J'ai toujours beaucoup aimé ce verbe polysémique du registre populaire.
Il s'agit d'un mot-valise construit à partir des verbes "Ratisser" et "Emboiser " ("Tromper").
Et qui peut signifier, selon le contexte
rafler, escroquer, voler, prendre quelque chose à quelqu'un, notamment au jeu,
On dit par exemple : "Je me suis fait ratiboiser de près de mille euros".
ruiner quelqu'un, notamment au jeu,
On dit par exemple : "Le fils de notre patron qui venait à l'usine en Porsche est arrivé à vélo ce matin : cet idiot s'est laissé entraîner dans une tournée des casinos sur la Côte d'Azur, qui l'a complètement ratiboisé".
faire perdre (la santé, la fortune, la situation) ; causer la perte ; faire mourir.
On dit par exemple : "L'abus d'alcool a ratiboisé mon oncle".
couper à ras les cheveux,
On dit par exemple : "Ils vont te ratiboiser cette tignasse !".
ou : terminer, vider, liquider.
On dit par exemple : "Ton frère et ses copains ont ratiboisé ma cave : plus une bouteille de pleine !".
Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr et Le Robert
Ces trois substantifsparonymiques ne doivent surtout pas être confondus, puisqu'ils désignent respectivement :
"Une enclave" :
un territoire, ou morceau de territoire, complètement entouré par une seule autre entité territoriale (région ou pays).
Exemples d'enclaves célèbres :
Kaliningrad, anciennement Königsberg en Prusse-Orientale, est une ville de Russie située dans une enclave territoriale, l'oblast de Kaliningrad, totalement isolée du reste du territoire russe, entre la Pologne et la Lituanie.
Berlin-Ouest : partie Ouest de la ville allemande de Berlin ayant eu une identité propre, de la création de la Trizone, le 3 juin 1948 jusqu’au traité de Moscou du 12 septembre 1990.
Elle résultait du ralliement, en 1945, après la Seconde Guerre mondiale, des zones de Berlin contrôlées par les trois puissances occidentales victorieuses (les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) face à Berlin-Est, sous contrôle soviétique.
Alors que Berlin-Est devenait la capitale de la RDA (République Démocratique Allemande ou "Allemagne de l'Est") en 1949, Berlin-Ouest n’a jamais été officiellement gouvernée par la RFA (République Fédérale d’Allemagne ou "Allemagne de l'Ouest") et est restée une enclave en territoire Est-allemand, occupée par les trois puissances occidentales mais devenant progressivement autonome, dont la frontière était physiquement matérialisée par le "Mur de Berlin", du 13 août 1961 jusqu’à sa destruction en novembre 1989.
Et non, comme malheureusement beaucoup de gens le pensaient ou l'imaginent toujours, une ville coupée en deux (Berlin-Ouest et Berlin-Est), située à la frontière entre les deux Allemagnes (de l'Ouest et de l'Est) !
une localité ou une région isolée, éloignée de tout axe important de transport, comme par exemple une vallée alpestre ou la Corse.
Fouillouse (04) un hameau enclavé au fin fond de la Haute-Ubaye, perché à 1 900 mètres d'altitude, et cher à l’abbé Pierre car ses ancêtres en étaient originaires
"Une exclave": un morceau de terre sous souveraineté d'un pays, du territoire principal duquel il est séparé par un ou plusieurs pays ou mers.
Ce terme n'est qu'un calque de l'anglais "Exclave" et constitue donc un anglicisme. En français, seul le terme "Enclave" est employé pour les deux sens évoqués ci‐dessous.
au sens propre : une personne privée de sa liberté, par sa naissance ou par sa capture, qui n'est pas de condition libre, est considérée comme un instrument économique pouvant être vendu ou acheté, et se trouve sous la dépendance absolue d'un maître dont elle est la propriété.
Un convoir d'esclaves, en Afrique, au XIXe siècleLe marché aux esclaves de Zanzibar, dans la deuxième moitié du XIXe siècle
par extension :un prolétaire opprimé et exploité,
On dit par exemple : "L'industrie minière employait à la fin du XIXe siècle des centaines de milliers d'esclaves en Europe".
au sens figuré :
une personne qui, par flatterie, par intérêt ou par passion, se soumet entièrement à la volonté de quelqu'un, s'emploie exclusivement à le servir et suit aveuglément ses volontés ; une personne portée à obéir servilement,
On dit par exemple : "Mais ma chérie, ce n'est pas parce que tu l'aimes comme une folle que tu dois être son esclave".
une personne au service d'une autre personne, et astreinte à des tâches pénibles, parfois humiliantes,
On dit par exemple : "Ma belle-soeur est devenue l'esclave de son fils".
ou, en technologie, et notamment en informatique : un élément (périphérique, processus ou serveur) exécutant les ordres que lui en donne un autre, appelé "maître".
