On ne dit pas : "Les prêts participatifs dont on a pu évoquer, là, sur l'sujet" !

L'économiste français Mathieu Plane

Comme l'a déclaré, le 1er juin 2021, l'économiste français Mathieu Plane, dans l'émission d'Axel de Tarlé "L'info s'éclaire", sur la chaîne de télévision publique française d'information en continu "franceinfo.

Mais : "Les prêts participatifs QUE L'ON a pu évoquer À CE sujet" !

Pour cet affreux charabia, je lui décerne monlabel de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Avoir des cannes".

Cette locution verbale polysémique peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue auquel on se situe.

Ainsi, "Avoir des cannes" signifie :

Une jeune femme, marchant avec des cannes anglaises
Une jeune femme, marchant avec des cannes anglaises
  • dans le langage courant, par ellipse : marcher avec des cannes anglaises, utiliser des cannes anglaises pour marcher.

On dit par exemple : "Ma fille se remet peu à peu de sa chute, mais elle a toujours des cannes".

  • ou, dans le registre argotique et dans le domaine du sport : être en forme, être en jambes (registre familier).

Ce qui sous-entend donc : être capable de courir vite. Ou longtemps.

On dit par exemple : "Attention : il faut se méfier de cet ailier car il a des cannes".

L'attaquant belge Eden Hazard "a des cannes" ("court vite" dans le registre argotique)
L'attaquant belge Eden Hazard "a des cannes" ("court vite" dans le registre argotique)

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés à :

Pourquoi dire : "Un happy end" ?

L'actrice états-unienne Meg ryan et l'acteur états-unien Billy Crystal, dans le film états-unien "Quand Harry rencontre Sally", de Rob Reiner (1989)

Et pas : "Une fin heureuse" !

Cette formule de "UN happy end" est en effet d'autant plus inepte à mes yeux que :

  • s'agissant d'un type de "Fin", le féminin "UNE" aurait, à tout le moins, davantage convenu,
  • et que les anglophones n'utilise pas l'expression "Happy end"... mais "Happy ending" !

Mais après tout, "La fin heureuse" d'une histoire, notamment dans les films, est elle-même une spécialité états-unienne inepte, Hollywood ayant toujours eu tendance à privilégier ce type de fin, quitte à modifier la fin originale d'oeuvres adaptées au cinéma ou de films étrangers !

Ainsi de l'un de mes films français préférés, "Le grand bleu", de Luc Besson (1988), pour lequel la version états-unienne, "The big blue", ne montre pas Jacques Mayol ( Jean-Marc Barr) se laisser attirer par un dauphin, dans l'obscurité de l'océan qui le fascine, suivant ainsi le même chemin que son père et son ami Enzo Molinari (Jean Réno) avant lui... mais remonter à la surface pour jouer avec un dauphin !

Cette tendance aux fins heureuses a naturellement été la source de plusieurs conflits entre réalisateurs et producteurs, ces derniers estimant généralement qu'une fin heureuse serait plus vendeuse que la fin pessimiste voulue par le réalisateur, ce dernier ne parvenant généralement à faire connaître la fin qu'il avait prévue que des années plus tard grâce à la parution d'une version d'auteur ("Director's cut").

Deux de mes films états-uniens préférés font partie des cas les plus célèbres de ce genre de conflit  :

  • "Blade Runner" de Ridley Scott (1982),
    • La version "fin heureuse" (avec des images inédites du "Shining" de Stanley Kubrick) :
    • et un petit récapitulatif de l'ensemble des versions de ce film culte :
  • et "Brazil" de Terry Gillian (1985) :
    • La version "fin heureuse" privilégiée par le studio :
    • et la fin voulue par Terry Gilliam :

Le plus souvent, la fin heureuse tourne à l'avantage du héros ou de l'héroïne : les personnages confrontés à des dangers et difficultés, survivent et accomplissent leur mission. Et s'ils sont amoureux, ils parviennent à concrétiser leur amour.

Mais il arrive également que la fin heureuse se limite à un message optimiste, comme c'est le cas à la fin d'"Autant en emporte le vent" où, malgré la fin de sa relation avec Rhett Butler, Scarlett O'Hara déclare : "Après tout, demain est un autre jour !".

Source : wikipedia.org et monfilmculte.com

"Une promesse de Gascon".

Carte de la Gascogne

J'aime beaucoup cette locution nominale féminine du langage courant qui désigne : une promesse excessive qui ne peut être tenue.

