Plus de 30 ans après sa mort, cette citation du registre vulgaire du grand Coluche continue de me faire rire.
"Sacrée fête foraine !".
Nous sommes début juillet 1971. J'ai presque dix ans et nous sommes en famille, sur l'autoroute A6 - "L'autoroute du soleil" -.
Nous roulons en direction de Sanary-sur-Mer (83), où nous allons passer nos vacances.
Malgré la lecture, la route est longue et monotone. Et à plusieurs reprises, déjà, j'ai dû sortir le nez de mon livre en entendant maugréer mon père après les grappes de poids-lourds, relativement nombreux il est vrai ce jour-là. Les camions roulent en effet moins vite que les véhicules particuliers et ont donc tendance à générer derrière eux de nombreux ralentissements.
Après quelques heures de trajets et plusieurs dépassements de ce type, un détail m'interloque : une bonne partie des semi-remorques ainsi doublés arborent, à l'arrière, une petite plaque blanche avec l'inscription "TIR".
J'en conclus aussitôt à voix haute : "Il doit y avoir une sacrée fête foraine un peu plus loin, vu tous ces camions de tir !"
"Pas vraiment !" m'explique alors mon père, amusé.
Les lettres "T.I.R." constituaient en effet un acronyme signifiant "Transit International Routier" (ou "Transport International Routier"), un régime fiscal douanier conçu pour faciliter au maximum les mouvements de marchandises dans le transport international routier.
Vexé comme un pou, je commençais ce jour-là ma collection d'acronymes !
Sans filtre... ou "La question qui tue" !
La scène se déroule en 2004. Ma fille aînée souhaitant un vélo pour ses 8 ans, nous décidons de commencer à nous renseigner sur les modèles existants et les prix, au rayon "bicyclettes" de l'hypermarché le plus proche.
D'assez nombreux modèles sont exposés, dont plusieurs semblent convenir aux attentes de ma fille, tout en restant dans la fourchette de prix envisagée.
Nous nous posons néanmoins différentes questions et nous mettons donc en quête d'un vendeur susceptible de nous renseigner. La tâche s'avère naturellement ardue, mais nous finissons par trouver, en pleine discussion au rayon "Jardinage", plusieurs vendeurs, dont l'un me fait la grâce de répondre, enthousiaste, "Ici : c'est moi le spécialiste !" à ma question "Pardon messieurs, pourriez-vous, s'il vous plaît, m'indiquer où et comment trouver le vendeur en charge du rayon "Vélos" ?".
Las, ma progéniture calme de suite les ardeurs de l'infortuné, aux côtés duquel nous rejoignons son rayon, d'un glacial : "En étant dans votre rayon vous en vendrez peut-être plus !"
Face à son sourire crispé, je me contente de savourer en mon for intérieur la pertinence et la causticité de la réflexion : les chiens ne font pas des chats !
Puis, faisant comme si de rien n'était, j'enchaîne avec nos différentes questions.
Les réponses embarrassées du vendeur allant cependant de "Je ne sais pas trop" à "Je ne saurais vous dire", "Alors là !", "Aucune idée", "Ça je ne sais pas", "Sans doute que oui ?" ou "Probablement que non", je ne suis guère étonné d'entendre ma fille lui demander, en guise de conclusion, : "Et sinon, avant aujourd'hui, vous faisiez quoi comme métier ?"...
"Quelle affreuse maladie !".
La scène se passe au début des années 2000. De passage à Paris (75), je suis à la sortie d'une école maternelle, où je suis venu attendre ma fille aînée, dont je vis séparé.
Lorsqu'elle sort, elle est en grande conversation avec une autre petite fille, attendue par un monsieur sensiblement plus âgé que moi et situé à quelques mètres.
Après m'avoir sauté au cou, ma fille m'explique qu'il s'agit de sa grande copine Sarah et que le monsieur en question "est son gentil papy (et) a failli mourir" !
Comme j'adresse une petite mimique de compassion à l'attention de celui-ci, sa petite-fille, qui a entendu les propos de ma fille, me lance alors : "Oui mon papy a eu un affreux ctus, mais maintenant il va bien !".
"Satanée peau !".
À l'été 2000, ma fille aînée a 5 ans et nous regardons en famille le journal télévisé, qui évoque une importante opération de chirurgie réparatrice, suivie d'une greffe de peau.
Elle s'exclame alors, toute fière, : "Moi je sais ce que c'est une greffe de peau !".
Relativement étonnés, sa mère et moi lui demandons ce dont il s'agit.
- "C'est quand la peau elle veut plus travailler !".
"Un truc de docteur" !
