On ne dit pas : "Ce sont dans ce genre de détails qu'on fait la différence lors d'une vente aux enchères" !

Maxime Lepissier, Philippe Lellouche et Florian Meunier, dans l'émission "Enchères mécaniques", diffusée sur RMC Découverte depuis le 16 mars 2021

Comme j'ai maheureusement pu l'entendre dire, le 6 avril 2021, par le commentateur de l'émission "Enchères mécaniques", sur la chaîne RMC Découverte.

Mais : "C'EST ce genre de détails quI fait la différence lors d'une vente aux enchères" !

Ou : Ce sont deS détails DE ce genre quI fONt la différence lors d'une vente aux enchères" !

Parce que je ne comprends décidément pas comment on peut laisser passer de telles phrases dans un commentaire enregistré, je décerne à cette émission mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

 

"Sans débander".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre argotique.

Un tantinet machiste et phallocrate, elle signifie : continuellement, sans interruption, sans relâche, sans pause, sans s'arrêter, de façon ininterrompue, dans un seul effort, sans cesser d'être actif.

On dit par exemple : "Il m'arrive très régulièrement de travailler sur ce blogue 15 à 20 heures sans débander".

Source : www.expressio.fr et www.languefrancaise.net

"Prol" ou "Prolo" et "Un prol" ou "Un prolo".

Des ouvriers en mai 1968

Ces différents termes sont des apocopes du mot "Prolétaire" qui désigne :

  • originellement, dans l'Antiquité romaine : un citoyen de la dernière classe du peuple, ne payant pas d'impôt, et ne pouvant être utile à l'État que par sa descendance,
  • et, à l'époque contemporaine : un travailleur ouvrier, paysan ou employé ne vivant que des revenus de son travail (le salaire), par opposition au capitaliste qui vit des revenus du capital et au bourgeois qui vit de ses rentes.
Les prolos des années 2020 : des ouvriers d'entrepôt
Les prolos des années 2020 : des ouvriers d'entrepôt

"Prol" et "Prolo" sont ainsi des adjectifs qualifiant : ce qui est relatif au monde des prolétaires,

Et "Un prol" ou "Un prolo" sont des substantifs masculins désignant : un prolétaire.

Les deux mots "Prolo" et "Prol" appartiennent au registre argotique et au registre populaire.

  • Le chanteur français Renaud utilise régulièrement le mot "Prolo" dans ses chansons :
    • "C'est Jojo l'démago,
      Qu'a trahi les prolos" ("Jojo le démago", 1977),
    • "Il ira au baston,
      Comme le prolo va au charbon" ("Baston !", 1980),
    • "L'information pour ces mecs-là,
      C'est d'effrayer l'prolo l'bourgeois" ("J'ai raté télé-foot", 1981),
    • "Prolo ordinaire, peuple de Paris,
      Rouge-gorge est fier d'être né ici" ("Rouge-gorge", 1988),
    • "Ils sont une nouvelle classe,
      Après les bourges et les prolos" ("Les bobos", 2006).
  • Mais pas le mot "Prol", qui s'utilise exclusivement de façon péjorative.

On dit par exemple : "J'ai toujours trouvé très prol de dire aréoport ou infractus au lieu d'aéroport et infarctus".

Sources : Le Robert et wiktionary.org

Pourquoi dire : "Des night sessions" ?

La journaliste sportive française Camille Maccali

Comme a pu le faire, le 2 mai 2021, la journaliste sportive français Camille Maccali , dans l’émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Et pas : "Des sessions DE SOIRÉE" !

Puisque c'est l'appellation utilisée par les organisateurs de Roland-Garros eux-mêmes, pour qualifier les rencontres disputées à 21H00, qui constitueront la grande nouveauté de l'édition 2021 du tournoi de la porte d'Auteuil.

"La classe à Dallas".

Cette expression avec une rime intérieure appartient au registre familier.

