Les mots "Boycott" et "Boycotter" ne sont pas des anglicismes !

Le britannique Charles Cunningham Boycott (1832-1897), à l'origine des mots "Boycott" ou "Boycottage" et du verbe "Boycotter"

Pas plus que le substantif masculin "Boycottage" (boï-ko-tage), synonyme de "Boycott" ou l'adjectif "Boycotté/ée/ées/és" (boï-ko-té").

"Boycotter" (boï-ko-té) un verbe désignant, selon le contexte, le fait de :

  • refuser collectivement :
    • d'acheter, de vendre ou d'utiliser un ou des produits,
    • de participer à une manifestation ou à une action publique (administrative, politique, sportive, etc), afin de l'empêcher de réussir,
  • ou cesser volontairent toute relation avec un individu, une collectivité (société, pays, etc.) ; refuser de l'accueillir ou de répondre à ses invitations ; lui interdire, par une mise en quarantaine collective, l'exercice de ses activités professionnelles, de ses échanges économiques.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, me semble-t-il, il ne s'agit nullement de mots anglais, mais de mots dérivant du nom du britannique Charles Cunningham Boycott, né le 12 mars 1832 et mort le 19 juin 1897.

D'abord capitaine de l'armée britannique, il devient, après sa démission, propriétaire terrien dans le comté de Mayo, en Irlande.

C'est dans ce comté que se passe l'événement qui rend son nom célèbre, puisque c'est contre lui qu'est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, même s'il n'est pas appelé "boycott" à l'époque.

John Crichton, troisième comte Erne possédait des terres qu'il faisait administrer par Charles Cunningham Boycott. Durant l'été 1879, à l'appel du dirigeant de la Ligue Agraire ("Land League") Charles Stewart Parnell et face à de mauvaises récoltes cette année-là, les fermiers se coordonnèrent afin d'obtenir du comte Erne une réduction de 25 % de leurs loyers sur la même période. Mais celui-ci refuse et envoie le capitaine Boycott expulser les mauvais payeurs. Boycott subit alors un blocus de leur part qui alla jusqu'à sacrifier leur récolte, les mercenaires moissonneurs, protégés par l'armée britannique, étant arrivés trop tard. Cette action très dure entraîna la ruine de Charles Cunningham Boycott, dont le patronyme est rapidement devenu un substantif et un verbe. Dès 1880 en France, année au cours de laquelle on le retouve dans les colonnes du journal Le Figaro.

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

"Une arconada".

Les joueurs français Luis Hernandez et Bernard Lacombe, en joie après l'incroyable bourde du gardien de but espagnol Luis Arconada, qui, le 27 juin 1984 à Paris (75), ne parvient pas à maîtriser le ballon, sur un coup franc tiré par Michel Platini

Ce mot fait référence au nom de l'ancien gardien de football international espagnol Luis Miguel Arconada Etxarri, né le 26 juin 1954.

Et il désigne malheureusement pour lui, depuis le 27 juin 1984 : une boulette ou bourde de gardien.

On le sait, l'histoire est souvent cruelle. Et elle l'est tout particulièrement avec ce très grand joueur, en retenant presque exclusivement son erreur lors de la finale de l’Euro 1984. Cet homme qui a causé le chagrin de l’Espagne et laissé son nom à la postérité pour cette bourde était pourtant un excellent gardien.

Cet enfant du Pays Basque brillait chaque semaine sur les pelouses de Liga avec son club, la Real Sociedad. Il a d’ailleurs conduit son club de San Sebastian (Pays Basque) (Espagne) au sommet du football espagnol en remportant consécutivement deux fois le championnat (1981-1982) et en étant désigné meilleur gardien de la Liga.

Le gardien de but espagnol Luis Arconada

Du haut de son petit mètre 78, Luis Arconada impressionnait par sa détente et son explosivité. Surtout, il savait rassurer sa défense et bénéficiait d’une confiance aveugle de la part des supporters de la Real Socieda, qui avaient l’habitude d’employer la formule "No pasa nada, tenemos a Arconada" ("Il n’y a rien à craindre, nous avons Arconada").

