"Boiter" et "Boîter"

  • Le verbe "Boiter" (avec un "i") signifie : claudiquer, marcher en inclinant le corps d'un côté plus que de l'autre, ou alternativement de l'un et de l'autre.

On dit par exemple : "Depuis que je suis tombé, je boite un peu".

  • Et le verbe "Boîter" (avec un "î") n'existe pas officiellement.

Mais il est cependant utilisé par les militants politiques, dans le registre familier et en tant que néologisme, pour signifier : distribuer en boîtes à lettres (des tracts, des professions de foi).

On dit par exemple : "Je boîte dans ton quartier demain".

Ou : "Tu pourrais nous aider pour le boîtage de demain ?".

"Un héméronyme" ou "Un désignant événementiel".

"Un héméronyme" est un substantif masculin et un néologisme désignant des dates constituant des noms d'événements.

Les chercheurs utilisent également la locution nominale masculine "désignants évènementiels".

Quelques exemples d'héméronymes parmi les plus célèbres : le 18 Brumaire (1799), le 4 septembre (1870), le 11 novembre (1918), le 18 juin (1940), le 8 mai (1945), le 10 mai (1981), le 11-Septembre (2001) ou le 21 avril (2002).

Les héméronymes sont un type particulier de "chrononymes".

Source : wikipedia.org

"La glottophobie" ou "La discrimination linguistique".

Cet affreux néologisme, créé en 2008 par le sociolinguiste français Philippe Blanchet, désigne une forme de discrimination basée sur le langage, certaines langues, ou certains accents régionaux.

Ainsi, lorsque l'on sous-titre un locuteur africain s’exprimant pourtant dans un français très clair (comme dans "Le Petit journal Spécial Burkina Faso" du 21 septembre 2015, sur la chaîne de télévision française Canal +) ou lorsque l'on prononce de travers et de façon intentionnelle le prénom d’une personne d’origine étrangère.

Sources : wiktionary.org et blog.assimil.com

"Un néologisme".

Ce mot désigne :

  • un mot nouveau ou apparu récemment dans une langue,
  • ou un sens nouveau attribué à un mot existant.

Le mot en question peut être un nom commun, un adjectif ou même une expression.

Et le phénomène de création de nouveaux mots communs est appelé, de manière générale, "Néologie".

Les linguistes distinguent :

  • le néologisme de forme qui est un mot nouveau au sens où il n'existait pas, un mot forgé : par exemple, en informatique, le mot-valise "Courriel",
  • et le néologisme de sens, également appelé "néosémie", qui est l'emploi d'un mot existant dans le lexique d'une langue dans un sens nouveau.

Par exemple, lorsque le mot "Virus" passe d'un emploi en biologie à un emploi en informatique.

À côté de ces néologismes traditionnels, la plus grande partie des néologismes est constituée de néologismes déposés propres, appelés "marques".

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Phubbing" ?

Et pas : "Télésnober" !

Ce terme désigne en effet l'acte - parfaitement insupportable à mes yeux ! - d'ignorer des personnes physiquement présentes face à vous, en consultant son téléphone portable plutôt que de communiquer avec elles.

Construit sur le modèle du mot-valise anglais "phubbing", formé à partir des mots "Phone" (téléphone) et "snubbing" (snober, repousser), ce néologisme résulte au moins de la fusion des mots français "Téléphone" et "snober".

"Podotactile"

"Surface podotactile" ou "Bande d'éveil de vigilance" pour les déficients visuels, dans le métro marseillais (13)

Ce néologisme encore peu connu, je crois, est un adjectif qualifiant les surfaces présentant une texture que les piétons atteints d'une déficience visuelle peuvent reconnaître au toucher par les pieds, mais également à l'aide de leur canne blanche.

On recouvre le sol de certains lieux publics de ces "surfaces podotactiles", afin de signaler un danger à ces personnes.

Par exemple : un obstacle, un arrêt de bus, l'entrée dans une zone à risque (passages piétons, ou bords des quais de voies ferrées), un changement de niveau (trottoir, marches d'escalier), etc.

