"Maintenant elle va marcher beaucoup moins bien, forcément" !

La scène culte du film comique franco-italo-espagnol "Le corniaud", réalisé en 1965 par Gérard Oury : "Maintenant elle va marcher beaucoup moins bien, forcément" !

Cette phrase, entrée dans le langage courant il y a maintenant plus de 50 ans, s'utilise encore de nos jours, par dérision, lorsque l'on parle d'une machine totalement en ruine ou que l'on vient de casser.

Et elle fait référence à la petite 2 CV Citroën d'Antoine Maréchal (Bourvil) détruite par la grosse Rolls-Royce de Léopold Saroyan (Louis de Funès), dans le film comique franco-italo-espagnol "Le corniaud", réalisé en 1965 par Gérard Oury.

Le scénario du film s'inspire de l'un des épisodes du démantèlement de la "French Connection, l'affaire Jacques Angelvin. Ce présentateur de la télévision française avait été arrêté aux États-Unis en 1962 au volant d'une Buick Invicta provenant de France et dans laquelle plus de cinquante kilogrammes d'héroïne pure avaient été dissimulés. Et il avait clamé son innocence en prétendant avoir été dupé.

Antoine Maréchal (Bourvil) dans "Le corniaud", le film comique franco-italo-espagnol, réalisé en 1965 par Gérard Oury.

La réplique culte est dûe à Antoine Maréchal, le rôle-titre du film, interprété par Bourvil, alors à l'apogée de sa carrière.

L'autre protagoniste du film, Léopold Saroyan, le truand, est joué par Louis de Funès, qui connaît à cette époque une fulgurante ascension, notamment depuis les sorties des films "Le Gendarme de Saint-Tropez" et "Fantômas" en septembre et novembre 1964.

Affiche du film français "Le corniaud" de Gérard Oury (1965)

Tourné du 31 août au 7 décembre 1964, le film sort en France le 24 mars 1965 et rencontre dès sa sortie un énorme succès puisqu'il finit en tête des recettes de l'année 1965 avec 11 739 783 entrées. Plus d'un demi-siècle plus tard, sa popularité est telle que ce film culte du cinéma français est encore régulièrement diffusé à la télévision.

Source : wikipedia.org

"L'arroseur arrosé"

"L'arroseur arrosé" ou plus exactement "Arroseur et arrosé", un film de Louis Lumière réalisé en 1895

Cette locution nominale désigne, au sens figuré : une personne ayant commis une farce qui se retourne contre elle. Et, plus généralement, une personne qui subit le contre-coup de ses actes, de ses comportements, par un effet boomerang.

On dit par exemple : "C'est bien fait pour toi : tu leur as fait croire que tu étais malade et ils t'ont cru, donc ils sont partis à la plage sans toi. Tu es l'arroseur arrosé !".

Cette expression entrée dans le langage courant est un héritage direct des premières heures du cinématographe, puisqu'elle est née d'un court-métrage muet noir et blanc, réalisé par Louis Lumière, dont il existe trois versions, la première s'intitulant "Le jardinier et le petit espiègle" et les deux suivantes "Arroseur et arrosé" (et non, comme on le pense souvent, "L'arroseur arrosé" !).

Ce film (on parle alors de "Vues photographiques animées") est montré pour la première fois le 21 septembre 1895, à La Ciotat (13), au cours d'une projection privée, puis mis à l'affiche des projections payantes organisées par les frères Lumière à Paris (75), dans le Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines, à partir du 28 décembre 1895, première projection historique de films photographiques animés.

Il est particulièrement célèbre dans le monde entier, car il s'agit des premières vues photographiques animées à suivre un scénario préétabli.

Scénario

L'histoire est des plus simples : un jardinier arrose son jardin. Un enfant, arrivé par derrière, met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde alors l'embout du tuyau, pensant qu'il est bouché. mais le petit espiègle retire son pied et le jardinier est aspergé. Il court ensuite après le jeune garçon, l'attrape et lui donne une fessée.

Et (dans la seconde version du film, datant de 1896) l'arrose à son tour.

