"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Agir très efficacement sur le gros colon".

J'aime beaucoup cette formule pour le moins distinguée - que l'on peut même considérer comme appartenant au registre soutenu - signifiant : exaspérer, irriter au plus haut point, et donc... dans le registre vulgaire et dans le registre scatologique : faire chier !

Ne dites pas : "C'qui s'passe ? Ben i' veut p'u qu'les mômes i' bouffent d'la merde, alors ê' chiale !"

Mais plutôt : "Ce qui se passe ? Et bien il souhaite que l'on surveille davantage l'alimentation des enfants et cela la fait pleurer !".

Vous passerez ainsi du registre vulgaire et du registre scatologique au langage courant.

Traduction littérale de la phrase de titre
« CE qui sE passe ? Ben iL NE veut pLuS quE les mômes iLS bouffent dE la merde, alors ELLE chiale ! »

"En baver", "En baver des ronds de chapeaux", "En chier" ou "En chier des ronds de chapeaux".

Ces différentes expressions signifient toutes, selon le contexte et au sens figuré :

  • souffrir.

On dit par exemple : "Je m'suis fêlé trois côtes une fois quand j'étais jeune : j'en ai bavé !".

Ou : "Avec ce nouvel entraîneur, il y en a qui vont en chier des ronds de chapeaux !".

  • ou : endurer de sérieuses difficultés, subir un mauvais traitement ; être dans une situation pénible.

On dit par exemple : "L'équipe va en baver face un tel adversaire".

Ou : "Ma fille en a bavé des ronds de chapeaux en première année de médecine".

"En baver des ronds de chapeaux" et "En chier des ronds de chapeaux" sont des idiotismes vestimentaires. Et ils font référence aux morceaux de plomb circulaires servant autrefois à maintenir leur forme aux chapeaux et d'abord appelés "Ronds de plomb" puis "Ronds de chapeaux".

Registres de langue :

  • "En baver" et "En baver des ronds de chapeaux" relèvent du registre argotique.
  • "En chier" et "En chier des ronds de chapeaux" relèvent du registre vulgaire.

Source : www.expressio.fr

 

"En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule", "Chier pour son matricule" ou "En prendre pour son matricule".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes militaires signifient : aller mal, barder, être mauvais, dangereux, fâcheux ; avoir des ennuis, des problèmes, du souci à se faire ; se faire fortement gronder, punir, sanctionner, sermonner.

On dit par exemple :

  • "Si tu ne rentres pas tout de suite tu vas en prendre pour ton grade car les parents sont furieux",
  • "Ça va barder pour son matricule si Michel oublie encore l'anniversaire de sa gonzesse",
  • "Ça va chier pour ton matricule car le patron a appris que c'était toi qui avais rayé la carrosserie de sa bagnole",
  • ou : "J'en ai pris pour mon matricule au boulot car cela faisait trois fois que j'arrivais en retard cette semaine".

Toutes ces expressions remontent au début du XXe siècle et puisent leurs sources dans l'argot des casernes et des prisons.

Dans l'administration pénitentiaire ou à l'armée, en effet, le "Matricule" désigne d'abord : le registre où sont inscrits et répertoriés les noms des prisonniers ou soldats, avec leur numéro d'inscription sur ce registre matricule.

Et, par extension : le prisonnier ou le soldat lui-même.

"Pour son grade" ou "Pour son matricule" s'emploie donc à la place de "pour lui".

En terme de niveaux de langage :

  • "En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule" et "En prendre pour son matricule" relèvent du registre familier,
  • tandis que "Chier pour son matricule" appartient au registre vulgaire ainsi qu'au registre scatologique.

Sources : www.languefrancaise.net et expressions-francaises.fr

"Y a pas à tortiller du cul", "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit" ou "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille" !

Ces différentes ellipses de :

  • "IL N'y a pas à tortiller du cul",
  • "IL N"Y a pas à tortiller du cul pour chier droit",
  • et "IL N"Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille",

... appartiennent toutes les trois au registre vulgaire et au registre scatologique.

Et elles signifient, selon les circonstances :

  • il n'y a pas à hésiter,
  • il n'y a pas à contester,
  • c'est comme ça, inutile de discuter, il faut obéir,
  • il faut dire ce qui est, il faut l'avouer.

On dit par exemple : "Y a pas à tortiller, personne n'avait anticiper une telle pandémie".

ou : "Y a pas à tortiller du cul, j'dois m'rach'ter une bagnole si j'veux pouvoir aller m'faire une toile en ville de temps en temps".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

Souvenir d'enfance : "Et si la plupart faisaient défection ?".

Été 1971 : j'ai 10 ans et, comme tous les ans au mois d'août, je suis en vacances à Payrac, un village du Lot (46), chez mes grands-parents paternels.

Mon grand-père, ancien comptable, travaille bénévolement plusieurs après-midi par semaine comme secrétaire de mairie, et je l'accompagne parfois, lorsque mon meilleur ami Bruno n'est pas là.

