Pourquoi dire : "C'est un warning pour nous" ?

Le professeur Frédéric Adnet, chef de service des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny (93)

Comme l'a déclaré le professeur Frédéric Adnet, directeur médical du SAMU de Seine-Saint-Denis (93) et responsable du service des Urgences du CHU Avicenne de Bobigny (93), le 10 juillet 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Et pas : "C'est une ALERTE pour nous" ou "C'est une ALARME pour nous" !

Pour cet épouvantable anglicisme et parce qu'il est coutumier du fait, accumulant des énormités qu'une personne de son rang - qui passe son temps au surplus à s'exprimer sur les plateaux de télévision - ne devrait pas commettre, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

Pourquoi dire : "Il est sans arrêt en train de faire des rushs" ?

Comme l'a fait le journaliste sportif français Bertrand Latour, le 4 juillet 2020, dans l'émission vespérale "l'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas : "Il est sans arrêt en train d'ACCÉLÉRER" ou "Il est sans arrêt en train d'EFFECTUER DES ACCÉLÉRATIONS" ?

On ne dit pas : "Les français i' sont" !

Comme je l'ai entendu dire, le 5 fvrier 2020, par un intervenant, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais, tout simplement : "Les français sont" !

On ne dit pas : "C'est une tâche herculéenne à faire" !

Le docteur Anne Sénéquier, co-directrice de l'Observatoire de la santé mondiale de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques)

Surtout en oubliant la liaison et en prononçant "sè-une" et non "sète-une".

Comme l'a déclaré le docteur Anne Sénéquier, co-directrice de l'Observatoire de la santé mondiale de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), le 11 juillet 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV.

Mais : "C'est une tâche herculéenne à ACCOMPLIR" !

On ne "fait" pas une tâche : on l'accomplit.

On ne dit pas : "Vous avez passé une semaine sur l'hôpital de campagne de Mulhouse" !

Le journaliste français Matthieu Desmoulins

Comme l'a déclaré le journaliste Matthieu Desmoulins sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI, le 12 juillet.

Mais : "Vous avez passé une semaine À l'hôpital de campagne de Mulhouse" !

À moins d'y avoir effectué un stage de couvreur ou de ramoneur...

Cet usage abusif de la préposition "sur" ("J'habite SUR Aix-en-Provence, mais je travaille SUR Marseille"...) que l'on entend désormais à longueur de journée m'exaspère de plus en plus.

On ne dit pas : "On oblige le port du masque" ni "Je n'autoriserai plus des événements de cette capacité" !

L'homme politique français Christian Estrosi

Comme l'a déclaré l'homme politique français Christian Estrosi, le 13 juillet 2020.

Mais : "On IMPOSE le port du masque" !

Et : "Je n'autoriserai plus des RASSEMBLEMENTS de cette IMPORTANCE" !

Certes M. Estrosi a arrêté ses études avant même l'obtention de son baccalauréat et cela pourrait éventuellement constituer une excuse pour ne pas maîtriser correctement notre langue.

Mais il est né en 1955 et a eu je pense, depuis, le temps de s'instruire par lui-même. Son utilisation de la formule "de cette capacité" qui constitue un anglicisme atteste ainsi de ce qu'il lit ou entend beaucoup d'anglais.

En tout état de cause, je considère que l'on ne peut pas continuer à s'exprimer aussi mal lorsque l'on a derrière soi, comme lui, 32 années de vie politique au plus haut niveau (trois fois ministre, six fois député, président du conseil général des Alpes-Maritimes, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, président de la métropole Nice Côte d'Azur, maire de Nice) et lui décerne par conséquent sans hésiter mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

On ne dit pas : "Les gens ne se comportent pas civilement, ils ne portent pas de masques" !

Comme je l'ai entendu dire par une brave dame, le 13 juillet 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu franceinfo.

Mais : "Les gens ne se comportent pas civiQUEment, ils ne portent pas de masques" !

On ne dit pas : "Je suis content que l'évolution ait été en ce sens" !

Le Premier ministre français Jean Castex

Comme l'a déclaré le Premier Ministre Jean Castex, le 13 juillet 2020.

Mais : "Je suis content que l'évolution SOIT ALLÉE en ce sens" !

On ne dit pas : "La météo va les y aider en cela" !

Comme je l'ai entendu dire, le 11 juillet 2020, par un journaliste de la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV.

Mais : "La météorologie va les Y aider" OU "La météorologie va les aider EN CELA" !

Mais en aucune façon les deux ("y" et "en cela") à la fois : cela fait deux compléments d'objet direct et constitue donc un épouvantable pléonasme.

Pourquoi dire : "Est-ce que vous aimez les punchlines de Donal Trump ?" ?

Comme l'a déclaré un présentateur de la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV le 21 juin 2020.

Et pas : "Est-ce que vous aimez les PHRASES CHOC de Donal Trump ?" !

"En fait".

Cette locution adverbiale signifie : réellement, vraiment ; contrairement aux apparences.

On dit ainsi :

  • "Il est en fait très costaud",
  • "C'est une ville en fait assez pauvre",
  • ou : "Ils sont en fait peu favorables au changement";

Mais il devient souvent un véritable tic de langage, servant essentiellement à ponctuer  des propos d'une assez grande indigence.

Source : www.lefigaro.fr