Cette expression nous vient du XVIe siècle, à une époque où les habitants de la Gascogne - une zone du Sud-Ouest de la France, couvrant principalement l'actuel Gers (32), les Landes (40)et les Hautes-Pyrénées (65), qui a disparu en tant que département ou région - étaient réputés faire d'excellents et courageux soldats.

Mais ces qualités reconnues étaient trop souvent vantées et exagérées par les Gascons eux-mêmes, que l'on considérait de ce fait comme des hâbleurs, des beaux parleurs, des menteurs, des vantards, auxquels on ne pouvait guère faire confiance.

Nombre d'entre eux avaient émigré à Paris (75) pour devenir soldat afin de sortir de leur misère, mais ils refusaient de l'avouer et cherchaient à faire croire qu'ils valaient mieux que ce qu'ils étaient réellement.

C'est de cette réputation que l'expression "Promesse de Gascon" est née, ainsi que la locution verbale "Parler en Gascon" qu'on pourrait aujourd'hui traduire par "Raconter des craques" ou le substantif féminin "Gasconnade" que l'on pourrait remplacer par le mot "Fanfaronnade".

On dit par exemple : "Je suis désolé M. le directeur, mais je vous ai fait une promesse de Gascon : je n'ai plus ni vodka, ni gin, ni whisky, ni porto, mais seulement... de l'eau du robinet.".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Tant bien que mal".

Cette locution adverbiale appartient au langage courant.

Et elle signifie : dans une certaine manière, mais pas très bien ; ni mal, ni bien, et avec difficulté ; plus ou moins ; difficilement.

On dit par exemple : "Je suis parvenu à finir ce roman tant bien que mal, mais ne me demande pas d'en lire d'autres du même auteur !".

Ou : "Je parviens à me servir tant que mal d'un ordinateur, mais je n'affectionne vraiment pas l'informatique".

Sources : dictionnaire.reverso.net, wiktionary.org, langue-francaise.tv5monde.com et www.expressio.fr

"Le syndrome de Hikikomori".

Cette appellation est utilisée au Japon, pour désigner l'état psychosocial et familial concernant les personnes - principalement des hommes, à plus de 70% - vivant coupées du monde et des autres, cloîtrées le plus souvent dans leurs chambres pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, et ne sortant que pour satisfaire aux impératifs des besoins corporels.

Ces individus se sentent en effet tellement accablés par la société, en ayant le sentiment de ne pas pouvoir atteindre leurs objectifs de vie, que leur réaction consiste à s'isoler du monde qui les entoure.

Le terme japonais de "Hikikomori" définit très précisément une personne ne s’étant pas rendue à l’école ou au travail pendant au moins six mois et n’ayant eu, pendant cette période, aucune réelle interaction avec quiconque hors du cercle familial.

Et ce phénomène est loin d'être marginal, puisque, selon une étude (*) publiée par le gouvernement japonais le 26 mars 2019, 613.000 Japonais âgés de 40 à 64 ans vivent entièrement coupés de la société, restant chez eux plus de six mois d’affilée.

Un hikikomori japonais

On considérait jusque récemment que cet état concernait principalement des adolescents et des personnes de moins de 30 ans mais le Japon vieillissant constate avec effroi l'existence d'un nombre croissant de hikikomori plus âgés, qui se cloîtrent pendant des périodes plus longues.

"Le nombre est plus élevé que ce que nous imaginions. Et le phénomène des hikikomori ne concerne pas que les jeunes", a ainsi déclaré à l’AFP un responsable du gouvernement chargé de cette étude.

La durée d'isolement également tend à s'accroître, puisqu'environ la moitié des personnes prises en compte dans l’enquête s’étaient isolées pendant plus de... sept ans !

Et le nombre total évalué par l’enquête est supérieur à celui des hikikomori de moins de 39 ans, estimé lui à 541.000 par une étude similaire du gouvernement diffusée en 2016.

Deux jeunes hikikomori japonaisLa chambre d'un jeune hikikomori japonais

 

"Les données du gouvernement viennent corroborer notre propre enquête, selon laquelle il existe un grand nombre de personnes plus âgées dans cette situation", a déclaré à l’AFP Rika Ueda, qui travaille pour une ONG de soutien aux parents d’enfants hikikomori. "Mais nous ne nous rendions pas compte qu’il en existait parmi les sexagénaires", a-t-elle ajouté.
"Cela montre que la société japonaise est dure. Les hikikomori préfèrent rester à la maison plutôt que de rencontrer du monde", explique Mme Ueda, qui estime que le conformisme et la culture du tout travail du Japon exercent des pressions très fortes.

