Tel est le nom de la nouvelle chaussure de "running" proposée par la marque allemande Adidas sur ses affiches françaises de juillet 2019.
Dérives
J’ai réuni dans ce chapitre l’ensemble de mes articles relevant de ce qui me hérisse le poil concernant la langue française et le triste usage qui en est fait au quotidien ; que ce soit dans la rue et dans les organes d’information.
Au premier rang de toutes ces dérives que je fustige, figurent bien évidemment les anglicismes, barbarismes, solécismes, pléonasmes et autres fautes d’orthographe.
De ce fait, la lecture des articles de ce chapitre est naturellement tout à fait contre-indiquée pour les apprenants étrangers de notre jolie langue !
Nombre total d’articles prévus dans ce chapitre : 9 432
On ne dit pas : "Répondre aux abonnés absents" !
Comme l'a fait le porte-parole d'EELV, Julien Bayou, le 16 juillet 2019, sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.
Mais : "Ne pas répondre", "Être aux abonnés absents" ou "S'être mis aux abonnés absents" !
On ne dit pas : "Faudrait déjà que les parlementaire savent" !
Comme nous l'a asséné la française Tris Acatrinei, fondatrice du site internet "Projet Arcadie", le 16 juillet 2019, sur la chaîne télévisée française d'information en continu BFM TV !
Mais : "Il faudrait déjà que les parlementaires sachent" !
On ne dit pas : "Un publiciste" pour parler d'un professionnel de la publicité !
Comme je l'entends dire à longueur de temps depuis plus de 40 ans et encore le 16 juillet 2019, dans l'émission télévisée française "C dans l'air", sur France 5, par le journaliste français Christophe Barbier.
Mais : "Un publicitaire" !
"Un publiciste" est en effet, dans notre langue, un juriste spécialisé en droit public, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas vraiment la même chose.
Ce sont les anglo-saxons qui appellent "publicist" le publicitaire !
On ne dit pas : "Source proche à CNews" !
Comme a osé l'écrire la chaîne télévisée française d'information en continu du groupe Canal+ dans son bandeau inférieur, le 15 juillet 2019 !
Mais : "Source proche de CNews !".
On imagine aisément la fiabilité des informations diffusées !
On n'écrit pas "Une anegdote" !
Mais : "Une anecdote" !
Et le mot se prononce donc an-ek-dotte et non a-neg-dotte, comme on l'entend malheureusement souvent.
On ne dit pas : "Le concierge a été manger" et encore moins "Le concierge a été mangé" !
Mais, bien sûr : "Le concierge EST ALLÉ manger" !
Ou, mais cela est plus rare à ma connaissance : "ON A MANGÉ le concierge".
Pourquoi dire : "Un traveler cheque", "Un traveler chèque", "Un traveler's cheque", "Un traveler's chèque", "Un travelers cheque" ou "Un travelers chèque" ?
Et pas simplement : "Un chèque de voyage" !
Concrètement, en effet, il s'agit d'un chèque pré-imprimé, au montant fixé, conçu pour permettre à la personne qui les signe de payer un tiers sans condition aucune, après avoir lui-même payé l'émetteur du chèque (sa propre banque, le plus souvent) pour obtenir ce privilège.
Les premiers chèques de voyage ont été émis le 1er janvier 1772 par la London Credit Exchange Company.
De nombreux vacanciers occidentaux en déplacement à l'étranger les ont utilisé durant plus de deux siècles, à la place de l'argent liquide, car ils pouvaient être remplacés en cas de perte ou de vol. Et étaient souvent fournis par les banques sans commission, ou à des taux ne dépassant que rarement 1% de la valeur totale des chèques. Le tout sans avoir de date d'expiration.
Leur usage est cependant aujourd'hui beaucoup moins répandu qu'à la fin du siècle dernier, leur utilisation s'étant fortement réduite, à mesure que l'utilisation des cartes de crédit se développait.
Fin 2012, le géant américain American Express a d'ailleurs décidé d’en arrêter la vente dans plusieurs pays, dont la France, et sa décision est devenue effective depuis le 30 juin 2013.
Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article "Tout espoir n'est pas perdu : même les anglicismes peuvent passer de mode !".
Source : wikipedia.fr
Tout espoir n'est pas perdu : même les anglicismes peuvent passer de mode !
Un recours fréquent aux anglicismes traduit généralement un désir de se montrer "à la page" ou "dans le vent" (deux expressions qui ne le sont plus du tout et appartiennent désormais au registre désuet !).