Ses meilleurs arrêts :

International espagnol depuis 1977 et jusqu'en 1985 (70 sélections), Luis Arconada connaît l'apogée avec la Roja lors de l’Euro 1984. Capitaine de l'équipe d'Espagne, il est cet été là considéré comme le meilleur portier du tournoi et ne cesse de le démontrer au cours de la compétition.

En finale face à la France, le duel tant attendu entre le capitaine espagnol, Luis Arconada, et le capitaine français, Michel Platini, a bien lieu.

Le coup franc de Michel Platini et la bourde de Luis Arconada

À la 55e minute de ce France-Espagne, dans un Parc des Princes plein à craquer, les Bleus de Michel Hidalgo obtiennent un coup franc à l’entrée de la surface de réparation. Alors que le score est toujours nul et vierge entre les deux équipes, Michel Platini s’élance et frappe du droit.

Le 27 juin 1984, en finale de l'Euro, le coup franc de Michel Platin qui vaudra au malheureux Luis Arconada de voir son patronyme entrer dans le lexique international du football...
Le 27 juin 1984, en finale de l'Euro, le coup franc de Michel Platini qui vaudra au malheureux Luis Arconada de voir son patronyme entrer dans le lexique international du football...

Luis Arconada qui semblait avoir capté le ballon, le voit en réalité, glisser sous son corps.

Cela fait 1-0 pour l’équipe de France, pour la plus grande joie des Bleus, mais une bien cruelle désillusion pour le pauvre Arconada.

Un second but français marqué dans le temps additionnel par Bruno Bellone, délivre enfin le peuple français, encore traumatisé par la dramatique "Nuit de Séville" du 8 juillet 1982 : une terrible défaite aux tirs au but face à l'Allemagne, en demi-finale de la Coupe du monde jouée en Espagne, après avoir mené 3-1, en marquant deux buts dans les dix premières minutes de la prolongation, s'ouvrant ainsi la route - pensions-nous tous alors - vers la première finale de notre histoire.

Mais l’Espagne toute entière voit s'envoler ses rêves de sacre.

Le résumé de la finale France-Espagne (2-0) :

Arconada, héros de la demi-finale face au Danemark, devient le symbole de cet échec.

Difficile à avaler pour l’ancien gardien, même des années après : "Le poste de gardien, c’est pour le bon comme pour le mauvais côté. Mais le plus dur, c’est que les gens se souviennent de moi seulement pour cette action" a-t-il expliqué, il y a quelques années à la télévision espagnole.

Sources : labeautedufootball.com et www.football-vintage.com

"Une redondance", "Un pléonasme", "Une périssologie" et "Une battologie".

Seuls les deux premiers de ces quatre termes sont généralement connus : le pléonasme et la redondance. Et ils sont les seuls à pouvoir être considérés comme des figures de style.

La périssologie et la battologie sont en effet des défauts et ne peuvent donc être employés à bon escient que dans des textes ironiques ou comiques.

Essayer de différencier les quatre n'est cependant pas chose aisée, une certaine confusion règnant clairement quant à ces quatre termes.

"Redondance" et "Pléonasme" sont, a priori, très proches, leur étymologie renvoyant à peu près aux mêmes idées d’excès, de trop-plein ou de surabondance.

"Une redondance" est une figure de style consistant en un redoublement de l’idée dans deux phrases ou membres de phrase.

Le mot procède du latin classique "redundans" ("qui déborde")

Il s'agit d'une abondance de répétitions, de développements, d’ornements, généralement considérée comme excessive, critiquée pour sa lourdeur, son obscurité, son emphase".

"Redondance" est donc un terme générique, ce que l'on nomme en linguistique un "hyperonyme", c'est à dire un mot dont le sens recouvre, par son degré de généralité, le sens d’autres mots, plus précis.

Et "Pléonasme" serait l’un de ses "hyponymes" (antonyme d’"hyperonyme").

Une redondance est un redoublement expressif de l’idée par deux phrases proches.

La redondance n’est pas nécessairement une erreur, elle apparaît comme justifiée lorsqu'il faut insister sur l’étrangeté d’une assertion. S’il y a redondance dans les mêmes termes, c’est une "homéologie" et si c’est en termes différents, une "macrologie".

