"Avoir des cannes".

Cette locution verbale polysémique peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue auquel on se situe.

Ainsi, "Avoir des cannes" signifie :

Une jeune femme, marchant avec des cannes anglaises
Une jeune femme, marchant avec des cannes anglaises
  • dans le langage courant, par ellipse : marcher avec des cannes anglaises, utiliser des cannes anglaises pour marcher.

On dit par exemple : "Ma fille se remet peu à peu de sa chute, mais elle a toujours des cannes".

  • ou, dans le registre argotique et dans le domaine du sport : être en forme, être en jambes (registre familier).

Ce qui sous-entend donc : être capable de courir vite. Ou longtemps.

On dit par exemple : "Attention : il faut se méfier de cet ailier car il a des cannes".

L'attaquant belge Eden Hazard "a des cannes" ("court vite" dans le registre argotique)
L'attaquant belge Eden Hazard "a des cannes" ("court vite" dans le registre argotique)

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés à :

"Un routier".

Ce substantif masculin polysémique appartient au registre familier.

Et il désigne, selon le contexte :

Un relais routierUn restaurant routier

  • par ellipse lexicale de "Un restaurant routier" : un type de restaurant fréquenté par des (chauffeurs) routiers (où camionneurs) où l'on sert des repas simples mais copieux pour des prix modérés.
Un relais routier à l'heure du repas
Un relais routier à l'heure du repas

Beaucoup d'entre eux appartiennent à la chaîne des "Relais routiers" dont on connaît bien le pannonceau bleu et rouge, présent le long des routes de France depuis l'initiative du journaliste français de François de Saulieu de la Chomonerie, en 1934 :

Logotype de la chaîne des Relais routiers

Avec les parcs de stationnement bondés de poids-lourds, ce pannonceau est en effet caractéristique de ce type d'établissement.

Le parc de stationnement d'un relais routier

  • par ellipse lexicale "Un chauffeur routier" : un conducteur de poids lourds effectuant de longs trajets, que l'on appelait jusqu'aux années 1930 "Un roulier" ou "Un camionneur",

Un "routier" ou "camionneur"Un "routier" ou "camionneur", montant dans son camion

 

Un "routier" ou "camionneur", au volant de son véhicule

  • un jeune homme faisant du scoutisme, également appelé "Un compagnon" ou "Un pionnier",

Un "routier" scout, également appelé "compagnon" ou "pionnier"Un "routier" scout, également appelé "compagnon" ou "pionnier"

  • dans le domaine du cyclisme : un coureur sur route (par opposition au coureur sur piste appelé "Pistard"),

Un "routier" ou coureur cycliste sur route

  • et dans le jargon maritime : une carte à petite échelle comprenant une partie d'un océan.

Sources: wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

"S'en payer une bonne tranche" ou "S'en payer une tranche".

Voilà bien deux locutions verbales relevant du registre familier qui ne manquent pas manquer d'interloquer nos jeunes enfants et amis étrangers.

Elles signifient en effet, par ellipse des locutions nominales "de rigolade" ou "de bon temps" : beaucoup s'amuser, bien rigoler, se régaler.

On dit par exemple : "Tu devrais venir avec nous chez Jean-Charles, on va s'en payer une bonne tranche".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Beaucoup rire" ou "Bien rire" en français.

 

6 façons de dire "La bande dessinée" ou "Les bandes dessinées".

8 albums de bande dessinée jeunesse franco-belge
  •  Quant aux "Bandes dessinées", on parlait, depuis les années 1930 et jusque dans les années 1960 - avant l'apparition massive des albums - d'"Illustrés" (registre familier), par ellipse lexicale de "Journaux illustrés".
9 revues de bande dessinée petit format noir et blanc ou "Illustrés", par ellipse de "Journaux illustrés"
9 revues de bande dessinée petit format noir et blancou "Illustrés", par ellipse de "Journaux illustrés"

Et les personnes d'un certain âge utilisaient la formule "Des mickeys" voire "Des petits mickeys", en référence au personnage de Mickey, créé le 18 novembre 1928 par le dessinateur états-unien Walt Disney.

16 anciens albums souples de bande dessinée
9 anciens albums souples de bande dessinée

L'appellation "Publications destinées à la jeunesse" relève du jargon administratif et est apparue avec la loi no 49-956 du , visant à réguler la diffusion des livres et de la presse jeunesse.

Et le sigle "BD" pour "Bandes Dessinées" est, à mon sens, apparu  vers le milieu ou la fin des années 1960.

"Plein axe".

La journaliste sportive française Candice Rolland

Cette locution adverbiale est utilisée par les commentateurs sportifs français pour qualifier ce qui est exactement dans l'axe longitudinal du terrain.

Et en particulier les mouvements du ballon.

On dit par exemple : "Un dégagement plein axe", "Une passe plein axe" ou "Un tir plein axe".

Par ellipse, dire "Mbappé plein axe" signifie que ce joueur vient d'effectuer un dégagement, une passe ou un tir dans l'axe longitudinal du terrain".

Certains commentateurs usent et abusent malheureusement de cette ellipse, au point que la locution adverbiale "Plein axe" se transforme presque en un véritable tic de langage.

C'est par exemple le cas de la journaliste sportive française Candice Rolland, qui l'a utilisé au moins cinq fois en quelques dizaines de minutes à peine, au cours de la deuxième mi-temps de la rencontre PSG - Manchester United, le 28 avril 2021, dans l'émission "La grande soirée", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

 

Ne dites pas : "Faire un régime" !

Mais : "COMMENCER un régime" ou "SUIVRE un régime" !