On parle alors de "modèle maître-esclave" ou d'"architecture maître-esclave".
Source : www.wiktionary.org, www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert
Ces deux verbes paronymiques ne doivent naturellement pas être confondus :
"Souscrire" (langage courant) signifie en effet , selon le contexte :
apposer sa signature au bas d'un acte pour l'approuver ("Souscrire un contrat", "Souscrire un traité", "Souscrire un engagement", etc.),
s'engager à payer, à cotiser en signant ("Souscrire un billet à ordre", "Souscrire une lettre de change", "Souscrire un abonnement", "Souscrire un emprunt", etc.),
s'engager à verser une certaine somme pour acquérir des parts, des actions, des obligations ("Souscrire x parts de fondateur dans quelque chose"),
ou : donner son adhésion formelle, acquiescer, adhérer, approuver,
On dit par exemple : "Je souscris totalement à ce que vous venez de dire".
et "Souscrire à" :
s'engager par écrit à fournir une somme convenue pour mener à bien une entreprise, pour financer une oeuvre commune ("Souscrire à la construction d'un monument", "Souscrire à une oeuvre"),
se porter acquéreur d'un certain nombre de parts d'un emprunt public ("Souscrire à un emprunt"),
s'engager par écrit à acheter, moyennant un prix convenu et un premier versement, un ou plusieurs exemplaires d'un ouvrage à paraître ou en cours de publication ("Souscrire à une encyclopédie" ou "Souscrire à une publication"),
ou : donner son adhésion formelle, acquiescer, adhérer, approuver.
On dit par exemple : "Je souscris totalement à ce que vous venez de dire".
tandis que "Suscrire" (registre soutenu) signifie, selon le contexte :
écrire au-dessus de la ligne,
Une lettre "suscrite" est ainsi une lettre écrite au-dessus d'une autre (on parle d'"exposant") par abréviation, comme par exemple :
le "e" après un "m" majuscule, pour "Maître" : Me
"al" après un "m" majuscule, pour "Général" : Gal
ou : "al" après un "m" majuscule, pour "Maréchal" : Mal
ou : inscrire le nom et l'adresse du destinataire sur l'enveloppe d'une lettre.
On dit par exemple : "Avant l'arrivée de l'informatique, suscrire des enveloppes en quantité pour le compte de sociétés ou d'administrations était une activité apportant un complément de revenu non négligeable pour de nombreuses familles désargentées".
Ce verbe polysémique du langage courant signifie, selon le contexte :
regarder quelqu'un longuement avec attention, avec insistance.
De façon parfaitement logique en effet, on ne peut dévisager une chose pas plus qu'un animal ou un végétal, pour la bonne et simple raison qu'ils ne possèdent pas de visage,
On dit par exemple : "Parfois dans le métro, malheureusement, certains voyageurs ont tendance à dévisager les personnes dotées d'un physique hors norme".
défigurer, déchirer le visage,
On dit par exemple : "Avec ses ongles, ma copine a failli me défigurer tant elle était énervée. Tout cela parce qu'elle a découvert que j'avais auparavant couché avec sa soeur et sa mère. Mais c'était il y a six mois."
et par extension : meurtrir le visage, le détériorer.
Il arrive ainsi que l'on dévisage ou décapite les têtes de personnages représentés forme de statues.
Comme par exemple, en Irak et en Syrie, de juillet 2014 à mars 2019, sous le régime du califat de l'EI (Etat Islamique).
Ou, dans la nuit du 21 décembre 2019, en France, à Saint-Gaudens (31), lorsque le "monument des trois maréchaux», sur l’esplanade de la Légion-d’Honneur, a été victime d’un acte de vandalisme., les représentations des maréchaux Ferdinand Foch, Joseph Joffre et Joseph Galliéni ayant été décapitées.
Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et www.linternaute.fr
Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.
Et il désigne, selon le contexte :
en anatomie : la cavité (ou le creux) située au-dessous de la jonction du bras avec l'épaule, que l'on appelle dans le registre populaire "Le dessous-de-bras".
Celle-ci est naturellement poilue.
Mais parfois épilée.
et en botanique : l'angle aigu que forme une feuille avec la partie terminale de la tige.
au sens propre, dans le registre désuet : ce qui a beaucoup de cosses, en parlant des tiges de pois ou de fèves ; ou est pourvus de cossesplus ou moins développées.
On dit par exemple : "J'ai planté une variété de haricot très cossue".
et ausens figuré :
dans le registre familier :
celui qui est riche, prospère, possède une large aisance ; est aisé,
On parle par exemple d'un "rentier cossu" ou d'un fermier cossu", pour évoquer un riche paysan.
