Ne pas confondre : "Un gros scato" et "Une grosse catho" !

Ces deux locutions du registre familier réunissent un adjectif qualificatif et l'apocope d'un substantif.

  • la première désigne un scatophile, vil pervers attiré par les excréments humains, mais pas forcément en surpoids.
  • tandis que la seconde désigne une femme catholique de forte corpulence.

"Se signer" et "Le signe de croix".

Ce verbe et cette locution désignent la façon dont les chrétiens rendent hommage à Jésus-Christ à travers un geste rituel.

Celui-ci consiste à porter deux ou trois doigts de la main droite sur son front puis sur sa poitrine, et enfin d'une épaule à l'autre (de gauche à droite pour les catholiques, de droite à gauche pour les orthodoxes) en prononçant les paroles : "Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen".

Ce geste fait naturellement référence à la mort de Jésus, crucifié par les romains.

Source : wikipedia.org

"Une bière d'abbaye" et "Une bière trappiste".

Attention : "Une bière trappiste" est aussi "Une bière d’abbaye" mais "Une bière d’abbaye" n’est pas "Une bière trappiste" !

  • Une bière d’abbaye est en effet une bière faisant référence à la vie monastique ou à une abbaye particulière, en activité ou non.

Jadis brassée sur place par les moines, il s’agit aujourd’hui d’une licence délivrée à un brasseur par une communauté monastique, ou de la référence à une abbaye disparue.

Seules quelques bières sont encore brassées dans les murs de l’abbaye, comme la Val-Dieu.

Exemples de bière d’abbaye : la Grimbergen, Maredsous, Floreffe ou Affligem.

Des bières d'abbaye

  • Tandis qu'une bière trappiste doit être produite par des moines trappistes, ou du moins, brassée sous leur supervision. Elle doit être fabriquée au sein d’une abbaye trappiste et une part des revenus doit être consacrée à des œuvres à caractère social.

Les bières trappistes sont généralement hautement fermentées et respectent un procédé prescrit par l’Association Trappiste Internationale.

L’appellation "bière trappiste" requiert donc des conditions nettement plus strictes que celle de "bière d'abbaye".

Aussi n'existe-t-il aujourd’hui que 10 bières trappistes dans le monde, dont :

    • six belges : la Chimay, Orval, Rochefort, Westmalle, Westvleteren et Achel,
    • deux hollandaises,
    • une autrichienne
    • et une américaine.

Des bières trappistes

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Une bière".

Source : www.lesbieresbelges.be

"Une antienne".

Ce mot désigne :

  • au sens propre, un refrain liturgique repris par le chœur entre chaque verset d'un psaume,
  • et au sens figuré, une chose que l'on répète, que l'on ressasse, telle qu'une rengaine ou un refrain.

On dit ainsi souvent d'une réaction attendue des membres de l'opposition politique ou des syndicats à une mesure gouvernementale : "L'antienne est connue".

"Une religieuse".

Ce mot polysémique désigne :

Une religieuse

  • avant toute chose une femme membre d'une communauté religieuse féminine, devant généralement obéir aux vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, que l'on appelle également "Nonne", "Moniale" ou "Soeur" et, dans le registre familier, "Bonne soeur".,

Religieuse au chocolat et religieuse au café

  • mais également une pâtisserie à base de pâte à choux et de crème pâtissière, généralement au chocolat ou au café, inventée vers 1856, à Paris (75), au "Café Frascati", un établissement tenu par un glacier napolitain.

La recette est identique à celle de l'éclair, hormis la présentation, puisque la religieuse est composée de deux choux posés l'un sur l'autre, dont le chou supérieur, qui est censé représenter la tête, est deux fois plus petit.

Source : wikipedia.org

15 façons de dire "On n'y voit rien".

"On n'y voit que dalle" appartient au registre argotique.

L'expression "Il fait noir comme dans le trou du cul d'un nègre" relève du registre vulgaire et ne peut naturellement plus être employée de nos jours sans se voir immédiatement traité d'épouvantable raciste.

