"À la botte", "Être à la botte", "Avoir quelqu'un à sa botte".

La locution adverbiale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire "À la botte" appartient au registre familier.

Et elle signifie : être sous la domination de (quelqu'un), à la disposition de, au service de, sous l'emprise de, aux ordres de ; tout dévoué à ; constamment prêt à obéir.

On dit par exemple : "Comme souvent, ce Premier ministre est à la botte du président".

Ou : "Mon patron a des chefs de service à sa botte".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Porter le chapeau" ou "Faire porter le chapeau".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme textiles et vestimentaires appartiennent au registre familier.

Remontant - sous cette forme - au début du XXe siècle, elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Porter le chapeau" : endosser la responsabilité d’une action ou être tenu pour responsable à la place d'un autre ; assumer des faits souvent indépendants de sa volonté.

On dit par exemple : "On sait bien que dans cette affaire, le ministre mis en cause porte le chapeau".

Ou : "Pas question pour moi de porter le chapeau !".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l’expression "Porter la culotte".

  • et  "Faire porter le chapeau" : rejeter sa responsabilité sur quelqu'un d'autre, faire endosser à quelqu'un la responsabilité d’une action ou l'en tenir pour responsable ; lui faire assumer des faits souvent indépendants de sa volonté, nuisant ainsi clairement à sa réputation.

On dit par exemple : "IL est classique que le président de la République fasse porter le chapeau à ses collaborateurs ou ministres".

Ou : "Je n'accepterai pas que la direction me fasse porter le chapeau dans ce dossier".

Sources : wiktionary.org et www.projet-voltaire.fr

"Sur les chapeaux de roues".

Cette locution adverbiale appartient au registre familier.

Elle fait référence aux "enjoliveurs de roue", ces pièces métalliques sans rôle fonctionnel, qui ornent les moyeux des roues de voiture automobile. Et sont par conséquent surnommés, dans le registre familier "chapeaux de roues".

Une roue d'automobile et son "enjoliveur" ou "chapeau de roue"Une roue d'automobile et son "enjoliveur" ou "chapeau de roue"Une roue d'automobile et son "enjoliveur" ou "chapeau de roue"

Et elle signifie :

  • au sens propre : rapidement, très vite, et le plus souvent trop vite, en parlant d’un véhicule automobile qui démarre.

On dit par exemple : "Mon frère avait tellement peur d'être en retard qu'il a démarré sur les chapeaux de roue".

  • et au sens figuré : rapidement, très vite.

On dit par exemple : "Les ventes de la société ont démarré sur les chapeaux de roue cette saison : pourvu que cela dure !".

Source : wiktionary.org

5 façons de dire "Avoir mauvaise haleine".

Avoir mauvaise haleine

On dit dans le registre argotique "Refouler du goulot" ou "Puer du bec".

L'idiotisme animalier "Avoir une haleine de chacal" ainsi que l'idiotisme textile "Avoir avalé une chaussette sale" appartiennent au registre familier.

Et la locution verbale "Souffrir d'halitose" relève naturellement du registre soutenu.

Avoir mauvaise haleine

"Porter la culotte".

Albert Dubout : illustration en noir et blanc "La femme porte la culotte"

Cette curieuse locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire appartient au registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : assurer le rôle dominant dans un couple ; être celui ou celle qui décide, qui détient et exerce l'autorité.

À l'instar du mari, qui, seul autrefois, détenait tout à la fois l'autorité conjuguale et le droit de porter la culotte (au sens propre).

On dit par exemple : "Dans ce couple, c'est la femme qui porte la culotte".

Ou : "Moi je peux te dire que je ne risque pas de laisser ma femme porter la culotte".

Que l'on ne s'y trompe pas en effet : la "culotte" en question ne désigne absolument pas le sous-vêtement féminin actuel qui porte ce nom, mais ce que nous appelons de nos jours un "pantalon".

Autrement dit, un vêtement aujourd'hui mixte, mais qui était à l'origine strictement masculin.

Et qu'il était parfaitement inconcevable de porter pour une femme jusqu’au début du XXe siècle.

Une loi de 1800 en interdisait même officiellement le port jusqu'en 2013, en complète contradiction, bien sûr, avec l'évolution des pratiques vestimentaires !

Du moins celles en vigueur dans la rue, puisque nos élues féminines à l'Assemblée et au Sénat ont dû attendre 1980 pour pouvoir porter un pantalon en séance.

Et cela, malgré le célèbre coup d'éclat de 1972 de la jeune députée gaulliste Michèle Alliot-Marie, qui, habillée d'un pantalon, s'était vu refuser l'entrée dans l'hémicycle. Et avait alors rétorqué du tac au tac à l'huissier : "Si c’est mon pantalon qui vous gêne, je l’enlève dans les plus brefs délais" (selon Christine Bard dans Une histoire politique du pantalon, 2014).

La femme politique française Les Républicains Michèle Alliot-Marie

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l’expression "Porter le chapeau".

Sources : wiktionary.org, www.cnews.fr et www.rtl.fr

"Avoir le petit doigt sur la couture du pantalon", "Avoir le doigt sur la couture du pantalon" ou" Avoir le doigt sur la couture".

"Le petit doigt sur la couture du pantalon" ou "Le doigt sur la couture"

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotisme corporel, d'idiotisme textile et d'idiotisme militaire signifient, au sens figuré : obéir sans discuter, être respectueusement soumis à une autorité que l'on craint un peu.

On dit par exemple : "On a vu le Premier Ministre, nous expliquer le doigt sur la couture, avec quelle efficacité le chef de l'État s'était investi dans cette lutte contre la pandémie".

