"Lèche-cul" ou "Un lèche-cul" et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") ou "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes").

  • "Un lèche-cul"  est un substantif masculin du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes") est un substantif masculin du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire.

Les deux désignent, de façon très imagée, au sens figuré : une personne servile envers sa hiérarchie ou envers les puissants ; un flagorneur ; quelqu'un qui flatte servilement celui qui détient un pouvoir ou représente une autorité.

On dit par exemple : "L'assistant de mon directeur est un vrai lèche-cul".

Ou : "Je n'ai jamais pu jouer les lèche-botte(s) avec mes supérieurs hiérarchiques".

  • "Lèche-cul" est un adjectif du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") est un adjectif du registre familier.

Les deux qualifient ce type de personnes, de façon très imagée, au sens figuré.

On dit par exemple : "Je recherche un collaborateur dévoué et efficace, pas un secrétaire lèche-cul".

Ou : "Les employés lèche-botte(s) sont bien vus dans cette société".

Sources : www.cnrtl.org, wiktionary.org et www.larousse.org

"Changer d'avis comme de chemise".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire signifie : changer facilement et fréquemment d’avis ou d'opinion; en adopter de nouveaux aussi aisément que l'on peut changer de vêtements au fil des jours voire au cours d'une même journée.

On dit par exemple : "Ma tante change d'avis comme de chemise ; avec elle c'est toujours le dernier qui a parlé qui a raison".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"L'habit vert".

Un habit vert d'académicien français avec bicorne

Cette locution nominale masculine en forme d'itiotisme textile ou vestimentaire et d'idiotisme chromatique désigne : un habit d'académicien, membre de l'Institut de France, porté lors des réunions solennelles et des cérémonies officielles.

"Un habit d'académicien" et pas seulement - ainsi qu'on le croit souvent, me semble-t-il - de "membre de l'Académie française".

L'habit vert est donc également porté par les membres des quatre autres académies de l'Institut de France.

L’Institut de France demandant officiellement un costume simple et décent, sa composition fut décidée par un arrêté du Consulat du 13 mai 1801, puis amendée au fil des siècles.

Il consistait en :

  • d'une part un grand costume : habit, gilet ou veste, culotte ou pantalon noirs, brodés en plein d’une branche d’olivier en soie vert foncé, chapeau à la française,
  • et d'autre part un petit costume : habit plus sobre n’ayant de broderie qu’au collet et aux parements de la manche avec une baguette sur le bord de l’habit.

Victor Hugo inaugure en 1848 une nouvelle mode à l'origine de l'évolution de l'habit : le frac à la place de la redingote, le jabot transformé en plastron et cravate blanche et le port du pantalon en remplacement de la culotte et des bas de soie.

À l'origine en deux versions, le petit costume tomba rapidement en désuétude, seul le grand costume subsiste encore de nos jours.

Il est actuellement composé d'un chapeau bicorne, d'un gilet et d'un pantalon en drap noir ou bleu foncé, et non plus vert foncé comme à l'origine, brodés de branches d'olivier vertes et or, d'une cape et d'une épée.

Le port de la tenue est obligatoire - sauf pour les ecclésiastiques - et sa confection très codifiée.

S'il est "conçu dans les règles de l'art", ce qui peut prendre six mois, l'habit peut coûter jusqu'à... 35 000 € !

L'épée d'académicien

L, qui sont dispensés du port de l'habit, peuvent également s'abstenir de porter l'épée.

L'arrêté de 1801 ne prévoyait pas de tenue féminine ; une certaine liberté vestimentaire est donc accordée aux femmes.

Les ecclésiastiques et, en principe, les femmes n’en reçoivent pas. Pourtant, si Jacqueline de Romilly porte un sac à main brodé assorti à sa cape, Hélène Carrère d'Encausse, Florence Delay, Assia Djebar, Simone Veil, Danièle Sallenave et Dominique Bona ont toutes choisi d'en porter une.

Son origine est liée à l'Institut d'Égypte et rappelle les usages de l'Ancien Régime.

Véritable objet d'art, l'épée constitue l'attribut personnel de l'académicien et revêt une haute charge symbolique. Elle lui est généralement offerte par ses amis et collègues, réunis dans un "Comité de l'épée", et lui est remise lors d'une cérémonie privée quelques jours avant sa réception. Oeuvre originale conçue avec beaucoup de liberté par des artistes joailliers, elle est offerte au récipiendaire dans le cadre d'une souscription auprès des amis du futur académicien. Ou peut être une arme ancienne, comme une épée de cour par exemple.

Des membres de l'Académie françaiseUn habit vert d'académicien français

Un film portant ce titre, avec l'excellent acteur français Jules Berry, a été réalisé en 1937 par le réalisateur français Roger Richebé, d'après la pièce de théâtre homonyme de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet.

Affiche du film français "L'habit vert" de Roger Richebé (1937)Affiche du film français "L'habit vert" de Roger Richebé (1937)

Assez curieusement, l'assistant réalisateur du film, Marcel Cohen (né le 22 novembre 1908 et mort le 6 décembre 2002), par ailleurs scénariste et monteur, en a réalisé par la suite une nouvelle version sous forme de téléfilm, en 1957.