En d’autres termes, la redondance est propre à de nombreux discours, à de nombreux échanges où il faut revenir sur un élément, préciser, reprendre, rappeler au risque de répéter les mêmes mots ("homéologie") ou de redire quelque chose d’approchant avec d’autres mots ("macrologie").

Elle est donc nécessaire, incontournable, vraisemblablement omniprésente.

"Un pléonasme est une figure de style consistant en un redoublement de l’idée dans deux mots du même membre de phrase.

Le mot procède du grec ancien "Pleonasmos" ("surplus, excédent").

Un pléonasme est un terme ou une expression qui ajoute une répétition (consciente ou inconsciente) à ce qui a été énoncé.

Par exemple lorsque le Tartuffe de Molière dit : "Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu…" (1669).

Contrairement à la redondance, le redoublement de l’idée se fait dans deux mots du même membre de phrase.

"Une périssologie est un vice d'élocution ("défaut") consistant en un pléonasme vicieux (avec d’autres termes).

La périssologie consiste en effet à ajouter une pensée déjà suffisamment exprimée d’autres termes qui sont surabondants.

Mais bien qu'il s'agisse d'un défaut, ce défaut - et c’est toute la richesse et la puissance créatrice de la langue - peut être mis à profit en littérature ou dans le discours pour obtenir par exemple un effet comique.

Cela peut par exemple être le cas de formules telles que "monter en haut" ou sortir dehors", dès lors qu'elles sont utilisées en connaissance de cause.

Car on a redoublement de l’idée dans deux mots du même membre de phrase (comme dans un pléonasme) mais également vice d’élocution (comme dans une battologie) puisqu’il y a déviance par rapport à une norme d’élocution.

Et "Une battologie" est un vice d'élocution ("défaut") consistant en une redondance excessive, injustifiée (avec reprise des mêmes termes).

Ils'agit d'une répétition inutile, oiseuse et fastidieuse des mêmes pensées sous les mêmes termes dans deux propositions proches.

Et le mot "Battologie" vient du nom de "Battos 1er", un ancien roi qui était bègue et qui fut le fondateur et premier roi de Cyrène (actuelle Libye), vers 630 av. J.-C.

Sources : wsrl.wordpress.com/2013/06/01/de-la-distinction-entre-redondance-pleonasme-perissologie-et-battologie/, www.cnrtl.fr, Littré et "Gradus Les procédés littéraires" (Bernard. Dupriez)

"Une John Wayne".

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

C'est ainsi que les soldats états-uniens du corps des Marines surnommaient un acte de bravoure, un fait d'armes ou une action héroïque, tel que par exemple la prise d'un nid de mitrailleuse.

En particulier dans les années 1950-1960, durant la guerre de Corée (25 juin 1950 - 27 juillet 1953) et pendant les premières années de la guerre du Vietnam (1er novembre 1955 - 30 avril 1975).

Et cela, bien sûr, en référence à l'acteur états-unien John Wayne, devenu, durant la Seconde Guerre mondiale, le symbole d'une certaine virilité.

L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
L'affiche du film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :

"Porter le casque à la John Wayne", "Porter son casque à la John Wayne" ou "Porter un casque à la John Wayne".

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Les soldats états-uniens du corps des Marines qualifiaient ainsi, à compter des années 1950, le fait de porter son casque sans attacher la mentonnière.

L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Le jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck (1962)
"Porter son casque à la john Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Le jour le plus long" de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck (1962)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)
"Porter son casque à la John Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Iwo Jima" de Allan Dwan (1949)

Et cela à l'instar de l'acteur états-unien John Wayne, dans la plupart des plans des films où il incarnait un militaire, qu'il soit marine, marin, parachutiste ou soldat.

"Porter son casque à la John Wayne" : L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Opération dans le Pacifique" de George Waggner (1951)
L'acteur états-unien John Wayne dans le film états-unien "Opération dans le Pacifique" de George Waggner (1951)

Sur un sujet contigu, je vous recommande deux de mes autres articles, dont la lecture vous permettra de découvrir ce que signifie :

"Un coup de jarnac".