Et elle est adaptée d'une célèbre page humoristique du dessinateur français Hermann Vogel, datant de 1887 et intitulée "L'arroseur".

"L'arroseur", une planche humoristique dessinée en 1887 par le dessinateur français Hermann Vogel

Tournage et acteurs

Le film est tourné dans le jardin de la propriété de la famille Lumière à La Ciotat (13), "Les Terres Rousses". L'arroseur arrosé est le jardinier des Lumière (François Clerc), et le chenapan est, dans la première version, un jeune électricien de La Ciotat travaillant sur la propriété des Lumière (Léon Trotobas), puis, dans la seconde, le fils d'un ouvrier de leur usine (Benoît Duval).

Source : wikipedia.org

"Ben mon vieux, si j'aurais su, j'aurais pas v'nu" !

L'inoubliable "Petit Gibus" (Martin Lartigue) du film "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912

Cette réplique culte est entrée dans le langage courant.

Au point que l'on a presque fini par oublier que l'on doit normalement dire : "Si j'AVAIS su, jE NE SERAIS pas vEnu" !

Couverture du roman de Louis Pergaud, paru en 1912, "La guerre des boutons. Roman de ma douzième année"
Couverture du roman français de Louis Pergaud, paru en 1912, "La guerre des boutons. Roman de ma douzième année"

Elle nous vient de "La guerre des boutons", le film réalisé en 1962 par Yves Robert d'après le roman homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912 et dont il constituait alors la seconde adaptation.

L'affiche du film français "La guerre des gosses", réalisé en 1936 par Jacques Daroy, première adaptation du roman français "La guerre des boutons", de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film français "La guerre des gosses", réalisé en 1936 par Jacques Daroy, première adaptation du roman français "La guerre des boutons", de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film français "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman français homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film français "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman français homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912
L'affiche du film français "La guerre des boutons", réalisé en 1962 par Yves Robert, d'après le roman français homonyme de Louis Pergaud, paru en 1912

Cette excellente comédie enfantine nous narre les combats d'écoliers que se livrent les bandes d'enfants de deux villages rivaux, Longeverne et Velrans, l'auteur s'étant inspiré de la vie dans le village de Landresse (25), où il a enseigné deux ans.

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"Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".

L'affiche du film français "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", de Jean Yanne (1972)

On utilise couramment, par dérision, l'expression "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" lorsque l'on souhaite dénoncer la naïveté de ceux qui n'ont pas conscience de la dureté et de la dangerosité de notre monde et de nos semblables.

Elle est entrée dans le langage courant en 1972, après la sortie du film "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", réalisé par l'humoriste français Jean Yanne, sur un scénario de Gérard Sire.

Cette comédie satirique sur le monde de la radio rencontra un large succès public et s'est révélée visionnaire sur le devenir de la radio et du paysage audiovisuel actuel.

Source : wikipedia.org

"Il est minuit Docteur Schweitzer".

Cette expression du langage courant est souvent utilisée lorsqu'il s'agit de donner l'heure à 0H00 ou de commenter le passage au lendemain.

Elle perdure curieusement aujourd'hui alors même qu'elle ne revêt aucune signification particulière.

"Il est minuit Docteur Schweitzer" est le titre d'une pièce de théâtre française de 1952 de Gilbert Cesbron, adaptée la même année au cinéma par André Haguet, avec le grand Pierre Fresnay dans le rôle du "Grand blanc de Lambaréné", Albert Schweitzer.

Les deux oeuvres sont fortement teintées de colonialisme et, il faut bien le dire, pour le film en tous cas, d'assez piètre qualité.

Affiche du film français "Il est minuit Dr Scweitzer" d'André Haguet (1952)

"Le homburg", "Le Eden" ou "Le chapeau du parrain".

Chapeau "Homburg" rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniens

Ces différentes appellations désignent toutes un seul et même type de couvre-chef masculin d'origine allemande, popularisé depuis la fin du XIXe siècle.

