"Scrogneugneu" ou "Scrongneugneu" !

J'adore ces deux interjections exprimant le déplaisir, dont j'ai longtemps ignoré, je le confesse, qu'il s'agissait d'une altération de l'expression "Sacré nom de Dieu !", dont la forme primitive était "Sacrégnongnieu !".

"Porter sur les fonts baptismaux".

Cette expression signifie :

  • au sens propre : faire baptiser son filleul dans la religion chrétienne, pour le parrain ou la marraine, en portant son filleul sur les "fonts baptismaux", c'est à dire la ou les cuves servant à recevoir l'eau du baptême,
  • et, au sens figuré, : être à l'origine de, lancer, mettre en œuvre, provoquer l'avènement de, faire connaître quelque chose qui existait déjà mais n'était pas encore connu du grand public.

Source : www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr

On ne dit pas : "Un tube catholique" !

Mais : "Un tube cathodique" !

Il s'agit d'un tube à vide constitué d’un filament chauffé, d'électrodes en forme de lentilles trouées qui, soumises à une différence de potentiel (ou tension), créent un champ électrique accélérant les électrons. Ces derniers viennent frapper l’écran, sur lequel est déposée une couche électroluminescente réagissant au choc des électrons en créant un point lumineux.

La trajectoire du flux d'électrons de la cathode vers l'écran est rendue possible par la présence d’une anode alimentée à un très fort potentiel (de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers de volts selon le type de tube) qui attire celui-ci.

Ce composant fut utilisé pendant plusieurs dizaines d'années par la plupart des postes de télévisions, des écrans d’ordinateurs et des oscilloscopes, jusqu'à l'avènement des écrans LCD.

Source : wikipedia.org

"Palsambleu !" ou "Parsambleu !".

Ces deux jurons, délicieusement désuets à mes yeux, résultent d'une altération de la formule "Par le sang de Dieu", ainsi modifiée afin d'éviter le blasphème.

Dans les deux cas, à l'instar de "Corbleu" ou "Morbleu", ils marquent :

  • soit un vif agacement nuancé d'indignation.

Par exemple, en réponse à la réception d'une information déplaisante : "C'est étrange, je viens d'entendre votre fille appeler le facteur "Papa" ?". "Palsambleu !".

  • soit l'assentiment, l'évidence.

Par exemple, afin de ponctuer une assertion : "J'ai toujours dit qu'il gagnerait, parsambleu !".

"Corbleu !" ou "Morbleu !".

Bien que n'étant absolument pas croyant, je trouve plaisant d'utiliser ces deux jurons du registre désuet, qui résultent d'une altération des formules "Par le corps de Dieu" et "Par la mort de Dieu, ainsi modifiées afin d'éviter le blasphème.

A l'instar de "Palsambleu" ou "Parsambleu", ils marquent dans les deux cas :

  • soit un vif agacement nuancé d'indignation.

Par exemple, en réponse à la réception d'une information déplaisante : "C'est étrange, je viens d'entendre votre fille appeler le facteur "Papa" ?". "Corbleu ! Où est-il  ?".

  • soit l'assentiment, l'évidence.

Par exemple, afin de ponctuer une assertion : "J'ai toujours dit qu'il gagnerait, morbleu !".

"La ville aux mille tours et mille clochers".

Prague Mille Clochers

Il s'agit du surnom de la ville de Prague, capitale et plus grande ville de la République tchéque, avec 1 309 000 habitants.

Carte de situation de la ville de Prague, capitale de la République tchèque

Située au coeur de l'Europe centrale, à l'ouest du pays, en Bohème, la ville est édifiée sur les rives de la Vltava.

Source : wikipedia.org

"Un petit rat de l'opéra" et "Un petit rat de Varsovie"

Ces deux formules désignent toutes deux des catégories d'enfants, mais radicalement différentes :

  • un petit rat de l'opéra est l'appellation familière désignant une jeune élève de l'école de danse de l'Opéra de Paris (75) participant aux spectacles.
  • tandis qu'un petit rat de Varsovie était le nom donné, de 1940 à avril 1943, au jeune enfant juif polonais qui, chaque jour, au péril de sa vie, se faufilait hors du ghetto de Varsovie, via les égouts, les caves ou de petits tunnels creusés sous les murs, afin d'aller chercher des vivres ou des armes.

