"Un diable d'homme" et "Un diable" ou "Un petit diable".

Ces deux locutions nominales masculines en forme d'idiotisme religieux désignent respectivement, dans le langage courant :

  • un homme singulier, bizarre, dont on peut tout attendre.

On dit par exemple : "Se présenter à la présidence de la République, obtenir le César du meilleur acteur pour un rôle dramatique et fonder les Restos du Coeur" : Coluche était vraiment un diable d'homme !".

Un "diable d'homme" : Michel Colucci dit "Coluche"

  • un enfant urbulent, insupportable,

On dit par exemple : "Devoir surveiller un petit diable pareil ne doit pas être de tout repos".

Un "petit diable"

Source : www.larousse.fr et Le Robert

"L'abbé de l'Épée".

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), bienfaiteur des sourds-muets

Nombre de français n'ont dû découvrir ce nom qu'à l'occasion d'une lecture détaillée de la profession de foi pour le deuxième tour des élections présidentielles du 24 avril 2022 de Marine Le Pen.

Celle-ci propose en effet la panthéonisation de ce prêtre français, précurseur de l'enseignement spécialisé dispensé aux personnes sourdes.

Charles-Michel de L'Épée, appelé abbé de L'Épée, est né Charles-Michel Lespée, le 24 novembre 1712  et mort le 23 décembre 1789.

L'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), fondé par l'abbé de l'Épée, à Paris (75 005)

Il est le fondateur de l'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), à Paris (75).

L'INJS se situe à proximité immédiate de la rue qui porte aujourd'hui son nom.

Plaque de la rue de l'abbé de l'Épée, à Paris (75 005)

De nombreuses autres villes posssèdent des voies appelées "Abbé de l'Épée" : Amiens (80), Bordeaux (33), Clermont-Ferrand (63), Marseille (13), Montpellier (34), Nantes (44), Poitiers (86), Reils (51), Rouen (76), Saint-Jean-de-la-Ruelle (45), Strasbourg (67) ou Versailles (78), sa ville natale.

Mais aussi Bruxelles (Belgique) ou Montréal (Canada).

L'abbé de l'Épée est également l'inventeur de la LSF ou Langue des Signes Françaises.

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), inventeur de la langue des signes

D'abord avocat, il est ordonné prêtre en 1736.

Possédant une fortune personnelle, l'abbé décide de consacrer son temps aux oeuvres de charité.

Entre 1760 et 1762, il découvre deux soeurs sourdes à la rue des Fossés-Saint-Victor, les soeurs en questions communiquant entre elles par des signes. Leur précepteur, le père Vanin, étant décédé en 1759, il accepte de le remplacer pour enseigner aux jumelles. L'abbé de L'Épée étudie les signes employés par ces filles. Et sa maison se transforme en école ouverte à tous les sourds où il accueille 60 élèves sourds. Il a alors l'idée de mettre au point un alphabet à deux mains avec lequel les sourds pourront communiquer.

Au fil du temps, l'abbé aura 19 disciples qui fonderont plus tard 17 écoles pour les sourds.

Le 23 décembre 1789, devenu pauvre et infirme en se privant durant des mois pour servir toujours au mieux ses chers élèves, Charles-Michel de l'Épée meurt à l'âge de 77 ans.

Enseignement de la LSF

L'abbé de l'Épée a mis en place la recherche sur une langue des signes méthodique utilisable par les sourds, afin de lier ces signes avec le français écrit, mais, comme l’a ultérieurement souligné Ferdinand Berthier, son erreur fut de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds.

Contrairement à ce que certains croient encore, ce n'est pas l'abbé de L'Épée qui a éduqué des sourds, même avec des gestes. Comme dit Pierre Desloges : "Ce n'est donc pas Monsieur l'abbé de L'Épée qui a créé et inventé ce langage ; tout au contraire, il l'a appris des sourds et muets". En revanche, c'est le regroupement des élèves sourds dans son institution et le besoin de communiquer entre eux qui favorisèrent et perfectionnèrent la LSF, la langue naturelle des sourds.  Car il est vain de vouloir enseigner aux sourds sans tenir compte de leur identité culturelle.

L'abbé Charles-Michel de l'Épée (1712-1789), inventeur de la langue des signes

Postérité

  • L'abbé de l'Épée a été immortalisé par l'acteur français Jacques Mathou, dans le superbe film "Ridicule" de Patrice Leconte, en 1996.

L'acteur français Jacques Mathou

Timbre-poste français de 1959 rendant hommage à l'abbé de l'Épée, bienfaiteur des sourds-muets, au profit de la Croix-Rouge française

Source : wikipedia.org

 

"El Cordobès était vraiment le torero du siècle. Celui qui le remplacera n'est pas encore né !".

N'en déplaise aux ennemis de la corrida, j'adore ce calembour de l'humoriste belge Alex Vizorek.