De forme arrondie, ce chapeau semi-rigide en feutre de laine se caractérise par une "gouttière" centrale sur le dessus, par un large gros-grain en soie et par un bord ourlé. Il est en général de couleur grise ou foncée.

Chapeux "Homburg", rebatipsés "Eden" par les tailleurs londoniens

Le homburg est considéré comme relativement "habillé" (moins que le haut-de-forme mais davantage que le fédora), et il impose le port d'un costume. En principe, il ne comporte pas de creux latéraux, mais on peut pincer le tissu pour lui donner une allure plus décontractée.

  • Il doit son nom de homburg à la ville de Bad Homburg vor der Höhe, dans le Land de Hesse, d'où il est originaire.

Localisation de la ville allemande de BadHomburg vor der Höhe (Hesse)

C'est lors de l'une de ses nombreuses cures dans cette ville, au cours des années 1890, que le prince de Galles, futur roi Édouard VII, découvrit ce chapeau. Il en rapporta un exemplaire et décida d'en lancer la mode.

Le roi d'Angleterre Édouard VII, coiffé d'un homburg

On a ainsi souvent vu le Premier ministre britannique Winston Churchill coiffé d'un homburg.

Le Premier ministre britannique Winston Churchill, coiffé d'un chapeau "Homburg"

  • Mais, dans les années 1930, le ministre britannique des affaires étrangères Anthony Eden porta si souvent le homburg en public que ce chapeau fut surnommé le "Eden" chez les tailleurs londoniens.

Le ministre britannique Anthony Eden, coiffé de son éternel chapeau "Homburg", rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniensLe ministre britannique Anthony Eden, coiffé de son éternel chapeau "Homburg", rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniensLe ministre britannique Anthony Eden, coiffé de son éternel chapeau "Homburg", rebatipsé "Eden" par les tailleurs londoniens

  • Enfin, le homburg connut un regain de popularité dans les années 1970, après que l'acteur Al Pacino l'ait porté dans le film "Le parrain" de Francis ford Coppola, en 1972, ce qui lui vaut parfois le sobriquet de "Chapeau du Parrain".

L'acteur états-unien Al Pacino, dans le film états-unien "Le parrain", de Francis Ford Coppola (1972)

Certains Juifs orthodoxes portent un chapeau de type homburg, au bord plus large et de couleur noire.

Chapeau juif orthodoxe de type homburg

Sources : wikipedia.org

"Pas folle la guêpe !".

Publicité presse de 1953 pour le savon Lux : "Pas folle la guêpe j'ai choisi Lux" vous dit Arletty

Cette exclamation en forme d'idiotisme animalier est une locution interjective du registre familier.

Elle est utilisée pour souligner :

  • qu'une personne est finaude, astucieuse, maligne.

"Pas folle la guêpe !" signifie alors : pas bête ; c'est malin ; c'est astucieux ; c'est habile ; c'est intelligent.

  • ou qu'on l'est soi-même.

On dit par exemple : "Pas folle la guêpe : j'ai emmené avec moi de quoi nous éclairer !".

On disait au XIXe siècle "Pas bête la guêpe", avant que l'expression ne se transforme, au XXe siècle, en "Pas folle la guêpe !".

Cette forme a été largement popularisée par la géniale Arletty, dans le film de Jean Boyer "Circonstances atténuantes" (1939).

Au point qu'en 1953, encore, le savon Lux utilisait cette exclamation pour ses publicités dans la presse française !

On l'a aujourd'hui souvent oublié, mais le même film a également contribué à populariser l'expression "Comme de bien entendu".

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

 

Sources : Le robert, wiktionary.org

"Marc Seberg".

Le groupe de rock français Marc Seberg

Actif de 1981 à 1992, ce groupe de rock français au nom étrange en forme de patronyme a été créé par l'auteur-compositeur-interprète Philippe Pascal et le compositeur et guitariste Anzia, précédemment membres du groupe rennais "Marquis de Sade".