Guy 1er Chabot de Saint-Gelais, deuxième baron Jarnac

Cette expression du langage courant désigne un coup violent, habile et imprévu.

Elle a pris avec le temps une connotation de coup déloyal ou pernicieux, qui n'existait pas à l'origine.

Dans son sens premier et d’escrime, il s’agit en effet d’un coup porté à l’arrière du genou ou de la cuisse, rendu célèbre par Guy 1er Chabot de Saint-Gelais, deuxième baron Jarnac (1514-6 août 1584).

Ce gentilhomme français est passé à la postérité grâce à sa célèbre botte, qui lui permit de vaincre en duel, François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraye, lors d'un duel judiciaire, le 10 juillet en 1547, devant le château de Saint-Germain-en-Laye (78).

Source : wikipedia.org

Qu'est-ce qu'un "algorithme" ? Et d'où vient ce nom ?

Un algorithme est une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre une classe de problèmes.

Aussi étrange que celà puisse paraître, le mot "algorithme" vient du nom latinisé d'un mathématicien perse du IXe siècle, Muhammad Ibn Musa al-Khuwarizmi, généralement appelé "Al-Khwarizmi".

Également géographe, astrologue et astronome, il était né dans les années 780, dans la région du Khwarezm (d'où il tire son nom), dans l'actuel Ouzbékistan, et mort vers 850.

Et ses écrits, rédigés en langue arabe, puis traduits en latin à partir du XIIe siècle, ont permis l'introduction de l'algèbre en Europe.

Source : wikipedia.org

"Un barnum médiatique".

Cette locution désigne un évènement faisant l'objet d'un énorme tapage médiatique.

Le mot "barnum" fait référence au patronyme de l'entrepreneur de spectacles états-unien Phineas Taylor Barnum, né le 5 juillet 1810 et mort le 7 avril 1891.

Son sens des affaires et ses spectacles de monstres humains firent rapidement du cirque Barnum, qu'il fonda en 1871, une entreprise prospère et célèbre.

Devenu également auteur, éditeur, philanthrope, et même politicien, il se définissait lui-même comme le "prince des charlatans" ou "prince des mystificateurs", profitant de la crédulité et du voyeurisme des gens.

Plus de deux siècles après sa naissance, son nom est encore utilisé de nos jours, en français, pour désigner un chapiteau de cirque, une vaste tente ou un très grand parasol.

"Un violon d'Ingres".

Cette locution nominale désigne un passe-temps favori.

C'est à dire ce que l'on appelle "Un dada" dans le registre familier et que nos amis anglophones appellent "Un hobby".

À l'origine employée exclusivement pour les activités artistiques, elle s’utilise aujourd'hui dans un sens plus large pour toutes les activités auxquelles on se consacre en dehors de sa profession, pour se distraire ou assouvir une passion.

Cette expression du langage courant fait référence à la passion du peintre français Jean-Auguste-Dominique Ingres pour le violon et la musique.

On dit par exemple : "Le violon d'Ingres de l'auteur de J'aime les mots est de collectionner les mots, les expressions et les noms depuis son plus jeune âge".

Source : www.caminteresse.fr

"Une turlupinade".

Turlupin était le nom de scène (dans les farces) de l'acteur français Henri Legrand (dit Belleville dans les pièces sérieuses), né en 1587 et mort en 1637.

Ledit Turlupin formait, avec ses collègues boulangers du faubourg Saint-Laurent à Paris (75) Gros-guillaume et Gaultier-Garguille, un trio d'acteurs comiques amateurs rapidement incorporé, à la demande du cardinal de Richelieu (qu'ils avaient fait rire), à la prestigieuse troupe de l’Hôtel de Bourgogne, jugée trop triste.

Le jeu burlesque de Turlupin et de ses compagnons marqua suffisamment les esprits pour que le public parisien qualifie par la suite de "turlupinade" une charge un peu forcée ou une plaisanterie burlesque d’un comique un peu grossier, dénué de bon goût.

Et aujourd'hui, ce terme désuet, que j'aime à employer, désigne :

  • une plaisanterie de mauvais goût ou vulgaire,
  • et, surtout, : un mauvais jeu de mots !