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mes articles consacrés à :

(*) : 5.000 personnes âgées de 40 à 64 ans ont été interrogées à travers le Japon entre le 7 décembre et le 24 décembre 2018, sur leurs habitudes de vie, dont 65% ont répondu. En plus de ces personnes 2.812 adultes vivant avec elles ont été questionnées.

Sources : wikipedia.org, french.almanar.com.lb et AFP (Agence France Presse)

"Être coiffé comme un dessous-de-bras" ou "Être coiffée comme un dessous-de-bras".

Enfant, j'avais adoré découvrir cette expression en forme d'idiotisme corporel.

Appartenant au registre populaire, elle signifie : ne pas être coiffé(e) du tout, être complètement décoiffé(e), avoir les cheveux en désordre, ébouriffés, "en pétard" (registre familier).

À l'image des poils des "dessous-de-bras" (registre populaire), c'est à dire des aisselles, lorsqu'ils sont très longs.

On dit par exemple : "Tu auras vu la tête de ma frangine au réveil : les yeux gonflés, coiffée comme un dessous-de-bras".

"Être coiffé comme un dessous-de-bras"

"Gyma".

Ce nom de marque et de société date de 1992.

Gilbert Ducros (12 février 1928 - 22 décembre 2007), le fondateur du groupe alimentaire qui portait son nom (© AFP photo)

Quelques mois après la vente de son groupe alimentaires spécialisé dans les plantes aromatiques, l'industriel français Gilbert Ducros - à qui Eridania-Béghin-Say, le pôle agroalimentaire du groupe italien Ferruzzi-Montedison n'a pas fait signer de clause de non-concurrence - créée la surprise, en lançant, avec ses deux fils, une nouvelle entreprise sur le marché naissant des herbes aromatiques surgelées : GYMA, pour Gilbert, Yves et MArc Ducros !

Son slogan d'origine, "Gyma j'imagine !", en 1993, lui vaut des ennuis judiciaires. Gilbert Ducros perd en effet le procès que lui intente la société helvétique Maggi (ma-ji) , car dans "Gyma j'imagine !", il y a "Maggi Maggi", le slogan de la marque Maggi !

Logotype de la marque helvétique Maggi, créée en 1885 par le suisse Julius Maggi

Sise à Sorgues (84), la société a cédé ses activités herbes surgelées, en 2001​, et épices en 2011, pour se concentrer sur les sauces.

Sources : www.ria.fr et wiktionary.org

"Locdu" ou "Loquedu" et "Un locdu" ou "Un loquedu".

J'ai toujours beaucoup aimé ce mot étrange découvert lorsque j'étais enfant.

Il appartient au registre argotique et peut être, selon le contexte :

  • un adjectif ("Locdu" ou "Loquedu"), signifiant : un peu fou, bizarre, cinglé, timbré, toqué,

On dit par exemple : "Ce mec est vraiment locdu : il vient de manger un poisson rouge !".

Ou : "T'es loquedu mon pauvre : on pourra jamais rentrer !".

  • ou un substantif ("Un locdu" ou "Un loquedu"), désignant :
    • un individu misérable, méprisable, minable, tocard,

On dit par exemple : "Je suis tombé sur un locdu qui m'a renseigné tant bien que mal".

    • ou : un individu sournois et dangereux.

On dit par exemple : "Fais attention en sortant, j'ai repéré un loquedu qui attendait je ne sais quoi".

Source : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "C'est la raison pour laquelle les turcs y z'ont pas réussi à sortir" !

L'entraîneur de football français Régis Brouard

Comme a pu le déclarer, le 11 juin 2021, l'entraîneur français Régis Brouard, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "C'est la raison pour laquelle les turcs N'ont pas réussi à sortir" !

"Un pousse-café".

Ce substantif masculin, qui ne doit pas laisser d'interloquer nos amis étrangers, appartient au registre familier.

Et il désigne : un petit verre d'alcool que l'on prend à la fin du repas, après le café.

On dit par exemple : "Allons Maurice : tu prendras bien un pousse-café, tu as à peine fin ton cinquième quart de rouge !".