"Une galéjade".

Ce joli substantif féminin utilisé en Provence désigne :

  • une histoire inventée ou exagérée, une plaisanterie, une mystification ; une façon exagérée et plaisante de raconter une aventure ou de peindre les choses.

On dit par exemple : "Marius m'a raconté que son neveu est devenu quelqu'un d'important à Paris. Mais je pense que c'est encore une galéjade !".

  • et par extension : une chose si peu sérieuse qu'elle est dérisoire.

On dit par exemple : "Ma femme s'est à nouveau embrouillée avec notre voisine de palier pour une simple galéjade !".

Sources : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

Il ne faut pas confondre : "Bio", "Une bio" et "La bio".

Ces trois mots homophonographes sont des apocopes et ils appartiennent donc au registre familier.

  • Mais "Bio" désigne, selon le contexte, les adjectifs "biographique" ou "biologique",
  • tandis que "Une bio" désigne le mot "biographie",

"Une redondance", "Un pléonasme", "Une périssologie" et "Une battologie".

Seuls les deux premiers de ces quatre termes sont généralement connus : le pléonasme et la redondance. Et ils sont les seuls à pouvoir être considérés comme des figures de style.

La périssologie et la battologie sont en effet des défauts et ne peuvent donc être employés à bon escient que dans des textes ironiques ou comiques.

Essayer de différencier les quatre n'est cependant pas chose aisée, une certaine confusion règnant clairement quant à ces quatre termes.

"Redondance" et "Pléonasme" sont, a priori, très proches, leur étymologie renvoyant à peu près aux mêmes idées d’excès, de trop-plein ou de surabondance.

"Une redondance" est une figure de style consistant en un redoublement de l’idée dans deux phrases ou membres de phrase.

Le mot procède du latin classique "redundans" ("qui déborde")

Il s'agit d'une abondance de répétitions, de développements, d’ornements, généralement considérée comme excessive, critiquée pour sa lourdeur, son obscurité, son emphase".

"Redondance" est donc un terme générique, ce que l'on nomme en linguistique un "hyperonyme", c'est à dire un mot dont le sens recouvre, par son degré de généralité, le sens d’autres mots, plus précis.

Et "Pléonasme" serait l’un de ses "hyponymes" (antonyme d’"hyperonyme").

Une redondance est un redoublement expressif de l’idée par deux phrases proches.

La redondance n’est pas nécessairement une erreur, elle apparaît comme justifiée lorsqu'il faut insister sur l’étrangeté d’une assertion. S’il y a redondance dans les mêmes termes, c’est une "homéologie" et si c’est en termes différents, une "macrologie".

En d’autres termes, la redondance est propre à de nombreux discours, à de nombreux échanges où il faut revenir sur un élément, préciser, reprendre, rappeler au risque de répéter les mêmes mots ("homéologie") ou de redire quelque chose d’approchant avec d’autres mots ("macrologie").

Elle est donc nécessaire, incontournable, vraisemblablement omniprésente.

"Un pléonasme est une figure de style consistant en un redoublement de l’idée dans deux mots du même membre de phrase.

Le mot procède du grec ancien "Pleonasmos" ("surplus, excédent").

Un pléonasme est un terme ou une expression qui ajoute une répétition (consciente ou inconsciente) à ce qui a été énoncé.

Par exemple lorsque le Tartuffe de Molière dit : "Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu…" (1669).

Contrairement à la redondance, le redoublement de l’idée se fait dans deux mots du même membre de phrase.

"Une périssologie est un vice d'élocution ("défaut") consistant en un pléonasme vicieux (avec d’autres termes).

La périssologie consiste en effet à ajouter une pensée déjà suffisamment exprimée d’autres termes qui sont surabondants.

Mais bien qu'il s'agisse d'un défaut, ce défaut - et c’est toute la richesse et la puissance créatrice de la langue - peut être mis à profit en littérature ou dans le discours pour obtenir par exemple un effet comique.

Cela peut par exemple être le cas de formules telles que "monter en haut" ou sortir dehors", dès lors qu'elles sont utilisées en connaissance de cause.

