"À plus !" ou "À + !".

Cette locution interjection interjective relève du registre familier, la forme "À +" étant un allographe.

Elle se prononce a-pluss et constitue une ellipse de "À plus TARD".

On l'utilise généralement à l'issue d'une rencontre, d'un rendez-vous, d'une conversation ou d'un dialogue. Et elle induit que l'on va se revoir "plus tard" dans la journée.

On dit par exemple : "Je pars en course et je te rappelle avant 20h c'est promis. À plus !".

Ou : "Je serai là vers 19h. À + !".

Source : www.linternaute.com et wiktionar.com

"Comme on dit en bon français" ou "Comme on dit".

  • "Comme on dit en bon français" était une formule encore utilisée jusque assez récemment dans le langage courant afin d'essayer de justifier ironiquement l'emploi d'un anglicisme.

On disait par exemple : "Je pars en week-end, comme on dit en bon français".

Et déjà cette tournure avait le don de m'agacer.

  • Mais elle a depuis peu été remplacée par la formule elliptique "Comme on dit" qui m'exaspère véritablement. Et dont je crains vivement qu'elle ne devienne rapidement un tic de langage.

Ainsi par exemple du journaliste français Axel de Tarlé, le 12 janvier 2023, dans l'émission "C dans l'air", qu'il anime, sur la chaîne de télévision publique française France 5 : "Ça pourrait être un game changer comme on dit".

Non, on ne le dit pas, cher monsieur ! Du moins, on ne devrait pas.

Le journaliste français Axel de Tarlé

"Dont acte".

Cette expression utilisée dans le vocabulaire et le lexique juridique constitue une ellipse de la formule "ce dont il est donné acte" ou "ce dont il est pris acte".

Elle signifie :

  • au sens propre : elle termine un acte juridique, un contrat, un avenant, et spécifie qu’il est donné acte par un officier ministériel, ou qu’il est pris acte entre les contractants de ce qui précède.

C'est à dire que l'information a été retenue et que l'on pourra en tirer avantage plus tard.

Ainsi dans l'exemple suivant :

" Cejourd’huy onze du mois de janvier de l’an mil sept cent quatre-vingt-onze, nous soussigné Prêtre, Curé de Savigny-le-Temple, après la réception es décret du 27 7bre 1790 et lettre patente du Roy du 26 Xbre 1790 qui ordonnent aux ecclésiastiques en fonction le serment civique et constitutionnel requis par les Décrets et Constitution Civile relative au clergé, j’ay déclaré aux Maire et Greffier de la Municipalité que, pour obtempérer aux dits décrets comme citoyen actif, je prêterai, Dieu aidant, le serment prescrit le dimanche seize du présent mois, en présence de la Municipalité et de la Communauté de Savigny-le-temple, ma paroisse réunie.
Dont acte.
Signé à l’original : Villeroy, curé de Savigny le Temple. B. Cochet, maire. Chapu, greffier".

(Extrait des registres de actes et délibérations de la Municipalité de Savigny-le-Temple, District de Melun pour l’année 1791.)

  • et par extension : tenez-vous-le pour dit ; prenez bonne note de la chose.

Cet emploi  possède une connotation impérative, sans réplique.

On dit par exemple : "J'ai bien compris que tu t'ennuyais sexuellement avec moi et pas avec le jardinier, le cuisinier, le chauffeur et ton masseur. Dont acte, n’en parlons plus".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

On ne dit pas : "Il a r'trouvé un peu d'créativité qu'on lui connaît bien" !

Le journaliste sportif français Pierre Maturana

Comme a pu le déclarer, le 24 novembre 2021, le journaliste sportif français Pierre Maturana, dans l’émission de Grégory Ascher "L'Équipe de Greg", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "TU COMPTES là-dessus" !

 

Mais : "Il a rEtrouvé un peu dE CETTE créativité qu'on lui connaît bien" !

"Par le menu".

Cette locution adverbiale relève du langage courant.

Et constitue une ellipse de "Par le menu détail".

Elle signifie par conséquent : de façon précise, en détail.

On dit par exemple : "Si tu le souhaites, je peux te décrire la soirée par le menu et te donner la liste de tous ceux que ton ex a dragué".

Source : wiktionary.org

"Avoir fait l'indochine", "Avoir fait l'Algérie", "Avoir fait le Vietnam" ou "Avoir fait l'Afghanistan".

Ces différentes locutions verbales relèvent toutes du registre familier.

Et elles signifient, par ellipse : "Avoir fait lA GUERRE D'Indochine", "Avoir fait lA GUERRE D'Algérie", "Avoir fait lA GUERRE DU Vietnam" et "Avoir fait lA GUERRE D'Afghanistan".

"Quatre à quatre".

Monter quatre à quatre

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme architectural et d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Elle s'utilise à propos de la montée ou de la descente des escaliers.

Et elle signifie, par ellipse, au sens figuré : à grandes enjambées, très rapidement ; quatre marches par quatre marches, mais en pratique plutôt deux par deux.

On dit par exemple : "Je suis descendu quatre à quatre mais le facteur était déjà parti !".

Ou : "Je suis monté quatre à quatre mais j'ai raté la remise de la coupe !".

