Pourquoi dire : "Prendre le lead" ?

L'ancien joueur de football et consultant français Jérôme Alonzo

Comme a pu le faire, le 2 février 2020, l'ancien joueur de football français devenu consultant Jérôme Alonzo, dans l'émission vespérale "L'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas, selon le contexte : "Prendre la direction" ou "Prendre la tête", voire "Conduire", "Mener" ou "S'imposer".

Source : www.academie-francaise.fr

"Pile ou face", Tirer à pile ou face" ou "Jouer à pile ou face" quelque chose.

"Pile ou face", "Tirer à pile ou face" ou "Jouer à pile ou face"

Ces deux expressions font référence à un jeu de hasard se jouant avec une pièce de monnaie, consistant à la lancer en l'air en pariant sur le côté qui demeurera visible après la chute.

Soit la pièce tombe au sol après avoir tournoyé en l'air et s'y stabilise, soit elle est rattrapée d'une main et posée à plat dans l'autre main.

  • "Face" désigne le côté de la pièce autrefois décoré du visage d'un souverain, et aujourd'hui d'un dessin quelconque (à droite sur la photo ci-dessous).

Côté pile dune pièce de un euro

  • Et "Pile", le côté jadis illustré d'un "Pilum", ce lourd javelot utilisé par les légions romaines ! Et sur lequel figure de nos jours la valeur de la pièce (à gauche sur la photo ci-dessus).

Mais les numismates, pour leur part, ne parlent que d'"Avers" ("Face") et de "Revers" ("Pile").

Source : Almanach Hachette. Petite encyclopédie populaire. 1906

 

 

 

"Après lui, on peut tirer l'échelle" ou "Après cela, il faut tirer l'échelle".

Cette expression du registre familier signifie de nos jours, au sens figuré, :

  • il a si bien fait quelque chose que nul ne pourra faire mieux,
  • ou cela est tellement imprévu, déconcertant, surprenant qu'on ne peut rien imaginer au-delà.

Mais l'origine de cette expression remonte au Moyen Âge, où lorsque l'on exécutaient plusieurs condamnés par pendaison, on pendait toujours celui jugé le plus coupable en dernier lieu.

Avant de pouvoir tirer l'échelle qui avait permis aux condamnés de monter au gibet, cette structure, généralement en bois, utilisée pour les exécutions par pendaison.

Source : wikipedia.org

"Tirer le diable par la queue".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme religieux appartient au registre familier.

Et elle ne doit sans doute pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Remontant semble-t-il au XVIIe siècle, elle signifie, au sens figuré : avoir de la peine à trouver de quoi vivre, vivre avec des ressources insuffisantes, vivre dans la précarité et le dénuement.

On dit par exemple : "J'ai longtemps tiré le diable par la queue avant de trouver enfin ce travail correctement payé".

Et l'on utilise également, dans le même sens, les expressions "Avoir des fins de mois difficiles", "Avoir du mal à joindre les deux bouts", "Ne pas parvenir à joindre les deux bouts" ou "Ne pas réussir à joindre les deux bouts".

Source : expressions-francaises.fr

"Prendre ses cliques et ses claques".

Cette curieuse expression en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme vestimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie : filer, s’en aller précipitamment, en emportant avec soi toutes ses affaires.

Apparue dans la première moitié du XIXe siècle, elle fait en effet référence aux jambes (les "cliques" en argot) et aux doubles chaussures plates ou surchaussures de protection, que l'on enfilait alors au-dessus des souliers afin d'éviter de les salir en cas d'intempéries (les "claques" dans le registre désuet).

Des "claques" ou surchaussures de protectionDes "claques" ou surchaussures de protection

Sources : CNews du 23 septembre 2019 et www.cnrtl.fr

"Tenir le crachoir".

Un crachoir ancien

Cette locution verbale du registre familier fait référence au "Crachoir", ce récipient, le plus souvent rempli de sable, dans lequel on crachait, autrefois, et que l'on aperçoit souvent dans les saloons de bande dessinée et de film western.