"Marc" est le héros de nombreuses chansons du groupe. Et "Seberg" est une référence au nom de l'actrice états-unienne Jean Seberg, vedette, avec l'acteur français Jean-Paul Belmondo, du film phare de la Nouvelle vague, "À bout de souffle", réalisé en 1960 par Jean-Luc Godard.

L'acteur français Jean-Paul Belmondo et l'actrice états-unienne Jean Seberg, dans le film français "À bout de souffle" de Jean-Luc Godard (1960)Affiche du film français "À bout de souffle" de Jean-Luc Godard (1960)

Après la séparation du groupe "Marquis de Sade", le chanteur, Philippe Pascal retrouve Anzia, présent sur le premier album, "Dantzig twist" (1979). Après une première formation en 1981 avec les anciens membres du groupe rennais "Frakture" (Sergeï Papail, Pascal "Karels" Perrée et Philippe Rérolle), ils enregistrent un mini-album de 5 titres au studio DB, à Rennes (35), en septembre 1981.

Le premier disque du groupe de rock français Marc Seberg : "Marc Seberg 83" (1983)Le deuxièmer disque du groupe de rock français Marc Seberg : "Le chant des terres" (1985)

En 1983 sort leur premier disque, "Marc Seberg 83", suivi en 1985 de "Le Chant des terres", avec, pour la première fois aux claviers, Pascale Le Berre.

Le troisième disque du groupe de rock français Marc Seberg : "Lumières & trahisons" (1987)Le quatrième disque du groupe de rock français Marc Seberg : "Le bout des nerfs" (1989)

Après "Lumières & trahisons", en 1987, leur quatrième disque, "Le bout des nerfs", sort en 1989 et est le dernier du groupe, qui se sépare en 1992.

En 1994, Philippe Pascal et Pascale Le Berre signent un disque sous le nom de "Philippe Pascale", mais celui-ci n'aura jamais de suite.

Source : wikipedia.org

"Comme de bien entendu".

Cette expression française du registre populaire signifie : naturellement, évidemment, bien sûr, bien entendu.

On dit par exemple : "Comme de bien entendu, vous avez oublié votre livre à la maison ! Vous me ferez cent lignes !".

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

Comme de bien entendu... cette expression a été très largement popularisée depuis plus de 80 ans, grâce au succés de la chanson homonyme, interprétée, en 1939, par Arletty, Michel Simon, Andrex et Dorville, dans le film de Jean Boyer "Circonstances Atténuantes".

Les paroles de cette valse immortelle sont de Jean Boyer et la musique de Georges van Parys.

Elle a été remise à l'honneur, en 2002, par Patrick Bruel en duo avec Renaud sur le disque "Entre deux".

Puis, en 2013, par Jean-Jacques Debout, sur son disque "Les chansons des guinguettes".

Mais sans jamais égaler la version d'origine.

Source : wikipedia.org

"Tu vas la taire, ta gueule !".

"Tu vas la taire, ta gueule !" : François l'ouvrier sableur (Jean Gabin) face au cynique montreur de chiens Valentin (Jules Berry), dans le chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939)

J'adore cette réplique - certes fort grossière et malheureusement introuvable sur la toile en extrait vidéo - adressée par l'ouvrier sableur François (Jean Gabin) au dresseur de chiens Valentin (Jules Berry), dans le film français réalisé en 1939 par Marcel Carné, "Le jour se lève".

François l'ouvrier sableur (Jean Gabin) face au cynique montreur de chiens Valentin (Jules Berry), dans le chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939)"Tu vas la taire, ta gueule !" : François l'ouvrier sableur (Jean Gabin) face au cynique montreur de chiens Valentin (Jules Berry), dans le chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939)

Résumé

Je vous rappelle ou dévoile la trame du film : une dispute se fait entendre dans une maison ouvrière de banlieue. Coup de feu, porte qui claque. Un homme, Valentin, roule sur les marches, mort. L'assassin, François (Jean Gabin), se barricade dans sa chambre. La police arrive et assiège la maison. Pendant la nuit, François revoit les étapes du drame, son amour pour Françoise (Jacqueline Laurent), la jeune fleuriste, sortie tout comme lui de l'Assistance publique, sa rencontre avec Valentin (Jules Berry), le cynique montreur de chiens, prêt à tout pour assouvir sa passion des jeunes filles en fleur, et ses relations équivoques avec Clara (Arletty), la compagne de Valentin.

