"Impayable" ou "Être impayable".

Cet adjectif signifie :

  • au sens propre : qui ne peut se payer,

On dit par exemple : "Mon frère a pris un appartement immense avec un loyer impayable".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : qui étonne par son côté extraordinaire ou très comique, ridicule.

On dit par exemple : "J'adore cet humoriste : il est impayable".

Ou : "Tu aurais vu comment était habillé le nouveau : sa tenue était impayable".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Dégoiser".

J'aime bien ce verbe qui change de signification selon le niveau de langue et signifie :

  • dans le registre désuet, en parlant des oiseaux : chanter, gazouiller.

Un oiseau qui chante

  • dans le registre populaire et péjorativement : débiter des propos avec volubilité, dire du mal, ergoter, jaser, cancaner, médire.

On dit par exemple : "Ma concierge dégoise des injures sur ses locataires à longueur de journée".

  • dans le registre familier :
    • parler, raconter oralement quelque chose,

On dit par exemple : "Tu vas tout nous expliquer calmement ; vas-y, dégoise !".

    • ou : lire à haute voix, réciter.

On dit par exemple : "Il nous a dégoisé sa tirade au moins quatre ou cinq fois".

Sources : www.cnrtl.fr et www.lalanguefrancaise.com

"Tourner court".

Cette locution verbale du langage familier signifie :

  • au sens propre :
    • tourner sans amplitude ; prendre un tournant ou un virage de manière serrée.

On dit par exemple : "Le chauffeur a tourné trop court et il m'a arraché la moitié de mon aile avant gauche".

    • arriver brusquement, de façon abrupte.

On dit par exemple : "Le dénouement tourne trop court à mon sens ; il arrive d’une manière trop brusque, trop peu préparée".

  • et au sens figuré :
    • abréger, mettre fin à quelque chose de manière inattendue.

On dit par exemple : "Après cet incident, l’orateur a tourné court et s’est hâté de finir".

Ou : "Sa maladie a tourné court, car le malade a guéri en quelques jours à peine".

    •  ou : finir plus tôt que prévu.

On dit par exemple : "L'expérience a tourné court : il n'est resté en poste que six mois à peine".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Les clés du camion", "Avoir les clés du camion", "Confier les clés du camion", "Donner les clés du camion", "Remettre les clés du camion", "Prendre les clés du camion" ou "S'emparer des clés du camion".

Ces différentes locutions verbales du registre familier, utilisées au sens figuré par les commentateurs sportifs, et tout particulièrement dans le domaine du football, font référence au contrôle, à la mainmise exercé par un joueur ou un entraîneur sur une équipe.

On dit par exemple : "Si Neymar quitte le PSG, Mbappé prendra les clés du camion".

"Une respectueuse".

Ce substantif féminin peu usité peut avoir différentes significations :

  • il s'agit tout d'abord, dans le registre désuet, d'une sorte de dentelle,
  • mais également, par extension, toujours dans le même registre :
    • d'une sorte de mouchoir fait de cette dentelle,
    • ou d'une sorte de coiffure féminine, élaborée à l'aide de cette dentelle.
  • enfin, et surtout, serais-je tenté de dire, dans le registre soutenu : d'une prostituée !

Cette acception est en effet dérivée - par ellipse - du titre de la pièce de théâtre "La putain respectueuse", écrite par Jean-Paul Sartre en 1947.

Une "respectueuse", c'est à dire : une prostituée

Source : wiktionary.org

"Nazebroque".

Jeune, j'aimais assez cet adjectif du registre argotique, qui signifie selon le contexte :

  • inintéressant, sans intérêt, minable, parce que vieux, démodé, abîmé, cassé, pourri, en mauvais état.

On dit par exemple : "Je n'ai pas voulu prendre le canapé : il était nazebroque".

  • bête, idiot, stupide, manquant d'intellignence.

On dit par exemple : "Elle est vraiment nazebroque cette gonzesse !".

  • très fatigué, vanné.

On dit par exemple : "J'suis complètement nazebroque".

Source : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.cordial.fr et www.dictionnairedelazone.fr

"Prêcher un converti".

Cette locution verbale du langage courant en forme d'idiotisme religieux signifie, au sens figuré : vouloir persuader une personne déjà convaincue.

Et est d'ailleurs synonyme de la formule dérivée, plus récemment apparue, ce me semble, "Prêcher un convaincu".

On dit par exemple : "Vous prêchez un converti : j'exècre moi aussi les anglicismes".

Source : wiktionary.org

"En deux temps trois mouvements".