Car on a redoublement de l’idée dans deux mots du même membre de phrase (comme dans un pléonasme) mais également vice d’élocution (comme dans une battologie) puisqu’il y a déviance par rapport à une norme d’élocution.

Et "Une battologie" est un vice d'élocution ("défaut") consistant en une redondance excessive, injustifiée (avec reprise des mêmes termes).

Ils'agit d'une répétition inutile, oiseuse et fastidieuse des mêmes pensées sous les mêmes termes dans deux propositions proches.

Et le mot "Battologie" vient du nom de "Battos 1er", un ancien roi qui était bègue et qui fut le fondateur et premier roi de Cyrène (actuelle Libye), vers 630 av. J.-C.

Sources : wsrl.wordpress.com/2013/06/01/de-la-distinction-entre-redondance-pleonasme-perissologie-et-battologie/, www.cnrtl.fr, Littré et "Gradus Les procédés littéraires" (Bernard. Dupriez)

"L'ignominie", "Une ignominie" et "Ignominieuse" ou "Ignominieux".

J'aime beaucoup ces jolis mots du registre soutenu qui désignent respectivement :

  • "L'ignominie" :
    • le degré extrême du déshonneur ou de l'indignité, résultant d'un outrage public, d'une condamnation ou d'une action infamante ("Il s'est couvert d'ignominie durant cette guerre"),
    • le caractère de ce qui est une cause de déshonneur ou d'indignité pour quelqu'un ("Connaître l'ignominie de l'exil"),
  • "Une ignominie" : une action déshonorante, dégradante pour son auteur ("Cette accusation est une ignominie !"),
  • "Ignominieuse" ou "Ignominieux" : qui cause l'ignominie, qui entraîne le déshonneur ou l'indignité ("Une condamnation ignominieuse" ou "Un article ignominieux").

Source : www.larousse.fr

Suivi d'une voyelle, le "t" de "C'est" doit se prononcer et l'on donc dire sè-te et non sè !

On doit par exemple dire :

  • "sè-te à vous" pour "C'est à vous" et non "sè à vous",
  • "sè-te adorable" pour "C'est adorable" et non "sè adorable",
  • "sè-te évident" pour "C'est évident" et non "sè évident",
  • "sè-te encore moi" pour "C'est encore moi" et non "sè encore moi",
  • "sè-te idiot" pour "C'est idiot" et non "sè idiot",
  • "sè-te insensé" pour "C'est insensé" et non "sè insensé",
  • "sè-te obligatoire" pour "C'est obligatoire" et non "sè obligatoire",
  • "sè-te occupé" pour "C'est occupé" et non "sè occupé",
  • "sè-te un bel homme" pour "C'est un bel homme" et non "sè un bel homme",
  • "sè-te un enfant" pour "C'est un enfant" et non "sè un enfant",
  • "sè-te une occasion" pour "C'est une occasion" et non "sè une occasion,
  • ou "sè-te une réussite" pour "C'est une réussite" et non "sè une réussite".

Je suis proprement exaspéré par cette faute de prononciation.

Elle n'existait pratiquement pas il y a encore une dizaine années et elle s'est répandue au point d'affecter désormais une grande partie - voire une majorité - de nos journalistes et hommes politiques !

Tendez l'oreille si vous n'y avez encore pas prêté attention : je vous promets que vous n'allez pas être déçu !

Et ma fureur est d'autant plus grande que - compte tenu de la façon dont de plus en plus de gens ne savent plus écrire sans les intervertir une fois sur deux les mots "ces" et ses" - je finis par soupçonner toutes les personnes incapables de prononcer correctement ce "t" suivi d'une voyelle... de ne même pas savoir comment s'écrit ce mot "c'est" et de prononcer tous les "sè" sans liaison afin d'être sûr de ne pas se ridiculiser !

Pourquoi dire : "Le click and collect" ?

Et pas simplement : "Le CLIQUER et EMPORTER" !

Également appelé "Check and reserve" ("Vérifier et réserver") ou "Click and pick up" ("Cliquer et enlever"), ce mode de vente permet au client de passer dans un magasin emporter les produits commandés en ligne et disponibles localement.

