"Être un paquet d'os", "Être un sac d'os" ou "N'avoir que la peau sur les os" et "Un paquet d'os" ou "Un sac d'os".

N'avoir que la peau sur les os : une jeune femme anorexique

Toutes ces formules très imagées en forme d'idiotisme corporel désignent, au sens figuré :

  • "Être un paquet d'os" (registre familier), "Être un sac d'os" (registre familier) ou "N'avoir que la peau sur les os" : être extrêmemement maigre, d'une très grande maigreur.

On dit pas exemple : "Lorsqu'il est sorti de l'hôpital, après sept mois, mon oncle n'avait plus que la peau sur les os".

N'avoir que la peau sur les os : l'écrivaine états-unienne Elizabeth Ann "Lizzie" Velásquez, née le 13 mars 1989, souffre d’une maladie congénitale très rare, le syndrome d'apparence progéroïde et marfanoïde-lipodystrophie, qui l’empêche notamment d’accumuler de la graisse corporelle
L'écrivaine états-unienne Elizabeth Ann "Lizzie" Velásquez, née le 13 mars 1989, souffre d’une maladie congénitale très rare, le syndrome d'apparence progéroïde et marfanoïde-lipodystrophie, qui l’empêche notamment d’accumuler de la graisse corporelle
  • et "Un paquet d'os" (registre familier) ou "Un sac d'os" (registre familier) : une personne extrêmement maigre, d'une très grande maigreur.

On dit par exemple : "Cette fille n'est pas mince : c'est un vrai sac d'os !".

Les formes "Être un paquet d'os" et "Un paquet d'os"  sont nettement moins usitées que les formes "Être un sac d'os" et "Un sac d'os".

 

 

"Il vit sa vie" et "Il vit son vit".

Dans ces deux phrases paronymiques, les mots "vie" et "vit" sont homophones, puisqu'ils s'écrivent différemment mais se prononcent de façon identiques ("vi").

Et les trois mots "vit" employés sont homophonographes, puisqu'ils s'écrivent ("vit") et se prononcent ("vi") de façon identique, mais possèdent des significations totalement distinctes :

  • "Il vit sa vie" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "vivre" au présent de l'indicatif.

Et cette phrase constitue une déclinaison de l'expression du langage courant "Vivre sa vie".

  • et "Il vit son vit" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "voir" au passé simple de l'indicatif.
    • tandis que dans la seconde partie ("son vit"), le mot "vit" est un substantif masculin du registre soutenu désignant la verge.

"Serrer le kiki".

Cette étrange locution verbale du registre populaire signifie : serrer le cou, étrangler.

On dit par exemple : "Arrête donc de serrer le kiki de ton grand frère comme ça : tu vas finir par l'étouffer, voyons" !

Le mot "Kiki" peut cependant avoir en français plusieurs significations différentes.

Et on le retrouve également dans une autre expression déjà évoquée : "C'est parti mon kiki !".

"Luxuriant" ou "Luxuriante" et "Luxurieux" ou "Luxurieuse".

Ces adjectifs paronymiques du registre soutenu ont des significations totalement différentes et ne doivent donc surtout pas être confondus :

  • "Luxuriant" ou "Luxuriante" signifie en effet :

Une végétation luxuriante

    • qui foisonne, pousse et se développe en abondance et avec vigueur.

On parle ainsi souvent d'une "forêt luxuriante", d'une "jungle luxuriante" ou d'une "végétation luxuriante".

Voire, par analogie, d'une "chevelure luxuriante".

Une pilosité masculine luxuriante

Ou d'une "pilosité luxuriante".

    • ou : qui déborde de richesse, de vigueur.

Une santé luxuriante

On parle par exemple d'un "style luxuriant", d'une "description luxuriante" ou d'une "santé luxuriante".

  • tandis que "Luxurieux" ou "Luxurieuse" signifie : débauché(e), lascif(ve), lubrique, voluptueuse, sensuelle ; s'adonnant à la luxure.

Ou : empreint(e) d'une sensualité lascive ; incitant au plaisir sexuel.

Une danseuse du ventre

On parle par exemple d'une "danse luxurieuse".

L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse
L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse

Ou d'une "pose luxurieuse".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche".

Cuillère de bébé en argent massif "Charlie bear" de chez Christofle

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : être sinon rentier, du moins un privilégié, issu d’une famille très aisée et ayant la chance de n'avoir eu aucune préoccupation financière depuis sa naissance.

Elle comporte en général une connotation négative et est essentiellement utilisée afin de discréditer une personne.

Il s'agit d'une expression qui nous vient d'Angleterre, où elle serait apparue pour la première fois en 1712. Et l'on sait qu'elle est employée aux États-Unis d'Amérique depuis au moins 1780 ("Born with a silver spoon in his mouth" c'est à dire "Né avec une cuillère en argent dans la bouche").

Elle n'a cependant dû s'imposer chez nous que dans la seconde partie du XIXe siècle.

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche" est - comme souvent - une expression directement liée à la religion chrétienne.