On parle également de "Bande d'éveil de vigilance".

Pourquoi dire : "Un smombie" ?

Et pas - à tout le moins - : "Un TÉLÉZOMBIE".

Il s'agit en effet de désigner un piéton ayant les yeux rivés à son téléphone mobile au point de négliger son environnement immédiat et ne plus avoir l'attention requise pour sa propre sécurité et celle des autres.

Construit sur le modèle du mot-valise anglais "SMOMBIE", formé à partir des mots "SMartphone" (téléphone intelligent) et "zOMBIE", le néologisme "TÉLÉZOMBIE" résulte de la fusion des mots "TÉLÉphone" et "ZOMBIE".

"Pizzly" et "Grolar".

Un grolar ou pizzly

Il s'agit de deux mots-valises anglo-saxons.

Et dans les deux cas, il s'agit d'ours hybrides, nés de l'union d'un ours blanc et d'un grizzly :

  • mais tandis que le PIZZLY (Polar bear-grIZZLY) est issu d'un papa ours blanc et d'une maman grizzly,
  • le GROLAR (GRizzly-pOLAR bear) est issu d'un papa grizzly et d'une maman ours blanc.

Petit moyen mnémotechnique pour vous souvenir de la différence : la première partie de ce type de mots-valises correspond toujours au nom du mâle :

  • "PIZZLY" commence par "P", donc le papa est un ours blanc (Polar bear). Et la maman, par voie de conséquence, une grizzly.
  • "GROLAR" commence par "GR", donc le papa est un Grizzly. Et la maman, par voie de conséquence, une ourse blanche.

Est-il utile de préciser la raison pour laquelle la première appellation ("Pizzly") est davantage utilisée en France ?

Oui, sans doute, pour nos amis apprenants de FLE : c'est tout bonnement en raison de l'homophonie entre le mot-valise anglo-saxon "Grolar" et la locution française "Gros lard" qui désigne familièrement et péjorativement un obèse, une personne de forte corpulence ou en surpoids !

"Un cochonglier", "Un sanglichon" ou "Un sanglochon".

Un cochonglier, sanglichon ou sanglochon

Ce mot-valise  désigne une espèce hybride, résultant de l'accouplement d'un sanglier et d'une truie ou d'un cochon domestique et d'une laie.

Dans les trois cas, il s'agit naturellement d'animaux hybrides, nés de l'union d'un cochon domestique et d'un sanglier :

  • mais tandis que le COCHONGLIER (COCHON sanGLIER) est  issu d'un papa cochon et d'une maman laie,
  • le SANGLICHON (SANGLIer coCHON) ou SANGLOCHON (SANGLier cOCHON) est issu d'un papa sanglier et d'une maman truie.

Un cochonglier, sanglichon ou sanglochon

Petit moyen mnémotechnique pour vous souvenir de la différence : la première partie de ce type de mots-valises correspond toujours au nom du mâle :

  • "COCHONGLIER" commence par "COCHON", donc le papa est un... cochon (Bravo à ceux qui ont trouvé tout seuls ! Du moins s'ils ont moins de 6 ans...). Et la maman, par voie de conséquence, une laie.
  • "SANGLICHON" ou "SANGLOCHON" commence par "SANGL", donc le papa est un... sanglier. Et la maman, par voie de conséquence, une truie.

Nota Bene : Il existe aussi le POIGLIER (POIsson sanGLIER)... mais c'est une toute autre histoire !

"Le meilleur site pour shopper".

Sacs de courses réutilisable Monoprix "Meilleur site pour shopper"

J'aime bien cette formule à double sens, qui figure sur les sacs réutilisables vendus dans les supermarchés de la chaîne Monoprix.

Et ce en dépit de la création du néologisme "Shopper", qui fait naturellement référence au faux anglicisme "Shopping" ("Faire des courses"), car - pour une fois - c'est pour une bonne cause.