Jules Berry, Jean Gabin et Arletty, dans "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)
Jules Berry, Jean Gabin et Arletty, dans "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)

Un chef d'oeuvre du réalisme poétique

Ce film dramatique extrêmement novateur au charme fou est un chef d'oeuvre du réalisme poétique :

Affiche du film français "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)

  • sa distribution prestigieuse réunit trois géants du cinéma français, qui comptent parmi mes acteurs préférés : Arletty, Jean Gabin et Jules Berry.

Jules Berry y est excellent, plus cynique et détestable que jamais.

Arletty est superbe et, comme toujours, formidable de naturel.

L'actrice française Arletty, dans le chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939

Et Gabin, magistral, écorché vif, humain et touchant à souhait,

  • les dialogues de Jacques Prévert sont exceptionnels ("Vous avouerez qu'il faut avoir de l'eau dans le gaz et des papillons dans le compteur pour être resté trois ans avec un type pareil !"),
  • la structure narrative du film est vraiment en avance sur son temps, puisque le film comporte un long retour en arrière ("flash-back"), procédé alors peu utilisé (nous sommes deux ans avant l'extraordinaire "Citizen Kane" d'Orson Welles),
  • le décor de la chambre, construit par le grand Alexandre Trauner, comporte les quatre côtés de la chambre de François (Jean Gabin) (et non trois comme il était de coutume) dans laquelle se situe l'essentiel du film, afin de permettre des plans circulaires et de souligner l'enfermement du héros,

Clara (Arletty) nue, dans sa douche, dans une séquence censurée par le régime de Vichy du chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939)

  • et le film comporte une scène étonnante pour l'époque, supprimée par la censure de Vichy, où l'on découvre Clara (Arletty) nue à la fin de sa douche. Le montage originel n'a pas été rétabli après-guerre, et il a fallu attendre 2014 pour la découvrir, sur un DVD présentant une version remasterisée et rétablissant le montage d'origine.

Affiche du film français "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)Affiche du film français "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)

Affiche du film français "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)Affiche du film français "Le jour se lève" de Marcel Carné (1939)

"Le jour se lève à fait l'objet d'une nouvelle version, sous le titre "The long night", sortie en 1947 et réalisée par Anatole Litvak.

Affiche du film états-unien "The long night" de Anatole Litvak (1947), nouvelle version du chef d'oeuvre français de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939)"français "Les visiteurs du soir" de Marcel Carné (1942)Affiche du film états-unien "The long night" de Anatole Litvak (1947), nouvelle version du chef d'oeuvre français de Marcel Carné et Jacques Prévert, "Le jour se lève" (1939)"français "Les visiteurs du soir" de Marcel Carné (1942)

Avec Henry Fonda reprenant le rôle de Jean Gabin, Vincent Price celui de Jules Berry, Ann Dvorak celui d'Arletty et la jeune Barbara Bel Geddes (la mère de Bobby et J. R. Ewing, dans "Dallas") celui de Jacqueline Laurent (Françoise, la fleuriste) pour son premier rôle à l'écran.

Joe Adams (Henry Fonda), Maximilian (Vincent Price) et Charlene (Ann Dvorak), dans "The long night", la nouvelle version, réalisée en 1947 ,par Anatole Litvak, du chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert "Le jour se lève" (1939)
Joe Adams (Henry Fonda), Maximilian (Vincent Price) et Charlene (Ann Dvorak), dans "The long night", la nouvelle version, réalisée en 1947, par Anatole Litvak, du chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert "Le jour se lève" (1939)
Joe Adams (Henry Fonda), Maximilian (Vincent Price) et Charlene (Ann Dvorak), dans "The long night", la nouvelle version, réalisée en 1947 ,par Anatole Litvak, du chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert "Le jour se lève" (1939)
Joe Adams (Henry Fonda), Maximilian (Vincent Price) et Charlene (Ann Dvorak), dans "The long night", la nouvelle version, réalisée en 1947, par Anatole Litvak, du chef d'oeuvre de Marcel Carné et Jacques Prévert "Le jour se lève" (1939)

Sources : wikipedia.org et www.vodkaster.com

"Un pont trop loin", "Être un pont trop loin", "S'avérer être un pont trop loin" ou "Se révéler être un pont trop loin".

