"Un hiatus".

Ce mot latin du registre soutenu - qui se prononce "i-a-tus" et non "yatus" - désigne :

  • au sens propre :
    • dans le domaine linguistique, une succession de deux voyelles appartenant à des syllabes différentes :
      • soit à l'intérieur d'un mot.

Par exemple : "AÉrer", "ÉOlienne" ou "rÉUssir".

      • soit à la frontière de deux mots :

Par exemple : "elle A Été" ou "il A Oublié".

    • et, dans le domaine médical, tout orifice anatomique de forme étroite et allongé.
  • et, au sens figuré, :
    • une coupure, une discontinuité, une interruption posant problème,
    • ou une contradiction dans une œuvre, un discours, une suite logique, une suite d'événements.

On dit par exemple : "On constate un hiatus entre les discours tenus et les réalisations concrètes".

Source : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Une gageure".

Ce mot ne se prononce pas "Gajeure" mais "Gajure" !

Même si, comme nombre de ses confrères et de français, le journaliste français Bruno Duvic l'a encore prononcé ainsi lors du journal radiophonique de 13H du 22 mai 2019, sur la radio publique nationale France Inter.

Explication :

Le "e" de "GagEure" n'est en effet qu'un "e" muet du type de celui que l'on trouve dans des mots comme "PigEon" ou "VengEance".

Le mot "Gage", auquel se rapporte la "Gageure" se prononce "gaje" et non "gag".

Comme on souhaite que le second "g" de "Gageure" se prononce bien lui aussi comme un "j" et non pas pas "gue", on lui accole donc un "e" muet, afin de le prononcer "gaje-ure".

Sans ce "e", "Gageure" s'écrirait "Gagure"... et se prononcerait "ga-gure" !

CQFD.

A toutes fins utiles, je profite de l'occasion pour rappeler que ce terme de "Gageure" signifie :

  • au sens propre, une promesse que des personnes se font réciproquement de payer ce dont elles conviennent en gageant, c'est à dire en déposant quelque chose comme gage, qui sera attribué au gagnant en cas de contestation,
  • par extension, la chose gagée,
  • et, surtout, au sens figuré, auquel on l'emploie le plus souvent de nos jours : une action ou un projet étrange, qui semble constituer un véritable défi au bon sens, un pari pour le moins hasardeux.

On dit par exemple : "Réussir à être élu dans ce contexte constituerait une véritable gageure".

Source : wiktionary.org et christophecourtois.blogspot.com

"Le susseyement" ou "Le sigmatisme frontal".

Il s'agit d'un vice de prononciation, consistant notamment à prononcer incorrectement les "s". C’est-à-dire à les prononcer en mettant la langue entre les dents, au lieu d’en appliquer le bout sur les dents d’en haut. Ce qui a naturellement tendance à donner le son "Che" au lieu de "Se".

Par exemple :

  • "Il est caCHé" au lieu de "Il est caSSé",
  • ou "LâCHer ses souliers" au lieu de "LaCer ses souliers".

Voire - ce qui peut vraiment prêter à confusion et amener à des situations très ambiguës - : "LêCHe-moi !" au lieu de "LaiSSe-moi !"

Le "Susseyement" ou "Sigmatisme frontal" est plus communément appelé, dans le registre familier, "Zozotement", "Zézaiement", "Zézayement" ou désigné par le biais de l'expression très imagée en forme d'idiotisme corporel "Avoir un cheveu sur la langue".

Quels curieux animaux ! Connaissez-vous le "Kâne" ? Et le "Râne" ? Le "Fâne" non plus alors ?

Famille d'ânes

Découvrez-donc ma première rencontre avec ces étranges créatures animales, que sont le "Zâne", le "Râne", le "Kâne", le "Tâne", le "Lâne", le "Nâne", le "Fâne" et le "Dâne" !

