Pourquoi dire : "Les professionnels de santé seront en capacité de pouvoir se procurer des masques" !

Comme l'a déclaré Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, le 18 mars 2020, lors de sa conférence de presse quotidienne à propos de la pandémie de maladie à coronavirus 2019.

Et pas : "Les professionnels de santé POURRONT se procurer des masques" !

Satanée novlangue !

On ne dit pas : "Être en capacité à réunir" !

Le journaliste français Pierre Jacquemain

Comme l'a déclaré le journaliste français Pierre Jacquemain, le 15 mars 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu franceinfo.

Mais : "Être CAPABLE DE réunir" voire, bien plus simplement, "POUVOIR réunir" !

Pour cette phrase invraisemblable et inadmissible dans la bouche d'un professionnel du verbe, je lui décerne, sans hésiter, mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

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On ne dit pas : "Il n'y a pas de souci" ou "Pas de souci", pas plus que "Il n'y a pas de soucis" ou "Pas de soucis" !

Le problème n'est pas de savoir s'il faut ou non mettre un "s" final au mot "souci"... car un "souci" est une "préoccupation inquiétante", pas une "difficulté" ni un "problème".

On doit donc dire : "Aucun problème", "Très bien", "C'est entendu", "Pas d'objection", "Cela ne pose pas de difficulté" ou "Ne vous inquiétez pas".

On dit par exemple :

  • "Je vais avoir trente minutes de retard".

"Aucun problème".

  • Je ne viendrai pas ce samedi, mais seulement le suivant si cela ne te dérange pas".

"Très bien".

  • "Je viendrai avec ma cousine si tu le veux bien.

"C'est entendu".

  • "Je peux emprunter ton ordinateur quelques minutes ?".

"Pas d'objection".

  • "Je ne vais pas pouvoir te rembourser ce mois ci mais seulement le mois prochain".

"Cela ne pose pas de difficulté".

  • "Je crains de ne pas pouvoir venir vous ramener votre appareil avant deux semaines".

"Ne vous inquiétez pas".

Source : www.academie-francaise.fr

On ne dit pas : "C'qui pose question" !

Comme l'a déclaré le magistrat français, vice-président de l'association Anticor, Éric Halt, le 16 décembre 2019, dans l'émission "Tonight Bruce Infos" sur la chaîne télévisée française BFM TV.

Mais : "CE qui AMÈNE À S'INTERROGER" !

Sur le même thème, je vous recommande également la lecture de mes articles "On ne dit pas "Poser problème" ni "Poser question" et "On ne dit pas : "Faire problème" ni "Faire sens" !".

Ne dites pas : "Au final" !

Mais, selon le contexte : "Finalement", "Pour finir", "En dernier lieu", "En dernier ressort", "En dernière analyse", "En fin de compte", "À la fin", "Au bout du compte" ou "En définitive" !

Par exemple :

  • "Finalement, je ne suis pas plus avancé qu'hier", plutôt que : "Au final, je ne suis pas plus avancé qu'hier",
  • "Pour finir, il a préféré s’en aller", plutôt que : "Au final, il a préféré s’en aller",
  • "En dernier lieu, je dirai que", plutôt que : "Au final, je dirai que",
  • "En dernier ressort, que ferais-tu ?", plutôt que : "Au final, que ferais-tu ?",
  • "En dernière analyse, je pense que vous serez d'accord avec moi", plutôt que : "Au final, je pense que vous serez d'accord avec moi",
  • "En fin de compte, tu n'es pas plus heureuse à présent", plutôt que : "Au final, tu n'es pas plus heureuse à présent",
  • "À la fin, elle a compris que j'avais raison", plutôt que : "Au final, elle a compris que j'avais raison",
  • "Au bout du compte, on ne sait pas qui a gagné", plutôt que : "Au final, on ne sait pas qui a gagné",
  • ou "En définitive, je ne sais plus qui croire", plutôt que : "Au final, je ne sais plus qui croire".

Le récent tic de langage "Au final" est en effet une construction grammaticalement fautive, faisant de l'adjectif "Final" un substantif".

Et qui n'a absolument aucune justification tant il existe de formules alternatives parfaitement correctes.

Or elle se répand chaque jour davantage, ce qui a, je le confesse, positivement le don de m'exaspérer.

