"Une turlupinade".

Turlupin était le nom de scène (dans les farces) de l'acteur français Henri Legrand (dit Belleville dans les pièces sérieuses), né en 1587 et mort en 1637.

Ledit Turlupin formait, avec ses collègues boulangers du faubourg Saint-Laurent à Paris (75) Gros-guillaume et Gaultier-Garguille, un trio d'acteurs comiques amateurs rapidement incorporé, à la demande du cardinal de Richelieu (qu'ils avaient fait rire), à la prestigieuse troupe de l’Hôtel de Bourgogne, jugée trop triste.

Le jeu burlesque de Turlupin et de ses compagnons marqua suffisamment les esprits pour que le public parisien qualifie par la suite de "turlupinade" une charge un peu forcée ou une plaisanterie burlesque d’un comique un peu grossier, dénué de bon goût.

Et aujourd'hui, ce terme désuet, que j'aime à employer, désigne :

  • une plaisanterie de mauvais goût ou vulgaire,
  • et, surtout, : un mauvais jeu de mots !

25 façons de dire "Une fille laide ».

Évidemment, faire dans la dentelle n'est guère d'usage lorsqu'il s'agit de qualifier la laideur d'une femme d'une manière péjorative et la misogynie le dispute souvent à la grossièreté.

Les termes de "Maritorne" ou de "Haridelle" sont aujourd'hui tombés en désuétude et relèvent donc désormais du registre désuet.

Ceux, pourtant corrects de "Laideron" ou "Laideronne" (langage courant), ne sont que rarement employés.

Et, pour élégantes qu'elles soient, on n'entend malheureusement que très rarement les formules "Avoir un physique ingrat" (registre soutenu), "Être peu gâtée par la nature" ou "Ne pas être gâtée pas la nature" (langage courant).

On leur préfère en effet souvent des qualificatifs aussi agréables que "Une fille mal foutue", "Une fille moche", "Une moche", "Une mocheté", "Une grosse dondon", (registre familier), "Un stremon" (registre argotique), "Un tas" (registre argotique) ou "Une grognasse" (registre vulgaire).

Quand on ne fait pas dans l'idiotisme animalier en parlant de "Fille laide comme un pou", de "Guenon", de "Guenuche" (langage courant), de "Grosse vache" ou de "Thon" (registre argotique).

Ainsi que de "Cageot" et de "Gravat" (registre argotique) ou - pour rester dans le domaine de la nourriture - de "Boudin" (registre argotique) et de "Mannequin chez Olida" (registre familier et registre désuet), selon la célèbre formule que les plus anciens se remémoreront certainement.

Enfin, les marseillais utilisent le mot "Un tromblon" pour désigner une femme aux formes peu harmonieuses.

Le surpoids étant malheureusement de nos jours majoritairement associé à la laideur, on peut également consulter l'ensemble des façons non grossières de dire "Une personne en surpoids".

Ne dites pas : "Un thon", "Un cageot" ou "Un boudin" !

Mais plutôt : "Une jeune femme peu gâtée par la nature" ou "Une demoiselle au physique ingrat".

Ces deux locutions du registre soutenu remplaceront avantageusement, à mon sens, ces trois termes du registre argotique, voire vulgaire.

Sur un thème contigu, lisez également mon article consacré à "toutes les façons de dire "Une fille laide."

"Être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un" ou "Ne pas être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un".

Je ne supporte plus ces formules à la mode, outrageusement employées depuis quelques années désormais par nos journalistes et hommes politiques, ainsi que par tous ceux qui croient bon de les imiter, et signifiant :

  • "Être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un" : être constitutif de cette chose ou de cette personne, en constituer sinon l'essence même, du moins un élément essentiel ; sa particularité, sa nature.

On dit par exemple : "La laïcité est dans mon ADN".

  • et "Ne pas être dans l'ADN de quelque chose ou de quelqu'un" : ne pas en constituer un élément essentiel, sa particularité, sa nature.

On dit par exemple : "Les nationalisations ne sont pas dans l'ADN de notre mouvement".

"Un pieu".

Ce substantif masculin peut avoir deux significations différentes selon le niveau de langue, puisqu'il désigne tout à la fois :

Un pieu
Un pieu
  • dans le langage courant : un morceau de bois brut, rigide, droit et long, dont l'une des extrémités a été rendue pointue afin d'en faciliter l'enfoncement dans le sol, ou dans le corps d'un animal ou d'un ennemi,

On dit par exemple : "Le chasseur avait garni le fond de sa fosse de pieux effilés".

Un lit en bois
Un lit en bois
  • et dans le registre argotique : un lit.

On dit par exemple : "Dès que je rentre, je me mets au pieu !".

Dites "Fort bien" ou "Fort peu", plutôt que "très bien" ou "très peu".

N'ayez donc pas peur de paraître désuet ou de "faire vieux jeu". La formule "Fort bien" remplace très avantageusement, je vous l'assure, la forme traditionnelle "Très bien" couramment usitée.

Et ce, que cela soit :

  • pour répondre par exemple "Oui, fort bien !" à la question "M'entends-tu correctement ?",
  • pour remercier quelqu'un : "Vous êtes fort aimable !",
  • ou pour décrire une personne : "Ce monsieur me semble fort peu disposé à négocier !".

Au surplus, vous passerez ainsi du langage courant au registre soutenu.