Ces mots peu usités par le Français moyen relèvent du vocabulaire religieux.
Le terme "irénisme" est récent puisque n'est attesté qu'en 1962. Il nous vient du grec εἰρήνη (eirếnê), où il signifie "la paix". Et le mot est dérivé d'"irénique", emprunté au latin ecclésiastique moderne "irenicus", apparu en 1867.
Ils signifient en effet respectivement :
ausens propre :
"L'irénisme" : une attitude d'esprit condamnée par l'encyclique "Humani Generis", selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, inacceptables, par désir exagéré de paix et de conciliation,
"Irénique" : ce qui relève de l'irénisme,
et "Un iréniste" : une personne qui pratique l'irénisme,
et par analogie, dans le domaine politique :
"L'irénisme" : une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit ; la recherche de la paix et de la concorde.
On dit par exemple : "L'irénisme du président Macron mène notre pays à la catastrophe".
Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et wiktionary.org
Cette expression en forme d'idiotisme numérique relève du registre familier.
Et elle signifie, au sens figuré :
à l'origine : aller contre le sens moral et les convenances ; mener une vie désordonnée, dissolue ; vivre sans respecter la morale, les us et coutumes et les convenances.
On disait par exemple : "Ces étudiants passent davantage de temps à faire les quatre cent coups qu'à étudier !".
et de nos jours, pour un enfant ou un adolescent : enchaîner les bêtises, voire les délits.
On dit par exemple : "À cette époque, mon ami Bruno et moi faisions les quatre cent coups dans le village".
Origine de l'expression
Elle trouve son origine dans un événement survenu en France, en 1621, lors des guerres de religion.
Cette année-là, en effet, le roi Louis XIII avait ordonné que les habitants de Montauban (82), alors place forte du protestantisme dans le pays, se convertissent au catholicisme.
Pour arriver à ses fins, il chargea ses troupes d’assiéger la ville et d’effrayer la population, afin qu’elle se rende. Quatre cents coups de canon avaient ainsi été tirés en direction des fortifications.
Mais cette stratégie n’avait pas eu l’effet escompté, puisque les Montalbanais n’avaient pas cédé. La légende raconte même qu’ils avaient festoyé au milieu des tirs.
Un non-respect des convenances et de l’ordre qui a, au fil du temps, donné son sens à l’expression utilisée aujourd’hui.
L'expression "Les quatre cent coups" a été largement popularisée par le célèbre film français de 1959 "Les quatre cent coups", première réalisation du jeune François Truffaut, qui révèla celui-ci au grand public et devint un film emblématique de l'essor de la Nouvelle Vague.
Quatre autres films viendront par la suite compléter la saga Antoine Doinel, toujours interprété par le génial Jean-Pierre Léaud, révélé à 14 ans : "Antoine et Colette" (segment du film à saynètes "L'amour à 20 ans") en 1962, "Baisers volés" en 1968, "Domicile conjugal" en 1970 et "L'amour en fuite" en 1979.
Rarement, je crois, un jeune acteur n'aura montré, lors d'un bout d'essai, un tel naturel :
Sources : wikipedia.org, wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.cnews.fr et www.projet-voltaire.fr
Ces deux locutions nominales masculines en forme d'idiotisme religieux désignent respectivement, dans le langage courant :
un homme singulier, bizarre, dont on peut tout attendre.
On dit par exemple : "Se présenter à la présidence de la République, obtenir le César du meilleur acteur pour un rôle dramatique et fonder les Restos du Coeur" : Coluche était vraiment un diable d'homme !".
un enfant urbulent, insupportable,
On dit par exemple : "Devoir surveiller un petit diable pareil ne doit pas être de tout repos".
Nombre de français n'ont dû découvrir ce nom qu'à l'occasion d'une lecture détaillée de la profession de foi pour le deuxième tour des élections présidentielles du 24 avril 2022 de Marine Le Pen.
Celle-ci propose en effet la panthéonisation de ce prêtre français, précurseur de l'enseignement spécialisé dispensé aux personnes sourdes.
Charles-Michel de L'Épée, appelé abbé de L'Épée, est né Charles-Michel Lespée, le 24 novembre 1712 et mort le 23 décembre 1789.
Il est le fondateur de l'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), à Paris (75).
L'INJS se situe à proximité immédiate de la rue qui porte aujourd'hui son nom.
De nombreuses autres villes posssèdent des voies appelées "Abbé de l'Épée" : Amiens (80), Bordeaux (33), Clermont-Ferrand (63), Marseille (13), Montpellier (34), Nantes (44), Poitiers (86), Reils (51), Rouen (76), Saint-Jean-de-la-Ruelle (45), Strasbourg (67) ou Versailles (78), sa ville natale.
Mais aussi Bruxelles (Belgique) ou Montréal (Canada).
L'abbé de l'Épée est également l'inventeur de la LSF ou Langue des Signes Françaises.
