"Gonfle" ou "Gonfles".

Cet adjectif  signifie tout simplement "Gonflé" (ou "Gonflés").

On dit par exemple : "Des fois, j'ai les mains tout gonfles" ou "J'ai les agassins tout gonfles à force de marcher !".

Pieds gonflés

La différence (l'accent aigu) peut certes paraître minime, mais je vous assure qu'au début cela peut surprendre !

Mon ex-épouse aixoise se souvient encore avec amusement de mon visage interloqué, lorsque la bijoutière chez laquelle nous étions passé essayer mon alliance, quelques jours avant notre mariage, en juillet 1999, nous avait expliqué : "Il ne faut pas que le monsieur s'inquiète : ça coince un peu mais c'est parce que vous avez les doigts gonfles" !

On ne dit pas : "Comme t'y es beau" ou "Comme ti est beau" ni "Comme t'y es belle" ou "Comme ti est belle" !

Mais : "Comme tU es beau" et "Comme tU est belle" !

La prononciation "T'y" ou "Ti" relève du parler marseillais ou du parler juif sépharade.

Elle appartient au registre populaire et a, je le confesse, le don de m'exaspérer.

"Dégun".

Ce pronom indéfini invariable marseillais signifie : personne, aucun être, nul individu.

On dit par exemple : "On craint dégun", "Je connais dégun ici" ou "Y avait dégun".

Ignorant totalement ce vocable à mon arrivée à Aix-en-Provence (13), en juillet 1999, j'avoue voir été quelque peu surpris la première fois que je l'ai entendu...

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Le pastaga" ou "Un petit jaune".

Carafe d'eau et verre de pastis

Ces deux appellations désignent le pastis, cette boisson anisée typique de Marseille (13) et du Sud de la France, que l'on boit augmentée d'eau fraîche.

Principalement popularisé par les marques Pernod (Pastis 51) et Ricard, le pastis est un alcool aromatisé par macération, distillation ou redistillation de plantes : anis vert, anis étoilé (badiane) ou fenouil, bois de réglisse, et extraits naturels de plantes diverses et variées.

Carafes, seau et broc publicitaires Pernod
Carafes, seau et broc publicitaires Pernod

Bouteille et verre de pastis

"Le pastaga" est un mot provençal relevant du registre familier.

Et "Un petit jaune" est le surnom en forme d'idiotisme hromatique que les français donne à cette boisson.

Source : wikipedia.org

 

 

"Se languir de".

  • Ce verbe du registre soutenu signifie "S'ennuyer, se morfondre, éprouver de la peine, du chagrin, du fait de l'absence de quelqu'un ou de quelque chose".

On dit par exemple : "Je me languis de ma famille".

  • Pour les Marseillais, en revanche, il signifie dans le langage courant... "Avoir hâte".

On dit par exemple (avé l'assent !) : "Je me languis de pouvoir retourner à la plage".

"Escagasser".

J'aime beaucoup ce verbe du parler marseillais et provençal, appartenant au registre familier, qui signifie :

  • au sens propre :
    • démolir, abîmer, détériorer quelque chose.

On dit par exemple : "Peuchère ! J'ai prêté ma voiture à mon mari et il me l'a toute escagassée !".

    • ou corriger physiquement quelqu'un de façon assez rude, l'assommer à force de coups.

On dit par exemple : "Fais gaffe ! Si tu as le malheur de crier Vive le PSG devant mon vieux quand il rentre du Vél' et que l'Ohème s'est pris une branlée, il va t'escagasser !".

  • et au sens figuré :
    • s'efforcer de, produire des efforts en vue de.

On dit par exemple : "Cela fait deux heures que je m'escagasse à monter ce buffet KRÜPFNIG !"

    • ou fatiguer, ennuyer, importuner, agacer.

On dit par exemple : "Allez, file ! Tu m'escagasses avec tes fichus articles de J'aime les mots ! Il se moque de nous ce parisien !".

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Énerver" en français.

 

"Bon bout d'an" ou "Bon bout d'an et à l’an que ven".

Voilà deux expressions typement marseillaises et provençales qui ne laissent pas de surprendre le nouvel arrivant ou le touriste !

Leurs significations respectives ne risquent pas en effet de se deviner toutes seules, puisqu'elles veulent dire :

  • "Bonne fin d'année".
  • et : "Bonne fin d'année et à l'an prochain" ("l'an qui vient").

Je me souviens encore de la tête que j'ai faite, fin 1999, lors de mon premier hiver à Aix-en-Provence (13), lorsque les premières personnes ont commencé à utiliser ces deux formules, entre Noël et le jour de l'An !

"Marronner" ne signifie pas "Devenir marron" ou "Colorier en marron" !

Ce verbe peut en revanche avoir quatre significations différentes :

  • autrefois :
    • friser en grosses boucles, en "marrons" (registre désuet),
    • pratiquer l'art de la navigation ou de la piraterie (registre désuet),
    • ou aux Antilles : s’enfuir, "faire marron", en référence aux esclaves "marrons", ainsi que l'on appelait alors les fuyards (registre désuet),
  • et de nos jours, pour les marseillais notamment, : marmonner, murmurer de façon hostile, entre ses dents, grommeler.

On dit par exemple : "Arrête de marronner et va me ranger le bazar qu'il y a dans ta chambre !".

Source : www.cnrtl.fr