Il convient cependant de les manier avec prudence car un certain nombre de ces termes ou locutions, a priori "à la mode", se périment de façon plus ou moins rapide et peuvent donc s'avérer, comme ces deux expressions, totalement has been.
Dans le domaine de l'informatique par exemple, le mot computer - un temps du reste intégré au dictionnaire sous sa forme francisée de "computeur" - a aujourd'hui totalement disparu, au profit du simple "ordinateur". Il en est de même du hardware et du software, avantageusement remplacés par les termes "matériel" et "logiciel". Ainsi que de la défunte database, fort heureusement devenue "base de données".
Et il n'y a désormais plus que dans les vieux films d'espionnage que le personnage principal au sex-appeal torride, ne sortant qu'avec des pin-ups et des cover-girls, porte des knickerbockers et un sweater très smart. Il boit, relax, un drink on the rocks - ou un baby scotch - dans le living-room, avec des glaçons tout droit sortis du freezer. Puis écoute un medley dans un dancing très select ou dans une garden party.
Le héros actuel, cool et sexy en diable en "culotte de golf", sort avec des top models ou "mannequins vedettes", porte un "chandail" très "stylé". Et il boit, "détendu", un "apéritif" dans la "pièce à vivre", avec des "glaçons" sortis du "congélateur". Avant d'aller écouter un mix dans une "boîte" "chicos" ou dans une "soirée".
Il n'est absolument plus up to date de parler de kids ou de teenagers dans les mass media. De nos jours, les médias (je préfère personellement "organes d'information" mais il y a déjà un progrès) traitent plus simplement de "gamins" ou d'"adolescents".
Le globe-trotter est devenu "routard". Et le tour operator, un temps devenu tour opérateur, a fait place au "voyagiste".
Les voyageurs n'utilisent plus guère le traveler cheque (ou traveler chèque, également appelé traveler's cheque, traveler's chèque, travelers cheque ou travelers chèque) rebaptisé depuis "chèque de voyage".
Et ne confient plus leur attaché-case à la stewardess mais leur "mallette" à l'"hôtesse de l'air".
Le milk-bar ou le snack-bar a disparu, de même que la speakerine.
La plupart des sportifs semblent avoir renoncé au doping, même ils sont encore nombreux à recourir au "dopage".
Le know how en engineering a définitivement laissé la place au "savoir-faire" en "ingénierie".
Les femmes ne portent plus de vêtement fully fashioned. Elles ne mettent plus de lipstick mais du "rouge à lèvres" et elles ne vont plus au dancing mais au "bal" ou en "boîte".
Où elles ne vont plus aux water closet mais aux "toilettes".
Les "braqueurs" actuels sont toujours aussi attirés par les "billets de banque" que les gangsters d'autrefois pouvaient l'être par les banknotes. Mais leur raréfaction se fait sentir chaque année davantage, avec la multiplication du recours au paiement par carte bancaire et au développement du commerce en ligne.
Last but not least ne s'emploie plus du tout. On ne mange plus guère de corned-beef . Et l'on n'est plus victime de nervous breakdown mais, simplement, de "dépression nerveuse".
"Go to the extraordinaire".
Tel est le slogan ridicule que nous propose la société française Perrier sur ses affiches de juin 2019...
Mais pourquoi ne se contentent-ils donc pas de la traduction proposée plus bas, en tout petit, bien plus percutante et dans notre langue : "Osez l'extraordinaire" ?
Leur slogan de mai 2016 ne leur avait donc manifestement pas suffit ?
"Drink extraordinaire, drink Perrier !"
Tel est le slogan que nous impose la marche française Perrier à compter de mai 2016...
"Buvez extraordinaire, buvez Perrier !" leur a manifestement semblé trop banal...
Mais sont-ils seulement conscients de ce que des dizaines de millions de français ne savent même pas que le verbe anglais "drink" signifie "boire" en français ?
Ils récidiveront d'ailleurs en juin 2019, avec un slogan plus ridicule encore.
On ne dit pas : "Discuter ensemble" ni "Parler ensemble" !
Mais, tout simplement, : "Discuter" et "Parler" !
"Discuter ensemble" et "Parler ensemble" ne sont que des pléonasmes.
Je ne saurais trop vous recommander, en effet, de consulter rapidement si vous parvenez à discuter ou à parler seul.