Mais : "PERPÉTUER une tradition" !
Employons le verbe idoine
Le français comporte d’innombrables verbes aux significations souvent très précises, malheureusement trop peu usités.
Rien de tel qu’une lecture régulière des articles de cette collection pour vous les rappeler ou faire connaître.
Et vous permettre à l’avenir de davantage les employer, au moins occasionnellement, à bon escient.
Dans le même esprit, je vous recommande la lecture de ma collection « Utilisons le terme idoine« .
Nombre d’articles restant à paraître dans cette collection : 847
Ne dites pas : "Faire des choix", "Faire son choix" ou "Faire un choix" !
Mais : "EFFECTUER des choix", "EFFECTUER son choix" et "EFFECTUER un choix" !
Ou, plus simplement, encore : "CHOISIR" !
"Omettre" et "Une omission".
J'aime beaucoup ce verbe et ce substantif féminin du registre soutenu, qui signifient respectivement, selon le contexte :
- oublier, s'abstenir ou négliger de considérer, de mentionner ou de faire (ou "l'action de", pour "une omission"),
On dit par exemple : "Ma chérie, j'ai omis de te dire que j'avais légèrement embouti l'avant de ta nouvelle Mercedès".
S'abstenir ou négliger de considérer, de mentionner ou de faire.
- ne pas intégrer un ou plusieurs éléments dans une énumération ou dans la description d'un ensemble (ou "l'action de", pour "une omission"),
On dit par exemple : "Vous omettez constamment certaines victimes de votre parcours meurtrier, monsieur : je vous rappelle que vous avez égorgé et désossé 17 femmes et pas seulement deux ou trois !".
- passer sous silence (ou "l'action de", pour "une omission"),
On dit par exemple : "Parfois les personnes célèbres ont une fâcheuse tendance à omettre de parler de certains aspects dérangeants de leur passé".
Sources : Le Robert et www.larousse.fr
"Ricaner".
Cela peut consister, selon le contexte, à :
- rire à demi, d'une manière forcée ou contenue et de façon méprisante, moqueuse ou sarcastique,
- ou rire sottement, stupidement, sans motif ou pour cacher sa gêne.
Source : www.larousse.fr
"Obtempérer".
Ce verbe du registre soutenu relève des domaines administratif et judiciaire ou militaire et signifie : obéir, se soumettre sans discuter.
On peut ainsi écoper d'une contravention "pour refus d'obtempérer".
On obtempère normalement avant toute chose à un ordre, à une sommation, plus qu'à un voeu ou une prière, même si le verbe peut parfois s'utiliser en ce sens.
Et dire, par exemple : "J'ai obtempéré au désir de mes parents de me voir poursuivre mes études".
Source : www.cnrtl.fr
On ne dit pas : "Faire une ablation" !
Mais : "Procéder à une ablation" !
"Un hypnotique".
Il s'agit d'un type de médicament que nous appelons dans le langage courant "somnifère", utilisé pour traiter les troubles du sommeil tels que difficultés d'endormissement ou réveils précoces.
Il s'agit cependant, par principe, d'un dernier recours, que les médecins essaient de ne prescrire qu'une fois épuisées toutes les autres méthodes pour favoriser le sommeil et notamment la maîtrise de l'environnement et des habitudes entourant le temps du sommeil.
La particularité phare des hypnotiques, selon la dose, la sensibilité du patient et la molécule elle-même, est d'induire la somnolence chez le patient.
Mais comme, par la similitude d'action, beaucoup d'hypnotiques ont également des effets sédatifs et que - à l'inverse - des sédatifs peuvent induire une somnolence, il peut arriver que l'on recourt aux sédatifs pour traiter des troubles du sommeil.
On ne dit pas : "C'est lui qui a fait l'exploit" !
Comme l'a déclaré la journaliste sportive française Fanny Lechevestrier, le 24 août 2019, dans le journal radiophonique de 15H00 sur France Inter, à propos du doublé réussi par le joueur de rugby français Damien Penaud, auteur de deux essais lors de la rencontre "Écosse-France".
Mais : "C'est lui qui a réalisé l'exploit" !
Ne dites pas : "Attraper une maladie" ni "Choper une maladie" !
Mais plutôt : "CONTRACTER une maladie" !
Ne dites pas : "Construire une maison" !
Mais plutôt : "BÂTIR une maison" !
Vous passerez ainsi du langage courant au registre soutenu.
"S'immiscer".
Ce verbe polysémique du registre soutenu possède trois significations distinctes :
- c'est d'abord, s'ingérer, intervenir dans les affaires d'autrui de manière inopportune, s'en mêler sans y être autorisé.
On dit par exemple : "Ma voisine a tendance a s'immiscer dans la conversation des gens".
- mais également s’introduire indûment dans ce qui appartient à autrui.
On dit par exemple : "Les cambrioleurs se sont immiscé nuitamment dans la demeure afin d'y dérober l'ensemble des bijoux de la maisonnée."
- et enfin, dans le domaine juridique, le fait d'être appelé à une succession et de jouir, comme propriétaire, des biens qui la composent.
On dit par exemple : "Celui qui s'est immiscé dans une succession a fait acte de propriétaire sur les biens qui la compose et il n'y peut plus renoncer".
Source : www.cnrtl.fr
"Commettre".
Le verbe "Commettre" signifie :
- au sens propre : accomplir une action blâmable.
On commet par exemple un méfait, un crime ou un vol.
- dans le domaine juridique : désigner, nommer quelqu'un à une fonction déterminée.
On commet par exemple un rapporteur. Et l'on commet d'office un avocat.
-
et, par dérision : être l'auteur d'un ouvrage ou d'un texte irrespectueux, critiquable, ou considéré comme plus ou moins valable.
On dit par exemple : "Vous avez ensuite commis ce petit livre, devenu culte".
Et c'est dans cette acception, que je l'utilise le plus souvent dans J'aime les mots.
Source : www.larousse.fr