Héritage langagier du cinéma et de la littérature, cette formule en forme d'idiotisme architectural, que l'on entend parfois, fait référence à un film et à un roman relatant un épisode de la Seconde Guerre mondiale situé aux Pays-Bas, en septembre 1944.

Et elle signifie concrètement, au sens figuré : trop ambitieux, trop dangereux, trop risqué, au-delà de ce qu'il est raisonnablement possible de faire ou de réussir.

C'est le réalisateur britannique Richard Attenborough, qui a réalisé, en 1977, le film "Un pont trop loin", d'après le roman éponyme de Cornelius Ryan, écrit en 1974.

Affiche du film américano-britannique "Un pont trop loin" de richard Attenborough (1977)

Les deux évoquent par le menu l'opération Market Garden, la plus grande offensive aéroportée de l'histoire, au cours de laquelle furent engagés 34 000 parachutistes.

Cette opération militaire alliée de la Seconde Guerre mondiale se déroula du 17 au 25 septembre 1944.

Principalement menée par les armées britanniques, il s'agissait d'une tentative de prendre des PONTS franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands.

Market Garden devait notamment permettre d'atteindre la ville d'Arnhem, située sur la rive du Rhin, derrière le troisième PONT à prendre.

Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried afin d'accéder à l'un des principaux centres industriels du IIIe Reich, la Ruhr, et donc de terminer plus rapidement la guerre, peut-être avant Noël 1944.

Proposée par le maréchal britannique Montgomery, cette opération risquée avait rencontré l'opposition des généraux américains Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au Sud, car ils avaient encore en mémoire les paroles du vainqueur d'El-Alamein qui se faisait fort de s'emparer de Caen (14) dès le soir du 6 juin 1944, alors que la ville n'était tombée que le 21 juillet...

L'opération Market Garden a finalement échoué. Ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d'une partie du territoire néerlandais. Et les Alliés ont perdu environ 16 000 hommes, contre 8 000 pour les Allemands.

Sans doute Montgomery avait-il visé "UN PONT TROP LOIN" ?

Source : wikipedia.org

L'expression "Être copains comme cochons" n'a strictement rien à voir... avec les "cochons" !

Cette expression du registre familier signifie "être très amis, être liés par une très grande amitié".

Couramment utilisée sous sa forme actuelle depuis le XIXe siècle, elle était déjà employée sous la forme "Camarades comme cochons" au XVIe siècle, puis "Amis comme cochons" au XVIIIe siècle.

Le terme "Cochon" utilisé dans cette expression n'a cependant strictement rien à voir avec le porc : il est emprunté à l'ancien français "Soçon"", lui-même tiré du latin "Socius", qui signifie "Compagnon" !

On dit également "Être comme cul et chemise" ou "S'entendre comme larrons en foire".

Et l'expression antonyme est "Être comme chien et chat" ou "S'entendre comme chien et chat".

Sur thème contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "S'entendre très bien".

"Les bronzés font du ski" : Copain le cochon.

Affiche du film français "Les bronzés font du ski" de Patrice Leconte (1979)

Depuis maintenant 40 ans, l'expression "Copains comme cochons" fait souvent penser à une drolatique scène du film de 1979 de Patrice Leconte "Les bronzés font du ski".

Dans celle-ci, en effet, le médecin Jérôme (Christian Clavier), de retour à son cabinet, a la surprise de découvrir un couple de paysans, venus accompagner... un cochon, étendu sur la table d'examen !

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