Et à défaut de tuer pour un bon mot, au moins peut-on occasionnellement recourir à un néologisme douteux fondé sur un faux anglicisme.

Double sens du slogan
Il résulte de lhomophonie entre le verbe « Shopper » et le  verbe « Choper » (« Embrasser avec la langue » dans le langage « Djeun’s ») (registre familier).

J'ai également aimé les sacs "Avec ce sac vous allez remporter toutes les courses", "Ce sac se porte bien, et vous ?", "J'adore les courses en sacs", "Pour faire le beau devant la glace", "Un sac pour deux mains et après demain" et "Votre vie n'a jamais été aussi bien remplie".

"Un piou-piou" ou "Un pioupiou".

Ce mot construit du registre familier, construit à partir de l'onomatopée du cri du jeune poussin peut désigner, selon le contexte :

  • un oiseau,
  • un jeune fantassin. Il s'agit d'un néologisme dû à Antoine-François Varner, qui l'a inventé dans une comédie publiée en 1838 et intitulée "Le Pioupiou". Le mot a ensuite connu un grand succès dans le sillage de la chanson de Montéhus, "Gloire au 17e", composée en souvenir de la mutinerie des soldats du 17e régiment d'infanterie de Narbonne (11), qui avaient refusé de tirer sur les manifestants lors de la révolte des vignerons du Languedoc en 1907. Après 1914, le mot "Pioupiou" a subi de nombreuses concurrences, notamment celles des mots "Bidasse" et "Troufion", qui l'ont supplanté dans le langage courant.
  • dans la nomenclature de l'ESF (Ecole du Ski Français), un enfant de 3 à 6 ans qui ne sait pas encore ou très peu skier,
  • un anémomètre autonome principalement destiné aux amateurs de vol libre.

Alimenté par un panneau solaire et communiquant ses données via un signal radio, il peut être placé n'importe où, même sans électricité ni connexion internet. Les données ainsi récoltées sont compilées sur un site internet public, qui permet de connaître en temps réel la direction et la force du vent pour l'ensemble des Pioupious présents sur le territoire.

Source : wikipedia.org

"Une zone bleue".

Cette locution nominale peut désigner, selon le contexte :

Un panneau de zone bleue

  • une zone de stationnement gratuit à durée limitée, au sein de laquelle l'automobiliste doit disposer derrière son pare-brise un disque rotatif en carton indiquant son heure d'arrivée.

Un disque de zone bleue

La durée de stationnement autorisée est normalement de 1 heure 30 entre 9 h et 19 h (libre de 11 h 30 à 14 h 30). Mais les horaires peuvent changer selon les villes.

  • ou une région du monde où la longévité des habitants est très nettement au-dessus de la moyenne.

Les zones bleues dans le monde (pôles de longévité)

Ce néologisme a été créé par l'universitaire italien Gianni Pes et le démographe belge Michel Poulain, après avoir découvert, en 2000, dans la province de Nuoro, en Sardaigne (Italie), la plus forte concentration au monde alors connue d’hommes centenaires, localisée dans de nombreux villages de montagne de cette province. Ils dessinèrent sur une carte à l'encre bleue la zone regroupant ces villages qu'ils appelèrent alors simplement la "Zone bleue".

Depuis 2002, un projet a été lancé pour identifier d'autres zones bleues dans le monde. En 2017, cinq avaient été identifiées :

    • des villages de montagne de la province sarde de Nuoro, où les hommes, souvent d'anciens bergers, ont la même espérance de vie que les femmes, et où l'on compte 30,9 centenaires pour 100 000 habitants, avec des nonagénaires en très bonne condition physique,
    • l'île grecque d'Ikaria, dans le Nord-Est de la Mer Égée,
    • l'île japonaise d'Okinawa,
    • la péninsule de Nicoya, au Costa Rica, avec une population métisse d'environ 100 000 personnes, dont le taux de mortalité à 50 ans est inférieur à la normale,
    • et Loma Linda, en Californie (États-Unis d'Amérique), communauté d'adventistes du Septième Jour dont la plupart des membres possèdent une espérance de vie supérieure d’une dizaine d’années à la moyenne américaine.