 

"Être droit comme un i", "Être droit comme un cierge" ou "Être droit comme un piquet" et "Se tenir droit comme un i", "Se tenir droit comme un cierge" ou "Se tenir droit comme un piquet".

Ces différentes locutions adjectivales du registre familier font référence à la forme rectiligne des trois objets évoqués : la lettre "i", un cierge et un piquet :

Lettre "i" majuscule
Lettre "i" majuscule
Un cierge blanc
Un cierge blanc
Un piquet de châtaignier
Un piquet de châtaignier

Et l'ensemble de ces expressions signifient donc :

  • pour une personne : être ou se tenir très droit, avec raideur,

On dit par exemple : "Malgré ses 92 ans, le vieillard était toujours droit comme un i".

  • ou pour un arbre par exemple : être parfaitement droit, rectiligne.

On dit par exemple : "L'allée était constituée d'une rangée de pins droits comme des cierges".

"Être droit comme un cierge" et "Se tenir droit comme un cierge" sont des idiotismes religieux.

Sources : wiktionary.org

"Bon sang de bois !" ou "Bon sang de bonsoir !".

J'adore ces expressions du registre familier et du registre désuet en forme d'interjection, qui marquent l'étonnement ou l'indignation.

Et que j'utilise régulièrement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les anglicismes bon sang de bois !".

Ou : "Bon sang de bonsoir : je n'en peux d'entendre ces tics de langage, ces mots, locutions ou expressions à la mode et ces pléonasmes à longueur de journée !".

L'origine de ces deux formules est très ancienne. Elle trouve même son origine au Moyen Âge, lorsqu'il existait de nombreux jurons comportant le nom de Dieu. Ce qui était par exemple le cas de "Par le sang de Dieu", "Nom de Dieu" ou "Bon sang de Dieu".

La mention de Dieu étant considérée comme blasphématoire par le clergé devenu extrêmement puissant au XVe siècle, le nom de Dieu a disparu, cédant la place à des formules du type "Palsambleu", "Bon sang de bois" ou "Bon sang de bonsoir", qui évitaient d'avoir à le prononcer.

"Bon sang de bois !" est un idiotisme botanique et un idiotisme corporel.

Et "Bon sang de bonsoir !" est un idiotisme corporel.

Pourquoi dire : "Un cluster" ou "Des clusters" ?

Comme la plupart des organes d'information, des journalistes et des pouvoirs publics français ne cessent de la faire depuis le mois de mars 2020 avec la pandémie de maladie à coronavirus 2019.

Et pas : "Un FOYER D'ÉPIDÉMIE" et "Des FOYERS D'ÉPIDÉMIE" !

J'enrage désormais dès que j'entends ce mot.

 

Pourquoi dire : "En replay" ou "Le replay" ?

Et pas : "En REDIFFUSION" ou "En DIFFÉRÉ" !

Et : "LA REDIFFUSION" ou "Le DIFFÉRÉ" !

Ce substantif masculin est en effet un faux anglicisme désignant une technologie grâce à laquelle il est possible de revoir ou réécouter une émission de radio ou de télévision après qu'elle ait été diffusée en direct.

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "C'est un sujet", "Il y a là un vrai sujet" ou "Nous avons un sujet" !

Comme je ne cesse de l'entendre depuis quelques années de la part de nos dirigeants ou journalistes.

Mais :

  • "C'est un sujet D'INQUIÉTUDE", "C'est un sujet DE PRÉOCCUPATION" ou "C'est un PROBLÈME" !
  • "Il y a là un vrai sujet D'INQUIÉTUDE", "Il y a là un vrai sujet DE PRÉOCCUPATION" ou "Il y a là un PROBLÈME" !
  • ou "Nous avons un sujet D'INQUIÉTUDE", "Nous avons un sujet DE PRÉOCCUPATION" ou "Nous avons un PROBLÈME" !

Je ne supporte plus cette utilisation inepte de plus en plus répandue du mot "Sujet", qui me rend proprement hystérique !