Ou : "Comme souvent, les députés de la majorité ont le petit doigt sur la couture du pantalon lorsqu'ils commentent les propos du gouvernement".

Ces formules font naturellement référence au "garde-à-vous" dans l'armée, une position dans laquelle on doit se tenir debout, droit, les talons joints, la tête haute, immobile, les bras serrés le long du corps et les doigts touchant la couture du pantalon. Et qui est un signe de respect, d'obéissance et de soumission à l'autorité.

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Mettre la viande dans le torchon".

Cette amusante locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme textile ne manque pas de surprendre nos jeunes enfants et nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie tout simplement, au sens figuré : se mettre au lit pour dormir.

Dans l'excellent film d'Étienne Chatiliez "La vie est un long fleuve tranquille", sorti en 1988, Ghislaine Groseille (Sylvie Cubertafon) dit par exemple à son mari : "J'chuis crevée, j'vais mettre la viande dans l'torchon".

Cette expression très imagée a vraisemblablement pour origine le milieu de la charcuterie, où elle a dû commencé à être utilisée par analogie avec la locution nominale féminine "Jambon au torchon", qui désigne un jambon cuit dans un bouillon entouré d'une "Chaussettte à jambon" également appelée "Sac mousse" ou "Torchon".

Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage

Le jambon au torchon est fabriqué à partir des muscles de la cuisse du porc, qui sont rassemblés et comprimés aussi fort que possible, pour en faire une sorte de pain de viande, non pas dans un moule métallique comme pour le jambon industriel, mais plus traditionnellement dans une sorte de grande chaussette de textile, nouée à la fin, ce qui le fait ressembler avant cuisson à une sorte de grosse baudruche de viande.

Sources : www.consoglobe.com, www.caminteresse.fr et wiktionary.org

"Tomber sur le paletot".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire.

Appartenant au registre familier et au registre désuet, elle signifie :

  • au sens propre : assaillir, agresser à l'improviste, de façon brusque,

On dit par exemple : "Un gars m'est tombé sur le paletot hier soir lorsque je retirais de l'argent au distributeur de billets".

  • et au sens figuré :
    • survenir par hasard, de façon totalement inattendue.

On dit par exemple : "Oui, je suis grand-père : ça m'est tombé sur le paletot il y a six mois !".

    • ou : insulter quelqu'un, le critiquer très violemment.

On dit par exemple : "Je n'ai rien compris à ce qui se passait : cette fille m'est tombé sur le paletot ce midi alors que je la connais à peine".

On dit également "Tomber sur le râble", "Tomber sur le poil" ou "Tomber sur le dos".

Source : wiktionary.org

 

"Embobiner".

Ce verbe peut avoir deux significations différentes selon le sens (propre ou figuré) et selon le niveau de langage, puisqu'il signifie tout à la fois :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • enrouler (quelque chose) autour de quelque chose de circulaire.

Et notamment : enrouler un fil (ou un câble) sur une bobine, ou "Bobiner".

Son antonyme est "Débobiner" (dérouler ce qui était en bobine) ou "Désembobiner".

Et "Rembobiner" consiste à embobiner de nouveau.

"Bobiner" ou "Embobiner" au sens propre : enrouler un fil sur une bobine

    • envelopper ou empêtrer (quelque chose ou quelqu'un) dans quelque chose ou au moyen de quelque chose.

On dit par exemple : "Mon grand-père m'a embobiné le bras dans une écharpe avant de m'emmener chez le médecin".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : tromper en embrouillant ; séduire dans le but de duper ; enjôler.

On dit par exemple : "Je me suis fait embobiner par le vendeur, qui m'a refilé un vieux modèle en me faisant croire qu'il venait de sortir".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

 

"Au débotté".

"Au débotté", c'est à dire, au sens propre : lorsque l'on retire ses bottes

Cette locution adverbiale du langage courant en forme d'idiotisme vestimentaire signifie :

  • au sens propre, dans le registre désuet : au moment où l'on ôte ses bottes, où l'on se débotte.
  • par extension : au moment où l'on arrive ; chez soi ou à destination.
  • et au sens figuré : à l'improviste ; de façon inattendue ; sans préparation.

On dit par exemple : "Vous me prenez au débotté : je ne sais pas quoi vous répondre !".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Rester les deux pieds dans le même sabot" et "Ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Ne pas rester les deux pieds dans le même sabot".

Ces différentes locutions verbales du registre familier en forme d'idiotismes numériques, d'idiotismes corporels et d'idiotismes vestimentaires appartiennent au registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Rester les deux pieds dans le même sabot" : attendre sans rien faire ; être embarrassé, incapable d'agir, passif ; ne pas faire preuve d'initiative.

On dit par exemple : "Tu dois réagir, tu ne peux pas rester les deux pieds dans le même sabot !".

  • "Ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Ne pas rester les deux pieds dans le même sabot" : être débrouillard, dynamique, actif, entreprenant ; agir, prendre des initiatives.

On dit par exemple : "Mon gendre n'est pas resté les deux pieds dans le même sabot : il a très vite lancé un nouveau projet".

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.languefrancaise.net

"Faire ceinture".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme textile ou vestimentaire appartient au registre familier.

Constituant une ellipse de "Faire USAGE DE SA ceinture", elle signifie :

  • au sens propre : se priver de nourriture,
  • et au sens figuré : se priver de quelque chose, de gré ou de force.

On dit par exemple : "Mon mari étant au chômage partiel et moi en arrêt-maladie pour deux mois, il va falloir faire ceinture encore un bont moment".

Ou : "Sans télévision ni ordinateur à la maison pendant quelques jours jours, je vais devoir faire ceinture en matière de films ou de feuilletons !".

Sources : www.expressio.ft et Le Robert