"Un coup de torchon", "Donner un coup de torchon", "Mettre un coup de torchon" ou "Faire le ménage".

Cette locution nominale et ces trois locutions verbales signifient, au sens figuré et dans le langage familier : épurer de manière radicale.

On dit par exemple : "Le groupe a décidé de faire le ménage parmi ses différents revendeurs européens et d'en réduire nettement le nombre".

Ou : "La direction va faire le ménage dans les différents services et la logistique est directement menacée".

"Un coup de torchon" est le titre de l'un de mes films français préférés, réalisé en 1981 par Bertrand Tavernier, à partir d'une adaptation du roman états-unien "1 275 âmes" de Jim Thompson.

Avec Philippe Noiret, Stéphane Audran, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Guy Marchand, Gérard Hernandez et Eddy Mitchell.

Affiche du film français "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier (1981)

"La trilogie marseillaise".

Il s'agit de l'appellation générique donnée aux trois pièces de théâtre tragiques de Marcel Pagnol, "Marius", "Fanny" et "César", ainsi qu'aux adaptations cinématographiques qu'il a supervisées, ayant réalisé lui-même le troisième volet.

Alors que "Marius" (1929) et "Fanny" (1931) sont d'abord conçues pour le théâtre, "César" (1936), le dernier volet de la trilogie, est directement écrit pour le cinéma, avant d'être adapté dix ans plus tard pour le théâtre.

Les pièces ont été d'énormes succès théâtraux, de même que les films qui sont considérés comme des chefs-d'oeuvre du cinéma français d'avant-guerre.

  • "Marius" est une pièce de théâtre française de 1929, adaptée au cinéma par Alexandre Korda en 1931.

L'action se déroule principalement sur le Vieux-Port de Marseille (13) et plus particulièrement dans le Bar de la Marine de César, où travaille son fils Marius, amant de la jolie Fanny.

Affiche du film français "Marius" d'Alexandre Korda (1931) d'après la pièce de théâtre homonyme de Marcel Pagnol (1927)

  • "Fanny" est une pièce de théâtre française de 1931, adaptée au cinéma par Marc Allégret en 1932.
  • et "César" est un film français réalisé en 1936 par Marcel Pagnol, adapté au théâtre en 1946.

Source : wikipedia.org

"L'arquebuse".

Ce substantif féminin désigne tout à la fois :

Une arquebuse italienne à double rouet de la fin du XVIe siècle

  • une arme à feu de portée effective limitée (moins de 50 mètres), assez lourde et encombrante, mais dont on pouvait épauler les dernières versions.

L'arquebuse à mèche, apparue vers 1450, a une masse de 5 à 9 kilogrammes et nécessite la prise d'appui sur une fourche appelée "fourquin".

Un arquebusier en position de tir

Les premières arquebuses à rouet semblent avoir été inventées au tout début du XVIe siècle en Allemagne du Nord. Leur fabrication se développe en Europe à partir de 15152. Cette arquebuse, plus maniable peut s'épauler, mesure de 0,80 à 1,30 mètre, pèse de 4 à 7 kilogrammes et tire une balle d'à peine 25 g.

L'arquebuse a une faible cadence de tir (un tir par minute) et son canon s'échauffe vite.

On distingue par la suite :

    • l'arquebuse à canon lisse, utilisée pour la chasse et destinée à tirer de la grenaille, très lourde et souvent fixée sur un chariot pour favoriser son transport le long des étangs pour la chasse au gibier d'eau,
    • et l'arquebuse à canon rayé, plus courte et plus maniable, destinée au tir à balle.

L'arquebuse est contemporaine des premiers "mousquets", qui finissent par la remplacer ; des armes bien plus lourdes, et nécessitant toujours la fourche de support (la "fourquine"), mais de plus gros calibre, lançant des projectiles capables de traverser toutes les armures.

Les arquebuses sont rapidement le support des plus belles ornementations des armuriers de l'époque : dorures, gravures, inserts en corne ou en ivoire sculptés, parfois même de pierres précieuses. Elles servent comme objet de décoration dans les demeures des plus riches seigneurs pour montrer aux visiteurs l'habileté des artisans qu'ils emploient.

  • et une boisson préparée par macération et distillation de plantes choisies pour leurs vertus naturelles (trente-trois selon le fabricant).