L'humoriste belge Alex Vizorek

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre les mots « encore né » et encorné ».
Le célèbre matador espagnol Manuel Benítez Pérez dit "El Cordobés" ("le cordouan")
Le célèbre matador espagnol Manuel Benítez Pérez dit "El Cordobés" ("le cordouan"), né le 4 mai 1936 à Palma del Río (Espagne, province de Cordoue)

"La malignité".

Ce substantif féminin relève du registre soutenu.

Et il désigne, selon le contexte :

  • la tendance à faire le mal, à essayer de nuire en secret, en se servant des ressources de l'intelligence et de l'imaginatione ; la malveillance, la perfidie,

On dit par exemple : "Je me suis toujours méfié de la malignité de ce dirigeant".

  • ou : le caractère dangereux et insidieux d'une affection et sa tendance à s'aggraver.

En particulier, le caractère cancéreux d'une tumeur.

On dit par exemple : "Il s'agit malheureusement d'un cancer dont la malignité est particulièrement redoutable".

Source : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "J'chuis très déçu d'vous" !

Le journaliste français Gilles Verdez

Comme a pu lamentablement le déclarer, le 9 mars 2022, le journaliste français Gilles Verdez, dans l'émission "Touche Pas à Mon Poste", sur la chaîne de télévision française C8.

Mais bien évidemment : "Vous ME déCEVEZ BEAUCOUP" !

"De fortune".

Cette charmante locution adjectivale signifie :

  • improvisé, généralement suite à un imprévu, un désagrément et provisoire, fait à la va-vite afin de parer au plus pressé.

On parle par exemple d'une "Installation de fortune" ou d'une "Réparation de fortune".

  • bricolé avec le peu de moyens à disposition.

Il s'agit d'une formule couramment employée dans le domaine maritime, en cas de tempête, d'accident ou de danger.

On parle ainsi de "Fanal de fortune", "Gouvernail de fortune", ""Gréement de fortune", "Mât de fortune" ou "Voile de fortune".

Une voile de fortune (bricolée)

 

Mais on parle également de :

  • "Fortune" ou "Voile de fortune" pour désigner : une voile carrée qui se grée sur la vergue de misaine des goélettes ou sur la grand-vergue des cotres ou autres bâtiments à voiles auriques (carrées),

Une voile de fortune (carrée) (© Larousse)

  • de "Gentilhomme de fortune", à propos d'un membre de la noblesse devenu aventurier, pirate,
Corto Maltese, le célèbre gentihomme de fortune créé en 1968 par le génial Hugo Pratt
Corto Maltese, le célèbre gentihomme de fortune créé en 1968 par le génial Hugo Pratt
  • et de "Soldat de fortune" pour qualifier :
    • autrefois : un officier qui vendait ses services (registre désuet) .
    • ou de nos jours : un homme de guerre qui, par sa valeur, s’est élevé des derniers rangs aux plus hauts grades.

Sources : www.linternaute.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org

"Faire des gorges chaudes" de quelque chose ou de quelqu'un.

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : se moquer de quelqu'un en faisant preuve d'une malignité excessive.

On dit par exemple : "De nombreux français font des gorges chaudes du couple présidentiel".

On disait autrefois (registre désuet) :  "Faire gorge chaude de quelque chose" pour signifier "Se l’approprier".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

On ne dit pas : "Le digital" ou "Un réveil à affichage digital" !

Mais : "Le numérique" et "Un réveil à affichage digital" !

En français, le mot "Digital" est un adjectif signifiant : qui appartient aux doigts, se rapporte aux doigts.

On parle ainsi d'"empreintes digitales".

Des empreintes digitales

"Digital" vient du latin "digitalis" ("qui a l’épaisseur d’un doigt"), lui-même dérivé de "digitus" ("doigt").

Et c’est parce que l’on comptait sur ses doigts que de ce nom latin a aussi été tiré, en anglais, le substantif "digit" ("chiffre") et l'adjectif "digital" ("qui utilise des nombres").

Source : www.academie-francaise.fr

Que disent donc les britanniques à la place de notre célèbre formule "En voiture Simone" ?

Réponse
Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le nom de la célèbre marque automobile britannique « Aston Martin » et le prénom féminin « Martine ».

La légendaire Aston Martin DB5 de James Bond, apparue dans "Goldfinger", en 1964

Si vous ne savez pas pourquoi les français disent "En voiture Simone", je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à ce sujet.

"De mise", "Être de mise" ou "Ne pas être de mise".

La locution adjectivale "De mise" est invariable et elle relève de nos jours du langage soutenu.

Elle signifie :

  • au sens propre : admissible, convenable dans telle ou telle situation ; conforme aux usages habituels admis dans le milieu, l’environnement ou le contexte dont il est question.

On dit par exemple : "Ces propos ne sont pas de mise dans une telle situation".

  • et au sens figuré : d'actualité.

On dit par exemple : "L'imprudence est de mise en cette période troublée".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org