Et elle s'utilise en général pour dire, de façon légèrement ironique, que quelque chose est "Classe", c'est à dire, selon le contexte : bien, beau, bon, élégant, distingué, raffiné, huppé, stylé.

On dit par exemple : "Tu as ma piscine ?" "La classe à Dallas !".

Cette expression, apparue je crois dans les années 1990, fait naturellement référence à la ville de Dallas (Texas) (États-Unis d'Amérique), fondée en 1841.

Et elle trouve probablement sa source dans la diffusion, puis les nombreuses rediffusions, à partir de janvier 1981 et durant près de 30 ans, des... 357 épisodes du feuilleton télévisé états-unien "Dallas", créé par David Jacobs et diffusé entre le 2 avril 1978 et le 3 mai 1991 sur le réseau CBS.

Sa diffusion généra en effet d'incroyables succès d'audience et constitua un véritable phénomène de société :

  • tant aux États-Unis d'Amérique, tenus en haleine en plein deuxième choc pétrolier,
  • qu'en France, près de trois ans plus tard, avec l'introduction d'un concept encore en vigueur, consistant à introduire à la fin de chaque épisode un rebondissement, dont la résolution n’intervient qu'au numéro suivant (le "cliffhanger").
L'entrée de Southfork, le ranch de la famille Ewing, dans la série états-unienne "Dallas" (les arbres ont bien poussé depuis le début de la série, en 1978
L'entrée de Southfork, le ranch de la famille Ewing, dans la série états-unienne "Dallas" : les arbres ont bien poussé depuis le début de la série, en 1978 !

Tous les plus de 45 ans se souviennent de son générique chanté, du ranch de Southfork et des incessantes disputes familiales de la famille Ewing, riches pétroliers et éleveurs bovins, avec l'abominable JR (John Ross) (Larry Hagman), son épouse alcoolique Sue Ellen (Linda Gray), son gentil frère Bobby (Patrick Duffy), sa jolie belle-soeur Pamela (Victoria Principal), sa garce de nièce Lucy (Charlene Tilton), son père Jock (Jim Davis) et sa mère Miss Ellie (Barbara Bel Geddes) !

La famille Ewing : Sue Ellen (Linda Gray), JR (John Ross) (Larry Hagman), Jock (Jim Davis), Pamela (Victoria Principal), Bobby (Patrick Duffy), Ray Krebs (Steve Kanaly) et au premier plan : Lucy (Charlene Tilton) et Miss Ellie (Barbara Bel Geddes)
La famille Ewing : Sue Ellen (Linda Gray), JR (John Ross) (Larry Hagman), Jock (Jim Davis), Pamela (Victoria Principal), Bobby (Patrick Duffy), Ray Krebs (Steve Kanaly) et au premier plan : Lucy (Charlene Tilton) et Miss Ellie (Barbara Bel Geddes)

Comme le dit si bien le site "Mots surannés", la série exposa aux Français moyens subjugués les codes du raffinement made in Amérique profonde  : moquette à poils géants, tables de marbre rose, cornes de vaches sur les capots de voiture et colonnes gréco-romano-baroques : "La classe à Dallas" !

Sources : wwww.mots-surannes.fr et www.rtl.fr

On ne dit pas : "Une partouse à plusieurs" ni "Une partouze à plusieurs" !

Mais simplement : "Une partouse" ou "Une partouze" !

Ce substantif féminin du registre familier désigne en effet : des relations sexuelles en groupe.

Aussi les locutions nominales féminines "Une partouse à plusieurs" et "Une partouze à plusieurs" ne sont-elles que d'affreux pléonasmes.

On notera au passage que l'aphérèse "Touse" ou "Touze" est également employée.

Source : www.larousse.fr

On ne dit pas : "Il fait un accord" !

L'homme politique français Gabriel Attal

Ainsi qu'a pu le déclarer, le 2 mai 2021, le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, dans l'émission dominicale "Le grand rendez-vous", sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.

Mais : "Il CONCLUT un accord", "Il PASSE un accord" ou "Il SIGNE un accord" !