Il se fera ensuite appeler Marcel Cravenne, comme son frère, l'attaché de presse, journaliste et producteur de cinéma Georges Cohen devenu Georges Cravenne, le fondateur des Césars, des Molières et des 7 d'or.

Source : wikipedia.org

 

"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage".

J'aime beaucoup cette expression du registre désuet en forme d'idiotisme textile, qui signifie : n'hésitez pas à travailler et retravailler inlassablement votre projet ou votre texte, à le peaufiner, à l'instar de l'artisan tisserand, qui ne cesse de remettre, autant de fois qu'il le faudra, son ouvrage (c'est à dire la pièce de tissu qu'il est en train de fabriquer) sur son métier à tisser.

Tisserand sur son métier à tisser

Il s'agit d'une citation de l'écrivain français Nicolas Boileau dit Boileau-Despréaux, extraite de "L’Art poétique", un poème didactique de onze cents alexandrins classiques paru en 1674, qui a, à mon sens gardé toute son actualité, près de trois siècles et demi plus tard.

Comme c'est également le cas avec une autre de ses célèbres phrases ("Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement"), je trouve qu'elle gagne à être réinsérée parmi celles qui la précède et la suive :

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez".

Source : wiktionary.org

"Le chauve à col roulé", "Un chauve à col roulé", "Un grand chauve à col roulé" ou "Un petit chauve à col roulé".

J'adore ces différentes locutions nominales masculines très imagées du registre argotique, en forme d'idiotisme textile, qui désignent au sens figuré et respectivement :

  • "Le chauve à col roulé" : la verge (ou le pénis),
  • "Un chauve à col roulé" : une verge (ou un pénis),
  • "Un grand chauve à col roulé": une longue verge (ou un long pénis),
  • et : "Un petit chauve à col roulé" : une petite verge (ou un petit pénis).

"Si le chapeau te fait, mets-le".

Cette expression proverbiale du langage courant en forme d'idiotisme vestimentaire signifie, au sens figuré : si tu te sens visé personnellement par une affirmation générale, assume.

Elle est assez proche de l'expression proverbiale "Qui se sent morveux se mouche".

Et a été le titre d'une chanson interprétée en 1967 par le chanteur et animateur de radio québecois Daniel Guérard (13 juin 1943 - 23 avril 2006) :

Source : wiktionary.org

"Mouiller le maillot".

Cette locution verbale du registre familier signifie : faire des efforts, se dépenser physiquement ; se donner du mal, travailler durement, s'impliquer.

Elle est principalement utilisée - au sens propre - dans le domaine sportif, notamment dans celui du football.

Mais on l'emploie également au sens figuré.

On dit par exemple : "Le président souhaite que ses ministres s'investissent davantage et mouillent le maillot".

Source : www.languefrancaise.net et dictionnaire.reverso.net

"Battre à plate couture".

Cette étrange locution verbale en forme d'idiotisme textile, qui ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers, signifie :

  • au sens propre :- pour les tailleurs (couturiers) d'autrefois : écraser une couture saillante avec son dé à coudre afin de l'aplatir,
  • et au sens figuré :
    • autrefois (registre désuet): rouer de coups.

Au théâtre, en effet, dans les farces du XVIIe siècle, le personnage du tailleur, prétextant qu’un autre personnage était "mal fagoté", écrasait les coutures saillantes de son habit en frappant vigoureusement le pauvre client à l’aide d’une latte !

    • et par extension : vaincre, défaire, battre très nettement, surpasser complètement, totalement ; terrasser, écraser.

On dit par exemple : "L'aviation ennemie a battu la nôtre à plate couture" ou "C'est la gauche qui a majoritairement permis à Jacques Chirac de battre Jean-Marie Le Pen à plate couture le 28 avril 2002".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"De fil en aiguille".

Cette locution adverbiale du langage courant en forme d'idiotisme textile date du XIIIe siècle.

Et elle signifie, au sens figuré : successivement, de manière progressive, en suivant une progression logique.

Elle s'utilise par exemple pour dire que l'on est passé d'une chose à une autre, d'un sujet de conversation ou d'une occupation à une autre.

Sources : wiktionary.org

 

"Agiter le chiffon rouge".

Cette expression, qui puise son origine dans la tauromachie, signifie : provoquer délibérément, mettre en avant un sujet polémique pour détourner l'attention, à l'instar du torero avec sa cape, face au taureau,

On dit par exemple : "On connaît la technique : le président va envoyer ses affidés agiter le chiffon rouge et fera ensuite mine de faire machine arrière".

 

"En baver", "En baver des ronds de chapeaux", "En chier" ou "En chier des ronds de chapeaux".

Ces différentes expressions signifient toutes, selon le contexte et au sens figuré :

  • souffrir.

On dit par exemple : "Je m'suis fêlé trois côtes une fois quand j'étais jeune : j'en ai bavé !".