L'arquebuse (anciennement "eau d'arquebuse") tient son nom de ce qu'elle était censée guérir les blessures faites par les coups d'arquebuses et les armes à feu.

Deux anciennes bouteilles d'eau d'arquebuse de l'Hermitage
Deux anciennes bouteilles d'eau d'arquebuse de l'Hermitage

La recette définitive en a été élaborée en 1857 par le frère Emmanuel, qui était (selon les sources) herboriste ou infirmier , de la communauté des frères maristes de l'Hermitage de La Valla-en-Gier, près de Saint-Chamond (42).

À partir de 1869, la production a lieu à l'hermitage de Saint-Genis-Laval (69), puis a suivi l'exil des frères maristes à Carmagnola (Piémont) (Italie), en 1903, avant de revenir à Saint-Genis-Laval (69) en 1926.

Une bouteille d'Arquebuse de l'Hermitage

La commercialisation de l’arquebuse de l’Hermitage est assurée depuis 1986 par l’entreprise Cherry Rocher. En 1997, les frères maristes de la Sainte-Famille étaient encore les seuls possesseurs des secrets de fabrication de l’arquebuse.

Source : wikipedia.org

"Faire la sourde oreille".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : ne pas tenir compte d’une demande ou d'une remarque, feindre de l'ignorer, refuser de l'entendre ; faire semblant de ne pas entendre ce que l'on vous dit, afin de ne pas être obligé de répondre à une question.

L'expression "Ne rien vouloir entendre" a presque exactement la même signification.

Et sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré aux expressions "Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre" et "Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

On ne dit pas : "Les gens i' marchent les yeux figés à leur téléphone" !

Comme j'ai entendu une dame le déclarer, le 10 septembre 2020, dans l'émission d'ÉLise Lucet "Envoyé spécial", de la chaîne de télévision publique France 2.

Mais : "Les gens marchent les yeux RIVés à leur téléphone" !

La curieuse origine de la règle concernant l'accord des participes passés.

Cette règle (*) que le Bescherelle désigne comme "la plus artificielle de la langue française" constitue une difficulté majeure de la langue française.

Son origine remonte au Moyen Âge, une époque où les seules personnes qui écrivent - ou presque - sont les moines copistes, qui le font à la plume.

Un moine copiste

Lorsque l'un d'eux écrit, par exemple "Les pieds que Jésus a lavés"», un simple regard vers la gauche permet d’identifier ce que Jésus a lavé. Il a lavé quoi ? Les pieds. Donc le moine accorde au masculin pluriel et met un "s".

En revanche, quand il commence à écrire "Jésus a lavé", il s’interroge. Jésus a lavé quoi ? Je ne sais pas, je vais attendre la suite du texte. Le moine poursuit donc son travail, mais si la phrase est longue (par exemple "avant la fête de Pâques, sachant que son heure était venue, lorsque le diable avait déjà inspiré au coeur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer...) il y a de bonnes chances pour que lorsque le moine arrive à "les pieds de ses disciples", il a oublié qu’il avait un participe passé à accorder !

Ou il n’a tout simplement plus la place pour ajouter le "s" à "lavés", parce qu'à cette époque, les mots sont souvent attachés les uns aux autres.

Un manuscrit médiéval

C’est cet oubli qui est à l’origine de la règle des accords du participe passé avec l’auxiliaire avoir.

En Italie, cette règle existe, mais avec cette nuance d'importance qu'en italien les sons s'écrivent comme ils se prononcent. Ce qui ne laisse aucune place aux ambiguités que nous connaissons en français, du fait des très nombreux cas d'homophonie ! On dit et écrit par exemple "visto", "vista", "viste" et "visti" pour "vu", "vue", vues" et "vus", qui se prononcent, eux, de façon strictement identique.

Sans doute cela avait-il échappé au poète français Clément Marot qui, au XVIe siècle, va édicter la règle de l’accord avec l’auxiliaire avoir, en s’inspirant de ce qui se faisait en Italie.

Il en fait la promotion à l’aide d’un joli poème ses Épigrammes :

"Enfans, oyez une leçon,
Nostre langue a ceste façon,
Que le terme qui va devant,
Volontiers régist le suivant.
[…] L’Italien dont la faconde
Passe les vulgaires du monde,
Son langage a ainsi basty".
[…]

Ce qui fera dire par la suite à Voltaire : "Il a ramené deux choses d’Italie : la vérole et l’accord du participe passé. Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages".