Cet expression du langage courant en forme d'idiotisme numérique signifie, au sens figuré : très rapidement, très vite, en un rien de temps.

On dit par exemple : "En deux temps trois mouvements ils avaient disparu !".

L'expression "En deux deux", qui appartient au registre familier a la même signification.

"En butte (à quelque chose)" ou "Être en butte (à quelque chose)".

Cette locution nominale du langage courant, qui semble remonter aux alentours du XVIe siècle, signifie, au sens figuré : exposé (à quelque chose) ou être exposé (à quelque chose).

On dit par exemple : "En butte à de violentes attaques, il devait  réagir rapidement".

Ou : "Être en but à une forte discrimination".

Il s'agit étonnamment d'une expression d'origine militaire.

  • "Une butte" est en effet une légère élévation de terrain, naturelle ou artificielle colline ou tertre.

Un butte, légère élévation de terrain, naturelle ou artificielle

Et comme l'on y plaçait autrefois les cibles lors des exercices de tir à l'arquebuse, s'y trouver revenait donc à s'exposer au danger.Un arquebusier en position de tir

  • Aujourd'hui encore, les militaires parlent de "Butte de tir" pour désigner la petite élévation de terre ou de maçonnerie à laquelle est fixée ou adossée la cible destinée aux exercices de tir.

Une butte de tirUne butte de tir

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de l'expression - elle aussi d'origine militaire - "De but en blanc".

Sources : wiktionnary.org et www.larousse.fr

"Avoir l'estomac dans les talons", "Avoir l'estomac qui crie famine", "Avoir l'estomac vide" et "Avoir le ventre creux".

Ces différentes expressions du registre familier en forme d'idiotisme corporel signifient toutes quatre : être à jeun, ne rien avoir mangé depuis longtemps et donc - indirectement - avoir très faim, être affamé.

Et les deux premières ("Avoir l'estomac dans les talons" ainsi que "Avoir l'estomac  qui crie famine") s'utilisent au sens figuré.

On dit également : "Avoir une faim de loup".

"Un pont trop loin", "Être un pont trop loin", "S'avérer être un pont trop loin" ou "Se révéler être un pont trop loin".

Héritage langagier du cinéma et de la littérature, cette formule en forme d'idiotisme architectural, que l'on entend parfois, fait référence à un film et à un roman relatant un épisode de la Seconde Guerre mondiale situé aux Pays-Bas, en septembre 1944.

Et elle signifie concrètement, au sens figuré : trop ambitieux, trop dangereux, trop risqué, au-delà de ce qu'il est raisonnablement possible de faire ou de réussir.

C'est le réalisateur britannique Richard Attenborough, qui a réalisé, en 1977, le film "Un pont trop loin", d'après le roman éponyme de Cornelius Ryan, écrit en 1974.

Affiche du film américano-britannique "Un pont trop loin" de richard Attenborough (1977)

Les deux évoquent par le menu l'opération Market Garden, la plus grande offensive aéroportée de l'histoire, au cours de laquelle furent engagés 34 000 parachutistes.

Cette opération militaire alliée de la Seconde Guerre mondiale se déroula du 17 au 25 septembre 1944.

Principalement menée par les armées britanniques, il s'agissait d'une tentative de prendre des PONTS franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands.

Market Garden devait notamment permettre d'atteindre la ville d'Arnhem, située sur la rive du Rhin, derrière le troisième PONT à prendre.

Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried afin d'accéder à l'un des principaux centres industriels du IIIe Reich, la Ruhr, et donc de terminer plus rapidement la guerre, peut-être avant Noël 1944.

Proposée par le maréchal britannique Montgomery, cette opération risquée avait rencontré l'opposition des généraux américains Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au Sud, car ils avaient encore en mémoire les paroles du vainqueur d'El-Alamein qui se faisait fort de s'emparer de Caen (14) dès le soir du 6 juin 1944, alors que la ville n'était tombée que le 21 juillet...

L'opération Market Garden a finalement échoué. Ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d'une partie du territoire néerlandais. Et les Alliés ont perdu environ 16 000 hommes, contre 8 000 pour les Allemands.

Sans doute Montgomery avait-il visé "UN PONT TROP LOIN" ?

Source : wikipedia.org

"Recouvrer".

Ce verbe du registre soutenu signifie, selon le contexte :

  • Rentrer en possession de ce que l'on a perdu ou de ce qui nous a été pris.

On dit par exemple : "Mon grand-père a recouvré la santé".

Et : "En 1918, la France a recouvré l'Alsace et la Lorraine".