9 facteurs favorables ont été identifiés :

    • une activité physique modérée et régulière,
    • un but dans la vie,
    • la réduction du stress,
    • la restriction calorique,
    • une alimentation à base d'aliments d'origine végétale,
    • une consommation modérée d'alcool, en particulier du vin,
    • un engagement spirituel ou religieux,
    • un engagement dans la vie de famille,
    • un engagement dans la vie sociale.

Ces zones bleues ont en commun d'être des zones ensoleillées et aérées. Les régimes alimentaires sont différents mais ils ont deux aspects en commun. Le premier est qu'ils sont basés sur les aliments d'origine végétale, avec la viande, le poisson ou le fromage seulement en petite quantité ou pendant les fêtes. Le deuxième est qu'ils mangent des légumes. Quant au goût, les régimes sont très différents. Si la population grecque d'Ikaria a un régime proche du régime crétois (légumes, poissons, viandes blanches), la population des villages de montagne sardes ne consomme pas de poisson mais de la viande, dont de la charcuterie.

L'étude publiée par Michel Poulain et Gianni Pes identifie l'importance d'un mode de vie sain, en altitude, avec une activité physique au-delà de 80 ans, sans stress, avec des liens familiaux et sociaux étroits.

Source : wikipedia.org

Le "Reggaeton" n'est pas un événement caritatif en faveur du reggae !

Mais un genre musical ayant émergé dans les années 2000 et tirant ses origines de la musique issue des Caraïbes.

"Reggaeton" est un mot-valise, construit à partir du mot "Reggae" (à l'étymologie incertaine) et du suffixe superlatif espagnol "ton", sous-entendant qu'il s'agit d'un excellent type de reggae.

Et le terme a été utilisé pour la première fois à la fin des années 1980 par le producteur panaméen Michael Ellis.

Parlez-vous le "Franponais" ?

Enseigne japonaise en franponais : "Crépes de cocorico"

Également appelé "Framponais", "Flançais" ou "Flanponais" (les japonais, comme d'autres asiatiques font souvent une confusion entre le "l" et le "r"...), le "FRANPONAIS" est un mot-valise ("FRANçais jaPONAIS", par analogie avec le mot "Franglais" pour "FRANçais anGLAIS") qui désigne l'utilisation pour le moins malheureuse de mots français par les Japonais.

Il est en effet de bon goût, au Japon, d'utiliser des mots français dans des domaines relatifs à l'image de la France, comme la mode,la pâtisserie, la crêperie, les cafés, la restauration ou la coiffure.

Le français apparaît ainsi surtout à l'écrit sur les enseignes des magasins, les T-shirts, les menus, etc.

Et comme très peu de Japonais le parlent ou le lisent parfaitement, les erreurs et non-sens sont très nombreux ; ces phrases et expressions curieuses finissant presque par devenir, aux yeux des japonais, une langue à part entière : le "Franponais".

Elle utilise des mots français mais avec de fréquentes fautes d'orthographe et erreurs de sens. Dans de nombreux cas, les phrases en franponais semblent avoir été traduites mot à mot depuis le japonais. Il ne faut cependant pas y voir une négligence de la part des fabricants, car ces phrases ont avant tout un but décoratif et le public ciblé n'est absolument pas francophone.

Même si le "Franponais" peut au premier abord choquer le touriste francophone, il peut être parfois devenir cocasse de repérer et collecter ces "perles" franponaises. Et même, en fin de compte, éventuellement finir par apporter un charme supplémentaire à une visite du Japon.

La petite galerie de photographies qui suit vous en donnera en tous cas, j'espère, un bon aperçu :

  • la mode :

Enseigne japonaise en franponais : "Bon mercerie"Enseigne japonaise en franponais : "Comme ça blanc d'oeuf"

Enseigne japonaise en franponais : "Comme ça du monde"Enseigne japonaise en franponais : "Laissé passé"

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