On ne dit pas : "Vous pensez quoi de" !

La journaliste française Julie Hammett

Comme a pu le déclarer, le 14 août 2019, la journaliste française Julie Hammett, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI, en interrogeant la secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées Geneviève Darrieusecq.

Mais : "Que pensez-vous de" ?

"À l'époque" ne signifie pas "Autrefois" !

Je suis exaspéré par cet usage erroné, de plus en plus répandu, de la locution adverbiale "À l'époque".

Ce fut d'abord ma jeune belle-fille, tout juste âgée d'une dizaine d'années, il y a de cela aujourd'hui plus de 15 ans, que je devais reprendre systématiquement, ainsi que ses camarades, lorsque je les entendais dire ex abrupto : "À l'époque il y avaient des dinosaures" ou "À l'époque les gens roulaient en carrosse".

Mais à quelle époque ?

Désormais, cependant, je l'entend de plus en plus fréquemment dans la bouche d'adultes (et pour cause, ladite jeune femme ayant, à présent, 26 ans révolus !), et ce, y compris dans les organes d'information !

Or "À l'époque" n'a bien évidemment jamais signifié "Autrefois", pas plus qu'il n'est possible de l'utiliser seule, sans période de référence !

Très concrètement, voici les quatre seules façons possibles d'utiliser cette locution :

  • "À l'époque de".

Par exemple : "À l'époque de Louis XIV les nobles roulaient en carrosse".

  • "À l'époque où".

Par exemple : "À l'époque où j'ai rencontré ta mère, je vivais à Paris et, elle, à Aix-en-Provence".

  • "À cette époque" ou "À l'époque" : si et seulement si l'on a posé au préalable un cadre temporel.

Par exemple : "J'ai longtemps vécu à Paris (75). À cette époque j'allais au cinéma au moins 100 fois par an".

Ou : "J'ai passé mon baccalauréat à Saint-Germain-en-Laye (78), car à l'époque, il n'y avait pas de lycée à "Conflans Sainte-Honorine (78), où je demeurais".

On ne dit pas : "Ça va ternir l'image de nous" !

Comme l'a lamentablement déclaré, le 14 août 2019, le jeune toulousain nettoyant bénévolement les plages, interrogé sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.

Mais : "Cela va ternir NOTRE image" !

Comme souvent en pareil cas, je suis proprement effaré par la propension de toutes ces personnes, manifestement peu exercées à s'exprimer de manière correcte, à s'efforcer systématiquement de trop rehausser leur niveau de langue lorsqu'elles sont interrogées par un journaliste. Ce qui donne souvent d'elles l'image d'une personne incapable de construire une phrase correcte, alors que ce n'est pas forcément le cas.

Ici par exemple : ce jeune aurait naturellement bien mieux fait de se contenter de dire "Ça va abîmer notre image", phrase qui me semble avoir été largement à sa portée. Je ne peux en effet pas croire que l'on ne puisse pas dire "notre image" - et non "l'image de nous" - dès lors que l'on connaît la signification du verbe "ternir".

Même s'il ne relevait que du langage courant, le verbe "abîmer" était largement suffisant : nul besoin d'aller se creuser les méninges pour trouver le verbe "ternir", qui relève davantage du registre soutenu, pour ensuite se vautrer lamentablement, tout concentré qu'il était, le pauvre, en achevant sa phrase par "l'image de nous", qui le ridiculise en le faisant passer pour un analphabète, qu'il n'est clairement pas.

Je ne saurais trop conseiller aux jeunes ou aux personnes ne maniant pas notre langue avec aisance, de se contenter de phrases simples du langage courant, voire familier, plutôt que d'essayer en vain de rehausser leur niveau de langue.

Et de ne surtout pas chercher à vouloir utiliser des mots, verbes ou expressions du registre soutenu ne relevant clairement pas de leur vocabulaire actif.

Ne sachant les maîtriser correctement, c'est la catastrophe assurée.

Ne dites pas : "Mon pote a pris cher quand les flics l'ont chopé après avoir grillé un feu." !

Mais : "Mon copain a été sévèrement puni quand les policiers l'ont arrêté après être passé au feu rouge." !

Ou mieux encore : "Mon ami a subi une lourde condamnation lorsque les représentants de l'ordre l'ont interpellé après avoir indûment franchi un feu de signalisation." !

Vous passerez ainsi du registre argotique au langage courant ou au registre soutenu.

On ne dit pas : "La due diligence" !

Mais : "La diligence raisonnable" !

Ce concept anglo-saxon désigne l'ensemble des vérifications qu'un éventuel acquéreur ou investisseur va réaliser avant une transaction, afin de se faire une idée précise de la situation d'une entreprise.

De manière plus générale, la diligence raisonnable est le degré de jugement, de soin, de prudence, de fermeté et d'action, auquel on peut s'attendre de la part d'une personne raisonnable, dans les circonstances considérées.

Un devoir élémentaire de précaution en quelque sorte ;  le sujet devant travailler à se prémunir lui-même de tout élément négatif d'une opération pouvant être évité.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un hat trick" ?

Et pas : "Un coup du chapeau" !

Cette locution anglaise désigne le fait, pour un même pratiquant, de réussir trois actions décisives lors d'un unique événement sportif.

Selon la discipline, le sens exact de l'expression varie donc en fonction de la discipline ou du sport concerné :

  • au cricket : c'est lorsqu'un lanceur élimine trois batteurs en trois de ses lancers consécutifs, même si les lancers sont dans des séries de lancers ou des manches différentes.
  • au football : c'est lorsqu’un joueur marque trois buts au cours d'une même rencontre, même s'il s'agit d'un ou de plusieurs coups de pieds de réparation (mais pas de tirs au but).
  • au hockey sur glace : c'est lorsqu'un joueur marque trois buts au cours d'une même partie.
  • au rugby : c'est lorsqu'un joueur marque trois essais au cours d'un même match.
  • en catch : c'est lorsque, lors d’une prise, un combattant répète le même mouvement trois fois de suite.
  • en sport automobile (Formule 1, Indycar Series ou Supertourisme), enfin, : c'est lorsqu’un pilote réussit, lors d’une même course, à obtenir la pole position, le meilleur tour en course et la victoire.