Ce jour là, pour changer un peu,  je suis plongé dans la lecture de l'un des six volumes de mon livre de chevet, l'édition de 1936 du "Larousse du XXe siècle", dictionnaire encyclopédique publié sous la direction de Paul Augé, que je me plais à recopier (...), lorsque - en l'absence du maire - apparait quelque peu affolé un agriculteur du nom de Gaston :

- "M'sieur Hubert, c'est très grave vous savez ! J'ai été hier soir chez le père Lacombe, vous savez ; avec tous ceux qui z'ont gueulé pour la déviation de la nationale... Et y en a tout plein qui z'ont annoncé qu'i' z'allaient tout casser à la sous-préfecture demain, si qu'on leur dit pas qu'on fait ben l'projet ! J'crois ben qu'i' vont z'y aller ! Et qu'ça va faire du monde !".

- "Allons mon brave, ne vous inquiétez donc pas tant !" lui répond paisiblement mon grand-père en récurant sa pipe.

- "Vous savez, père Lacombe, les gens parlent, parlent... mais ils n'agissent pas souvent autant qu'ils veulent bien le prétendre. Je ne pense pas qu'il se passera grand chose. Et si tant est que certains aillent effectivement jusqu'à la sous-préfecture, ils risquent de ne pas être bien nombreux, car je pense que la plupart d'entre eux feront défection".

- "Allons bon, M. Hubert ! Comme vous y allez !! C'est sûr qu'y en a c'est rien qu'des sauvages ; mais tout de même... I' vont pas aller chier devant les grilles !".

À l'évidence, le pauvre homme avait, dans son affolement, confondu les mots français paronymes "défection" et "déjection".

Et vraisemblablement pensé, à cette occasion, que le substantif "Défection" correspondait au verbe "Déféquer".

Ou que l'ellipse "Faire" ("ses besoins") masquait en réalité le mot "défection"...

Personnellement, ne connaissant pas encore l'expression "Faire défection", c'était l'utilisation du "gros mot" "chier" qui m'avait fait pouffer... Ce qui avait permis à mon grand-père de se tirer honorablement de la situation en invoquer mes rires pour justifier les siens, sans vexer le brave agriculteur !

"Le registre scatologique".

Il s'agit d'un registre de langue utilisant de manière abondante des mots ayant rapport aux excréments ; qu'il s'agisse :

  • de verbes : "Chier", "Démerder", "Emmerder", "Merder",
  • d'adjectifs : "Chiant", "Crotté", "Emmerdant", "Emmerdé",
  • ou de substantifs : "Bouse", "Caca", "Chiottes", "Crotte !", "Emmerdement", "Étron", "Merde !".

Le registre scatologique se confond souvent avec le registre vulgaire ("Va chier !", "Je t'emmerde !", etc.) ou avec le registre argotique ("C'est de la merde !", "Il est chiant", "Je m'emmerde", etc.).

Plus rarement avec le registre familier ("Crotte de bique !", "C'est de la crotte", "Ma crotte", etc.)

Exceptionnellement avec le langage courant ("Être tout crotté").

Et occasionnellement avec le langage enfantin ("C'est caca !", "Faire caca", etc.).

"Il va tomber de la merde !".

Cette expression du registre vulgaire et du registre scatologique souligne le caractère totalement exceptionnel et surprenant de ce que l'on vient d'apprendre.

On dit par exemple :

- Le mari : "Chérie : va donc te reposer sur le canapé : je couche les enfants et ensuite je ferai la vaisselle et étendrai le linge pour que tu puisses profiter de ton émission préférée !".

- Son épouse : "Et bien : il va tomber de la merde !".

"Fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant".

Ce proverbe du registre scatologique s'utilise lorsque l'on souhaite signifier à quelqu'un que l'on a aidé que l'on trouve cette personne ingrate et manquant de reconnaissance car ne prenant même pas la peine de remercier ou ne remerciant pas comme elle le devrait.

Précisons qu'il n’avait rien de vulgaire à l’origine, car le participe présent actuel "caguant" ("déféquant" en argot) dérive du participe présent "carguant" ("accablant") ; la forme originelle du proverbe en provençal étant "Faï dè ben a Bertrand, té lou rendi en cargant".

Source : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Caca d'oie".

Couleur caca d'oie

Il s'agit d'un nom de couleur, utilisé principalement dans les domaines de la mode et de la décoration afin de désigner une couleur jaune verdâtre.

Pour la désigner, nos amis suisses parlent de "Caca pomme".

Contrepèterie. On ne dit pas : "Arriver à pied par la Chine", mais...

Contrepèterie
« Arriver à chier par la pine » !
Complément d'information
« Pine » est un mot du registre argotique désignant la « verge » (ou le pénis »).

Je confesse demeurer éperdu d'admiration pour la sagacité et le culot de la journaliste de la radio publique française France Inter ayant astucieusement réussi à caser cette superbe contrepèterie au cours d'un journal d'information matinal, à l'occasion d'un commentaire tout à fait sérieux sur le passage - à pied - d'un dirigeant chinois à Hong-Kong, via la frontière terrestre séparant les deux territoires.