l'on est en concurrence, en conflit.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.defense.gouv.fr

"Marche ou crève".

Cette expression du registre argotique est emprunté au langage militaire et s'utilise, au sens figuré :

  • pour évoquer une discipline de fer et brutale.

On dit par exemple : "La société dans laquelle je travaillais avant ne faisait pas de cadeau : c'était vraiment Marche ou crève !".

  • ou : pour qualifier une situation dans laquelle il n'est plus possible de reculer et où l'on doit avancer coûte que coûte pour réussir ("marcher"), au risque de tout perdre ("crever").

On dit par exemple : "Nous sommes trop avancés dans ce projet pour faire machine arrière ; c'est désormais Marche ou crève !".

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org ou www.languefrancaise.net

"Reprendre du service".

Cette locution nominale du langage courant, en forme d'idiotisme militaire, signifie :

  • au sens propre : se réengager au sein de l'armée pour une nouvelle période,
  • et au sens figuré :
    • retrouver son emploi, sa fonction, ou son usage, en parlant d'une personne,

On dit par exemple : "Durant le confinement de mars-avril 2020, de nombreux médecins, infirmiers et aides-soignants, ont­ ­accepté de reprendre du service pour compenser les personnels absents, en isolation ou malades".

    • ou, plus rarement, d'un objet.

On dit par exemple : "Il paraît que votre épouse attend un heureux événement et que la poussette et le siège auto vont bientôt reprendre du service".

Source : wiktionary.org

"En butte (à quelque chose)" ou "Être en butte (à quelque chose)".

Cette locution nominale du langage courant semble remonter aux alentours du XVIe siècle.

Et elle signifie, au sens figuré : exposé (à quelque chose) ou être exposé (à quelque chose).

On dit par exemple : "En butte à de violentes attaques, il devait  réagir rapidement".

Ou : "Être en but à une forte discrimination".

Il s'agit étonnamment d'une expression d'origine militaire.

  • "Une butte" est en effet une légère élévation de terrain, naturelle ou artificielle colline ou tertre.

Un butte, légère élévation de terrain, naturelle ou artificielle

Et comme l'on y plaçait autrefois les cibles lors des exercices de tir à l'arquebuse, s'y trouver revenait donc à s'exposer au danger.Un arquebusier en position de tir

  • Aujourd'hui encore, les militaires parlent de "Butte de tir" pour désigner la petite élévation de terre ou de maçonnerie à laquelle est fixée ou adossée la cible destinée aux exercices de tir.

Une butte de tirUne butte de tir

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l'expression - elle aussi d'origine militaire - "De but en blanc".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr