"Ou pas ?".

J'abomine cette formule à la mode depuis quelques années, que de nombreuses personnes utilisent désormais très régulièrement pour ponctuer certaines de leurs phrases.

Surtout, j'abhorre l'usage horripilant qu'en font les humoristes français, qui truffent littéralement leur sketchs de "D'accord ou pas ?", J'ai raison ou pas ou de "Vrai ou pas ?"...

Pourquoi dire : "On s'entend trop bien : on est comme un pur team de stand-up" !

Et pas : "Nous nous entendons à merveille : nous formons un véritable duo comique" !

Je n'en peux plus de ces formules stupides et de ces anglicismes.

Pourquoi dire : "Être en mode vacances" ou "Passer en mode sieste" ?

Et pas, tout simplement : "Être en vacances" !

Une jeune femme en tenue estivale, sur des rochers, en bord de mer, "en mode vacances"

Et "ALLER FAIRE LA sieste" !

Un homme faisant la sieste sur une chaise longue dans son jardin

Cette formule, aussi "à la mode" soit-elle - puisque tout le monde est en effet désormais "en mode quelque chose" à longueur de temps ! - n'en est pas moins, à mon sens, parfaitement exaspérante et ridicule.

Excepté dans le domaine musical, où l'on peut en effet "Être en mode majeur" ou "Être en mode mineur", l'expression "Être en mode… " ou "Passer en mode…" n'a en effet jamais existé dans notre langue.

Et n'est bien sûr - comme souvent - qu'un stupide calque de l'anglais "To be in… mode" ou "To get into… mode".

Pourquoi dire : "Les professionnels de santé seront en capacité de pouvoir se procurer des masques" !

Comme l'a déclaré Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, le 18 mars 2020, lors de sa conférence de presse quotidienne à propos de la pandémie de maladie à coronavirus 2019.

Et pas : "Les professionnels de santé POURRONT se procurer des masques" !

Satanée novlangue !

On ne dit pas : "Être en capacité à réunir" !

Le journaliste français Pierre Jacquemain

Comme l'a déclaré le journaliste français Pierre Jacquemain, le 15 mars 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu franceinfo.

Mais : "Être CAPABLE DE réunir" voire, bien plus simplement, "POUVOIR réunir" !

Pour cette phrase invraisemblable et inadmissible dans la bouche d'un professionnel du verbe, je lui décerne, sans hésiter, mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

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On ne dit pas : "Il n'y a pas de souci" ou "Pas de souci", pas plus que "Il n'y a pas de soucis" ou "Pas de soucis" !

Le problème n'est pas de savoir s'il faut ou non mettre un "s" final au mot "souci"... car un "souci" est une "préoccupation inquiétante", pas une "difficulté" ni un "problème".

On doit donc dire : "Aucun problème", "Très bien", "C'est entendu", "Pas d'objection", "Cela ne pose pas de difficulté" ou "Ne vous inquiétez pas".

On dit par exemple :

  • "Je vais avoir trente minutes de retard".

"Aucun problème".

  • Je ne viendrai pas ce samedi, mais seulement le suivant si cela ne te dérange pas".

"Très bien".

  • "Je viendrai avec ma cousine si tu le veux bien.

"C'est entendu".

  • "Je peux emprunter ton ordinateur quelques minutes ?".

"Pas d'objection".

  • "Je ne vais pas pouvoir te rembourser ce mois ci mais seulement le mois prochain".

"Cela ne pose pas de difficulté".

  • "Je crains de ne pas pouvoir venir vous ramener votre appareil avant deux semaines".

"Ne vous inquiétez pas".

Source : www.academie-francaise.fr

On ne dit pas : "C'qui pose question" !

Comme l'a déclaré le magistrat français, vice-président de l'association Anticor, Éric Halt, le 16 décembre 2019, dans l'émission "Tonight Bruce Infos" sur la chaîne télévisée française BFM TV.

Mais : "CE qui AMÈNE À S'INTERROGER" !