Source : www.languefrancaise.net

 

Ne dites pas : "Déclarer sur ses réseaux sociaux" ou "Suivez-moi sur mes réseaux sociaux" !

Sauf s'il s'agit de Mark Zuckerberg ou si vous êtes vous-même Mark Zuckerberg !

Mais plutôt : "Déclarer sur ses COMPTES DE réseaux sociaux" ou "Suivez-moi sur mes COMPTES de réseaux sociaux" !

Source : Service du dictionnaire de l'Académie française

 

"On se les gèle" ou "Se les geler".

"Se cailler" c'est à dire "Avoir très froid"

Cette locution verbale en forme d'ellipse ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elle relève du registre argotique et signifie : avoir très froid.

Concrètement, ce que l'on sous-entend que l'on se gèle, ce sont :

  • ou les fesses ("le cul", "les meules", "les miches").

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Avoir très froid" ou "Faire très froid".

"N'en déplaise" ou "Ne vous en déplaise".

J'aime beaucoup cette locution verbale invariable qui relevait autrefois du registre familier mais aujourd'hui du registre soutenu.

Presque synonyme de "En dépit de" ou de "Malgré", "N'en déplaise" se dit comme une sorte d'excuse.

Et elle signifie : je souhaite que cela ne leur déplaise pas, ne les fâche pas ; que cela plaise ou non ; même si cela déplaît.

Selon Littré, cette formule correspondrait à l'ellipse du tour impersonnel "qu'il ne vous en déplaise", que l'on trouve dans "Le Tartuffe" de Molière (1699) : "Ma bru, qu'il ne vous en déplaise, Votre conduite, en tout, est tout à fait mauvaise".

On dit par exemple : "N'en déplaise à certains, je continue à parler de Droits de l'Homme et non de Droits humains".

Sources : dictionnaire.orthodidacte.com et parler-francais.eklablog.com

Pourquoi dire : "Un magasin outlet" ou "Un outlet" ?

Un centre de marques réunissant des magasins d'usine

Par ellipse de la locution nominale anglaise : "Factory outlet".

Et pas, en français : "Un magasin d'usine" !

C'est à dire : un magasin qui vend directement des produits du fabricant au consommateur. Le but est d'écouler des surstocks, fins de série et articles de second choix ou présentant des défauts.

Le tout premier magasin d'usine en France a été répertorié à Troyes (10) en 1936. À l'origine l'accès de ces magasins était réservé aux employés du fabricant, auxquels celui-ci vendait à prix réduit des produits comportant de légers défauts qu'il aurait dû jeter. Une solution qui satisfaisait tout le monde.

Dans les années 1950 et 1960, le concept de magasin d'usine se développe et de nombreux magasins ouvrent à côté des sites de production. La clientèle est élargie à l'entourage des ouvriers.

C'est à partir des années 1970 que les magasins d'usine sont ouverts au grand public, avant de se développer à partir des années 1980, en particulier autour de la ville de Troyes (10).

McArthur Glenn, à Troyes (13) : un centre de marques réunissant des magasins d'usine
McArthur Glenn, à Troyes (13) : un centre de marques réunissant des magasins d'usine

Source : wikipedia.org

"Tirer sa révérence".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle fait référence à la révérence, un salut cérémonieux et respectueux adressé en s'inclinant et en se découvrant, qui s'adressait, au XIIème siècle, aux personnages haut placés ou aux ecclésiastiques.

Tirer sa révérenceTirer sa révérence

Avant de devenir un geste de civilité principalement envers les femmes pour prendre congé.

Tirer sa révérence
President Barack Obama and First Lady Michelle Obama meet with the family of Staff Sergeant Robert J. Miller in the Oval Office, prior to awarding him the Medal of Honor posthumously in a ceremony in the East Room of the White House, Oct. 6, 2010. (Official White House Photo by Pete Souza)

Tirer sa révérence

C'est à partir du XVIIIe siècle que la formule "Tirer sa révérence" apparaît - par ellipse - pour signifier :

  • saluer en s'en allant, en s'inclinant,

On dit par exemple : "N'oublie pas de tirer ta révérence en partant".

On disait déjà en effet "Tirer le pied en arrière" ou "Tirer la jambe en arrière", pour évoquer le fait de porter le pied (ou la jambe) en arrière pour effectuer une révérence.

Et "Tirer sa révérence" constitue donc une ellipse de "Tirer le pied en arrière pour effectuer sa révérence".

  • et par extension :
    • partir, s'en aller ; prendre sa retraite, quitter un poste,

On dit par exemple : "Ce grand champion a annoncé q'après ce dernier tournoi il tirerait sa révérence".

    • s’éclipser sans demander son reste,

On dit par exemple : "Mon frère était épuisé : il a tiré sa révérence discrètement".

    • abandonner, renoncer à quelque chose.

On dit par exemple : "Nous sommes désormais seuls sur ce marché : notre dernier concurrent a tiré sa révérence".

    • ou : décéder, pour une personne célèbre.

On dit par exemple : "Le prince Philip a tiré sa révérence le 9 avril 2021.

Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr, telavivcat.unblog.fr et wiktionary.org