Couverture de "Calamity Jane", le 30e album de la série franco-belge "Lucky-Luke, de Morris et René Goscinny (1967)
"Calamity Jane", le 30e album de la série franco-belge "Lucky-Luke, de Morris et René Goscinny (1967)

Et elle signifie, au sens figuré, selon les circonstances :

  • monopoliser la parole dans une réunion ou dans une conversation ; parler longtemps sans laisser les autres prendre la parole, monologuer.

On dit par exemple : "Impossible d'en placer une, Nénesse a tenu le crachoir toute la soirée !" (registre familier).

Ou : "Impossible de dire un mot, Nestor a monopolisé la parole toute la soirée". (langage courant).

  • ou devoir faire la conversation tout seul.

On dit par exemple : "Mon vieux n'était pas là quand son pote est passé et j'ai dû tenir le crachoir une heure avant qu'il ne revienne du cinoche !" (registre familier).

Ou : "Mon père était absent lorsque son ami est passé et j'ai dû, à moi seul, faire les frais de la conversation !" (langage courant).

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et www.expressions-francaises.fr

"Bien m'en a pris" ou "Grand bien m'en a pris" et "Mal m'en a pris" ou "Bien mal m'en a pris".

Ces différentes locutions du registre soutenu signifient respectivement que l'on a :

  • eu raison,
  • vraiment eu raison,
  • eu tort,
  • eu vraiment tort,

, de faire ce que l’on a fait, étant donné le résultat.

On dit par exemple :

  • "Bien m'en a pris d'arriver en avance car j'ai pu ainsi apercevoir mon idole".
  • "Grand bien m'en a pris de ne pas répondre comme l'avait fait mon collègue, car il a été sévèrement repris par notre patron".

Ou :

  • "Mal m'en a pris de ne pas venir ce jour là car ma gtante avait fait des crêpes, mon dessert favori !".
  • "Bien mal m'en a pris de ne pas être resté jusqu'au bout du concert car le groupe est revenu une troisième fois et a joué encore trois morceaux !".

"Sentir le sapin".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique appartient au registre argotique.

Et elle signifie, au sens figuré : n'avoir plus longtemps à vivre.

Elle remonte au XVIIe siècle, une époque où le bois de sapin était utilisé pour fabriquer les cercueils et où, par conséquent, son odeur, était annonciatrice d'une mort prochaine.

Source : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Ne pas avoir pris une ride", "Sans avoir pris une ride", "Sans prendre une ride" et "Ne pas prendre une ride".

Les différentes formes de cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel signifient, au sens figuré :

  • "Ne pas avoir pris une ride", "Sans avoir pris une ride" et "Ne pas prendre une ride": ne montrer aucun signe de vieillissement, demeurer d'actualité.

On dit par exemple : "J'ai revu récemment encore Blade runner, le film réalisé en 1982 par Ridley Scott et je trouve qu'à part une séquence où l'on voit un écran d'ordinateur, il n'a pas pris une ride en près de 40 ans".

    • .
  • "Sans prendre une ride" : sans montrer aucun signe de vieillissement, en demeurant d'actualité.

On dit par exemple : "Je trouve absolument incroyable la façon dont beaucoup de formules de Molière sont parvenues à traverser les siècles sans prendre une ride".

"Se tirer une balle" et "Se tirer une balle dans le pied".

Ces deux expressions du registre familier possèdent des significations très différentes :

  • "Se tirer une balle" est en effet une locution verbale signifiant, par ellipse de "Se tirer une balle dans la tête" : se suicider.

On dit par exemple : "Si je ne décroche pas ce marché je n'ai plus qu'à me tirer une balle".

  • tandis que "Se tirer une balle dans le pied" est une locution verbale en forme d'idiotisme corporel signifiant, au sens figuré : faire quelque chose allant à l’encontre de son propre intérêt, se faire du tort, s'empêcher de réussir.

On dit par exemple : "Je pense qu'en agissant ainsi tu ne fais que te tirer une balle dans le pied".

Elle a une origine militaire directe, puisqu'elle fait référence aux soldats qui, désirant quitter le front se blessaient parfois volontairement pour être évacués.

Se tirer une balle dans le pied provoquait une incapacité à se déplacer et par conséquent suffisait à se faire rapatrier pour blessure de guerre. Et comme le pied est la partie du corps la plus éloignée du coeur, le risque de séquelles majeures était considéré comme moindre.

Source : wiktionary.org