On ne dit pas : "C'était la mode, dû aux événements d'Amérique du Sud" !

Comme l'a déclaré l'illustratrice française Rébecca Dautremer, le 13 octobre 2019, dans l'émission radiophonique dominicale française de Zoé Varier, "Une journée particulière", sur la chaîne publique France Inter.

Mais : "C'était la mode, EN RAISON DE CE QUI SE PASSAIT EN Amérique du Sud" !

Pourquoi dire : "Lorsque nous sommes arrivés en situation de responsabilité" ?

L'homme politique français Bernard Cazeneuve

Comme l'a déclaré l'ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, le 9 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Et pas : "Lorsque nous sommes parvenus au pouvoir" ou "Lorsque j'ai été nommé à ce poste".

Je trouve parfois que j'exagère et ai une fâcheuse propension à accumuler les adjectifs ou les périphrases.

Mais je dois m'incliner devant ces rois de la novlangue que sont la plupart de nos hommes politiques, régulièrement "en capacité" d'enfumer leur auditoire et de masquer leur incurie, leur impéritie, leur incompétence et leur inefficacité - ou celle de leurs services - sous des propos aussi abscons.

Pourquoi dire : "Le soft power" ?

La journaliste française Fabienne Sintes

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 7 octobre 2019, la journaliste française Fabienne Sintes, dans son émission quotidienne "Un jour dans le monde", sur la chaîne radiophonique publique française France Inter.

Et pas simplement, en français : "La manière douce" ou "Le pouvoir de convaincre" !

Ce concept utilisé en relations internationales a été développé par le professeur états-sunien Joseph Nye, et repris depuis une décennie par de nombreux dirigeants politiques.

Il désigne la capacité d'un acteur politique - État, firme multinationale, ONG, institution internationale (comme l'ONU ou le FMI), voire réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) - à influencer indirectement le comportement d'un autre acteur.

Le concept a été développé aux États-Unis vers 1990, mais la notion est née au XIXe siècle au Royaume-Uni.

C'est, en effet, en partie à travers la culture britannique, sa littérature notamment (Shakespeare, Conan Doyle, avec ses enquêtes de "Sherlock Holmes", Lewis Carroll avec "Alice au pays des merveilles", etc.) ou, par l'adoption par de nombreux pays, de normes comme les notions de "fair-play" et d'amateurisme, que le Royaume-Uni a pu exercer au XIXe siècle et au début du XXe une forte influence.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un tout petit territoire qui n'est pas censé supporter autant de supporteurs... si je puis dire" !

Comme l'a déclaré la journaliste française Fabienne Sintes, le 7 octobre 2019, dans son émission radiophonique quotidienne  "Un jour dans le monde", consacrée au Qatar, pays organisateur de la future coupe du monde de football 2022, sur la chaîne radiophonique publique française France Inter.

Et pas : "Un tout petit territoire qui n'est pas censé ACCUEILLIR autant de supporteurs" !

On ne dit pas : "C'est un basique" ni "Ça fait partie de nos basiques" !

Comme l'a déclaré Isabelle Monnet, directrice générale de la société Scolarest (Groupe Compass), numéro trois de la restauration scolaire en France, au cours du reportage "Cantines scolaires, qu'est-ce qu'on mange ?", dans l'émission radiophonique dominicale française "Interception", le 6 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Mais : "C'est un élément de base" ou "Cela fait partie de nos éléments de base" !

En français, "basique" n'est en aucune façon un substantif, mais uniquement un adjectif, qui signifie "de base, basal(e), élémentaire".

On ne dit pas : "Un achat en panic buy" !

Comme je l'ai entendu, début octobre 2019, dans l'émission télévisée "L'Équipe du soir", sur la chaîne télévisée française L'Équipe.

Mais : "Un achat de dernière minute" ou "Un achat effectué en catastrophe" !

Il s'agit, au surplus, d'un faux anglicisme, la véritable forme anglaise étant "Panic buying"...

On ne dit pas : "C'est des animaux qu'on essaye d'élever dans les mêmes méthodes qu'y a eu" !

Comme l'a déclaré un éleveur corse de porcs noirs, interrogé dans le volet consacré à "La Corse gourmande" de l'émission télévisée française "Échappées belles", rediffusée le 6 octobre 2019, sur la chaîne télévisée publique France 3.