La scène se situe en fin de journée, début 1965, de l'autre côté de la Méditerranée. J'ai 3 ans et demi et je joue sur le balcon de l'appartement de mes parents. Mon père me rejoint et attire mon attention sur l'arrivée progressive, près de la fontaine, d'un petit troupeau d'ânes venus s'abreuver. Il s'agit là d'un animal que je n'ai pas encore eu le loisir de voir et je bondis donc, assez émerveillé par le spectacle si proche.

Là, commence un dialogue que n'aurai pas renié le regretté humoriste Raymond Devos ! Jugez-en plutôt :

Mon père : "Regarde Jean-Pierre les ânes qui arrivent !"
Moi : "Oh ! Y-en a beaucoup des zânes !

Troupeau d'ânes
Troupeau de "zânes"

Et y-a un petit zâne aussi là-bas !" (sic)

Mon père : "Non, Jean-Pierre, on dit un petit âne...

Ânon gambadant
Un petit "tâne"

Et - c'est ma foi vrai que c'est bien compliqué ! - un... âne !"

Un âne
Un "nâne"

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"Kingsley Coman".

Kingsley Coman

Le nom de ce joueur international de football français, né le 13 juin 1996 et jouant comme attaquant, se prononce au choix ko-mane ou ko-man.

L'intéressé lui-même déclare en effet : "De base, en Guadeloupe, on dit Kingsley ko-man. Mais quand j’étais petit, on me faisait beaucoup de blagues à deux balles, genre : Comment tu t’appelles ?. Après, j’ai pris l’habitude de dire ko-mane. Je trouvais que c’était plus beau. Mais ko-man ou ko-mane, les deux, c’est bon".

"Avoir la technique".

Cette expression familière - qui se prononce le plus souvent, par ironie, "Avoir la tèchenique" -, s'utilise lorsque l'on souhaite souligner ou confirmer de façon amusante que l'on dispose en effet d'un certain savoir-faire... pour exécuter une tâche pas forcément très prestigieuse, du type : ouvrir un bocal ou mettre en marche un appareil; dont son interlocuteur n'avait par exemple pas trouvé l'interrupteur...

"Le Ferry Boat" ou "Le Féri Boate".

Le Ferry Boat, aujourd'hui

La ville de Marseille (13) est encore sans doute l'un des rares endroits au monde ou l'on continue de parler de "Ferry Boat" (sans trait d'union) et pas simplement de "Ferry", refusant ainsi de céder à la pratique de l'ellipse.

On ne prononce cependant pas ce mot anglais comme les anglo-saxons, mais bien évidemment "avé l'assent", soit : "Féri Boate".

La ligne existe depuis 1880 et permet la traversée du Vieux-Port, de la Mairie à la Place aux Huiles. Elle est bien connue et appréciée pour son côté pratique par les Marseillais désireux de passer d'un côté à l'autre dudit Vieux-Port, bien que la distance qu’elle parcourt soit l’une des plus faibles au monde (283 mètres seulement !).

Le ferry boat du Vieux-Port

Et c'est au célèbre écrivain, auteur dramatique et réalisateur français Marcel Pagnol, né le 28 février 1895 et mort le 18 avril 1974, qu'elle doit sa célébrité et d'avoir pu ainsi perdurer jusqu'à nos jours.

Le ferry boat a en effet été immortalisé dans le film "Marius", réalisé en 1931 par Alexandre Korda d'après la pièce de théâtre homonyme de Pagnol de 1929.

Affiche du film français "Marius" d'Alexandre Korda (1931) d'après la pièce de théâtre homonyme de Marcel Pagnol (1927)

Près d'un siècle plus tard, il reste cher au coeur des Marseillais, et fait même partie du patrimoine de la ville, au même titre que la "Bonne mère" ou le "Vél" !

À titre tout à fait exceptionnel, je conçois donc de bonne grâce que l'on continue de l'appeler ainsi d'un mot anglais et non "Un transbordeur" ou "Un traversier", comme le font nos amis québecois.

Source : wikipedia.org