(*) : Employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct quand celui-ci le précède ("les crêpes que j’ai mangées"). Mais si le complément suit le participe, il reste invariable ("j’ai mangé les crêpes").

Source : www.liberation.fr

"Une panouille".

Ce substantif féminin polysémique désigne à la fois :

  • dans le langage courant, selon les cas :
    • un épis de maïs recouvert de ses spathes :
Composition de la fleur et de l'épi de maïs
Composition de la fleur et de l'épi de maïs
Un épi de maïs sur pied, encore entourée de ses spathes
Un épi de maïs sur pied, encore entourée de ses spathes
    • ou : un épi de maïs privé de ses grains :

Épi de maïs égrené

  • et, dans le registre argotique :
    • un rôle de figuration dans un film ou au théâtre,

On dit par exemple : "Quel est l'acteur qui n'a pas alterné au début de sa carrière panouilles et petits rôles ?".

    • ou : un mauvais film, un navet.

On dit par exemple : "Même les plus grands acteurs ont généralement tourné dans quelques panouilles".

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à ce qui distingue "Un nanar "et "Un navet".

Source : wiktionary.org

"Avoir une faim de loup".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré :

  • être affamé,

On dit par exemple : "Quand je reviens de mes randonnées à vélo, j'ai toujours une faim de loup".

On dit également : "Avoir l'estomac dans les talons", "Avoir l'estomac qui crie famine", "Avoir l'estomac vide" et "Avoir le ventre creux".

  • ou avoir un très gros appétit.

On dit par exemple : "Mes neveux ont toujours une faim de loup ; je dois prévoir au moins deux gros poulets !".

Source : wiktionary.

"À la ville comme à la scène" ou "À la ville comme à l'écran".

Cette formule journalistique qualifie :

  • le comportement d'un acteur lorsqu'il agit de façon similaire dans ses rôles les plus marquants et dans sa vie privée.

On dit par exemple : "J'ai croisé une fois Patrice Luchini au parc des Buttes-Chaumont, à Paris (75), en grande discussion avec une amie : il est vraiment le même à la ville comme à la scène !".

  • et en particulier : la relation unissant deux acteurs lorsqu'elle est similaire entre leurs rôles et leurs vies privées.

On dit par exemple : "Jean Dujardin et Alexandra Lamy ont été, plusieurs années durant, en couple, à la ville comme à la scène".

Source : wiktionary

"Une présomption".

Ce substantif féminin du registre soutenu désigne, selon le contexte :

  • une opinion, un jugement, fondé non sur des preuves, mais sur des indices, des apparences, sur ce qui est probable sans être certain, sur ce que l'on PRÉSUME.

Une présomption équivaut à une supposition ou à un soupçon.

On dit par exemple : "Dans cette affaire, on a condamné quelqu'un sur de simples présomptions".

Et l'on parle, en droit, de présomption d'innocence.

  • l'action de PRÉSUMER de ses forces, de surestimer ses capacités, d'avoir une trop avantageuse opinion de soi-même ; une forme de prétention ou de suffisance.

On dit par exemple : "En avril 2002, Lionel Jospin est arrivé au second tour plein de présomption ; et il a été devancé sur le fil par Jean-Marie Le Pen, qui l'a empêché de participer au second tour de l'élection présidentielle".

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Être léché par les rayons du soleil", "Être léché par les derniers rayons du soleil" ou "Être léché par les premiers rayons du soleil" et "Se faire lécher par les rayons du soleil", "Se faire lécher par les derniers rayons du soleil" ou "Se faire lécher par les premiers rayons du soleil".

Ces différentes locutions verbales du langage courant ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elles signifient simplement, au sens figuré :

  • pour une personne : être caressé ou se faire caresser par les rayons du soleil, à une heure où lesdits rayons ne risquent pas de brûler la peau et d'infliger des "coups de soleil", mais sont au contraire particulièrement appréciés pour leur douceur.

Par exemple, en début ("premiers rayons") de journée :

Être léché par les premiers rayons de soleil
Être léché par les premiers rayons de soleil

Ou en fin de journée ("derniers rayons") :

Être léché par les derniers rayons de soleil
Être léché par les derniers rayons de soleil
  • et pour un bâtiment ou un lieu : être légèrement effleuré.