"Tirer le diable par la queue".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme religieux appartient au registre familier.

Et elle ne doit sans doute pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Remontant semble-t-il au XVIIe siècle, elle signifie, au sens figuré : avoir de la peine à trouver de quoi vivre, vivre avec des ressources insuffisantes, vivre dans la précarité et le dénuement.

On dit par exemple : "J'ai longtemps tiré le diable par la queue avant de trouver enfin ce travail correctement payé".

Et l'on utilise également, dans le même sens, les expressions "Avoir des fins de mois difficiles", "Avoir du mal à joindre les deux bouts", "Ne pas parvenir à joindre les deux bouts" ou "Ne pas réussir à joindre les deux bouts".

Source : expressions-francaises.fr

"Avoir le don d'ubiquité" ou "Ne pas avoir le don d'ubiquité".

  • Dans sa forme positive, cette locution verbale désigne, à l'origine, la faculté divine d'être présent partout en même temps ou "Omniprésence",
  • mais elle désigne également la faculté d'être présent physiquement en plusieurs lieux à la fois,
  • et, par analogie, le fait de donner l'impression d'être partout à la fois.

La forme négative "Ne pas avoir le don d'ubiquité" s'utilise souvent pour expliquer que, les journées n'ayant que 24 heures, on ne pourra pas tout faire à la fois, ni être partout en même temps.

"Le ramdam" ou "Faire du ramdam".

Le mot "Ramdam" est issu du mot arabe "Ramadan", qui était, à la fin du XXe siècle, pour les voisins de musulmans, le symbole des tapages nocturnes.

Il signifie par conséquent :

  • au sens propre, du vacarme, une manifestation bruyante et déplacée.

On dit par exemple : "Mes voisins ont fêté la victoire de leur équipe en faisant du ramdam jusqu'à pas d'heure !".

  • au sens figuré, un scandale.

On dit par exemple : "Lorsqu'il a compris qu'il s'était fait berner, le touriste a fait du ramdam".

  • et, par extension, une affaire, un bazar, un ensemble de faits créant une situation perturbante, désagréable.

On dit par exemple : "Si l'on ne parvient pas à résoudre ce problème cela va faire du ramdam !".

Sources : www.expressio.fr et www.cnrtl.fr

"Lavabo".

Ce terme latin signifiant "Je laverai" est utilisé dans la Bible, sous la forme "Lavabo inter innocentes manus meas" ("Je laverai mes mains parmi des innocents"), utilisée dans le rituel de la messe, au moment du lavement des mains du prêtre après avoir béni le pain et le vin (censés représenter le corps du Christ)

Ce n'est qu’aux premières années du XIXe siècle que le mot "Lavabo" a commencé à désigner une table de toilette, un meuble ayant une cuvette enfoncée, permettant de se laver. C'est ensuite la cuvette elle-même qui a rapidement pris ce nom de "Lavabo", lequel a finalement désigné - lorsque les tuyauteries modernes ont amené directement l’eau "courante" dans les habitations - l’appareil sanitaire que nous connaissons aujourd'hui.

Le mot "Lavabo" désigne donc :

  • au sens propre, la prière que le prêtre dit en lavant ses doigts durant la messe, avant la consécration,
  • mais aussi, par métonymie, la vasque destinée aux ablutions du prêtre officiant,

  • dans le langage courant, un dispositif mobile garni d’une cuvette et d’un pot à eau, destiné à se laver,

Meuble de toilette ancien

  • puis, une cuvette fixe, surmontée de robinets et dotée d’un trou d’évacuation d’eau, destinée à se laver,Lavabo
  • par métonymie, la pièce où est fixée cette cuvette ou ces cuvettes (on dit alors "Les lavabos"),

Lavabos collectifs

  • et, par extension, le cabinet d’aisance installé dans cette pièce.

Source : wikipedia.org

"L'alopécie", "La calvitie" et "La tonsure".

  • L'alopétie désigne ce que l'on appelle plus communément la chute des cheveux, et quelquefois des sourcils, de la barbe, etc., avec dénudation de la peau. Il s'agit donc d'un phénomène.
  • tandis que la calvitie en est le résultat, partiel ou total, et désigne donc :

Calvitie

      • soit la partie dénuée de cheveux, située sur le dessus du crâne, fréquente chez les hommes à partir d'un certain âge,

Calvitie complète

      • soit un crâne entièrement chauve.
  • et que la tonsure est une pratique adoptée par certaines Églises chrétiennes, consistant à raser une partie des cheveux d'un clerc.

Signe de renonciation au monde, elle est aussi, avec la prise d'habit et le changement de nom, un élément d'un rituel de mort et de renaissance qui efface les péchés antérieurs.