Sources : www.lemonde.fr et www.academie-francaise.fr

On ne dit pas : "Bon courage à toi", "Bon courage à vous", "Bonne journée à toi", "Bonne journée à vous", "Bonne soirée à toi", "Bonne soirée à vous", "Merci à toi" ou "Merci à vous" !

Mais, bien plus simplement : "Bon courage", "Bonne journée", "Bonne soirée" ou "Merci" !

Je ne supporte plus cette nouvelle façon qu'ont de plus en plus de personnes d'accoler systématiquement un "À toi" ou un "À vous" parfaitement inutiles (on se doute bien que ce n'est pas destiné à la voisine, pas plus qu'au facteur) à la fin de la plupart de leurs formules de politesse ou de compassion.

On ne dit pas "Avec plaisir" et encore moins "C'est mon plaisir" en réponse à un remerciement !

Mais : "De rien" (registre familier), "Il n’y a pas de quoi" ou "Cela m’a fait plaisir" (langage courant), voire - idéalement - "Je vous en prie" ou "Ce fut un plaisir" (registre soutenu).

  • "Avec plaisir" ne peut se dire - par ellipse - qu'après une proposition à laquelle on agrée, que l'on accueille de manière favorable.

Par exemple : "Veux-tu aller au cinéma" ? "Avec plaisir" (par ellipse de "Oui, j'irai avec plaisir")

Ou : "Vous pouvez venir également". "Avec plaisir" (par ellipse de "Oui, je viendrai avec plaisir")

Mais, tous tous les cas, la formule "Bien volontiers" - fonctionnant également par ellipse est bien davantage préférable !

  • Et "C'est mon plaisir" ne se dit jamais en français.

On dit seulement "J'ai plaisir à (X)" ou même "J'ai grand plaisir à (X)".

Je n'en peux vraiment plus d'entendre désormais ce "Avec plaisir" à longueur de journée.

J'ai par exemple récemment remercié une personne pour le travail bénévole qu'elle avait effectué au sein d'une association. Et ladite personne m'a répondu "Avec plaisir" !

Pourquoi dire : "La sérendipité" ?

Et pas : "La fortuité" !

Le mot "Sérendipité", de plus en plus utilisé ces dernières années, est en effet un simple décalque de l'anglais "Serendipity" signifiant "Don de faire par hasard des découvertes fructueuses".

Ce mot a été créé en 1754 par Horace Walpole, qui l'avait tiré d’un conte oriental, "Les Trois Princes de Serendip" ; "Serendip" (ou "Serendib") étant une ancienne transcription anglaise du mot arabe désignant le "Sri Lanka" ("Ceylan" jusqu'en 1972) !

Concrètement, la fortuité est la conjonction :

  • du hasard heureux qui permet au chercheur de faire une découverte inattendue d'importance ou d'un intérêt supérieur à l'objet de sa recherche initiale,
  • et de l'aptitude de ce même chercheur à saisir et à exploiter cette "chance".

On emploie fréquemment ce terme dans le monde scientifique pour désigner une forme de disponibilité intellectuelle, permettant de tirer de riches enseignements d’une trouvaille inopinée ou d’une erreur.

Ainsi d’un brillant mais négligent chercheur anglais, Alexander Fleming, qui avait la réputation d’oublier régulièrement ses boîtes à culture, et qui, rentrant de vacances, eut la surprise de découvrir dans l’une d’elles qu’une forme de moisissure avait empêché le développement des bactéries : la pénicilline.

Ou de ce berger inconnu qui, ayant oublié un fromage dans une grotte, découvrit... le Roquefort.

Sources : www.academie-francaise.fr et wikipedia.org

On ne dit pas : "Être sur Paris" ni "Travailler sur Paris" ou quelque autre lieu que ce soit. !

Vue aérienne de Paris

Mais : "Être À paris" et "Travailler À Paris" !

Il s'agit là d'une tournure fautive, malheureusement de plus en plus utilisée.

La préposition "Sur" signifiant en effet "Au-dessus", seuls les nuages, les satellites, les insectes volants, les chauve-souris ou les oiseaux peuvent être "sur Paris".

Ou les avions de ligne et avions militaires circulant à plus de 2 000 mètres, puisque le survol de notre capitale est interdit depuis 1948 à tous les aéronefs, en dehors de ces deux exceptions.

 

 

Ne dites plus : "C'est juste énorme !".

Mais : "C'est tout simplement incroyable" !

Je ne supporte plus d'entendre cette formule stupide et anglo-saxonne ("It is just X") utilisée à tout bout de champ.