Mais : "CE SONT des animaux QUE L'ON essaye d'élever AVEC les mêmes méthodes qu'AUTREFOIS" !

Pour cet épouvantable galimatias, je lui décerne sans hésitation, malgré son statut de non professionnel de la langue ou de la communication, mon label de médiocrité "Fâchés avec le français" !

Le lapsus du siècle !

C'est au sympathique Jean-Pierre Foucault que nous le devons. Et je trouve qu'il vaut son pesant d'or !

La scène remonte à 1987.

Le célèbre animateur présente alors l'émission de divertissement phare du moment, "Sacrée soirée", et il doit désannoncer la chanteuse Karen Cheryl, aujourd'hui davantage connue comme animatrice de radio, sous son véritable patronyme d'Isabelle Morizet.

La jolie vedette alors âgée de 32 ans, sexy en diable, en pantalon de cuir noir, vient de se trémousser quatre minutes durant au rythme de son nouveau titre "À l'envers, à l'endroit", lorsque le sémillant quadragénaire - nous sommes, je le rappelle en 1987 - vient la rejoindre sur le plateau en s'exclamant : "À bientôt Karen Cheryl, "Par devant, par derrière !"...

Est-il réellement nécessaire de commenter ?

On ne dit pas : "Vous savez jeudi c'qu'i s'passe ? C'est la Saint-Valentin !" !

Comme l'a fait le journaliste français annonçant, le 10 février 2019, le reportage au Kenya "Allons voir si la rose", de Grégoire Lecalot et Laure Broulard, dans le magazine radiophonique dominical de grands reportages de Pascal Dervieux, Vanessa Descouraux et Philippe Bardonnaud, "Interception", sur la radio publique française France Inter.

Mais : "Vous savez cE qu'iL sE passe JEUDI ? C'est la Saint-Valentin" !

Nos représentants politiques sont-ils tous des obsédés sexuels ?

Ils - et elles ! - sont en effet régulièrement à l'origine de savoureux lapsus linguae qui ne peuvent que nous amener à nous interroger sur la nature réelle de leurs préoccupations premières.

Rappelons en effet que la psychanalyse considère le lapsus comme une variété d'acte manqué et que, de fait, nombre de leurs fautes se produisent au profit de termes à caractère sexuel.

Rachida Dati

  • On se souvient ainsi de la ministre de la justice de François Fillon, Rachida Dati, interviewée le 26 septembre 2010 par Anne-Sophie Lapix sur Canal Plus, constatant : "quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20-25 %, avec une fellation quasi-nulle" (au lieu d'une "inflation")...

Puis, de la même garde des sceaux, interviewée le (cela ne s'invente pas !) 1er avril 2011 par Christophe Barbier sur LCI, évoquant : "Un gode des bonnes pratiques" (au lieu de "code").

Brice Hortefeux

 

  • Entretemps, le 17 octobre 2010, invité du grand jury RTL-LCI-Le Figaro, son collègue, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur du même François Fillon, évoquait "Le fichier des empreintes génitales" (au lieu de "génétiques").

Édouard Philippe

 

  • Tandis que, plus récemment, le 10 mars 2018, le Premier ministre Édouard Philippe a régalé le monde de l'ovalie à l'occasion de son allocution pour la création du comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023, en annonçant : "La France est une nation qui veut continuer à sucer des grands champions" (au lieu de "susciter")...

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré aux différentes pratiques sexuelles des personnalités.

 

On ne dit pas : "La chance que j'ai fait c'est que j'avais fait ces photos au Rolleiflex" !

Comme l'a déclaré le photographe français Raymond Depardon le 28 septembre 2019, dans la matinale de la radio publique française France Inter".

Mais : "La chance que j'ai EU c'est que j'avais fait ces photos au Rolleiflex" !

Voire, idéalement, : "J'AI EU la chance D'AVOIR fait ces photoGRAPHIEs AVEC UN Rolleiflex" !

Parce que ce n'est pas la première fois que je l'entends ainsi massacrer le français, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

On ne dit pas :"Merci tellement, Joan Baez !"

Comme l'a fait l'animateur français Augustin Trappenard", le 20 février 2018, dans son émission radiophonique "Boomerang", sur la radio publique française "France Inter".

Mais : "Merci infiniment, Joan Baez" !

Ou, directement, : "Thank you so much, Joan Baez" !