Même si elle semble s'être relativement perdu, la tradition voulait en effet que, lorsqu’un bébé venait au monde, son parrain lui offrait une cuillère le jour de son baptême. Une cuillère en argent soulignait la richesse de la famille, puisque dans les milieux moins aisés, on utilisait des cuillères en bois, qui furent par la suite principalement fabriquées en étain. Le mot anglais "Spoon" ("Cuillère") constitue d’ailleurs une déformation du mot "Spon", qui désignait un copeau de bois, la cuillère étant taillée dans un gros éclat de bois.

Offrir une cuillère en argent à son filleul était donc un signe visible de son aisance et de la bonne éducation qu’il recevrait, à l’abri de tout embarras financier.

Source : www.lefigaro.fr, "Les 1001 expressions préférées des Français" (Georges Planelles, 2011)

"Les jambes de Cyd Charisse que tous les gens lucides chérissent".

L'actrice états-unienne Cyd Charisse surnommée "Les jambes" ou "Les plus belles jambes du monde".

J'ai bien aimé ce calembour de l'historien français du cinéma Noël Simsolo, entendu dans le documentaire de 2019 de Linda Tahir "Les plans séquences de John Farrow", proposé en supplément sur le DVD du film états-unien "California terre promise", réalisé en 1947 par John Farrow.

L'historien français du cinéma Noël Simsolo

Il fait référence à l'actrice états-unienne Cyd Charisse, surnommée "les jambes" et dont on disait qu'elle possédait "Les plus belles jambes du monde".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le nom de l’actrice états-unienne « Cyd Charisse » et les mots « lucides chérissent ».

Pourquoi ne faut-il jamais demander à une boulangère si elle a de grosses miches ?

Réponse
Afin d’éviter de se prendre un pain dans la gueule !
Explication du calembour
Il résulte de la polysémie de la locution verbale « Prendre un pain », qui signifie « Recevoir un coup violent » dans le registre argotique.

 

"Un cul-de-jatte".

Un cul-de-jatte

Les innombrables estropiés de la première guerre mondiale étant désormais tous disparus et les progrès de la médecine et des prothèses étant ce qu'ils sont, sans doute la plupart des jeunes gens actuels ignorent-ils, fort heureusement, ce qu'est un "cul-de-jatte".

Il s'agit tout simplement d'une personne dépourvue de membres inférieurs ou ne pouvant en faire usage pour marcher.

Cette absence de membres inférieurs peut résulter d'une amputation mais également d'une malformation : agénésie (trouble de l'organogenèse consistant en une absence de formation d'un organe ou d'un membre lors de l'embryogenèse) ou syndrome de régression caudale.

Le phénomène de foire, artiste de cirque et acteur états-unien Johnny Eck (né John Eckhard Jr. le 27 août 1911 et mort le 5 février 1991) bien connu des cinéphiles pour son rôle dans le film "La monstrueuse parade" de Tod Browning (1932), était ainsi né sans jambes, avec une colonne vertébrale tronquée, ce qui avait provoqué une atrophie du torse.

Le phénomène de foire, artiste de cirque et acteur états-unien Johnny Eck (né John Eckhard Jr. le 27 août 1911 et mort le 5 février 1991) : un cul-de-jatte non amputé mais atteint du "Syndrome de régression caudale" était né sans jambes, avec une colonne vertébrale tronquée, ce qui avait provoqué une atrophie du torse. Il est bien connu des cinéphiles pour son rôle dans le film "La monstrueuse parade" de Tod Browning (1932).
Johnny Eck, un cul-de-jatte atteint du syndrome de régression caudale

Comme de nombreux collègues dessinateurs, le belge Morris, créateur de la célèbre série de bande dessinée western "Lucky Luke" avait coutume de les représenter dans ses albums, posés sur de petites plate-formes à roulettes, se déplaçant à l'aide de fers à repasser.

Source : www.cnrtl.fr

"Un rictus".

Le chanteur et acteur états-unien Elvis Presley faisant un rictus

Ce substantif masculin nous vient directement du latin "Rictus" signifiant "Ouverture de la bouche".

Et il désigne, dans le registre soutenu : une contraction des muscles de la face et notamment de la bouche, donnant au visage l'expression ou l'aspect d'un rire crispé, forcé et silencieux ou d'un sourire grimaçant, traduisant souvent des sentiments tels que la jalousie, la colère, la méchanceté ou la douleur.

On dit par exemple : "Son visage aborait un rictus de douleur".

Ou : "Je n'ai pas beaucoup apprécié ton rictus moqueur lorsque je t'ai dit que j'avais fait un mariage d'amour".

Sources : Google, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Elle était belle à damner un saint... et même les deux !".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie des mots « Saint » et « Sein » et fait référence à l’expression traditionnelle « À damner un saint« .

J’ai beaucoup aimé ce calembour de l’historien français du cinéma Noël Simsolo, entendu dans le documentaire de 2019 de Linda Tahir « Les plans séquences de John Farrow », proposé en supplément sur le DVD du film états-unien « California terre promise », réalisé en 1947 par John Farrow.

L'historien français du cinéma Noël Simsolo

Une femme "belle à damner un saint... et même les deux !"