Ne dites pas : "Un thon", "Un cageot" ou "Un boudin" !

Mais plutôt : "Une jeune femme peu gâtée par la nature" ou "Une demoiselle au physique ingrat".

Ces deux locutions du registre soutenu remplaceront avantageusement, à mon sens, ces trois termes du registre argotique, voire vulgaire.

Sur un thème contigu, lisez également mon article consacré à "toutes les façons de dire "Une fille laide."

"Être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un" ou "Ne pas être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un".

Je ne supporte plus ces formules à la mode, outrageusement employées depuis quelques années désormais par nos journalistes et hommes politiques, ainsi que par tous ceux qui croient bon de les imiter, et signifiant :

  • "Être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un" : être constitutif de cette chose ou de cette personne, en constituer sinon l'essence même, du moins un élément essentiel.

On dit par exemple : "La laïcité est dans mon ADN".

  • et "Ne pas être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un" : ne pas en constituer un élément essentiel.

On dit par exemple : "Les nationalisations ne sont pas dans l'ADN de notre mouvement".

"Un pieu".

Ce substantif masculin peut avoir deux significations différentes selon le niveau de langue, puisqu'il désigne tout à la fois :

Un pieu
Un pieu
  • dans le langage courant : un morceau de bois brut, rigide, droit et long, dont l'une des extrémités a été rendue pointue afin d'en faciliter l'enfoncement dans le sol, ou dans le corps d'un animal ou d'un ennemi,

On dit par exemple : "Le chasseur avait garni le fond de sa fosse de pieux effilés".

Un lit en bois
Un lit en bois
  • et dans le registre argotique : un lit.

On dit par exemple : "Dès que je rentre, je me mets au pieu !".

Ils ou elles sont "rouges" ... mais ne dérangent nullement les anticommunistes (même primaires)

Si l'on excepte en effet le drapeau rouge, l'orchestre rouge, le vote rouge et surtout la banlieue rouge, l'armée rouge ou la place rouge, peu de chance que la couleur rouge effraie de nos jours le bourgeois français, fut-il réactionnaire à souhait et encore hanté par la crainte des chars du Pacte de Varsovie à nos frontières au soir de l'élection de françois Mitterrand, premier président de la république socialiste, le 10 mai 1981.

Amateur de bonnes choses, il peut ainsi se délecter de viande rouge ou de thon rouge label Rouge, agrémentés d'une salade composée. Ce ne sont pas les légumes qui manquent : poivron rouge, oignon rouge, haricot rouge, riz rouge, chou rouge, betterave rouge... En dessert, quelques fruits rouges et une coupe de champagne Cordon Rouge, suivis d'un thé rouge et d'un verre de Grand Marnier Cordon Rouge pour digérer.

Comme boisson, du vin rouge, sachant qu'il a une petite préférence pour le folle rouge et déteste le gros rouge.

D'un naturel prudent, surtout en cas d'alerte rouge, il s'arrête au feu rouge et peut facilement agiter le chiffon rouge. Il a récemment dénoncé un voisin qu'il soupçonnait de manger du pain rouge.

Sa fibre écologiste le fait tirer à boulets rouges sur les chasseurs de cerf-rouge ou sortir le carton rouge face aux émetteurs de boues rouges.

Penser au massacre des peaux-rouges le fait voir rouge et le téléphone rouge fonctionnait encore qu'il avait déjà son numéro sur liste rouge.

Lui qui était toujours sur le fil rouge, ne risque plus d'être dans le rouge depuis qu'il a renoncé au jeu. Cela l'a rendu méchant comme un âne rouge durant quelque temps. Mais depuis qu'il est sorti du rouge, il a pu s'acheter un télescope et s'adonner tout à loisir à sa passion pour l'astrologie et à la contemplation de la planète rouge, d'une naine rouge, d'une géante rouge ou d'une supergéante rouge.

Pour ses vacances, un peu de plongée sous-marine en mer rouge le change de ses sempiternelles vacances en camping à Névache (05) sur les bords du lac rouge avec ses anciens copains des bérets rouges et son fidèle bas-rouge.

Et, en dépit de son angine rouge, il gardait un excellent souvenir de son voyage à Baton Rouge (Louisiane, États-Unis).

Pourquoi vous répond-on parfois "Je ne sais pas s'il pourra... surtout à cette heure-ci car il est un peu tard..." ?

Réponse
Parce qu’il peut peu. Et plutôt plus tôt !
Explication du calembour
Il résultede la juxtaposition de mots homophones (« peut » et « peu » ainsi que « plutôt » et « plus tôt ») constituant deux géminations pouvant prêter à sourire.

Mais n’allez pas tout de suite consulter si vous n’êtes pas plié de rire !