En revanche, l'église catholique, apostolique et romaine s'avérant sensiblement moins sourcilleuse et susceptible que certaines associations de défense des "minorités visibles", sans doute doit-on plus aisément pouvoir continuer d'utiliser la formule "Il fait noir comme dans le cul d'une nonne" (registre argotique).

Dans le registre familier, on dit : "On n'y voit goutte" ou "On n'y voit que pouic" (qui appartiennent également au registre désuet).

Et nos amis québecois utilisent l'idiotisme animalier "Il fait noir comme dans le cul d'un ours".

Le langage courant nous offre quelques autres possibilités, avec "Être dans le noir", "Il fait nuit noire", "Il fait noir comme dans un four", "Il fait noir comme dans un tunnel", "Il fait noir comme dans la gueule du loup" (idiotisme animalier) ou "On n'y voit pas clair".

Mais c'est naturellement le registre soutenu qui nous propose les formules les plus élégantes, avec "Être dans la plus totale obscurité",  ou "Il règne un noir d'encre" ou "Nous sommes plongés dans les ténèbres".

"Jésus-Christ... et la caravane passe !" ou "Jésus crie... et la caravane passe !".

Ce superbe calembour de Coluche extrait de son sketch "Le blouson noir" n'a pas pris une ride depuis 1975 !

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le nom « Jésus-Christ » et la locution nominale « Jésus crie », associée au proverbe « Le chien aboie, la caravane passe« .

Coluche dans "Le blouson noir" (1975)

"Un diptyque" ou "Un triptyque".

Il s'agit - comme l'indique son étymologie grecque - d'une œuvre en deux volets ou en trois volets.

Le diptyque/triptyque est en effet un ensemble composé de deux/trois unités distinctes qui entretiennent une correspondance.

Il s'est d'abord longtemps agit de peintures ou de sculptures composées de deux panneaux, fixes ou mobiles. Et à usage essentiellement religieux.

De plus en plus, de nos jours, cependant,  le terme s'utilise dans de nouveaux domaines artistiques :

  • dans la photographie : en parlant de deux/trois photographies s'alimentant visuellement l'une l'autre dans un but esthétique ou documentaire.

Par exemple : Plan général-détails. Ou deux/trois plans d'une même scène à deux/trois époques différentes.

  • dans le cinéma :
    • en parlant de deux films complémentaires qui, toutefois, ne se font pas suite.

Par exemple : "Mémoires de nos pères" et "Lettres d'Iwo Jima" est un diptyque de Clint Eastwood (2006), présentant la bataille d'Iwo Jima (1945) d'un point de vue américain et d'un point de vue japonais.

    • Ou d'une œuvre complète originellement mais scindée en deux parties pour des raisons commerciales.

Par exemple : "Kill Bill 1" et Kill Bill 2" de Quentin Tarantino (2003 et 2004). Conçu à l'origine comme un seul film,mais séparé en deux parties en raison de sa longueur (environ 4 heures pour les deux volets réunis).

Ou "1900" de Bernardo Bertolucci (1976) qui durait 5H20 et est donc sorti en deux parties.

    • Par abus de langage, les termes "diptyque" et "triptyque" sont désormais souvent utilisés pour désigner toutes les séries de deux ou trois films, sans distinction.
  • dans la bande dessinée :
    • en parlant de deux albums complémentaires qui, toutefois, ne se font pas suite.
    • ou d'une œuvre complète originellement mais scindée en deux parties pour des raisons commerciales.

Par exemple : Les deux albums de Tintin, "Les sept boules de cristal" et "Le temple du soleil", d'Hergé (1947 et 1948), ou "Le diable des sept mers" d'Hermann (2008 et 2009).

    • Par abus de langage, les termes "diptyque" et "triptyque" sont désormais souvent utilisés pour désigner toutes les séries de deux ou trois albums, sans distinction.
  • dans la musique : en parlant d'une œuvre en deux ou trois parties.

Celles-ci, quoique séparées, sont indissociables du fait de leur lien musical.

Par exemple : la "Toccata et fugue en ré mineur", œuvre pour orgue écrite par Jean-Sébastien Bach entre 1703 et 1707, est un diptyque.