Ou : "J'ai hâte de recouvrer ma liberté de parole".

  • ou : Recevoir le paiement d'une somme due.

On dit par exemple : "J'ai différentes créances à recouvrer d'ici dix jours".

Ou : "Dans certains pays, l'État peine à recouvrer l'impôt".

Le verbe "Recouvrer" a donc un sens proche mais néanmoins distinct de celui du verbe "Retrouver", qui signifie : trouver ce qui avait disparu, ce qui était égaré.

Source : www.larousse.fr

"Un coup de torchon", "Donner un coup de torchon", "Mettre un coup de torchon" ou "Faire le ménage".

Cette locution nominale et ces trois locutions verbales signifient, au sens figuré et dans le langage familier : épurer de manière radicale.

On dit par exemple : "Le groupe a décidé de faire le ménage parmi ses différents revendeurs européens et d'en réduire nettement le nombre".

Ou : "La direction va faire le ménage dans les différents services et la logistique est directement menacée".

"Un coup de torchon" est le titre de l'un de mes films français préférés, réalisé en 1981 par Bertrand Tavernier, à partir d'une adaptation du roman états-unien "1 275 âmes" de Jim Thompson.

Avec Philippe Noiret, Stéphane Audran, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Guy Marchand, Gérard Hernandez et Eddy Mitchell.

Affiche du film français "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier (1981)

"L'arquebuse".

Ce substantif féminin désigne tout à la fois :

Une arquebuse italienne à double rouet de la fin du XVIe siècle

  • une arme à feu de portée effective limitée (moins de 50 mètres), assez lourde et encombrante, mais dont on pouvait épauler les dernières versions.

L'arquebuse à mèche, apparue vers 1450, a une masse de 5 à 9 kilogrammes et nécessite la prise d'appui sur une fourche appelée "fourquin".

Un arquebusier en position de tir

Les premières arquebuses à rouet semblent avoir été inventées au tout début du XVIe siècle en Allemagne du Nord. Leur fabrication se développe en Europe à partir de 15152. Cette arquebuse, plus maniable peut s'épauler, mesure de 0,80 à 1,30 mètre, pèse de 4 à 7 kilogrammes et tire une balle d'à peine 25 g.

L'arquebuse a une faible cadence de tir (un tir par minute) et son canon s'échauffe vite.

On distingue par la suite :

    • l'arquebuse à canon lisse, utilisée pour la chasse et destinée à tirer de la grenaille, très lourde et souvent fixée sur un chariot pour favoriser son transport le long des étangs pour la chasse au gibier d'eau,
    • et l'arquebuse à canon rayé, plus courte et plus maniable, destinée au tir à balle.

L'arquebuse est contemporaine des premiers "mousquets", qui finissent par la remplacer ; des armes bien plus lourdes, et nécessitant toujours la fourche de support (la "fourquine"), mais de plus gros calibre, lançant des projectiles capables de traverser toutes les armures.

Les arquebuses sont rapidement le support des plus belles ornementations des armuriers de l'époque : dorures, gravures, inserts en corne ou en ivoire sculptés, parfois même de pierres précieuses. Elles servent comme objet de décoration dans les demeures des plus riches seigneurs pour montrer aux visiteurs l'habileté des artisans qu'ils emploient.

  • et une boisson préparée par macération et distillation de plantes choisies pour leurs vertus naturelles (trente-trois selon le fabricant).

L'arquebuse (anciennement "eau d'arquebuse") tient son nom de ce qu'elle était censée guérir les blessures faites par les coups d'arquebuses et les armes à feu.

Deux anciennes bouteilles d'eau d'arquebuse de l'Hermitage
Deux anciennes bouteilles d'eau d'arquebuse de l'Hermitage

La recette définitive en a été élaborée en 1857 par le frère Emmanuel, qui était (selon les sources) herboriste ou infirmier , de la communauté des frères maristes de l'Hermitage de La Valla-en-Gier, près de Saint-Chamond (42).

À partir de 1869, la production a lieu à l'hermitage de Saint-Genis-Laval (69), puis a suivi l'exil des frères maristes à Carmagnola (Piémont) (Italie), en 1903, avant de revenir à Saint-Genis-Laval (69) en 1926.

Une bouteille d'Arquebuse de l'Hermitage

La commercialisation de l’arquebuse de l’Hermitage est assurée depuis 1986 par l’entreprise Cherry Rocher. En 1997, les frères maristes de la Sainte-Famille étaient encore les seuls possesseurs des secrets de fabrication de l’arquebuse.

Source : wikipedia.org