La scène se passe en juillet 1999 et nous venons, ma fille de quatre ans et moi, d'emménager à Aix-en-Provence (13), chez ma future épouse et sa fille.
J'ai rendez-vous avec un potentiel employeur dans la région et suis donc, pour une fois, habillé de façon à peu près classique, avec une chemise, une cravate et une veste.
Je m'apprête à sortir discrètement aux aurores, lorsque ma fille surgit dans le couloir.
M'apercevant ainsi habillé, elle s'exclame, stupéfaite, désignant... ma cravate : "Papa ! Pourquoi t'as mis un truc de docteur ?".
"Les lentilles de contact".
Ma fille cadette a 5 ans et demi et m'explique que sa grande soeur est allé chez le "Docteur pour les yeux" (l'ophtalmologue ou ophtalmologiste), où je sais qu'on lui a prescrit des lentilles de contact.
Elle m'interroge soudain : "Et toi papa, tu as déjà porté des myrtilles ?"
"Nicolas Peyrac".
Il s'agit du nom de scène de l'ACI (Auteur-Compositeur-Interprète) français Jean-Jacques Tazartez, né le 6 octobre 1949.
Ce nom de "Peyrac" (avec un "e") lui a été inspiré par le petit village périgourdin de "Payrac" (avec un "a), dans le Lot (46), dans lequel j'ai passé presque toutes mes vacances estivales et pasquales de 1965 à 1976.
Situé dans le Sud-Ouest de la France, à 11 km à vol d'oiseau du célèbre site de Rocamadour (46) et 23 km de la ville de Sarlat-la-Canéda (24), j'y ai rencontré il y a plus de 50 ans désormais mon plus vieil ami, Bruno, auquel j'ai le plaisir de dédier aujourd'hui ce petit article.
Les tubes de Nicolas Peyrac résonnent encore à mes oreilles et sans doute à celles de tous les gens de ma génération, de "So far away from L.A." (1975) à "Et mon père" (1977) ou "Je pars" (1977) :
Source : wikipedia.org
Le problème des retraites
Nous sommes dans le Lot (46), sur les bords de la Nationale 20, à l'entrée du petit village de Payrac, qui inspirera quelque temps plus tard son nom de scène au chanteur Nicolas Peyrac (avec un "e"). Mais je m'égare !
Mon père est originaire de la Dordogne (24) toute proche, où il a encore sa grand-mère, et mes parents décident d'y acheter une maison de vacances, en 1965.
J'ai 4 ans et l'on m'explique que, comme mes grands-parents paternels, qui vivent alors à Paris (75), vont bientôt prendre leur retraite, ils vont venir habiter cette maison, dans laquelle ils nous accueilleront durant les vacances.
Je demande alors si mes parents viendront aussi y habiter lorsqu'ils seront eux-mêmes à la retraite. Et si ma petite soeur - qui vient de naître - et moi auront également la possibilité de venir y vivre une fois en retraite (je vois loin !).
"Mais bien sûr !" me rassure gentiment mon père.
"Alors il faut en prendre une plus grande parce que celle-là elle va être trop petite quand on sera tous à la retraite !"
"Connaître la montagne mieux que quiconque !".
La scène se passe en juillet 1999. Nous dînons avec mon épouse et ma belle-fille, alors âgée de six ans, en regardant le journal télévisé. Celui-ci est essentiellement consacré à très grave accident de canyonisme, survenu en Suisse, ayant fait pas moins de 19 morts et deux disparus.
Un violent orage, non prévu par les services de la météorologie, avait éclaté au moment où les 53 membres d'une expédition se trouvaient dans le lit d'une rivière des Alpes bernoises, lorsque l'eau avait subitement tout emporté. La brusque montée des eaux était vraisemblablement due à la rupture d'un barrage naturel, formé par l'entassement de branches ou de troncs d'arbres et de pierres, après l'hiver particulièrement rigoureux qu'avait connu le pays cette année là, avec d'exceptionnelles chutes de neige.
Effondré par l'ampleur de la tragédie, l'organisateur de l'expédition, directeur d'une agence de sports extrêmes, reconnue pour son sérieux, ne s'expliquait pas les raisons de ce drame. En effet, ses accompagnateurs étaient tous des professionnels chevronnés, qui - affirmait-il - connaissaient la montagne "mieux que quiconque" !
"Ça alors !" lâche alors soudainement la petite, stupéfaite : "On m'a pourtant toujours dit que "Ki-Konk" était un très grand singe !"
Sacré roi Kong !
"La miction".
C'est que l'on appelle dans le langage courant "Uriner", dans le registre familier "Faire pipi" et dans le registre argotique "Pisser".