Un rentier cossu
ou ce qui témoigne d'une situation prospère, ou dénote d'une large aisance.
On parle par exemple d'une "demeure cossue" pour désigner une grande et jolie bâtisse.
et dans le registre populaire, autrefois (registre désuet) : ce qui est gros.
On dit par exemple : "Ton oncle en raconte de bien cossues", pour "des choses trop grosses, peu vraisemblables".
Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wiktionary.org
Ce substantif masculin polysémique désigne, selon le contexte :
l'action de "massacrer", c'est à dire de tuer avec sauvagerie et en grand nombre des êtres incapables de se défendre.
Et cela, qu'il s'agisse :
d'êtres humains.
On dit par exemple : "On oublie souvent que la France a déjà vécu par le passé des massacres religieux de grande ampleur".
Le massacre de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572 : de 10 000 et 30 000 protestants furent massacrés à Paris (75) et dans une vingtaine de villes de province, durant les semaines suivantes et même les mois suivants
ou d'animaux.
On dit par exemple : "Je ne comprends pas quel plaisir peuvent bien éprouver les chasseurs qui se livrent à certains massacres d'animaux".
Massacre géant au Portugal : en deux jours, mi-décembre 2020, près de Lisbonne, seize chasseurs ont abattu 540 cerfs, sangliers et daims dans un domaine de chasse clos. Un carnage à plus de 100 000 euros
l'action, le fait de tuer avec sauvagerie, d'une manière particulièrement odieuse,
On dit par exemple : "C'est un véritable massacre qui a eu lieu : le tueur s'est acharné sur chacune des victimes avec une violence inouïe".
l'action, le fait de mettre à mal quelqu'un,
On dit par exemple : "Tu as vu ce combat : c'était un vrai massacre".
selon les cas :
la tête d'un cervidé (cerf, chevreuil, daim) séparée du corps et placée sur la peau de l'animal pendant la curée,
la tête naturalisée ou dépouillée d'un animal, conservée comme trophée ou utilisée comme ornement, un bois de cerf (souvent muni de l'os frontal) conservé comme trophée ou utilisé comme ornement.
un bois de cerf (souvent muni de l'os frontal) conservé comme trophée ou utilisé comme ornement,
ou, par extension : le crâne d'un animal à cornes, quel qu'il soit,
"Massacres" ("crânes d'animaux à cornes") divers
et enfin, en héraldique : une figure stylisée, constituée par les deux bois du cerf réunis autour de l'os frontal.
Le blason de la ville de Niedersteinbach (67), comportant un "massacre" (bois de cerf) : "De gueules au massacre de cerf d'or"
Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme chromatique relève du langage courant.
Et elle signifie, au sens figuré, en parlant d'un individu ou d'un personnage : pittoresque, original dans ses comportements ou son accoutrement.
On dit par exemple : "Lorsque j'étais enfant, mon grand-père jouait à la pétanque avec un personnage haut en couleur, qui se promenait toujours avec son clairon de la Guerre de 14-18 !".
Cette locution adjectivale et cette locution verbale appartiennent au registre familier.
Et elles signifient respectivement, au sens figuré :
"Inconnu au bataillon" :
ne figurant pas dans une liste, un répertoire, ou tout simplement dans les connaissances de quelqu’un.
On dit par exemple : "Patron, on me demande si vous auriez eu un employé du nom de Robert Dumas... Cela vous dit quelque chose ?". "Pas du tout : inconnu au bataillon !".
et par extension : complètement, parfaitement, totalement inconnu.
On dit par exemple : "J'ai un ami qui parcourt le monde et visite de minuscules pays inconnus au bataillon".
et "Être inconnu au bataillon" : être un illustre inconnu; quelqu'un que l'on n'a jamais vu et dont l'on n'a jamais entendu parler.
On dit par exemple : "J'ai voulu effectuer des recherches pour savoir qui était la personne qui a donné son nom à ma rue mais je n'ai curieusement rien trouvé : il semble être inconnu au bataillon !"
Il s'agit de formules directement issues du jargon militaire, puisque le substantif masculin "Bataillon" désigne une troupe et, de nos jours, un corps d'infanterie composé de plusieurs compagnies.
Et que l'expression "Inconnu au régiment" est utilisée lors de l'appel militaire, lors duquel elle constitue la réponse réglementaire faite à l'appel d'un nom inconnu, non identifié. "Inconnu au bataillon !" signifie : impossible à identifier, à retrouver, ou sans papiers d'identité.
Sources : www.defense.gouv.fr et Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey, Nathan, 2011