D'abord avocat, il est ordonné prêtre en 1736.
Possédant une fortune personnelle, l'abbé décide de consacrer son temps aux oeuvres de charité.
Entre 1760 et 1762, il découvre deux soeurs sourdes à la rue des Fossés-Saint-Victor, les soeurs en questions communiquant entre elles par des signes. Leur précepteur, le père Vanin, étant décédé en 1759, il accepte de le remplacer pour enseigner aux jumelles. L'abbé de L'Épée étudie les signes employés par ces filles. Et sa maison se transforme en école ouverte à tous les sourds où il accueille 60 élèves sourds. Il a alors l'idée de mettre au point un alphabet à deux mains avec lequel les sourds pourront communiquer.
Au fil du temps, l'abbé aura 19 disciples qui fonderont plus tard 17 écoles pour les sourds.
Le 23 décembre 1789, devenu pauvre et infirme en se privant durant des mois pour servir toujours au mieux ses chers élèves, Charles-Michel de l'Épée meurt à l'âge de 77 ans.
Enseignement de la LSF
L'abbé de l'Épée a mis en place la recherche sur une langue des signes méthodique utilisable par les sourds, afin de lier ces signes avec le français écrit, mais, comme l’a ultérieurement souligné Ferdinand Berthier, son erreur fut de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds.
Contrairement à ce que certains croient encore, ce n'est pas l'abbé de L'Épée qui a éduqué des sourds, même avec des gestes. Comme dit Pierre Desloges : "Ce n'est donc pas Monsieur l'abbé de L'Épée qui a créé et inventé ce langage ; tout au contraire, il l'a appris des sourds et muets". En revanche, c'est le regroupement des élèves sourds dans son institution et le besoin de communiquer entre eux qui favorisèrent et perfectionnèrent la LSF, la langue naturelle des sourds. Car il est vain de vouloir enseigner aux sourds sans tenir compte de leur identité culturelle.
Postérité
L'abbé de l'Épée a été immortalisé par l'acteur français Jacques Mathou, dans le superbe film "Ridicule" de Patrice Leconte, en 1996.
Cette locution verbale change radicalement de sens en fonction de niveau de langue employé, puisqu'elle signifie :
au sens propre, dans le langage courant : ajouter l'enfant Jésus dans la crèche, dans la nuit du 24 au 25 décembre, date anniversaire de sa naissance présumée, à Béthléem (Palestine), en l'an zéro (alors qu'il serait vraisemblablement plutôt né à Nazareth (Israël) entre l'an -6 et l'an - 4... avant lui-même).
On dit par exemple : "Colombe, Sophie-Charlotte, Domitille, Isaure, Marie-Bénédicte, Jean-Eudes, Enguerand, Côme, Childéric, Godefroy, venez tous ! Il est minuit, nous allons déposer l'enfant Jésus dans la crêche !".
et au sens figuré, dans le registre populaire : pénétrer sexuellement, c'est à dire introduire son sexe dans celui de sa partenaire !
On dit par exemple : "Ma Raymonde va faire ses 50 piges demain... alors j'vas aller au marché lui offrir un joli bouquet d'marguerites et rev'nir i' mettre le Petit Jésus dans la crèche".
"Une sinécure" est un substantif féminin désignant :
à l'origine, au Moyen Âge, un bénéfice ecclésiastique (beneficium sine cura) accordé à un clerc pour lui permettre d'effectuer un travail de recherche sans avoir à assurer de services religieux ou, comme on dit, sans avoir charge d'âmes,
puis, par extension : une charge, un emploi ou une fonction n'obligeant à aucune fonction, ou ne nécessitant que très peu de travail effectif ; pour lequel on est par conséquent rétribué sans avoir rien (ou presque rien) à faire,
et donc : une situation de tout repos.
"C'est une véritable sinécure" ou "C'est une vraie sinécure" sont donc des locutions verbales en forme d'idiotismes religeux signifiant, dans le registre familier : c'est une situation, un emploi de tout repos.
On dit par exemple : "Encore un ancien ministre qui va bénéficier d'une véritable sinécure au frais du contribuable".
et "Ce n'est pas une sinécure" est une locution verbale en forme d'idiotisme religieux signifiant, dans le registre familier : il ne faut pas croire que c'est facile : c'est pénible, ce n'est pas de tout repos ; il y a une lourde charge de travail, souvent désagréable, se réalisant au prix de lourds efforts.
On dit par exemple : "Tu ne devrais pas être jaloux du nouveau boulot de ton frère : ile est peut-être mieux payé que toi, mais ce n'est pas une sinécure, crois-moi !".
Sources : wikipedia.org, www.cnrtl;fr, Le Robert et www.larousse.fr
J'adore cette célèbre devise, passée à la postérité, du légendaire inventeur et diffuseur états-unien du revolver Samuel Colt, né le 19 juillet 1814 et mort le 10 janvier 1862.