Ou : "Avec ce nouvel entraîneur, il y en a qui vont en chier des ronds de chapeaux !".

  • ou : endurer de sérieuses difficultés, subir un mauvais traitement ; être dans une situation pénible.

On dit par exemple : "L'équipe va en baver face un tel adversaire".

Ou : "Ma fille en a bavé des ronds de chapeaux en première année de médecine".

"En baver des ronds de chapeaux" et "En chier des ronds de chapeaux" sont des idiotismes vestimentaires. Et ils font référence aux morceaux de plomb circulaires servant autrefois à maintenir leur forme aux chapeaux et d'abord appelés "Ronds de plomb" puis "Ronds de chapeaux".

Registres de langue :

  • "En baver" et "En baver des ronds de chapeaux" relèvent du registre argotique.
  • "En chier" et "En chier des ronds de chapeaux" relèvent du registre vulgaire.

Source : www.expressio.fr

 

"Aller comme un gant" ou "Seoir comme un gant".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes textiles signifient :

  • au sens propre : s’adapter exactement aux formes, en parlant d’un vêtement.

On dit par exemple : "Ce chapeau vous va comme un gant belle-maman".

Ou : "Cette veste te sied comme un gant".

  • et au sens figuré : être adapté aux circonstances.

On dit par exemple : "Ce surnom de Motodidacte allait comme un gant à Christian Estrosi. Comme un gant moto même !".

Ou : "Ce métier de veilleur de nuit te va comme un gant : je t'ai toujours connu dormant la journée et écrivant toute la nuit !".

"Aller comme un gant" relève du registre familier, tandis que "Seoir comme un gant" appartient au registre soutenu.

Source : wiktionary.org

"Faire flanelle".

J'aime beaucoup cette jolie expression en forme d'idiotisme textile, qui relève du registre familier et signifie, selon le contexte :

  • s’attarder passivement et de façon importune dans un lieu sans participer à ce qu’on y fait, sans intention d’acheter ou de consommer ce qu’on y propose, sans faire ce que l’on attend d’une personne venue dans cet endroit. Comme lorsque l'on fait déballer la marchandise à un commerçant mais finit par ne rien acheter ni consommer.

On dit par exemple : "La boutique était pleine mais ils ont tous fait flanelle".

    • en particulier : dans un débit de boissons, prendre une seule consommation et y rester longuement sans commander autre chose.

Voire passer de bar en bar sans rien y boire.

    • en particulier : dans une maison close, s’y attarder, y boire, y tripoter éventuellement les filles, mais sans monter avec aucune.
  • et par extension, avec la disparition des maisons closes :
    • ne pas avoir d'érection ; être impuissant ou avoir une panne sexuelle.

On dit par exemple : "Thomas est passé samedi soir, mais il a fait flanelle".

    • ne rien faire, glander (registre argotique).

On dit par exemple : "Mon fils a fait flanelle toute la semaine".

Cette expression nous vient en effet de l'argot du début du XIXe siècle où le mot "Flanelle" désignait, selon le lexicographe Lorédan Larchey, une personne qui se contentait de converser avec une prostituée, mais ne consommait pas.

Elle provient d'un jeu de mot sur le verbe "Flâner", transformé en "Flanelle".

Et comme il n'y avait pas d'acte sexuel, la mollesse de la flanelle était associée à celle du pénis restant inutilisé...

Sources : www.expressio.fr et wiktionary.org

"Un virage en épingle à cheveux" ou "Un virage en lacet" et "Un tournant en épingle à cheveux" ou "Un tournant en lacet".

Ces différentes locutions nominales extrêmement imagées du langage courant désignent respectivement :

Virages en lacet sur une route chinoise
Virages en lacet sur une route chinoise
Bottine à lacet
Bottine à lacet
  • "Un virage en lacet" ou "Un tournant en lacet" est un virage ou un tournant dans lequel la voie pivote et revient dans une direction sensiblement opposée à sa direction initiale, mais généralement à une altitude un peu différente, plus élevée en voie montante, plus basse en voie descendante.

Ils sont aménagés sur les reliefs, le plus souvent successivement, la sortie de l'un étant l'entrée d'un autre et alternativement dans la direction opposée, afin que que l'ascension ou la descente puisse s'effectuer selon une pente nettement plus faible.

Virages en épingles à cheveux
Virages en épingles à cheveux
Épingles à cheveux
Épingles à cheveux
  • "Un virage en épingle à cheveux" ou "Un tournant en épingle à cheveux" désigne un  virage ou un tournant dont l'angle est très grand et le rayon de courbure faible ; une courbe aigüe, repliée sur elle-même.

La sinuosité de ces routes est souvent particulièrement éprouvante pour les véhicules et leurs conducteurs, notamment pour les véhicules longs comme les autocars ou les camions, pour lesquelles elle est même souvent impossible.

Les dépassements y sont souvent difficiles, quel que soit le sens de circulation.

Virage en épingle à cheveux
Virage en épingle à cheveux

Sources : wiktionary.org et wikipedia.org