Elle fut par ailleurs à l'origine du port de la calotte.

Tonsure

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être chauve".

Source : wikipedia.org

"Un pet de nonne" ou "Un soupir de nonne".

Des pets de nonne

Aussi étrange que cela puisse paraître, ces deux locutions désignent... un gâteau !

Il s'agit en effet d'un beignet soufflé et sucré de pâte à choux frite, très populaire au XVIIe siècle.

Saupoudré de sucre et de cannelle, il est notamment une spécialité de Baume-les-Dames (25) et est traditionnellement consommé dans l'Est de la France, en Belgique et en Allemagne, en particulier durant les périodes de carnaval.

Le "Pet de nonne" est également appelé "Beignet de vent", "Beignet venteux" ou "Pet de putain". Et "Pet de vieille" dans l'Aveyron (12).

Source : wikipedia.org

"Grâce leur en soit rendue !", "Grâce leur soit rendue !", "Grâce lui en soit rendue !" ou "Grâce lui soit rendue !".

Bien que non croyant, j'aime beaucoup ces différentes formules, pourtant, à l'origine, directement issu de la religion, puisque l'on dit par exemple : "Grâce soit rendue à Dieu !" ou "Grâce soit rendue au ciel !".

Appartenant au registre soutenu, elles signifient respectivement :

  • "Grâce leur en soit rendue !", "Grâce leur soit rendue !" : qu'ils en soient remercié !,

On dit par exemple : "Grâce leur en soit rendue, les joueurs de l'équipe de France de football ont fait don d'une partie de leurs primes, lors de leur victoire à la Coupe du Monde 2018".

  • et "Grâce lui en soit rendue !" ou "Grâce lui soit rendue !" : qu'il en soit remercié !

On dit par exemple : "C'est ton frère qui m'a permis d'obtenir ce boulot, grâce lui en soit rendue !".

Source : www.cnrtl.fr

"Rigueur" et "Rigorisme".

  • la "rigueur" peut avoir différentes significations :
    • c'est d'abord est une sévérité inflexible, une austérité, une dureté extrême ("mesures de rigueur"),
    • mais également l'application stricte, sévère de principes moraux, religieux ("une rigueur religieuse"),
    • un comportement austère, rigide, un aspect dur, sévère ("une rigueur puritaine"),
    • le caractère dur, pénible d'une chose difficile à supporter ("la rigueur du climat"),
    • ou, enfin, le caractère d'exactitude, de précision, de régularité de quelque chose ("la rigueur scientifique").
  • apparu à la fin du XVII e siècle, le "rigorisme" est un respect très strict des règles de la religion ou de la morale. C'est une forme de radicalisation religieuse, pouvant être apparentée ou associée à de la rigidité morale.

Le "rigorisme" est donc le nom que prend "la rigueur" dès lors qu'elle s'applique au domaine de la morale ou de la religion.

Source : www.cnrtl.fr

"Près de 1000 ans et toujours dans le goût".

Affiche publicitaire pour la bière Affligem

J'ai trouvé assez plaisant le calembour "à double détente" de ce slogan de la marque de bière d'abbaye belge Affligem.

"Depuis 1074, les moines de l'abbaye d'Affligem" - nous précisent en effet les affiches placardées en avril 2019 - "sont garants du goût de la bière Affligem. Aujourd'hui encore, ils approuvent avec soin chaque recette."

  • Le premier calembour, pas vraiment enthousiasmant à mon sens, est naturellement celui qui résulte de la paronymie entre les mots "Coup" et Goût" ; la formule "Toujours dans le goût" renvoyant à l'expression du registre familier "Toujours dans le coup", dérivée de la formule "Être dans le coup".
  • Mais bien plus subtil et amusant me semble être le second calembour, sous-jacent, qui consiste à laisser entendre que lorsque l'on s'appelle "Affligem" (a-fli-guèm) - nom qui , avec un soupçon d'imagination, peut se prononcer... a-fli-jan comme "Affligeant"), on peut bien se permettre ce type de jeu de mots !

Mais il est bien possible que je sois le seul à avoir cru déceler là une quelconque malice... qui n'a peut-être jamais existé que dans mon imagination ?

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Une bière".

"Apocryphe".

Cet adjectif du registre soutenu qualifie :

  • au sens propre : un texte ou un livre, dont l'Église ne reconnaît pas l'origine divine,
  • et, par extension :
    • un écrit douteux, faux, dont l'authenticité n'est pas établie,
    • et notamment :
      • un livre, une oeuvre ou une citation, dont l'attribution à un auteur déterminé est erronée,
      • voire : une information ou une nouvelle, dont on doute, à laquelle il est difficile d'ajouter foi.

Source : www.cnrtl