Le substantif masculin "Régime" constituant ici, dans la plupart des cas, une ellipse lexicale de la locution nominale masculine "Régime amaigrissant".

"Consulter", "Se faire aider" ou "Voir quelqu'un".

Voilà bien trois formules pour le moins curieuses, qui ne doivent pas manquer de surprendre nos enfants ou nos amis étrangers !

Appartenant au langage courant, elles signifient tout simplement : consulter un psychothérapeute, psychologue ou psychiatre.

On dit par exemple : "Tu devrais consulter : cela te ferait du bien".

Ou : "Depuis la mort de sa mère, mon mari voit quelqu'un".

Personnellement, j'ai toujours été exaspéré par cette façon de ne pas dire les choses telles qu'elles sont, de "Chercher midi à quatorze heures".

Et je prends donc un malin plaisir à dire que "je consulte un psychiatre" !

"Elle est bonne" ou "Être bonne".

Cette locution verbale polysémique signifie selon le contexte et le niveau de langue :

  • dans le langage courant : sa température convient parfaitement pour se baigner, en parlant de l'eau.

On dit par exemple : "Comment est  l'eau ?". "Elle est bonne".

"Elle est bonne !" : un homme teste la température de l'eau d'une piscine

  • dans le registre désuet, par ellipse de "bonne à tout faire" : elle est domestique, employée de maison.

On dit par exemple : "Que fait-donc ta nièce à Paris ?" "Elle est bonne".

Une bonne et son employeur
Une bonne et son employeur
  • et dans le registre vulgaire, par ellipse : elle est très jolie, "bonne à baiser".

On dit par exemple : "Elle est comment la meuf à Kevin ?" "Elle est bonne !".

"Elle est bonne" se dit par ellipse, dans le registre vulgaire, d'une très jolie femme, considérée comme "Bonne à baiser"

"Un cultivar", "Une variété" et "Une varietas".

Serre horticole

Ainsi que vous allez pouvoir le constater, la distinction entre ces trois mots n'est vraiment pas aisée, l'utilisation interchangeable dans le milieu horticole des termes "Cultivar" et "Variété" génèrant en effet une confusion.

  • "Un cultivar" est un mot-valise anglais ("Cultigene variety"), créé en 1923 par le botaniste états-unien Liberty Hyde Bailey.

Et il désigne une variété de plante (arbres compris) obtenue en culture, par hybridation, sélection ou mutation, pour ses caractéristiques réputées uniques : morphologiques, esthétiques, techniques, vitesse de croissance (pour les arbres par exemple), adaptation à un biotope ou résistance à certaines maladies.

Ce terme de "Cultivar" est synonyme de "Variété cultivée" ou "Variété horticole", et plus communément malheureusement - par ellipse - "Variété".

Il existe de nombreux types de cultivars. Cette notion existe dès lors que dans une langue, on dénomme plusieurs types de plantes cultivées reconnaissables par des caractères communs au sein d'une espèce.

Les cultivars traditionnels sont donc nécessairement hétérogènes du point de vue du généticien, qui les qualifient souvent de "Variétés-populations" (ou "Landraces").

Avec l'essor de la sélection moderne et des outils génétiques, ainsi que des réglementations, on tend aujourd'hui à restreindre le sens de "Cultivar" à des populations de plantes "distinctes, homogènes et stables", autrement dit aptes à être enregistrées dans les catalogues officiels ou à recevoir un certificat d'obtention végétale.

Mais le terme "Cultivar" désigne également improprement :

    • les variétés naturelles mais cultivées dans les jardins et multipliées en pépinière,
    • ainsi que les variétés nées spontanément dans les cultures (dites "écotypes").
  • tandis que "Une varietas" (du latin "Varietas", "Qui diverge") ou "Une variété botanique"désigne, en botanique, en mycologie et de manière générale dans toutes les disciplines faisant appel à la systémique : un rang taxonomique de niveau inférieur au rang d'espèce, dit "Infraspécifique".

Contrairement à une "Varietas", un "Cultivar" ne peut donc pas transmettre ses caractéristiques par semence.

Les noms de cultivars sont gérés par le Code international pour la nomenclature des plantes cultivées, alors que les noms de varietas le sont par le Code botanique.

Source : wikipedia.org

"Demi-sel", "Le demi-sel" et "Un demi-sel".

  • "Demi-sel" est un adjectif s'appliquant au beurre ou au fromage et signifiant : légèrement salé.
Une plaquette de beurre demi-sel
Une plaquette de beurre demi-sel
  • tandis que "Le demi-sel" constitue une ellipse lexicale désignant : un fromage fermier au lait cru, d’un poids d'environ 100 grammes et de forme carrée, devant son nom à sa pâte faiblement salée.

Il s'agit d'une appellation fromagère non protégée du Pays de Bray. Aussi trouve-t-on des fabrications industrielles au lait pasteurisé élaborées un peu partout dans le Nord-Ouest de la France.

  • et que "Un demi-sel" est un substantif masculin en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme numérique désignant :
    • dans le registre argotique : un proxénète exerçant par ailleurs un métier régulier et n'appartenant pas à la pègre, dont le milieu se méfie,

On dit par exemple : "Mimile le stéphanois a dit de se méfier de lui : il paraît que ce demi-sel fait aussi dans l'élevage de chevaux".

    • et par extension, dans le registre populaire : une personne dont un milieu quelconque considère qu'elle ne fait pas, ou pas encore complètement partie des siens.

On dit par exemple : "C'est un demi-sel : il n'a rejoint notre petit groupe que depuis moins d'un an".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et www.larousse.fr