Le poète polonais Andrzej Zaniewski, né le 13 avril 1939 a popularisé cette expression, avec son roman écrit en 1979, mais seulement paru en 1990 en tchèque et traduit en français en 1994 : "Mémoires d'un rat" (*).

Laeticia Hallyday a révélé en avril 2018 dans "Le Point", qu'il s'agissait du livre de chevet favori de son défunt mari, qui adorait faire découvrir ce roman méconnu, qu'il offrait régulièrement à ses amis et connaissances.
(*) : à ne pas confondre avec "Mémoires d'un rat" de Pierre Chaine, paru en 1917, qui traite de la guerre des tranchées.

"Un blasphème".

C'est une parole outrageant la divinité, la religion, le sacré, et, par extension, une personne ou une chose considérée comme quasi sacrée.

De ce fait, le blasphème est naturellement prohibé par la religion.

Celui ou celle qui blasphème est appelé "blasphémateur" ou "blasphématrice" et leurs agissements sont qualifiés de "blasphématoires".

Exemple de jurons blasphématoires : "Nom de Dieu !" ou "Bon Dieu !".

On n'écrit pas : "Un pélerin" ou "Un pélerinage" !

Mais : "Un pèlerin" et "Un pèlerinage" !

Avec un"è", car ces mots se prononcent "pèlerin" et "pèlerinage", et non "pélerin" ou "pélerinage".

Il s'agit ici d'un parfait exemple de l'importance de la prononciation ; une mauvaise prononciation entraînant ipso facto une mauvaise orthographe.

"Le syndrome de Jérusalem".

Il s'agit d'une maladie psychosomatique assez rare, appartenant à ce que l'on appelle les "troubles du voyage" ou "syndromes du voyageur".

Provocant chez certains individus des accélérations du rythme cardiaque, des vertiges, des suffocations voire des hallucinations, elle est équivalente au syndrome de Stendhal, à ceci près qu'elle ne se rapporte pas aux œuvres d'art, mais au sens religieux révélé lors du pèlerinage de Jérusalem, la ville sainte des trois monothéismes.

Les spécialistes attribuent ces crises à la déception. Des pèlerins rêvent des années à cette visite en Terre sainte mais la grande richesse archéologique de Jérusalem reflète surtout les périodes turque, croisée et byzantine sans aucune trace de l'ère préchrétienne ; la plupart des sanctuaires chrétiens ayant été soumis à la destruction, à la transformation ou à la défiguration au cours de leur histoire mouvementée.

Comme la réalité n'est pas à la hauteur de leurs fantasmes, ces pélerins deviennent frustrés et se réfugient dans le délire.

Près d'une centaine de personnes par an ressentiraient ce syndrome, à des degrés divers, dont une quarantaine sont hospitalisées chaque année ; les cas étant le plus souvent enregistrés aux abords des grandes fêtes religieuses (Noël, Pâques, Pessah, etc.) et durant les mois chauds de juillet et août.

Concernant la composition confessionnelle des victimes de ce syndrome, 66 % sont de confession juive, 33 % chrétiens (pour la plupart protestants) et les 1 % restants sans religion. Cette pathologie ne touche d'ailleurs pas que les seuls touristes et pèlerins, mais aussi des résidents de Jérusalem.

Les principaux symptômes ressentis sont les suivants : anxiété et stress, désir d'isolement, obsession de se purifier le corps (ablutions systématiques, taille des ongles), confection de toges à partir de draps, déclamation de passages de la Bible et chants sacrés, proclamation de sermons, hallucinations, etc.

"C'est une plaie".

Cette expression désigne une personne dont la fréquentation est particulièrement nuisible.

Et fait référence aux plaies d'Egypte, d’une douleur croissante, que Dieu, par l’intermédiaire de Moïse, envoya à Pharaon, l’oppresseur du peuple hébreu, qui refusait de laisser partir une main d’œuvre bon marché.

Face à la douleur de la mort de son fils aîné, la dernière des plaies étant la mort subite de tous les premiers-nés des hommes et des animaux, Pharaon avait cédé pour ensuite se reprendre et poursuivre le peuple hébreu jusqu’à la mer Rouge où ses troupes avaient péri.

On dit par exemple : "Mais c'est une une plaie ce type : il ne va donc jamais me lâcher !".

Source : www.addnarbonne.com