Sur le même thème, je vous recommande également la lecture de mes articles "On ne dit pas "Poser problème" ni "Poser question" et "On ne dit pas : "Faire problème" ni "Faire sens" !".

Ne dites pas : "Au final" !

Mais, selon le contexte : "Finalement", "Pour finir", "En dernier lieu", "En dernier ressort", "En dernière analyse", "En fin de compte", "À la fin", "Au bout du compte" ou "En définitive" !

Par exemple :

  • "Finalement, je ne suis pas plus avancé qu'hier", plutôt que : "Au final, je ne suis pas plus avancé qu'hier",
  • "Pour finir, il a préféré s’en aller", plutôt que : "Au final, il a préféré s’en aller",
  • "En dernier lieu, je dirai que", plutôt que : "Au final, je dirai que",
  • "En dernier ressort, que ferais-tu ?", plutôt que : "Au final, que ferais-tu ?",
  • "En dernière analyse, je pense que vous serez d'accord avec moi", plutôt que : "Au final, je pense que vous serez d'accord avec moi",
  • "En fin de compte, tu n'es pas plus heureuse à présent", plutôt que : "Au final, tu n'es pas plus heureuse à présent",
  • "À la fin, elle a compris que j'avais raison", plutôt que : "Au final, elle a compris que j'avais raison",
  • "Au bout du compte, on ne sait pas qui a gagné", plutôt que : "Au final, on ne sait pas qui a gagné",
  • ou "En définitive, je ne sais plus qui croire", plutôt que : "Au final, je ne sais plus qui croire".

Le récent tic de langage "Au final" est en effet une construction grammaticalement fautive, faisant de l'adjectif "Final" un substantif".

Et qui n'a absolument aucune justification tant il existe de formules alternatives parfaitement correctes.

Or elle se répand chaque jour davantage, ce qui a, je le confesse, positivement le don de m'exaspérer.

Sources : www.lemonde.fr et www.academie-francaise.fr

On ne dit pas : "Bon courage à toi", "Bon courage à vous", "Bonne journée à toi", "Bonne journée à vous", "Bonne soirée à toi", "Bonne soirée à vous", "Merci à toi" ou "Merci à vous" !

Mais, bien plus simplement : "Bon courage", "Bonne journée", "Bonne soirée" ou "Merci" !

Je ne supporte plus cette nouvelle façon qu'ont de plus en plus de personnes d'accoler systématiquement un "À toi" ou un "À vous" parfaitement inutiles (on se doute bien que ce n'est pas destiné à la voisine, pas plus qu'au facteur) à la fin de la plupart de leurs formules de politesse ou de compassion.

On ne dit pas "Avec plaisir" et encore moins "C'est mon plaisir" en réponse à un remerciement !

Mais : "De rien" (registre familier), "Il n’y a pas de quoi" ou "Cela m’a fait plaisir" (langage courant), voire - idéalement - "Je vous en prie" ou "Ce fut un plaisir" (registre soutenu).

  • "Avec plaisir" ne peut se dire - par ellipse - qu'après une proposition à laquelle on agrée, que l'on accueille de manière favorable.

Par exemple : "Veux-tu aller au cinéma" ? "Avec plaisir" (par ellipse de "Oui, j'irai avec plaisir")

Ou : "Vous pouvez venir également". "Avec plaisir" (par ellipse de "Oui, je viendrai avec plaisir")

Mais, tous tous les cas, la formule "Bien volontiers" - fonctionnant également par ellipse est bien davantage préférable !

  • Et "C'est mon plaisir" ne se dit jamais en français.

On dit seulement "J'ai plaisir à (X)" ou même "J'ai grand plaisir à (X)".

Je n'en peux vraiment plus d'entendre désormais ce "Avec plaisir" à longueur de journée.

J'ai par exemple récemment remercié une personne pour le travail bénévole qu'elle avait effectué au sein d'une association. Et ladite personne m'a répondu "Avec plaisir" !